‹ Les Méthodes de Culture du Bacille de Koch appliquées au Diagnostic de la TuberculoseChapitre 28 sur 41 · NE · texte numérisé non relu

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cultures à la surface de tous les milieux ensemencés, le repiquage qui en résulte donnant des cultures largement étalées et ne permettant pas d'apprécier la richesse en germes du produit pathologique ensemencé,

LES MACRO-COLONIES

L'apparition des colonies &Gistinctement visibles à l’œil nu est assez rapide, nous venons de le signaler; leur examen présente un intérêt particulier. Les colonies se présentent, en effet, avec une physionomie particulière selon qu'il s’agit de souches humaines, bovines où aviaires et l’on voit tout l’intérêt que cela représente. Pour obtenir des colonies à caractères nettement tranchés, une précaution est nécessaire: les milieux doivent

avoir une certaine fermeté et c’est pourquoi, lors de la préparation des milieux, il v a intérêt à coaguier à la chaleur sèche et non en vapeur fluente, comme le recom-

mande Lowenstein. Sans quoi, avec les milieux à l’œuf trop humide, toutes les souches ont une tendance à fournir des colonies plus ou moins lisses, ce qui nuit à leur identification. Notons encore que la morphologie d’une colonie est un renseignement qui ne suffit pas, il ne faut Jamais manquer de vérifier que ces colonies sont formées de bacilles acido-alcoolo-résistants. Cette précaution est indispensable car certains champignons streptothricéés sareines et d’autres bactéries du groupe corvné bactérium, peuvent apparaîtrent tardivement et présenter la morphologie des colonies des bacilles tuberculeux.

CARACTÈRES DES CULTURES DE BACILLES TUBERCOULEUX HUMAINS SUR MILIEU DE LOEWENSTEIN

L’ensemencement de produits tuberculeux proveñant de la clinique humaine, contaminés ou non par une flore secondaire banale, peut donner, sur milieu de Locewenstein, dés cultures de bacilles de Koch qui présentent

différents aspects.

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Dans la plupart des cas, le germe isolé est un bacille humain. Les caractères CAVE aux sont alors les suivants:

Les colonies apparaissent en moyenne entre 11 et

29 jours. Il est exceptionnel de les apercevoir en dehors de ces limites extrêmes. Si le produit à été ensemencé d’une manière correcte, les colonies sont réparties régulièrement à la surface du milieu et leur nombre varie avee chaque échantillon ensemencé. En raison de la facilité avec laquelle elles se développent 4x vitro, Griffith (1907) les a dénommées « cultures eugoniques"».

Dès leur apparition, ces colonies sont sèches, rugueuses, à contours irréguliers, légèrement pigmentées en jaune. Au fur et à mesure de leur séjour à l’étuve, elles augmentent de volume et après quelques semaines, elles atteignent leurs dimensions définitives, c’est-à-dire 8 à 12 millimètres de diamètre et 2 à 4 millimètres de hauteur ; elles ont alors une forme caractéristique en chouxfieur et sont parfois pigmentées en rouge jaunâtre. À la spatule, elles se détachent facilement du milieu auquel elles n’adhèrent pas; elles s’étalent avec difficulté à la surface du milieu et s’émulsionnent très difficilement dans l’eau physiologique où elles forment de nombreux grumeaux.

Reportées sur milieu à l’œuf et surtout sur pomme de terre glvcérinée, elles fournissent une culture qui se développe, dès les premiers réensemencements, facilement et rapidement, en deux ou trois semaines d’étuve. L'aspect sec, rugueux, poudré, caractéristique du bacille humain, est toujours conservé, d’où le nom de colonies R (rough, rugueux), que leur donnent les auteurs anglais.

Sur les milieux liquides, bouillon glycériné ou Sauton, la culture forme un voile en surface, rugueux, plissé ct see dont le développement s effectue en trois où quatre semaines. Par agitation, ce voile tombe sans troubler le milieu, mais, en quelques Jours, il se reforme avec des” caractères semblables,

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CARACTÈRES DES CULTURES DE BACILLES TUBERCULEUX BOVINS SUR MILIEU DE LOEWENSTEIN

Les eultures primaires de bacilles bovins, ont un aspect tout différent de celles de bacilles humains. En premier lieu, l’apparition des colonies est beaucoup plus tardive, entre 30 et 70 jours. Les colonies, en nombre restreint, ne se développent souvent pas sur tous les tubes ensemencés. Au début, elles sont très petites, visibles seulement à la loupe, rondes, transparentes et sur les frottis et se montrent formées de bacilles acido-résistants très courts. Elles atteignent leurs dimensions définitives après plusieurs semaines d’étuve durant lesquelles elles se développent très lentement; elles dépassent rarement 3 à + millimètres de diamètre, environ la grosseur d’une tête d’épingle. Elles se présentent le plus souvent à l’état isolé sous forme hémisphérique, à bords réguliers, parfaitement rondes, blanc nacré, jamais pigmentées au moment de l'isolement; elles sont humides, brillantes et lisses, d’où le nom de variété $S (siooth) que leur ont donné les auteurs anglais. En raison de leur difficulté à s’adapter dans les milieux tx vitro, Griffith les a dénommées « cultures dysgoniques ».

Ces colonies sont adhérentes aux milieux à l’œuf qu’elles décolorent après un séjour prolongé à l’étuve. A la spatule, elles ont une consistance tout à fait différente de celle des bacilles humains qui permet leur étalement facile à la surface du milieu. Elles s’émulsionnent facilement en eau physiologique en produisant un trouble homogène et durable.

- Au cours des premiers passages sur milieux à l’œuf et sur pomme de terre glycérinée, le bacille bovin fournit, après plusieurs semaines d’étuve, des cultures dysgoniques qui se développent très lentement et difficilement en conservant l’aspect lisse primitif.

Ensemencées dans les milieux liquides, Sauton ou

bouillon glycériné, les cultures secondaires croissent en profondeur en troublant le milieu, mais il finit toujours par se former en surface un voile mince qui, de temps en temps, tombe en flocons.

Quant les cultures de bacilles bovins ont pris l’aspect rugueux et eugonique, il est impossible, par leur simple aspect cultural, de les différencier de celles de bacilles humains.

En résumé, dans la pratique courante et dans la plupart des cas, il est facile de distinguer, par l’aspect des cultures, les deux types de bacilles des mammifères: apparition rapide des colonies de bacilles humains, plus lente pour celles de bacilles bovins, croissance facile eugonique pour les premières, difficile dysgonique pour les dernières, cultures rugueuses, sèches, mamelonnées, pigmentées, difficilement émulsionnables dans le premier cas, lisses, humides, petites, non pigmentées, décolorant le milieu, facilement émulsionnables dans le second, sous-cultures dans les milieux liquides ou solides abondantes, faciles et rapides avec l’aspect R caractéristique pour les bacilles humains, réduites, lisses et dysgoniques pour les bacilles bovins.

En tenant compte de ces principaux caractères, il est assez aisé de différencier les deux types bien que, pour confirmer le diagnostie, il soit toujours nécessaire de s'adresser eusuite à l’inoculation au lapin.

CARACTÈRES DES CULTURES DE BACILLES TUBERCULEUX AVIAIRES SUR MILIEU DE LOSWENSTEIN

Les cultures de bacilles aviaires sont constituées par des colonies lisses, comme celles de bacilles bovins, mais elles apparaissent beaucoup plus rapidement, entre le neuvième et le quatorzième jour et se développent très facilement et abondamment. : a |

Les cultures primaires peuvênt présenter deux aspects

nettement différents. Dans un cas, les colonies sont 180lées, hémisphériques circulaires, blane nacré, lisses, plus humides et luisantes que celles de bacilles bovins; leur diamètre varie entre 3 et 5 millimètres.

Le second aspect est donné par une culture se développant en nappe luisant, humide, erèmeuse et plate.

Quelle que soit la manière dont elles se présentent, les colonies de bacilles aviaires sont toujours adhérentes au milieu et facilement émulsionnables en eau phvsiologique dans laquelle elles forment un trouble homogène.

Dans les milieux liquides, bouillon glycériné ou Sauton, elles se développent en profondeur, en les troublant uniformément durant la première semaine d’étuve. Ensuite, elles forment une mince pellicule en surface qui tombe facilement au fond du vase en fins grumeaux; le voile conserve indéfiniment un aspect gras et adhère aux parois du ballon de culture.

Réensemencé sur milieu à l’œuf et sur pomme de terre glycérinée, le bacille aviaire donne rapidement, en douze à quatorze jours, une culture abondante, toujours crèmeuse, lisse et humide.

Comme avec le bacille bovin, au fur et à mesure des passages sur pomme de terre glycérinée, l’aspect des souches de bacilles aviaires se modifie; leur surface se plisse d’abord progressivement en nombreuses circonvolutions en même temps qu’elles deviennent moins humides et moins grasses qu’au moment de l’isolement ; simultanément, on observe, sur le bouillon, l’apparition d’un voile mince et humide; à ce moment, il est facile de constater sur le fond lisse de la culture, quelques colonies nettement différentes, rugueuses, sèches et à contours ir réguliers. Autrement dit, comme pour le bacille bovin, 1l s’opère une véritable dissociation. Par repiquage de ces colonies ou en continuant les passages sur pomme de terre glycérinée, on obtient finalement une culture rugueuse sèche identique à celle des bacilles de mammifères.

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Dans cette phase, il est impossible de distinguer le bacille aviaire du bacille humain ou bovin eugoniques.

# CARACTÈRES DES CULTURES DE BACILLES ACIDO-RÉSISTANTS PARA-TUBERCULEUX SUR MILIEU D£ LOEWENSTEIN

À l’encontre des bacilles des mammifères, les cultures de para-tuberculeux se développent facilement en quelques jours. Le plus souvent, ces colonies sont intensément pigmentées du jaune or à l’ocre foncé. D’autres secrètent des pigments roses ou rouges qui sont consti: tués par des lipochromes; plus rarement on isole des souches de saprophytes non pigmentés d’un blanc ivoire caractéristique.

Pigmentées ou non, ces sonches se présentent, sur milieu de Loewenstein, sous la forme de colonies lisses, humides, crèmeuses, souvent visqueuses, isolées ou confluentes. Exceptionnellement, la culture est sèche, écailleuse, plissée et mamelonnée, avant l’aspect rugueux comme celle du bacille de Koch.

Ces souches se développent entre des limites de température extrêmes. Entre 10 et 15°, elles poussent lentement, mais leur prolifération s'effectue plus rapidement entre 15 et 25° et surtout entre ?5 et 28°: elle se poursuit jusqu’à 50-55° et pour certaines d’entre elles, jusqu’à 58°.

Ce caractère permet de les distinguer d’emblée des bacilles humain, bovin et aviaire qui ne croissent qu'entre des limites très étroites de température, 32 à 39° pour les bacilles des mammifères, jusqu’à 45° pour le bacille aviaire.

Leurs exigences nutritives minimes leur permettent de se développer rapidement et abondamment, non seulement sur pomme de terre glycérinée, mais également sur des milieux liquides ou solides non glycérinés.

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