‹ Les météoritesChapitre 71 sur 208 · I II · texte numérisé non relu

I II

Acide silicique 97,430 99,21

Oxyde de fer 1,424 0,79

Chaux 0,578

Magnésie 1,509

Il eni intéressant de noter que dès 184o, Partscli à la page 95 de son ou intitulé : Die Meteoriten im k.k. Hof-Mineralien Kabinette^ rapporte à la mé téorite de Stcinbacli un fragment étiqueté : Gediegenes, zahnicht und za gewachienei Eiêen mit kornichtem Quartz und gelblicktem Flusspath^ c*est-à dire ; fer natif dentelé et haché avec quartz en grains et fluorine jaune.

« liC caractère arrondi de Tasmanile, qui lui est commun avec son compagnon 1; bronzite, suggère à première vue, dit M. Haskelyne, Tidée qu*un échauffemen itubit et intense que la masse a dû subir dans sa coui-se rapide ù travers Patnio M|ihèri% a fondu, ou du moins ramolli, les surfaces des deux minéraux. La facil conductibilité de celte chaleur dans Tintérieurde la météorite, à laquelle les pierre* aérolilhiqiies ordinaires opposent plus de résistnnee, vu leur faible conductibilité doit, dans le cas de la syssidère où le fer forme une niasse continue et spongieuse être grandement facilitée par la conductibilité du métal. Cette vue est appuyée par la fni;^âlito extraordinaire des surfaces de quelques-uns des échantillons arrondis les plus volumineux, qui souvent, par le contact le plus délicat, volent en fragments, une sorte de croûte très fragile les enveloppant de toutes parts. La portion interne est bien moins fragile et ({uelqucfois présente une surface cristalline irrégulière avec un clivage assez net. Et pourtant il semble difficile de concilier cette ex)il cation dos l'urmes arrondies avec Tintégrité cristalline des grains entiers que le microscope polarisant rend évidente. »

19<= TYPK.

LOGRONITE. (Stak. Mkun.)

noclie formée de minéraux lithoïdes très dominants, renfermant des grenailles trèif grosses et très abondantes de fer ; le tout étant traversé par un fin réseau

llËTÉORrrBS. 165

nétallique. La partie pierreuse est très cristalline et dans beaucoup de l'égions constituée par des lamelles fort brillantes. La partie métallique est également très rristalline. La roche prend très bien le poli. — Densité: 5,64 (Domeyko). — Compotition minéralogique : Les grains de fer paraissent formés surtout de iaroacite et de taenite. On y trouve de la schreibersite. lia pierre résulte du mélange d*QD minéral voisin du péridot avec un silicate plus acide analogue au pyroxène. Chutes principales,

1843, 4 juillet, Barea, Logrono, Espagne.

1856, — Hainholz, Padcrborn,Minden, Westphalie.

1860, — Newton C"*, Arkansa^i, États-Unis.

1863, — Sierra de Chaco, ravin de Vaca Huerta, Atacama, Bolivie.

1879, iO mai, Estherville, Emmet C% lowa, États-Unis.

1880, février, Veramine, Téhéran, Perse*

1^77, — Passe de Janacera, Atacama, Bolivie.

La logronite a été généralement considérée comme une sporadosidère, parce qu*on y trouve des grenaUles métalliqueSf souvent très grosses, évidemment disséminées dans la roche. Hais on va voir que la logronite contient d'une manière essentielle un réseau de fer continu.

A première vue, le type logronite admet trois sous-types répondant h :

iBarea; Sierra de Chaco; Janacera.

2*» Esthervillo.

i Newton fr ; Hainholz; Veramine.

Ces trois sous-types sont caractérisés surtout par la grosseur de leurs éléments t:onstituants, ce qui modifie leur aspect; mais je me suis attaché, sans succès, à trouver entre eux des différences de constitution. D'ailleurs, certains échantillons <1e Sierra de Chaco peuvent servir d*intermédiaire'entrQ;'ces trois' formes.

Barea (Logrono). — Nous commençons notre énumération par la météorite de Rarea, parce que c'est la plus anciennement connue du type. Chose digne de remarque, sa chute sur le sol a eu de nombreux témoins, et c'était la première fois pour une syssidere. L'événement a eu lieu le 4 juillet 1843 dans le village de Barea, province de Logrono (Espagne).

L'identité de cette météorite, dont le poids total était de 3^.211 "^, avec celle de In Sierra de Chaco, est absolue, autant du moins que m'a pei mis d'eu ju^er le peu de snbstance dont j'ai disposé. Je crois inutile de faire ici une description spéciale des deux petits échantillons conservés au Muséum.

lis ENCTCLOPÊDIB CHIMIQUE.

Sierra de Chaco. — La (Mrtion nuiUllique de la méliorite de la Sierra de w diTixe, ï première vue, en deux sortes d'ëlémenU*:

1° Los uns sont en grains relativement volumineux et tout A fait arrondit, reconnaît la présence des deux fers nickelés que nous avons décrits plus hai les noms de knmncite et Aa tTnite. Dans quelques points apparaît le sulfi fer nickélift^re, dit pyrrlmline, qui se présente en petits grains ronils résultai Mcmcnt de la section de rognons cvlindroidcs, pareils, snuf pour la tailt cnnoiis sulfurés des fers météoriques.

2" Les autres étcments métalliques sont beaucoup plus petits, allongés et <mtre eux sous une forme vnsculaire. Ils constituent comme le ciment qui n divers matériaux composant lu brèche polygénique qui nous occupe. D'aillei leur structure lus distingue des grains précédemment décrits, leur compositi en rapproche lieaucoup. La kamacjtc et la Ucnitc en sont les éléments minéi ([ues les plus importants. La p^rrholine leur est associée eu quantité constd f\ constitue, par places, le réseau presque seule. Sa nuance jaune de laiton peu différente de la nuance la plus commune de ce minéral et indique p«i II) mélange avec un peu de millérite ou sulfura de nickel.

L'analyse chimique indique très nettement la prcseoce du phosphore q prolialilemenl contenu à l'état de schreibersite ou phosphure double de fer nickel avec magnésium.

. C.-mpU> fiidvi; I.XXX. p. 10117, 2 Ak. HI7S.

IIÉTÉORITES. 167

ïù tronvé dans le rf^iu métallique :

Fer 92

Nickel 7,8

nombres assez diflerents de ceux que H. Domeyko a donnés pour Tensemble des grenailles métalliques de la météorite.

M. Domeyko ^ a décrit avec soin diverses particularités de forme du fer nickelé «Ic^ la Sierra de Chaco. II a sépai*é a une lame do plus do i centimètre carré de c^ fer de la surface d'un aérolithe» et une petite lame excessivement mince qui s*est t. r^oQTée engagée entre les lames de la jsubstance vitreuse » (péridot). Son analyse lui a fourni :

I II m

For 80 88,2 8M

Nickel 11, i 11,8 11,2

'^6s gn^nailies allongées de fer nickelé sont en certains points mélan^'éos a du for ^^^ydulé, comme M. Domeyko l'avait déjà remarqué.

M. Domeyko distingue dans la partie lithoidc deux matières distinctes :

La masse principale lUhaide dont il a fait l'analyse élémentaire, lacpielle n'a conduit à aucnne formule ù cause de sa nature complexe et qu*il considère comme i^ésultant de la réunion d*un trifàlicate de fer et de magnésie^ inattaquable aux acides, et d'un silico-aluminate attaquable;

La substance sUicatee vitreuse, lamellaire, oii il a trouvé tous les caractères |ihysiques de la composition chimique du perùlot olivine.

J*ai repris l'étude de cette substance, et voici les résultats auxquels je suis ar-^ rivé:

La partie litboîde de la météorite de Sierra de Chaco comprend quatre sortes principales de fragments. Tous sont de formes essentiellement irrégulières, arronflies, ou au moins émoussées :

1<* I..es plus volumineux, et en morne temps les plus nombreux, sont noirâtres et 1res cristallins. Ils sont susceptibles d'un très beau poli qui révèle leur nature «tMnpIexe et leur structure très remarquable. On constate nettement qu'ils consistent dans le mélange de detix substances, différant entre elles par la couleur et par le |)oli. I/nne d'elles constitue comme des îlots souvent très découpés au milieu de Taotre, qui n'occupe pas une surface plus gi*ande que la première. Pour bien distinguer les deux substances l'une de l'autre, il est bon d'observer l'échantillon sous une incidence très grande, sous un jour rasant. Dans toutes les deux on aperçoit lie très petites grenailles métalliques, mais dans l'une, le fer est en petits Olaments, tandis que dans Tautre il se présente en grains sphéroïdaux extrêmement 0ns. L'analyse chimique d'un fragment de ce premier genre m'a montré qu'il était formé par fassociation du péridot ferrifère avec un pyroxène contenant de la chaux.

2* La roche qui constitue la deuxième sorte de fragments est grenue et partiel-

i. Comptée rendue, t. LVI1I, p. 551, 186.5.

fM ENCYCLOPKDIE CIIIIIlQlJR.

kmeot attaquable aux acides. Ces fragments sont d'un gris verdâtro dans la interne» mais toute leur périphérie est noirâtre. On y voit de très fines grei inëlaliiquos, surtout abondantes dans la région externe qui vient d*éire eit^ portion attaquable de ces fragments offre la constitution du péridot, mais le ne m*a pas paru avoir une composition cadrant absolument avec la fMini pjroxène. La réaction très nette de Talumine pourrait faire penser k la prëaa minéraux feldspathiques. D'ailleurs, il ne faut pas oublier que les essais n\ être faits que sur de très petites quantités de matière et qu*il est très diffidU tenir un triage parfait.

3» On remarque tout de suite de gros fragments d'un troisième genre, iden â ceux qui ont été signalés comme faisant partie du fer de Brahin. Ces frag sont essentiellement formés de péridot lamellaire fendillé suivant les plans i rage, et leurs fissures renferment souvent des filaments longs et fort déliés < nickelés. Comme les précédents» ils sont enveloppés d*une xone noirâtre, ri très fines grenailles métalliques.

4* Enfin* mais beaucoup plus rarement» on observe des fragments blanc et spathiques qui m*ont paru très peu attaquables, et en attendant une i complète» je suis porté» d'après diverses réactions» à les considérer comme A nature pyroxénique^

Janacera, — Le Muséum ne possède qu'un petit édiantillon de S granu cette météorite. Il suffit d'ailleurs pour montrer une telle ressemblance « Sierra de Chaco que, jusqu'à nouvel ordre, il semble probable qu'il s'agit seule et même chute.

Cest Lawrence Smith qui a donné au Muséum, en mai i879, cet échai Il consiste en un petit éclat dont la structure est assex uniforme, déponr grosses grenailles. On y reconnaît très nettement des lames de clivage péridc

D'api*ès Joy', la météorite de Janacera est formée de :

Silicates 56,77

Fer nickelé 36,87

Fer sulfuré 5,43

Fer chmmé 1,10

100,17 Les silicates i-enferment :

Silice , 57,28

Protoxyde de fer 23,00

Magnésie il, 84

Chaux 2,47

Alumine 5,4i

1. Celte (IcrcHption n été trente m 1872. Le minéral spathiquc a été i*clrouvé trùs posU ment }>ar LavvTCDce Smith dans la roche d'Etfthcrville. à un étal d'abondance compatible v analyse complète. C'est lui que le chimiste américain a qualifié do peckhamite. Sa présen Sierra de Chac^' et dans Barea est importante au point de vue des identifieationa litbologiqucft

2. Siffimati*Jt American Joiiriini, 2* série, t. XXVH, p. 2415.

METEOIUTES. 100

La quantité de silice est ici trop grande pour qu*il n*y ait qu'un mëtange de quart! et de bisilicate. H. Rammelsberg ^ se demande s*il n'y aurait pas dans Janacera comme dans Breitenbach un excès de silice libre.

Le réseau métallique renferme :

Fer 87,43

Nickel 10,54

Cobalt 1,67

Cuivre (avec étain) 0,i3

Phosphore 0,25

Hainhoh. — Voici une météorite dont la date de chute est inconnue et qui présente avec les masses de la Sierra de Chaco une très étroite analogie. La structure est la même et les minéraux essentiels sont les mêmes.

La densité de la masse est variable d*un point à Tautre, suivant la proportion relative du fer et de la pierre. J'ai trouvé 5,01 pour un échantillon. >Vôhler a publié le chiffre 4,61 '.

Newton County, — La première mention de cette météorite fut faite en 1860 par le professeui- Cox, occupé à exécuter le relevé géologique de TArkansas. Le bloc est toujours dans son gisement, et seul un fragment fut détaché de Tun des angles et remis à Lawrence Smith : il pesait 22 onces 7s*

La portion métallique,dont la structure générale est rigoureusement celle observée déjà dans la météorite de la SieiTa de Chaco, consiste en alliages de fer et de nickel, au nombre de deux au moins, mélangés à du fer chromé, parfois cristallin, et à des traces de pyrrhotine. Malgré sa nature complexe, Smith l'a soumis à l'analyse totale et il a trouvé '* :

Fer 91,25

Nickel 7,21

Cobalt 0,71

Cuivre et phosphore traces

La matière pierreuse est éminemment cristalline et il est facile de séparer quelques-uns des minéraux constituants pour les soumettre à l'examen. En brisant la roche pour en séparer les parties magnétiques, on l'obtient à l'état de grains irréguliers variant de 2 à 5 décigrammes jusqu'à de la fine poussière.

La densité mesurée en diverses régions est comprise entre 4,5 et 6,1.

De la partie lithoide on extrait facilement du péridot et un minéral plus acide.

1. Àbhandlungen der Akademie der Wissenschaften zu Berlin^ 1870, p. 90. "i. Poggendorff9 Annalen, t. CX. p. 34i . ^. Mineralogy and Chemisiry, p. 539.

Le përidot donne h t'analyse :

Silice 42,02

Alumine 0,40

Protoxyde de fer 12,08

Magne'sie 47,25

On y reconnaît en outre de faibles quantités de manganèse. Smith considère le minéral acide comme se rapportant à l*arophibole. Il y n rouvé en effet :

Silice 52,10

Alumine 1,02

Protoxyde de fer 16,49

Protoxyde de manganèse 1,25

Magnésie 29,81

Alcalis (po lasse, soude, lilhine) 0,24

100,91 On y observe deux clivages dont un beauc/oup plus facile que l'autre.

Estherville, — Les météorites d'Estherville tombées devant de nouveaux témoins, le 10 mai 1879, sont brutes* et noduleuses et présentent, de toutes parts, des protubérances irrégulières formant de fortes saillies. La croûte noire n'est pas uniforme et offre bien plus d'épaisseur dans les concavités situées entre les protubérances, lesquelles jouissent très souvent d*un brillant métallique non altéré qui trahit leur nature ferreuse.

La densité de c«s météorites varie, suivant les points, et égale an moins en moyenne 4,5.

De grands nodules de métal sont mélangés avec des minéraux pierreux, c Celte météorite est unique, dit Smith, différant entièrement des météorites hétérogènes de Pallas d*Atacama et des autres pierres riches en fer qui s'en rapprochent au premier abord. » Nous allons revenir- sur ce point.

Sur une surface polie, au travers des nodules, les acides donnent les figures de Widmansttetten magnifiquement développées.

L'analyse a révélé dans le métal.

Fer ^ 92,00

Nickel 7,10

Cobalt 0,69

Cuivre très faible quantité

On reconnaît aussi, à première vue, la présence dans les échantillons d'un minéral d'un vert olive, remarquable par son clivage net. Il est facile et en morceaux à cQn-

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