‹ Les météoritesChapitre 189 sur 208 · CHUTE DE PULTUSK (POLOGNE · texte numérisé non relu

CHUTE DE PULTUSK (POLOGNE

Le 50 janvier 1868, à 7 heures du soir, pendant que le ciel était serein du côté sud et que quelques nuages seulement passaient de l'ouest vers l'est, un brillant globe de feu apparaissait h riiorizon de Varsovie, et le même jour, à 77 kilomètres de Varsovie, vers le N. E., un grand nombre de météorites s'en détachaient et se répandaient sur le sol.

A Varsovie S la météorite à sa première apparition fut remarquée au sud-ouest, près de la Tête d'Andromède Elle apparaissait comme une étoile de première grandeur, mais son diamètre grandissait à vue d'œil, de manière qu'à sa traversée par la méridienne de Varsovie, le diamètre du globe était environ i5'-20'. Après un parcours de quelques degrés, le globe de feu commença à laisser après lui une traînée de lumière blafarde, dont la plus grande longueur pendant toute la durée du phénomène égalait 9* sur ^® de largeur.

La lumière de ce globe de feu ressemblait, au commencement, à la lumière des étoiles filantes, mais à mesure que le diamètre du globe grandissait, la lumière changeait de couleur, deveuait d'abord vert bleuâtre, puis d'un rouge-sang foncé.

L'intensité de cette lumière, un moment après l'apparition du phénomène, surpassait l'éclat de la lune (au premier quart), mais sur la méridienne de Varsovie elle atteignait son maximum et so prolongeait de5''-4''. Dans ce moment la lumière vert bleuâtre était si éclatante, que les habitants sorUûent de leurs maisons et stationnaient dans la rue pleins de frayeur, prenant cette lumière, dont les sinistres reflets illuminaient tout l'horizon de la ville, pour un immense incendie. Cette lumière se faisait reman{uer surtout par des oscillations actives, que l'on pourrait attribuer au jaillissement des étincelles s'échappant du globe embrasé.

Le phénomène entier, observé à Varsovie, apparaissait comme un globe de feu volant de la Tête d'Andromède, par Cassiopée, Céphée, le Dragon, jusqu'à la grande Ourse, traînant après lui une queue blanchâtre, arquée, dont la concavité était tournée vers l'horizon.

Ce phénomène a été observé sur un très grand espace, à Dantzig, à Posen, à Cracovie, à Prague, à Vienne en Autriche, dans tout le royaume de Pologne, à Kouwo, à Grodno et même à Dorpat.

Il était difficile de préciser à quelle hauteur se trouvait ce globe brillant, mais d'après diverses observations, la météorite entra dans l'atmosphère terrestre près de la ligne zénithale de la ville de Strykow, sur la ligne joignant les villes de Lowicz et de Zgiery. On peut présumer que le point où la météorite entra dans l'atmosphère se. trouvait â la hauteur de 23,5 milles géographiques au-dessus du sol, qu'elle traversa l'espace sous l'angle de 45^ avec l'angle de Varsovie et s'éteignit aux

i. Notice iur la météorite tombée le 30 janvier i868 aux environs de la ville de Pultusk, publiée par la Haute École de Varsovie.

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enTinmi de la ville de Pultusk, aa-dessns du village de Gortkowo, à h hai» teiir de S,5 milles géographiques. Son trajet dans ratmosphère terrestiB peut être éralué à 29,6 mUles enTiroo et, comme la durée du phénomène Aait de i"5f la vitesse de la météorite devait être de 6,6 milles géographiques à la seconde,

La direction du parcours avait bit supposer que les pierres météoriques étaient tombées soit aux environs de la ville de Plessew (grand -duché de Posen), soit en Silésie, mais ces bruits étaient mal fondés. Trois jours après l'apparition du bolide, des renseignements positifs apprirent à Varsovie que des fragments considéraUci s'étaient détachés de ce g ebotel se trouvaient répandus sur le sol dans les environi de Pultusk. La Haute École délégua aussitôt H. le professeur Babeiynski et H. Deike, adjoint à TObservatoire astronomique de Varsovie, afin de constater le fait sur les lieux, de ramasser le plus grand nombre possible de fragments de la météorite en question, et enfln d'entendre des habitants des villages environnants toutes les d^ositions concernant les circonstances qui accompagnèrent la pluie de météorites.

L'apparition du globe de feu aux environs de Pultusk fut observée à 7 heures du soir. On remarqua d'abord vers le sud-ouest une étoile brillante, semblable à une Aisée, se dirigeant vers le nord-est et traînant une queue, composée de petites étincelles. Durant son trajet, le globe de feu semblait s'abaisser et s'agrandir en rendant une lumière bleuâtre. Le bolide parvenu à l'extrémité de sa course répandait une lumière si intense que l'oeil n'en pouvait supporter l'éclat. Après la diqwrition du globe, on vit tomber à terre plusieurs étoiles, les unes rouges, les autres d'an bleu clair, qui s'éteignirent avant de parvenir I l'horixon. A l'endroit oh le glohe de feu s'éteignit, s'élevait un nuage blanchâtre en forme de ligsag, qui peu à peu fut chassé par le vent de l'ouest.

Les habitants des environs situés entre Pultusk et le côté sud de la rivière Narcw entendirent, 20 secondes après Textinction de la lumière, une explosion forte et prolongée, venant du nuage, et durant cette explosion ils distinguèrent encore deux coups plus forts, tandis que lexplosion se terminait par une série de coups comparables à un feu de file bien nourri ou au roulement prolongé des tambours. Ces bruits, d'intensité différente, durèrent une demi-minute environ. Les habitants, qui pendant la durée du phénomène se trouvaient dans leurs maisons, entendaient encore dans l'intervalle de l'extinction de la lumière et du commencement de la décharge un autre son, qui ressemblait assez au bruit d'un feu de cheminée et, sous l'influenee de cette illusion, ils regardaient dans l'intérieur de leurs foyers.

Au même moment les habitants des villages de Rowy et de Rarsdzialy, situés sur les bords de la rivière Narew, entendaient le siCQement des pierres traversant l'atmosphère, le clapotage de l'eau qui coulait sur la glace dans cet endroit et le bruit des pierres frappant la glace de la rivière. Le sifflement aigu et le bruit distinct de corps durs d'un grand poids, frappant le sol, ont été entendus aussi dans les villages de Nowly-Sielee et de Gaskowo. Dans ce dernier, un très grand nombre de personnes entendirent le bruit d'une pierre tombant avec force sur le toit de la maison du fermier et d'autres sur les haies, les arbres, etc. Le lendemain, en efTet, on trouva sur ce lieu même plusieurs morceaux de météorites. Le propriétaire du village Nowly-Sielee, informé de la chute de quelques pierres, fit sur-le-champ des recherches dans un endroit qui lui avait été spécialement reoom-

mandé, et trouva en effet ensevelie, non loin d*une vaste excavation dans la neige, vers le S.-E., une pierre d*un volume assez considérable, du poids de 4 kilogrammes. Ce morceau, ramassé dix minutes après la chute, était déjà tout à fait refroidi et dans certains endroits une légère couche de neige ; adhérait, sans aucune coloration.

La vitesse de la chute n*a pas dû être bien grande, car on n*a remarqué aucune pien*e engagée dans le sol légèrement congelé ; la glace des fossés et des bords de la rivière n*était pas non plus brisée.

Le nombre des météorites de difliérentcs grandeurs ramassées s'élève à 400 pièces, dont Tune pèse 7 kilogrammes.

Ce nombre ne représente pas toute la quantité de météoritos tombées ; nue grande partie s'est perdue dans les prairies des villages de Sakolow et de Sielee, qui étaient alors couvertes d*eau, une portion notable est tombée aussi dans la rivière de Narew. Les pierres recueillies semblent former le tiers de la météorite entière, Le poids total des morceaux tombés est de 5 à 600 kilogrammes.

CHUTE DE HESSLE (SUÉDE).

Les météorites tombées le 1^' janvier ^869, à Hessle, aux environs d'Upsal, et offertes au Muséum par M. le professeur Nordenskiôld, sont remarquables par Textréme petitesse de quelques-unes d'entre elles*.

On en a trouvé qui sont de la grosseur d'un pois et moindres encore. Les deux plus petites de celles qui ont été ramassées pèsent 0«',C0 et 0»',i7. Leur décou« verte témoigne du soin extrême avec lequel elles ont été recherchées.

Chacun de ces petits échantillons n*est pas, comme on pourrait le croire, un fragment produit par le choc sur le sol ; il est entièrement enveloppé d'une croûte frittée, et, par conséquent, constitue une météorite complète. Us ne sont donc pas à assimiler aux matières météoriques plus ténues qu'on a recueillies à diverses occasions, sous forme de poussière, et dont le mode de pulvérisation s'est produit dans des conditions spéciales : pour ces très petites météorites de Hessle, elles ont été visiblement concassées, avant de subir la fusion superficielle.

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