LES TECHNIQUES D'INOCULATION
Les techniques de culture étant étudiées, 1l nous paraît intéressant de comparer les résultats obtenus avec ceux que l’on obtient des méthodes d’inoculation. Appliquée depuis très longtemps, l’inoculation au cobaye des produits suspects de bacillose peut être considérée comme un véritable procédé d’enrichissement, destiné à obtenir la multiphication # vivo des bacilles de Koch, beaucoup plus que comme destiné à rechercher le caractère de virulence de ces mêmes baëilles ; l’inoculation au cobaye présente, en effet, de très nombreuses qualités. Elle joint à la précision une remarquable sensibilité.
L'inoculation se fera de préférence avec des produits pathologiques préalablement traités par l'acide sulfurique, puis neutralisés à la soude comme pour l’ensemencement. En effet, certains produits, tel que le pus, les matières fécales, provoquent fréquemment, au point
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d’inoculation, un abeès qui s’ouvre spontanément en peu de jours, évacuant la totalité de la matière injectée.
Diverses méthodes ont été préconisées pour l’inoculation. La plus simple et la plus couramment employée est l’inoculation sous-cutanée de préférence dans la région de l’aine, entre le mamelon et le pli inguinal et d’un seul côté. À partir du quinzième jour, en comparant attentivement par le palper les deux régions inguinales, on sent, si le résultat doit être positif, un léger relief ganglionnaire du côté inoculé. À dater de ce moment, le ganglion ira grossissant de semaine en semaine. Quoique induré, il restera longtemps libre et peu sensible. Lorsqu'on a des produits très bacillaires ou des bacilles très virulents, la réaction ne se cantonne pas au ganglion, il se fait un abcès froid avec une escarre dont la chute amène une ulcération rebelle appellée chancre. On peut attendre la mort qui survient au bout de quatre, six ou huit semaines, mais parfois la maladie est beaucoup plus longue et la réponse de l’inoculation se fait attendre un peu trop au gré de la clinique. On peut sacrifier l’animal au bout de six semaines à deux mois. Pour pratiquer l’autopsie, étendre le cobaye sur le dos et opérer avec des ciseaux une grande incision cervico- pubienne. La masse viscérale explorée organe par organe, les régions ganglionnaires étudiées minutieusement montrent des ganglions dans la région: inguinale injectée, dans la région mésantérique, dans la région trachéo-bronchite; les ganglions ont, en général, une périphérie dure et un centre caséeux blane mat. Le péritoine porte, en proportion variable, des granulations tuberculeuses. Le foie et la rate fortement hypertrophiés sont parsemés de granulations à la surface et dans la profondeur, marbrés de zones dégénérative et hémorragique. Cet ensemble constitue un tableau connu sous le nom de tuberculose de type Villemin.
Nous préférons à cette méthode d’inoculation souscutanée, la méthode par injection intra-ganglionnaire décrite par Ninni. (C’est une méthode commode qui à l'avantage de donner le résultat dans les cas favorables
en quelques jours. Voici quel en est la technique. Le cobaye, anesthésié, est solidement fixé sur un appareil de contension, la tête en hyper-extension forcée. Une imcision médiane de la peau, puis du plan aponévrotique du cou permet d’apercevoir les ganglions latéro-trachéaux qu'il est presque toujours aisé de faire sailhr en les prenant entre 2 instruments mousses. Lorsqu'on n’est pas encore familiarisé avec cette technique, la confusion avee un lobe des deux grosses glandes salivaires sousmaxillaire.est fréquente. Un moyen simple de différenciation consiste à comprimer légèrement, entre les mors d'une pince, ce qu’on croit être le ganglion. S'il s’agit d’un lobe de la glande, il garde sa teinte rosée. S'il s’agit bien du ganglion, il prend, sous l’effet de la compression, une teinte jaune bien caractéristique ; on pique alors un des pôles avec une aiguille très fine (aiguille à intradermo) et on injecte le filtrat jusqu'à refus. Là encore, la teinte jaune caractéristique indique que le ganglion a été bien injecté. On referme la petite plaie avec une agrafe et l’on met un pansement léger. Les modifications de volume et de consistance Au ganglion sont très faciles à suivre sous la peau. Il n’y a pas de chancre d’inoculation.
Une excellente pratique consiste à suivre l'évolution de l’infection bacillaire chez le cobave en recherchant son comportement vis-à-vis d’injections imtra-dermiques de tubereuline. Après avoir épilé la peau de l’abdomen, on injecte dans le derme 1/20° de centimètre cube detubereuline ou 1/10°; l’animal commence à réagir vers le quinzième jour où au début de la troisième semaine. On peut également soumettre le cobave à des injections bi-hebdomadaires sous-cutanées de 1 centimètre cube d'extrait acétonique de bacilles tuberculeux ; lorsque ces. injections ont 6t6 poursuivies pendant quelques semaines, on constate que les animaux traités maigrissent plus rapidement que les témoins et meurent plus précocément en présentant des lésions plus disséminées et plus étendues.
Les méthodes d’inoculation au cobaye sont-elles à LE re pas OST . > .
l’abri de toutes critiques? Evidemment non. En premier
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lieu, le prix d’achat des animaux et les dépenses nécessaires pour leur entretien ont fait souvent réserver la méthode à des cas exceptionnels. La durée de l’ineubation de la maladie expérimentale chez le cobaye vient encore compliquer la méthode. Il faut savoir attendre souvent fort longtemps pour conclure que l’animal n’a pas été tuberculisé. Dans les cas où les bacilles sont rares et peu virulents, si l’on sacrifie le cobaye deux mois après l’inoculation, on risque de le trouver macroscopiquement sain. De plus, le cobaye inoculé peut fort bien succomber à une épizootie intercurrente, comme cela arrive souvent dans les élevages de laboratoires. L'’autopsie d’un cobaye suspect de bacillose est, ellemême, chose délicate; il importe de vérifier au microscope la présence de bacilles de Koch. Certaines maladies du cobaye, telle que la pseudo- tuberculose de Malassez, peuvent simuler, à s’y méprendre, une tuberculose des organes. On la reconnaître cependant aux caractères suivants : 1° elle est généralement épidémique, affectant tout un lot de cobaye de même provenance; ?° elle a une prédilection pour les ganglions mésentériques et le foie et n'’affecte pas la région inguinale inoculée; 3° l’aspect des nodules réguliers et sphériques est d’un blanc nacré très brillant, la teinte des vrais tubercules tire un peu sur le jaune mat, ils sont souvent irréguliers ; 4° le pus de ces nodules est fluide, homogène, facile à étaler; le vrai caséum est plus sec et grumeleux; 5° le pus ne contient pas de bacilles de Koch mais des mier Obes divers (cocci, cocco-bacilles ou bactéries), ne gardant ni le Ziehl, ni le Gram.
Notons enfin que le cobaye ne réagit pas à la tuberculose aviaire.