VALEUR DES RÉSULTATS
Les résultats de la culture ainsi précisés appellent la discussion sur quelques points particuliers. Il est indiscutable qu’en présence d’une culture positive du produit pathologique, on est en droit d'affirmer la présence de bacilles de Koch dans le produit ensemencé. Mais en présence d’une expectoration ou d’une urine dont le caractère bacillifère est ainsi démontré, peut-on conclure à l’existence d’une bacillose pulmonaire ou rénale? C’est seulement de la collaboration étroite du laboratoire et de la clinique qu’il est possible de former les arguments propres à nous éclairer. Il n’entre pas dans le cadre de cette étude d’envisager le fond de la culture. Précisons seulement que l’on ne doit pas oublier l’existence rare mais toujours possible de cracheurs de bacil:les de Koch sans lésions apparentes. Bezançon, Bran et Crudes, Meyer, en ont signalé d’assez nombreux cas que des recherches systématiques avaient permis de déceler. L’existence de bacillurie sans tubereulose rénale ni altération du rein a été soutenue par quelques auteurs, Fulleston, Jousset, Sturn. Cette question a fait l’objet de nombreuses recherches tant ciiniques qu’expérimentales. Baccanu, Spizer, Willams, Dimtza et Schaffhauzer, Nasta, Saenz, Deist, Monton, après avoir ensemencé des urines de tuberculeux au cours de cures sanatoriales ou en traitement dans les hôpitaux, n’ont jamais pu mettre le bacille en évidence, si ce n’est dans les cas où un examen urologique permettait de constater l’existence d’une tuberculose uro-génitale.
Cette question de la bacillurie des tuberculeux peut, aujourd’hui, être considérée comme parfaitement élucidée: il n’y a pas de bacille de Koch dans les urines sans lésions rénales.