‹ Les météoritesChapitre 68 sur 208 · Chronigut tcientifiguc. 1" *nnée, n* S · texte numérisé non relu

Chronigut tcientifiguc. 1" *nnée, n* S

^. Poggtndorff* Annalen.y.lTL'm.ç.^iA.

iïaprès M. Riimler, la densité de la partie métallique varie de 7,44 à 7«66, et la densité de la partie pierreuse est égale à 3,33. H. Frapoli a trouvé pour le métal la composition suivante :

Fer 33,01

Nickel 10.25

Gobait 0,70

liitgDénum 0,22

Calânm 0,13

Sodium. . 0,21

Potaasiam 0,15

noÊfhore . . , 0,33

oi

:^Jkiiê Eobel a trouvé» pour la composition du silicate, les nombres suivant<(,

parfaitement au péridot :

SOiee 40,79

Magnésie 47,05

^; Pratoxjdede fer 12,10

^- Afaunine 0,02

j'rignale, en outre, des traces d*oxyde de nickel, de cobalt et de manganèse; I. Ramla* y a trouvé de l'arsenic.

Tout le monde admet aujourd'hui que le fer d'Atacama est comme une seconde édition du fer de Pallas, de sorte que la plupart des minéralogistes, à commencer ptr Gustave Rose, n'ont fait aucune difficulté pour le comprendre dans le même type lithologique que la météorite de Krasnojarsk.

Je suis à regret contraint de m'inscrire contre cette opinion si unanime. Les expériences auxquelles j'ai soumiis comparativement les deux masses prouvent qu'elles diffèrent profondément entre elles, malgré leur identité de structure générale, qui consiste en un réseau de fer dont les mailles sont remplies de matériaux pierreux.

Relativement à la matière métallique, les différences sont toutefois peu sensibles: dins Atacama comme dans Pallas, ce qui domine ce sont les deux alliages de fer et de nidtel, qualifiés de tœnite et de kamacitc ; ils sont, dans les deux météorites, disposés en zones concentriques autour des fragments pierreux.

La constitution du squelette métallique résulte de l'examen d'un échantillon poli et traité à l'acide suivant la méthode de Widmanstetten. On y voit, autour des fragments pierreux, une succession très remarquable par sa constance de diverses matières métalliques.

Outre des amas de pyrrfaotine qui, souvent associés à la schreibersite, sont poor l'ordinaire enveloppés d'une matière graphitoïde, — on y voit d'abord un fer nickelé encadrant les fragments pierreux. Son épaisseur est très variable, mais

il ne manque jamais et il manifeste sous Taction des acides une structure homogè» et grenue très caractéristique.

Les vides laisses par le fer précédent, sont complètement remplis par un autn fer fort différent au point de vue de sa structure, et qui comprend au moins deu: alliages distincts dont Tun se présente en lamelles parallèles entre elles à la façoi des cristaux de tœnite.

Pour ce qui est des fragments pierreux, ils présentent dans Âtacama, et contrain ment à ce qui résulte des analyses mentionnées plus haut, une composition abso lument spéciale.

Déjà, il y a plus de dix ans, j'ai annoncé que Fexamen à la loupe et quelque essais rapides m*avaient sulfi pour reconnaître dans ces fragments, en associatio; avec le péridot granulaire, une proportion notable de pyroxène et de nombreu grains de fer chromé S c'est-à-dire la constitution même de la chassignite et d la dunite.

Si Ton compare la matière pierreuse essentiellement péridotique qui remplit le vacuoles de la météorite d*Atacama au péridot du fer de Pallas, on est immédiate ment frappé d*une différence profonde : tandis que celui-ci est cristallisé et sou vent même avec des formes très nettes, Tautre se présente en fragments con plètement irréguliers de forme et dont la structure seule est cristalline.

De plus cette matière cristalline ne possède pas, comme les cristaux du péridol une composition simple. Si, par exemple, on examine à la loupe Téchantilloi enregistré aux catalogues du Muséum sous le signe 2. Q. 56, rien n*est plus ais que de reconnaître en très grand nombre, au milieu de la matière pierreuse, d très petits grains noirs, brillants, mclalloïdes et opaques, consistant en fe chromé. En outre, la solution du péridot dans Tacide chlorhydrique laisse ui faible résidu de matière pierreuse vraisemblablement pyroxénique.

Cette composition complexe rapproche tellement la matière lithoïde d*Atacam de la chassignite et de la dunite entre les(|uelles sa structure est en général intei médiaire, que dans certains points elle devient identique, soit à la roche météo rilique, soit à la roche terrestre. Par exemple, des fragments de l'échantillon qv vient d'être désigné offrent, pour la distribution en petits amas des grains de fe chromé, une ressemblance parfaite avec un échantillon de dunite venant de la ri vière du Butor à l'île Bourbon.

Depuis l'époque de mon premier ti-avail, j'ai repris Tétude de cette roche si il téressante au point de vue de la Géologie comparée, et j'ai obtenu les résultats qi vont suivre, que je donne en toute assurance, malgré leur complet désaccord ave ceux de mes devanciers. Je ferai même remarquer à cette occasion que la natui des grains pierreux contenus dans la masse d* Atacama nous fournit une occasio d'insister sur la prudence avec laquelle en doit interpréter minéralogiquement 1 résultat des analyses chimiques. M. Rammeisberg se livre en effet, à l'égard de ce grains, à des considérations ' qui conduiraient à les faire regarder comme ayai une composition constante répondant à la formule

Fe«SiOS4Mg«SiO*.

1. Comptes rendus de V Académie des Sciences, t. LXXV, p. 588, 2 septembre 1872.

2. Abhandlungen der K, Akd. der Wiêsensch, zu Berlin, 1870, p. 88.

Oq m voir que c'est comme si l*on donnait la formule chimique du granit. Réduite en poudre, la roche pierreuse empâtée dans le fer d*Atacama abandonne ï Taimant une quantité relatiyement très grande d*une matière aussi magnétique que de la limaille de fer, très fragile, clivable et fort brillante. Cette matière est bien loin d*élre uniformément répandue dans la roche ; elle abonde surtout au voisinage du squelette métallique, constituant en divers points des géodes et des druses ou il ne faut pas désespérer de rencontrer des cristaux déterminables. Elle existe aussi dans quelques fissures de la roche où elle semble s*étre introduite très postérieurement à la constitution de celle-ci.

La substance métalloïde dont il s'agit résiste à Taction des acides à froid et parait être attaquée à peine et seulement avec une extrême lenteur, par Tacidc azotique concentré et bouillant.

Tous ses caractères l'identifient avec la schreibersite, signalée depuis longtemps dans les fers météoriques, mais qui se présente ici à un élat de pureté tout à fait exceptionnel.

D'ailleurs c'est la première fois qu'on signale ce composé remarquable, consistant en phosphure de fer et de nickel, autre part que dans la masse même des fers nickelés.

Avec la schreibersite se montrent de petits grains faciles à reconnaître pour la pyrrhotine, mais qui sont très peu abondants : aucune analyse publiée jusqu*ici à na connaissance ne signale cependant de proportion sensible de soufre dans la météorite qui m* occupe.

Débarrassée de toute matière magnétique, la roche ne s*attaque que fort incomplètement dans Teuu régale, même après une digestion de plusieurs jours. Tout le péridot disparait ainsi et dépose des quantités considérables de silice gélatineuse; en même temps, de faibles proportions se dissolvent, d*un minerai à la fois alumineux et calcique (probablement de Tanorthite) et la liqueur se charge abondamment de fer provenant du péridot.

Âpr^ lavage et élimination de la silice en gelée, on reconnaît que le résidu consiste dans le mélange d'un minéral cristallin à peu près incolore avec de très nombreux petits grains noirs et opaques.

Ceux-ci sont formés de fer chromé, ainsi que je Tai antérieurement annoncé. Quant au minéral hyalin, c'est un pyroxène magnésien facile à analyser et bien reconnaissable à ses propriétés optiques.

Dans Téchantillon que j*ai examiné, le pyroxène représentait sensiblement 9 pour 100 du poids total de la roche; cette proportion est donc bien loin d'être négligeable et n'a aucunement son analogue dans la substance pierreuse du fer de Pillas.

Certes, le dosage des éléments associés dans une roche complexe ne présente qu*un intérêt tout à fait secondaire, — les quantités relatives de ces éléments variant nécessairement, et parfois dans de larges limites, suivant l'échantillon considéré. Cependant, ayant été amené, comme on vient de le dire, à évaluer la proportion de pyroxène dans la roche d'Atacama, j'ai cru devoir estimer la proportion des autres minéraux qu'elle renferme. Pour la schreibersite et pour la chromite il ne s'est présenté aucune difficulté. L'anorthite et la pyrrhotine ont été déterminées indirectement» la première d'après la quantité d*alumine renfermée dans Teau régale.

in ERCTCWPtDIB CHINIODG.

l'antre d'après l'acide aulfurique fonné daas l'acide azobqne où la schrdberale, mêlée an snlfure, avait été mise & bouillir. Enfin, j'ai estimé par diiïérence la proportion du péridot.

Voici les résultats ainsi obtenus :

Pjroiène 9.00

Schreibcrsite ifi»

Chromite 1.20

Anorthite 0.10

Pjrrhotioe 0,50

Péridol (par différence) 85.20

17* TIPE.

DEÉSITE. (Stah. Hbdii.)

Roche forméâ d'une pâte m^.talliqae renfermant des fragments pierreux angnleui. La partie métallique oITre une cristallisation confuse et prend bien le poli ; la pierre elle-même esl fort dure et &e polit bien. — Demité : du fer. 7.510 (Staniilai

Meunier) ; de la pierre 3,589 (le même). — Composition minéralogifiue : La partie métallique présente rigoureusement la composition de la caillite, mais elle n*en a pas la structure, ainsi qu*en témoigne Tabsence de figure proprement dite sous l'action des acides. La partie pierreuse offre rigoureusement la composition de la tadjérite.

Chuta principales :

i840. Hemalga, Calcahuayo, Chili.

1866. Haute-Sierra de Deesa, Santiago, Chili.

Bemalga. — Analyse de Darlington K

Fer. . . 93,48

Nickel 4,56

Cobalt 0,37

Manganèse 0,18

Phosphure métallique 1,26

Chrome traces

99,85 Densité 6,5, d*après Greg.

Deesa, — C*est à M. Domeyko, inspecteur général des mines à Santiago, que le Muséum d*histoire naturelle de Paris doit les échantillons qu'il possède du fer de Deesa. Ces échantillons élaient au nombre de deux, dont les poids respectifs étaient 80 grammes et 1 kil. 305 grammes. Ce dernier a été scié en trois fragments et les sections planes ainsi obtenues ont permis d*étudier la structure interne de la masse.

Encore en 1879, M. Rammelsberp; ' rangeait parmi ses Broncil-Palasite la masse de Deesa! On verra cependant qu'elle n*a aucun rapport avec le fer de Krasnojarsk.

Sa structure ne pouvait pas être soupçonnée avant la section dont on vient de parler : la surface extérieure du bloc donne Tidée d*un fer proprement dit, remarquable par son apparence fendillée, au moins dans certains points, et surtout sur le petit échantillon de 80 grammes. Toutefois, avec beaucoup d'attention, on peut distinguer çà et là dans Tcnveloppe ocracée qui résulte d*une oxydation superficielle, certaines parties noire^s lithoïdes, mais on serait facilement porté à les considérer comme étrangères à la matière météoritique.

On découvre la signification de ces parties noires par Texamen de la section pratiquée au travers de la météorite : ce sont des fragments pierreux tout à fait noirs et très anguleiu qui donnent à Tensemble une apparence bréchoïde.

Les dimensions de ces fragments sont très variables : les uns n'ont que quelques millimètres ; d'autres atteignent presque deux centimètres en tous sens. Ils renferment à un état assez grand de dissémination des petits grains de fer métallique et des rognons de ce sulfure particulier de fer et de nickel que Ton désigne sous le nom de troîlite et qui est la pyrrhotine.

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