ATOC L9 MINISTRE DR LÀ OUVRIS
Le général Canrobert, commandant en chef V armée d'Orient, an général Larchey, commandant les dépote de V armée à ComtantinopU.
Au quartier général dorant Sébastopol, le 26 déc. 4884.
% Je ne puis vous dire à quel point je sais préoccupé de ne pas recevoir le matériel qui fait le plus défaut à Vannée, et dont mes précédentes lettres vous ont donné, la nomenclature : c Tentes,
« Bâtons de tentes-abris, « Cordes pour dresser les tentes-abris, « Musettes pour les chevaux, < Couvertures pour les chevaux, « Sabots et chaussons (venant de France), ■ Peaux de mouton, * Chalands et mahonnes.
< Trois cents bonnes tentes françaises environ viennent d'arriver à Kamiôsch, mais vous jugerez de mes regrets quand vous saurez qu'elles n'étaient pas accompagnées des montants et des goujons en, fer destinés à les établir ! Tous les accessoires paraissent avoir été 1 chargés sur un autre navire, qui n'est pas arrivé.
« Je sais que vous vous occupez activement de la réunion et de l'envoi des autres objets indiqués ci-dessus : je ne vous en parle oue pour que vous stimuliez le zèle des agents qui ont la mission de s'en occuper directement.
« Croiriez-vous que les troupes qui arrivent de France ont des tentes-abris sans bâtons, qu'il n'est plus possible de leur procurer ici ; en sorte que grandes tentes et petites tentes leur font à la fois défaut ! On ne saurait rien imaginer de plus imprévoyant. »
ABMÉE D'oBIENT.
Ad camp devant Sébastopol, la 3 janvier 4855, Le général en chef Canrobert à f intendant de l'armée.
« Après avoir étudié la situation sommaire du matériel du campement à la date du 1" janvier 1855, j'ai arrêté les dispositions suivantes.
f « MM. les généraux des divisions d'infanterie, de cavalerie, de l'artillerie et du génie sont informés qu'il existe en magasin des efceimsçs, des souliers, du cordeau à piquet pour tentes-abris. Us doivent inviter MM. les chefs de corps à en pourvoir leurs troupes suivant leurs besoins.
« Les guêtres bulgares sont exclusivement réservées aux chasseurs à pied.
« Les loO paires de guêtres en cuir seront données au 1" régiment de zouaves.
« Les blouses seront mises à la disposition exclusive de la cavalerie «Au train.
< Sur les 42,000 paires de gants en magasin, dix mille seront livrées au corps de siège, et deux mille au train. La répartition des dix mille paires sera faite par les soins de M. le général Forey, commandant le corps de siège.
« Les francs-tireurs et les éclaireurs volontaires recevront chacun une peau de mouton.
« Dix' mille (10,000) paires de bas de laine seront réparties par le général commandant le corps de siège entre les différentes divisions qui composent ce corps.
« Cinq cents (500) couvertures à une place seront livrées aux marins du corps de débarquement. Ces couvertures seront coupées par moitié sous la surveillance des officiers de la marine, et données aux marins pour leur tenir lieu de capotes à capuchon.
« Enfin, j'ai décidé que 4 pioches et 2 pelles seraient délivrées, par compagnie, à chacun des corps qui débarqueront, et que ces outils leur seraient remis avant leur mise en route pour le camp.
« Veuillez, de votre côté, assurer l'exécution de toutes ces dispositions. •
Le général Canrobert, commandant en chef V armée d'Orient,
au ministre de la guerre.
Devant Sébastopol, le 6 janvier 4855.
c Après quelques jours d'une pluie violente, une neige abondante et qui n'a pas cessé de tomber pendant 30 heures a envahi nos bivouacs. Aujourd'hui les vents sont au nord, avec un froid vif et sec d'environ 6 degrés. La neige n'a pas moins de six à huit pouces de hauteur ; et vous jugerez par cet exposé de la situation faite à plus de la moitié de l'armée dont les tentes-abris sont presque ensevelies sous la neige et sont d'ailleurs fort usées.
c Je n'ai encore reçu que quelques centaines de sabots demandés par le maréchal de Saint-Arnaud dès le mois d'août. Enfin il me manque encore beaucoup de capotes à capuchon ; et les jeunes soldats qui nous arrivent tous les jours n'en ont point du tout. Cette situation se produit sur un plateau dépourvu de bois. Les cuisines des ordinaires se pourvoyaient par l'arrachement de souches assez nombreuses, qui se rencontrent à une assez grande distance de nos camps : c'était un travail pénible ; il Test deux fois plus aujourd'hui que les souches disparaissent sous la neige.
« En résumé, la situation est tendue, et il est à désirer qu'elle ne se prolonge pas. Nous aurions à craindre, dans le cas contraire, beaucoup d'accidents de congélation des extrémités ou d'asphyxie par le froid.
« Ce qu'on sait du climat de la Crimée •permet d'espérer que cette température violente est passagère.
c Je suis bien assuré d'ailleurs que, d'ici à un mois, j'aurai plus de tentes, de sabots, de chaussons et de moyens préservatifs matériels de toute nature qu'il ne m'en faudra, mais us viendront trop tard.
AVBC LB MINISTRE DE LA GUBBRE. 247
« Dès à présent, mes plus graves préoccupations s'appliquent aux animaux. Je n'ai pas reçu les couvertures que, depuis plus de six semaines, j'ai demandées à Constantinople, à Smyrne et dans tout le Levant. Aussi souffrent-ils beaucoup, et je dois m'attendre à voir succomber tous ceux qui ne sont pas de fer. Les chevaux d'Afrique et les mulets se défendent ; mais il n en est pas de même des chevaux de France : ceux de l'artillerie et des dragons succombent en grand nombre ; et, par exemple, le 6* de dragons en a perdu 22 dans les 24 heurts qui viennent de s'écouler.
c Croiriez-vous, monsieur le maréchal, que plus de 4,000 de ces chevaux manquent de musettes, ce qui est une cause de dépérissement et de mortalité ; qu'enfin plus de 500 tentes françaises, en toile préparée pour former d'excellents abris, sont arrivées dépourvues de montants et de tous accessoires t
« J'ai voulu vous exposer dans sa vérité vraie une situation « qui n'est pas gaie >, comme disent les soldats. Elle m'afflige surtout par ceci que, si les efforts énormes que le gouvernement de l'empereur a déployés, si la sollicitude sans limites qu'il a montrée pour cette armée, si les prévisions des commandants en chef exposant leurs demandes en temps utile, avaient donné tous les résultats qu'on devait en attendre, l'armée serait aujourd'hui parfaitement en mesure de faire face à tant d'épreuves. »
Le général Canrobert, commandant en chef V armée d'Orient,
au ministre de la guerre.
Devant Sébastopo], le 26 janvier 4865.
< J'ai eu l'honneur de vous rendre compte de notre pénurie de foin et de paille. Aujourd'hui, nos faibles ressources de ces denrées sont épuisées ; et, pour soutenir mes chevaux et mulets, je suis contraint de leur faire délivrer une double ration d'orge ! Ce genre d'alimentation leur permettra-t-il d'attendre l'arrivée du fourrage que l'on attend d'Algérie et de celui que je fais rechercher activement sur les côtes de la mer Noire et de la Marmara ? Dieu le veuille t car sans cela l'armée perdrait la majeure partie de ses animaux, ce qui serait désastreux.
« En vérité, monsieur le maréchal, ceux à qui vous avez confié le soin d'approvisionner notre armée ont encouru une immense responsabilité, dont le poids devra être mesuré à la gravité du mal. >
La description des murailles de Pékin donnera une idée de la situation des armées alliées si, avec les ressources dérisoires qu'elles avaient à leur disposition pour les renverser, il s'était trouvé derrière des hommes pour les défendre (octobre 1860).
Ces murailles ont quatorze mètres quarante centimètres (14", 40) de hauteur du coté de la campagne, et 13",50 du coté de la ville. Le terre-plein a 13 mètres de hauteur et dix-neuf mètres vingt centimètres (19»,20) de largeur entre les deux murs de revêtements, de
248 ABLATIONS DO GÉNÉRAL BU CHIP
sorte que leur épaisseur totale, y compris les murs de revètemeat est de vingt mètres et demi (2Gm,50) au sommet, et do vingt-six (36) mètres à la base.
Le mur extérieur, qui dépasse le terre-plein de 4m,40, est pereé» à la hauteur de cinquante centimètres, de larges créneaux pouvant recevoir du canon, distants les uns des autres de 3»,50. Des demi-tours carrées, ayant 33*,60 de large et Î^IS de saillie sur le mur, sont disposées de deux eents mètres en deux cents mètres et servent de flanquement. •
L'espace de |9*,20 compris entre les deux murs de revêtement, rempli de pudding fait de pierres, de béton, de terre, avait une consistance extraordinaire. Les Anglais, pour se mettre h l'abri d'une surprise (après l'occupation de la terrasse des remparts), ayant y&ahk ouvrir une sorte de tranchée dans la partie des murailles qu'ils occupaient, n'en vinrent à bout qu'après des travaux excessifs.
Leur tentative fit plus que jamais comprendre que si les Chinois avivaient point consenti à nous ouvrir la porte An-tin g-men, les muni— tions des deux années, française et anglaise, eussent été vingt fois épuisées avant de faire brèche dans cette énorme maçonnerie.
M. VARim
Le général Douay, commandant une brigade du corps expéditionnaire
du Mexique, au ministre de la guerre.
Vera-Cnw, le 31 mai 4862. .
« Je ne puis, avant de quitter la place de Vera-Cruz, m'abstenir de signaler l'état vraiment précaire dans lequel je laisse les services administratifs dans un moment où ils sont appelés à jouer un rôle capital (celui d'approvisionner l'armée qui a battu en retraite sur Orizaba). Depuis le départ de l'armée, deux officiers du 99e de ligne ont exercé successivement les fonctions de sous-intendant militaire, mais sans avoir le pouvoir de faire V ordonnancement des paiements les plus indispensables. Ils sont morts tous les deux du « vomito » (fièvre jaune). Lorsque le vapeur La Seine est arrivé, j'ai installé Jn. Se-
fonne comme sous-intendant militaire à Vera-Cruz : il a pu remettre flot le crédit de l'armée de terre fort compromis, qui ne se soutenait que par le concours dévoué du commandant supérieur (officier de marine), grâce anx fonds de prévoyance, qu'il a fait servir à parer aux nécessités les plus indispensables.
c Depuis cinq jours, M. Segonne est malades du vomito ; j'espère qu'il sera sauvé ; mais il ne pourra reprendre son service que dans un temps peut-être éloigné. Son indisponibilité porte le plus grand préjudice à l'exécution du service : les comptables sous ses ordres, habitués à la régularité de services qui ne rencontrent que peu ou point d'obstacles, au lieu d'aplanir ceux qu'on trouve ici, rendent toutes les opérations encore plus difficiles. Enrayés par la responsabilité qui leur incombe, ils paralysent souvent l'action du commandement,
A VÏC LE MHHSTRK DB LA GCBREB. 249
jui n'est obéi que quand il a garanti dans tous les détails les plus secondaires la moindre opération.
« Un premier convoi de 59 voitures chargées de vivres, de grains et d'effets se met en route aujourd'hui et demain ; ce n'est qu'au prix d'efforts énormes que Ton est parvenu à tirer des Subsistances, des Hôpitaux et du Campement le chargement de ces voitures.
« En exprimant cette opinion sur les comptables, je n'ai pas l'intention d'accuser ces officiers de manquer de zèle et de dévouement, ni de les déclarer incapables ; ils servent avec conscience : mais les circonstances graves où nous sommes placés les écrasent, et j'entrevois bien des difficultés à un approvisionnement régulier pour l'armée à Orizaba.
« Je pense qu'il faut, avant tout, puisque Vera-Cruz est redevenue fatalement la base, y constituer solidement une administration militaire qui puisse passer les marchés, ordonnancer les paiements et organiser les convois.
« L'administration de la guerre sera obligée d'avoir ici un personnel considérable ; parce que chaque jour le vomito enlève à l'activité les préposés sans lesquels le service ne peut plus fonctionner. »
Le capitaine de vaisseau Durand SainUÂmand au ministre de la guerre.
A bord du paquebot 1* {ohm***, le 49 mti 4863,
« Pai reçu, le 15 avril, une dépèche de M. le général Forey, ainsi conçue :
(En date du 8 ami).
« Ecrivez au ministre de la guerre par le premier courrier, et en mon nom, que le siège de Puebla est une opération sérieuse, et que je le prie de nous envoyer, sans perdre de temps, en moyens de siège, personnel, matériel et munitions, de quoi remplacer nos consommalions et pouvoir parer à toutes les éventualités de l'avenir ; en prenant pour base de ses calculs que les moyens mis à ma disposition jusqu'à ce jour sont insuffisants. »
Le maréchal Canrobert, commandant le 3« corps de V armée t Italie,
au major général,
Ponte-Curone, le 26 mai 4869.
« On se plaint dans les corps que les effets de linge et chaussure n'arrivent pas. Dans la cavalerie, on signale le manque de bissacs, de ÏÏlete & fourrages, d'entraves et de besaces. »
ARMÉE D'ITALIE
Alexandrie, le 25 mai 4 859.
Le maréchal Vaillant, major général de V armée, à V intendant général
€ Je suis informé que les corps de cavalerie et d'artillerie commencent à manquer de musettes pour les chevaux et mulets.
< Il en résulte qu'une portion notable de la ration des animaux est perdue, ceux-ci mangeant sur le sol ou dans des couvertures. Cet état de choses ne saurait se prolonger plus longtemps sans de graves inconvénients.
« Je vous invite, en conséquence, à prendre les dispositions nécessaires pour que des approvisionnements de musettes soient reparla immédiatement entre les différents corps d'armée, de manière à faire cesser cette situation le plus promptement possible.
« Vous devez, s'il le faut, passer d'urgence à Alexandrie un marché pour la livraison, sans délai, des musettes dont on a besoin ; et dans tous les cas vous aurez à me faire connaître les mesures que vous aurez prises à ce sujet. »
Le maréchal Vaillant, major général de V armée d'Italie, au général Herbitton, commandant les dépôts à Gênes.
3 juin 4859.
< Envoyez-nous des fers pour nos chevaux. Il y en a un besoin pressant. Ecrivez à Marseille pour hâter l'arrivée à Gênes des fers annoncés par le ministre. Pouvez-vous trouver à en faire fabriquer promptement à Gênes deux ou trois mille, et des clous en proportion ? Il faudrait : moitié pour cavalerie légère, moitié pour grosse cavalerie. »
Le commandant militaire d'Alexandrie au major général
de Varmée d'Italie.
Alexandrie, le 4 juillet 4859*
< Le dépôt d'Alexandrie a 37 mulets confiés à des soldats d'infanterie et qui depuis deux mois n'ont pas été pansés, faute d'objets àe pansage.
< Je demande des fonds pour l'achat de quelques-uns de ces objets. »
Le général Roguet, commandant militaire à Crémone, au ministre de la guerre.
Crémone, le 6 juillet \ 859.
« A Crémone, 1er dépôt de l'armée, je manque d'effets de linge et chaussure; et de campement. La pénurie a été telle un moment que, sans la charité publique, plusieurs malades seraient sans chemise.
•BMV«
On se sert pourtant de toutes les ressources du pays, et, entre "" on a tiré de cette ville jusqu'à 500 paires de souliers par
« Les effets d'habillement de tous les détachements de passage sont dans le plus mauvais état. >
Le général Beaufort d'Hautffoul, commandant en chef le corps expéditionnaire en Syrie, au ministre de la guerre. .
26 octobre 4860.
< Votre Excellence m'a signalé, par dépêche du 40 octobre courant, ls. demande qui lui avait été adressée le 20 septembre dernier, par M. le sous-intendant militaire chef des services administratifs, de voitures destinées au service de la place de Beyrouth et des camps occupés par nos troupes.
« Votre Excellence n'a point pensé que cette demande dût être accueillie. Elle a basé son refus sur les renseignements qui lui auraient été fournis sur l'état des routes, impraticables aux voitures.
« Il n'est jamais entré dans la pensée de M. le sous-intendant militaire chef des services administratifs d'employer des voitures, dont il avait fait la demande, aux transports à effectuer dans la montagne.
< Le service des transports, soit dans Beyrouth, soit de Beyrouth au camp, et vice versa, est assez compliqué pour qu'il ait été nécessaire de s'en préoccuper.
« La route de Damas, qui part du centre de Beyrouth et sur l'un des bords de laquelle sont assis :
« 1* Le camp des Pins, à 3 kilomètres environ de la ville ;
« 2° Tous les magasins du camp ;
« .3* Le camp de la cavalerie, situé à 1 kilomètre au delà, est parfaitement carrossable, parfaitement entretenue, et parcourue journellement par des voitures publiques et quelques voitures particulières.
« Le transport du pain, du fourrage, des tentes, des objets de campement..., etc., n'a pu se faire jusqu'ici qu'à dos de mulets ou de chameaux.
« Le transport plus difficile des malades se faisait au moyen des cacolets et des litières. L'administration, par mesure d'humanité d'abord, et pour assurer plus rapidement le service, a passé un marché avec l'entreprise des voitures publiques ; et chaque jour une voiture suspendue conduit les malades des camps à 1 hôpital situé en ville.
« Il a' paru à M. le sous-intendant militaire qu'il serait plus rationnel et moins coûteux de pouvoir nous suffire à nous-mêmes, en réclamant de l'administration de la .guerre des moyens de transport roulants.
« Je ne puis qu'approuver sa demande, et je m'associe à lui pour prie» Votre Excellence de vouloir bien donner des ordres d'urgence pour l'envoi à Beyrouth de :
« 3 caissons ordinaires pour le pain ; « 2 chariots pour les transports divers et les fourrages ; < 2 caissons supendus pour le transport des malades, t La route de Beyrouth à Damas est d'ailleurs carrossable jusqu'à plus de vingt kilomètres de Beyrouth. >
Le maréchal de Mac-Mahon au ministre de la guerre.
Neafchâteau, le 43 août 4870, 7 heures du soir.
« Le I* corps, qui compte en ce moment 22,000 hommes et 4,000 chevaux, et qui retrouvera à Ghâlons, 5 à 6,000 hommes d'infanterie, a besoin :
1° de 3,000 havre- sacs :
2° de 30,000 tentes-abris ;
3° de 60,000 paires de souliers ;
4° de 30,000 paires de guêtres en toile ;
5° de 1,000 marmites;
6° de 8,000 pantalons garance à donner aux militaires et aux
tirailleurs algériens qui n'ont plus de pantalons de toile ; 1° de 30,000 chemises, c Sont également à remplacer beaucoup de caissons d'ambulance et d'équipages réglementaires pour les officiers généraux, les officiers et la troupe. >
Le général de Failly, commandant te V* corps, au ministre de la guerre.
La Marche, le 44 août 4870, 2 h. 65 du soir.
t Par ordre de l'empereur, mon corps d'armée marche sur Chaumont, où il arrivera le 16 aj)ût. Je désirerais cme Votre Excellence fit diriger sur Chaumonf: des souliers, des chemises et des tentes-abris ; un grand nombre d'hommes de la réserve étant arrivés sans tentes. >
Le général Crouzat, commandant le 20e corps d'armée,
au ministre de la guerre.
Bellegarde, lé 4* décembre 4870.
« J'ai un besoin absolu de vingt mille havre-sacs, dix mille paires de souliers, dix mille paires de guêtres, et du campement pour dix mille hommes. *
Extrait du rapport fait à l'Assemblée nationale, le 4 avril 18% par M. Riant, relativement à l'.enquéte sur le matériel de guerra
Approvisionnements en vivres nécessaires à une armée
de 1,200,000 hommes. m
1° Blé et farine. — 1,200,000 pendant 45 jours, soit 34,000,000 de rations ; 100 kilos de blé donnant 167 rations, il faut 343,950 quin-
métriques de blé, dont deux tiers transformés en farine, soit ,714 quintaux métriques de farine, et à 33 francs le quintal et 1. * 4,650 de blé à 28 francs.
2° Biscuit. — 4,200,000 hommes pendant 30 jours soit 36,000,000 rations à 550 grammes = 198,000 quintaux métriques à 40 francs. 3° Viandes salées et conserves. — 1,200,000 hommes pendant 30 jours, 36,000,000 de rations à 225 grammes = 81,000 quintaux métriques à 175 francs.
4* Riz ou légumes. — 1,200,000 hommes pendant 30 jours, ou 36,000,000 de rations à 60 grammes = 21,600 quintaux à 45 francs. 5° SeL — 1,200,000 hommes pendant 30 jours, ou 36,000,000 de rations à 16 grammes = 5,760 quintaux à 18 francs.
6* Sucre. — ! ,200,000 hommes pendant 30 jours, ou 36,000,000 de rations à 21 grammes = 7,560 quintaux à 140 francs.
7° Café. — 1,200,000 hommes pendant 30 jours, ou 36,000,000 de rations a 16 grammes = 5,760 quintaux à 275 francs.
8* Vin. — 1,200,000 hommes pendant 30 jours, ou 36,000,000 de rations à 25 centilitres = 90,000 hectolitres à 50 francs l'un.
9° JEau-ck-tria.— 1,200,000 hommes pendant 30 jours, ou 36,000,000 de rations à 0 litre, 0625 = 22,500 hectolitres à 100 fr. l'un.
Quantité de chevaux nécessaires.
12 régiments de cuirassiers 12,132 chevaux.
30 — dragons 30,330 —
18 — cavalerie légère 21,114 —
• 6 — — (chevaux arabes). 7,038 — 6 — chasseurs d'Afrique. . . 7,210 — 40 — artillerie et du train d'artillerie 118,415 —
Génie 5,220 —
Equipages 40,376 —
Etats-major, infanterie, services administratifs 7,000 —
Ecoles 1,165 —
Total : 250,000 — Gendarmerie, spahis, officiers généraux et officiers supérieurs 50,000 —
Total général : 300,000 chevaux.
L'empereur Napoléon au ministre de la guerre.
Metz, le 8 août 4870, 40 heures 35 du matin.
« Faire des efiorts surhumains pour envoyer du biscuit à Metz pendant trois jours.
c Je désire que le corps d'armée du maréchal Canrobert soit rappelé à Paris, et que les neuf bataillons de la garde nationale mobile soient envoyés à Verdun. »
2$4 RELATIONS DU GÉNÉRAL RPf CHSF
L* major général de formée du Rhin <m ministre de la guerre.
Metz, le 44 août à 9 ùettfès 48 du soir.
c L'empereur vous invite à faire expédier sur Metz le plus de biscuit possible, et dans le plus bref délai. »
Vhtettdant général de t armée du Rhin au directeur détf administration
au ministère de la guerre*
Saiat-Hilaire, le 43 août 4&70.
c Nous quittons Metz. Envoyez de suite sur Verdun deux cent mille (200,000) rations de pain ou de biscuit et de vivres de campagne, fl faut que Ce convoi arrive le 15 au matin, au plus tard. Je vous envoie des détails par le comptable Thévenet ; il sera à Paris le t4 au matin. *
Le ministre de ta guerre au générai en chef Ùumouriez.
Paris, 3 décembre 4792.
« Vous demandez des capotes, dès couvertures, dés souliers, des guêtres, des bas dp laine, et cela sans spécifier les quantités ; de manière qu'il m'est impossible de savoir si ce que j'ai envoyé suffit, on s'il faut en envoyer davantage. »
Le ministre de 14 guerre au général Dumouriez. '
Paris, 28 octobre 4 792.
« Je vous prie d'exiger des officiers de votre état-major ei de vos commissaires des guerres un esprit' de prévoyance qui les empêche de remettre les demandes à l'époque même où le besoin se fera sentir. >
Dans les guerres d'une durée prolongée, il est nécessaire dé maintenir les cadres au complet en remplaçant les sous-officiers et officiers que leurs infirmités ou blessures forcent à quitter pour longtemps l'armée active*
Le général Eblé, commandant VartiUerie de V armée du Rhin,
au minisire de ta guerre.
%*l pluviôse an vui.
< J'ai l'honneur de vous rendre compte que plusieurs sergents et caporaux, des différentes compagnies d'artillerie qui se trouvent à
une le arnims si *a GUtnnft. 258
armée, ont été envoyés au dépôt de leur régiment pour cause dlnirmités ou de, blessures, et pour y attendre leur retraite.
« Le service souffre de TaDsence de ces sous-officiers ou caporaux, e trouvant des compagnies qui en ont deux an dépôt et deux aux îôpitaux.
* J'ai, en conséquence, l'honneur de vous prier de m'autorfser à [aire nommer aux places de sous-officier vacantes par le départ pour les dépôts de ceux qui attendent leur retraite. >
Le général Fririon, chef de Vètat-major général de V année de Portugal)
aux commandante aee corps d'armée.
Àlemqaèr, le k6 octobre 4840.
« Le maréchal (Masséna) prince d'Esslinff me charge de vous faire ocmnaUrQ que son intention est que vous tassiea remplacer provisoirement tous les emplois vacants dans les régiments de votre corps d'armée. »
ÂXMÈÈ D'ITALIE.
Vtunne, le 44 mai 4 809.
Ordre du jour.
. < I/offi<âer ou le sous-officier prisonnier de guerre sera considéré comme a la suite du corps auquel il appartient, et sera remplacé dans son emploi conformément aux règlements militaires,
< Aussitôt la rentrée à son corps d'un officier ou sous-officier prisonnier de guerre, il sera pourvu à la première place de son* grade qui viendra à vaquer, à quelque tour de nomination que ce soit. »
Le prince, commandant en chef, Eugène Napoléon.
arkéb iftmrâî.
Au camp devant Sébastopo], le 30 novembre 4854.
. . Le général en chef Canrobert au ministre de la guerre.
« Il convient de refriâ'rquer que, par blessures ou par maladie, il se
produit, dans les rangs des officiers supérieurs de cette armée, des
yides nombreux qui ne donnent ouverture à aucune vacance. Il en
résulte, dans tous les corps, un appauvrissement des plus fâcheux, et
il s'est trouvé tel dans ces derniers temps crue, pour assurer à peu
près le commandement aux divers degrés de la hiérarchie, f ai dû
retenir tous les officiers, supérieurs nommés à des emplois en France
et tous les cadres qui étaient venus conduire de jeunes soldats, sans
me dissimuler les inconvénients de ces mesures ; maïs j'ai dû, tout
d'abord, satisfaire aux nécessités les plus impérieuses du moment, > •
ARMÉS D'ORIENT
An camp devant Sébastopol, le 49 mars 4855.
Le général en chef Canrobert au ministre de la guerre.
« Il existe dans tes divers corps de Tannée qui sont employés an siège, et ils le sont à peu près tous aujourd'hui, un certain nombre de sous-officiers et de caporaux amputés ou atteints de blessures équivalentes ouvrant droit à la pension de retraite, mais qui ne doivent cependant être rayés de longtemps des contrôles. Il en résulte que, dans la plupart des compagnies, tant à cause de l'absence de ces sonsofficiers et caporaux que par suite de l'indisponibilité momentanée de ceux qui sont traités dans les ambulances pour maladies ou blessures moins graves, les cadres sont devenus insuffisants, et qu'il est trèsdifficile d'assurer le service.
« Faire compter au dépôt les sous-officiers et caporaux dont les droits à la pension de retraite sont acquis, bien que l'instruction n'ait pu en être faite, c'est appauvrir encore les dépôts, qui le sont déjà outre mesure par la présence forcée dans leurs cadres de toutes les non-valeurs de chaque corps. Les laisser aux bataillons de guerre jusqu'à ce que leur retraite ait été instruite, c'est rendre permanents les inconvénients énumérés ci -dessus.
< Les officiers généraux sous mes ordres ont appelé mon attention sur cet état de choses ; et, pour y pourvoir, j'ai pensé qu'il conviendrait de placer « à la suite » les sous- officiers et caporaux amputés, ce qui permettrait de les remplacer immédiatement par des sujets aux* quels la nature de leurs services donne chaque jour de nouveaux titres.
« Vu l'urgence, je me suis décidé à prescrire cette disposition, que je vous prie de vouloir bien approuver à titre de mesure transi* toire.
< Je m'abstiens de l'étendre aux sous-officiers et caporaux qui, sans être amputés, sont cependant atteints de blessures assez graves pour n'avoir aucune chance de reparaître dans les rangs. Le général Pélissier, commandant le ie* corps (appliqué aux travaux.de siège depuis cing mois), a demandé cette dernière disposition .complémentaire; mais j'ai jugé qu'elle pourrait entraîner des inconvénients, et que la première suffirait pour sauvegarder les intérêts engagés. »
Le général Pélissier, commandant en clwf V armée d'Orient» au ministre
de la guerre.
Devant Sébastopol, le 9 juillet 4856.
Dépêche télégraphique.
« Le nombre des officiers et des sous-officiers absents, dans les corps d'infanterie, par blessures ou maladie, devient chaque jour plus considérable.
ATIC LI M1HISTBB DE LA G0KBBB. 257
« Il en résulte que les officiers présents sont surchargés de service, et que les compagnies ne sont pas encadrées de sous-officiers.
« Je demande qu'il soit remédié à cet état de choses, et je propose:
« 1* De mettre en activité hors cadres les officiers supérieurs et capitaines rentrés en France en vertu de congés de trois mois ou plus, ou indisponibles pour plus de quatre mois par blessures ;
« 2° De mettre à la suite de leur régiment les lieutenants et souslieutenants qui se trouvent dans la même position ;
m 3* D'être autorisé à porter le nombre des sergents à six par compagnie, sans toutefois dépasser le nombre de quatre présents dans le rang. » *
(D'après la 4" rédaction).
Le maréchal Vaillant, ministre de la guerre, au général commandant
en chef r armée d'Orient.
Paris, le 28 août 4865.
<i J'ai l'honneur de vous informer que, conformément à la proposition que vous m'en avez faite par votre lettre du 40 juillet dernier, et ainsi que mes dépêches télégraphiques vous l'ont fait connaître, j'ai décidé que dans les corps d'infanterie appartenant à l'armée d'Orient, le nombre des sergents pourra être porté à six (6) et le nombre des caporaux à douze (12), pourvu que le chiffre des uns et des autres présents dans le rang ne dépasse pas le complet réglementaire. »
Le maréchal Baragueyd'HiUiers, commandant lein corps de V armée
d'Italie, au major général.
Poixolengo, le 28 juin 4859.
« J'ai l'honneur de vous demander de vouloir bien autoriser dorénavant le remplacement des sous-officiers amputés ou grièvement blessés et qui devront rester longtemps éloignés de leur corps, ou qui n'y reviendront pas. »
Le représentant du peuple Richard, envoyé près V armée du Nord,
ÀDTers, le 8 thermidor an n.
« Arrête : que les officiers occupant provisoirement des grades, a raison de l'absence de ceux à qui ils appartiennent, ne peuvent compter pour l'ancienneté de grade qu'à partir du jour où ils obtiennent définitivement le grade qu'ils n'occupaient que provisoirement.
« Lorsque le prisonnier ou l'absent meurt, le grade appartient définitivement à celui qui l'occupe provisoirement, à compter du jour de la mort de l'ancien titulaire. *
298 Maunoïse du géuéhai kh cbif
***£* -MJ BORD. -
A Bei$-lB-Duc, le 20 niTÛ*a «h m.
Lés représentante du peuple près les armées du fforét
et de bqmhre-et' Meuse,
Considérant que les talents sont un des premiers titres à l'avancement militaire, que le bon choix des officiers intéresse également le salut de la République, la gloire et le succès de l'armée ;
Arrêtent ce. qui suit :
ARTICLE PREMÏBR.
Tout officier, sous-officier ou soldat oui sera proposé pour un grade, depuis celui de caporal jusqu'à celui de chef de bataillon inclusivement, soit au choix, soit à l'ancienneté, sera soumis à l'examen d'un jury qui prononcera sur sa capacité.
Ce jury sera composé de cinq officiers ou sous-officiers qui seront choisis par le Conseil d'administration de chaque corps et pris dans le grade immédiatement supérieur h pelui du sujet proposé*
Si le jury déclare que le sujet proposé a les connaissances nécessaires, il eh remettra l'attestation au Conseil d'administration qui le fera recevoir. S'il décidé, au contraire, au'il n'a pas les connaissances requises, le Conseil d'administration fera" procéder à une nouvelle élection.
Le présent arrêté sesa mis à L'ordre général de l'armée du Nord.
Gillet, Jonbert, Portiei (de l'Oise), Lacoste.
four wpiq cçnforw* 4 l'arigityf* Le général en chef Pkhegra.
Il y a des inconvénients graves a envoyer de l'intérieur des officiers ou fonctionnaires à l'armée avec une affectation déterminée, car des eorps sont exposés ainsi à se trouver subitement sans* chef» lorsque les officiers nommés directement par les bureaux du ministère quittent leurs fonctions sans attendre leur successeur.
La prudence conseille aussi de n'accorder d'avancement aux officiers qui ont quitté l'armée, qu'après l'assentiment préalable du général en chef, sinon on s'expose à récompenser indûment des gens
ATEC LE MÏHIBTKB DE LA GUB1M. 239
itignés avant l'heure et, par suite, à dégoûter les hommes dévoués iii continuent! à supporter les privations et les dangers en présence le r ennemi.
; Le général iforeau, commandant en chef V armée du Rhin,
au ministre de la guerre.
Zurich, le 42 nivôse an vni.
« Je prie le ministre de la guerre de vouloir bien donner des ordres dans ses bureaux pour qu'on n'envoie pas de généraux à des corn* mandements déterminés : leur destination, dans retendue de l'armée, ne devant leur venir que du général en chef. >
L'empereur Napoléon au maréchal Davout, commandant l'armée
d'Allemagne, à Hambourg,
Compiègne, 42 septembre 4844.
« Je reçois votre lettre. Le ministre de la guerre a tort d'envoyer aucun ordre de mouvement à vos officiers. Tout doit d'abord vous être adressé; vous seul devez savoir ce qu'il y a à faire, puisque vous commandez une armée, et non -pas une division. J'approuve donc la mesure que vous avez prise de retenir les officiers désignés pour des grades supérieurs jusqu'à ce qu'ils soient remplacés. >
Le général JSblé, commandant VartŒetie de formée du Ohm,
au ministre de la. guerre
£4 nivfae an rai.
« Lorsque vous jugerez convenable de changer la destination dç quelques officiers ou employés d'artiljerie de l armée du Rhin, j'ai l'honneur de vous prier de me faire adresser vos ordres pour les faiae exécuter.
« Lorsque les officiers qui en sont l'objet les reçoivent directement, souvent ijs quittept leur poste sans que j'en sois instruit ; et leurs fonctions, souvent importantes, sont abandonnée? : ce qui peut compromettre. Je service. »
Le Ministre de la guerre au général Eblè, commandant V artillerie
de V armée du Rhin,
Paris, Le 29 vendémiaire an ix.
* Le citoyen Àlli*, directeur des parcs de l'armée d'Italie, demande pour y être" employé près de lui le citoyen Boucher, capitaine d'artillerie actuellement à 1 armée du Rhin.
Comme je ne crois pas devoir retirer des différentes armées les officiers oui s'y trouvent, sans l'aveu des généraux sous les ordres desquels ils sont, je vous laisse à juger s'il vous est possible d'avoir
260 ESLÀTIONS DU GÉNÉRAL BN CHEF
égard à la demande du citoyen Allix. Vous voudrez bien seulement m'informer du parti auquel vous vous serez déterminé. »
AIMÉS D'ITALIE
80 thermidor an vu.
Au ministre de la guerre.
« Afin, citoyen ministre, que je puisse vous rendre compte de l'arrivée des effets d'artillerie dont vous ordonnez l'envoi pour l'armée d'Italie, je vous prie de recommander aux bureaux de l'artillerie d'être exacts à me prévenir de l'expédition des dispositions que vous prenez. C'est précisément ce que jamais ils n'ont fait envers moi ; car, pendant six mois, il m'arrivait à Milan des officiers, des troupes, irai venaient me dire : c Le ministre nous envoie, qu'ordonnez-vous? > Je me suis plaint de ce désordre, car c'en est un qui en entraîne un très-grand, et je ne vois pas que cela avance quelque chose. »
Le général de division commandant l'artillerie de l'armée, Debellc.
L'empereur Napoléon au ministre de la guerre.
Paris, 29 janvier 4842.
« Vous avez écrit au général Damas, qui est au service de Westphalie, une lettre qui a beaucoup inquiété le roi de Westphalie (Jérôme). Je vous ai dit cent, fois que, pour tout ce qui est au delà du Rhin, vous deviez écrire au prince d Eckmûhl (Davout, commandant en chef des troupes françaises en Allemagne). Je ne sais pas pourquoi, à la Guerre, on n'exécute pas mes ordres. Gomme je crois qu'il n'y a pas de mauvaise volonté, je suis fondé à penser qu'il y a oeaucoup d'anarchie.
« Aujourd'hui qu'il y a un major général, j'espère que tous les ordres passeront par lui. J'ai nommé des commandants en chef de l'artillerie et du génie : j'espère que les bureaux de l'artillerie et du génie n'adresseront les ordres qu'aux commandants de ces armes ; et que les bureaux du mouvement, des revues et autres bureaux ne transmettront rien que par le major général.
« Tenez la main à la stricte exécution de ces ordres, sans quoi tout sera anarchie et désordre, comme il paraît que cela est en ce moment. •
€ A la fin de 1862, une émotion fort vive fut causée dans l'armée des Etats-Unis par un ordre du Ministre de la guerre autorisant le transfert, dans les régiments de réguliers, des volontaires qui en feraient la demande, et cela, avec ou sans l'approbation de leurs officiers.
< Cette mesure déplorable avait été inspirée par le seul désir de remplir les cadres de l'armée régulière. Mais, évidemment, on n'en avait point calculé les conséquences. On n'avait point songé qu'il y
AVEC Ll MtNISTll Dl LA GUIH1E. " Î61
allait, non-seulement du démembrement des régiments de volontaires déjà si terriblement réduits, mais encore de la subversion de toute discipline dans leurs rangs. Le soldat pouvait désormais narguer son supérieur. Il était libre de passer dans les réguliers. Qu'on lui infligeât une punition, si méritée qu'elle fût : — « C'est bon, disait-il, je vais passer dans les réguliers. » — Trouvait-il que les galons de caporal se faisaient trop attendre ? « Je vais les chercher dans les réguliers. > Le désir de changement seul suffisait même à lui faire écrire sa demande pour entrer lés réguliers. «
M. de Trobriand, colonel dans l'armée régulière des États-Unis.
Au générai Clarke, ministre de la guerre.
Schœnbronn, le 23 août 4809.
• Je vais vous envoyer encore quelques généraux de brigade, que je tirerai de l'armée. Ce que je vous demande par-dessus tout, c'est de ne remettre en activité aucun général, colonel ou officier en retraite ou réformé. Vous m'en avez mis quelques-uns dans l'armée ; je suis obligé tous les jours de les renvoyer. Cela occasionne des dépenses inutiles, et nuit à mon service. Il faut laisser en repos des gens qui ont été jugés inutiles depuis longtemps. Je ne veux, je vous le repète, aucun officier réformé ; qu'ils restent tranquilles chez eux. »
Le maréchal Suchet, commandant V armée d'Aragon, au Ministre de la guerre.
Valence (Espagne), le 44 novembre 4842.
• J'ai eu l'honneur de rendre compte à Votre Excellence des pertes énormes et de l'état déplorable des bataillons de marche de l'armée arrivés de la Navarre, où ils avaient fait un long séjour. Votre Excellence s'en convaincra mieux par les trois pièces que je lui adresse. Elle y verra que, dans le HT régiment, la moitié seulement des 183 hommes qui ont rejoint peut servir : le colonel en a fait réunir 68 près de lui, incapables de se remuer, pour aider à leur rétablissement, et malgré ses soins, plusieurs meurent journellement. Dans le 114" régiment, sur les quatre compagnies du 4* bataillon, fortes à leur départ de 456 hommes, 124 seulement sont arrivés ; et ce régiment a plus perdu que gagné par l'envoi en France de 124 bons sous-officiers et caporaux accoutumés à la guerre d'Espagne. Enfin il résulte du rapport de l'officier d'habillement du 117" crue 24 hommes de ce régiment, ou du 114", provenant des bataillons de marche, sont morts dans le court espace du 7 juin au 8 juillet, à Tortose.
« Le bien du service de l'empereur m'impose l'obligation de mettre ce tableau affligeant sous les yeux de Votre Excellence. J'en ai rer cherché la cause, et j'ai reconnu qu'elle provenait surtout de la mauvaise composition des officiers de ces bataillons, presque tous pris parmi ceux réformés. Non-seulement leurs soldats ne touchaient au-
2G2 MUTIONS DU OtllAftAL ES CXBF
cune solde, mais à peine recevaient-ils leurs vivres; eux-mêmes se faisaient donner de fortes distributions à leurs dépens ; et les sous* 1 officiers, les caporaux imitant leurs officiers, ces malheureux conscrits épuisés par la fatigue ne trouvaient presque que la disette au lieu de la, nourriture que ^Empereur leur donne. Chaque jour ils remplissaient les hôpitaux ou périssaient de misère ; tandis que, réunis à leur corps et amalgamés avec d'anciens soldats, ils auraient été bien nourris, bien vêtus, et auraient pris le bon esprit de leurs camarades. *
L'empereur Napoléon au général Clarke, ministre de la guerre.
Erfurt, 27 avril 4843.
« Je viens de voir le 37e d'infanterie légère ; il est impossible de voir un plus beau corps en soldats, mais il est impossible, en môme temps, d'en voir un plus mauvais en officiers. Si votre bureau avait pris à tâche de nommer tes officiers les plus ineptes de France, il n'aurait pas mieux réussi: oes officiers sont la risée des soldats. Effectivement ils sont tous tirés des bataillons coloniaux, du service hollandais, ou de la garde nationale des Pyrénées et de FEBcaut;la plupart des capitaines n'ont jamais vu le feu.
« Chaque jour ne fait qu'ajouter a mon mécontentement du travail de vos bureaux dans la partie la plus importante du service : l'organisation. Je désire que vous ne perdiez pas votre temps à vous occuper de police ; employez-le à l'organisation de l'armée. Je vais être obligé de destituer et de renvoyer tous ces officiers.
« Vous m'envoyez aussi* des jeunes gens qui sortent des collèges ef qui n'ont pas été à l'école de Saint-Cyr, de manière qu'ils ne savent rien, et c'est daps de nouveaux régiments que vous les placez ! Jl est impossible 4e plus mal servir que ne fait ce bureau de votre ministère» Je vous ai ordonné de mettre à la tête de ce bureau un officier général responsable : je regarde cette fonction comme la principale pie votre mipistère, et c'est celle dont vous vous occupez le moins, »
fj e général Moreau, commandant en chef Varmée du Rhin, au premier consul Bonaparte,
Strasbourg, le $9 pluviôse au vni.
« Je serai obligé de mettre à la suite des officiers incapables de servir. Gela vous convaincra de plus en plus, et personne ne doit l'être autant que le premier consul, que c'est à l'armée seule qu'on peut faire les bons choix d'officiers : tout le monde est ici intéressé à en avoir de bons. Dans vos bureaux, on ne connaît que très-imparfaitement leur courage, leur capacité et leurs actions. Si vous êtes obligé de vous en rapporter à ce qu'on vous dit, je juge que vous devez souvent être induit en erreur ; car, quoique sur les lieux et ayant commandé presque tous les corps de l'armée, il m'arrive souvent de faire des choix médiocres, malgré les plus grandes précautions. •
ATtC ttf ilNISTRK 91 LA GU*RKB. 263
AftMtl B'OIIKNT.
4u camp 309» Sébastqpol, le 7 noYamfere 495^.
Le général en chef Ganrobert, au ministre de la guerre.
« H est impossible qu'à]la distance où je me trouve de la métropole, les. nominations faites régulièrement car le département de la guerre viennent remplir, en temps utile, les vides que tant de causes diverses produisent dans cette armée. Notre législation militaire, faite pendant Jà paix et pour la pajx, n'a pas prévu ces situations, et, sous ce rapport, elle laisse beaucoup à désirer. Si, par un décret spécial que justifieraient les circonstances, le gouvernement ne croit pas devoir m/investir du droit de {aire certaines nominations, il importe au'il trouve une autre solution au problème. Peut-être consisterait-elle a mettre à l'avance à ma disposition des officiers nommés d'après les états de proposition que j'envoie au ministre de la guerre. Je les placerais, au fur et à mesure qu'ils m'arriveraient, dans les cor os qm des vacances de leur grade se seraient produites dans l'intervalle. Si ces vacances n'existaient pas, et le cas se présenterait fort rarement, je les placerais à la suite. A vous appartient, monsieur le maréchal, de discuter et de résoudre» mais la question est d'une haute gravité î et il ne vous échappera pas que les pouvoirs spéciaux dont un comman-r dant en chef placé eu pareille situation serait investi, ajouteraient beaucoup k son autorité morale en lui permettant de récompenser sur le champ de bataille des mérites reconnus. »
A1VÊE D'ORIEIIT. *
""" Au camp devant Sébastopol, le \ 9 février 4865.
Le générai en chef Çanrobert, au ministre de la guerre.
« Par dépêche du 13 février, je fous ai signalé les inconvénients graves qui sont la conséquence inévitable du double travail de promotions faites à la fois, pour les grades inférieurs, par Votre Excellence et par. moi. Les termes de votre dépêche, en date du 3 février, me conduisent à vous soumettre h ce sujet quelques observations nouvelles. Je lis dans cette dépèche le passage cj-après : « Je ne saurais trop vous recommander de n'user qu'avec la plus grande réserve du droit qui vous est conféré, par le décret du 2t novembre dernier, de nommer jusqu'au grade de chef de bataillon ou d'escadron inclusivement. »
« Personne plus que moi, monsieur le maréchal, n'apprécie la nécessité de cette réserve. Bile est à la fois dans l'intérêt des choses et dans celui du commandement. Elle doit s'appliquer d'une manière absolue aux concessions de décorations. Mais, en ce qui touche les promotions dont je dispose, elle doit s'appliquer à leur qualité , si je puis m'expriiner ainsi; en ce sens que mes choix doivent être faits avec un soin extrême. Elle ne saurait concerner la quantité, laquelle comprend invinciblement toutes les vacances qui viennent à se pro-
duire dans l'armée. S'il en était autrement, vos avis de promotions, comme les miens, ne pouvant arriver assez à temps, en raison de la distance, pour nons éclairer réciproquement sur 1 état des choses, il en résulterait de graves désordres, de doubles nominations, des emplois donnés qu'il faudrait retirer..., etc., ainsi que cela vient de se produire.
« Outre que ces désordres ne seront pas toujours réparables, ces modifications après coup affaiblissent l'autorité des promotions faites à l'armée et atteignent la sécurité des intéressés. Au surpins, monsieur le maréchal, vous avez été le premier à reconnaître la nécessité que je cherche à faire ressortir ici et que peut-être je n'avais pas moi-même appréciée tout d'abord, en me traçant (dépêche du 29 novembre 1854) la règle ci-après : « Vous pourvoirez, en vertu du décret ci-joint, à tous les emplois vacants dans votre armée. Afin de vous laisser toute latitude à cet égard, je ne fais ici aucune nomination. »
« C'est évidemment cette règle qui doit prévaloir, sans nulle réserve. Vous remarquerez, monsieur le maréchal, que le travail qui en résulte pour mon état-major, obligé de se livrer à des recherches et à des écritures infinies et de se constituer en une sorte de Direction du personnel, est fort pénible. Il l'est également pour moi-même ; et c'est assurément avec une impartialité entière , et seulement parce que dans la pratique j'ai reconnu l'impossibilité de faire autrement, que je vous présente ces réflexions. »
▲IMfiB D'ITALIE. •
Âo grand quartier général, 45 mai 4859. 'Au ministre de la guerre.
« Dès à présent, le besoin se fait sentir d'avoir au grand quartier général des employés du ministère de la guerre pour tenir les contrôles de l'armée.
« J'ai l'honneur de vous prier, en consécpence , de vouloir bien donner des ordres pour que ces messieurs rejoignent leur poste le plus promptement possible. »
Le maréchal-major général Vaillant.
L'empereur Napoléon au général Clarke, ministre de la guerre.
Baronne, 48 ayril 4808.
« Il serait bien injuste que des officiers qui ont quitté l'armée au moment du danger soient récompensés, à 1 exclusion des officiers oui n'ont point mis d'interruption dans leurs services ; ce serait trahir les règles de la politique et les devoirs les plus sacrés. Je dois tout à ceux qui m'ont fait gagner des batailles. •
ATCC L* B1NISTUE DR LA GUERBE. 26*
« Le sentiment du soldat devrait être que, à tout événement, les
sympathies et les préférences du Gouvernement sont pour celui qui
combat plutôt que pour celui qui monte la garde en garnison ou sur
les derrières de l'armée ; et le soldat mesure la sollicitude qu'on a
pour lui à la paye qu'il reçoit. Naturellement, il faut qu'il soit dressé
à l'obéissance et qu'il se contente de sa solde ; mais quiconque a
commandé une armée en campagne sait la différence qu'il y a entre
une masse d'hommes contents et animés de bonne volonté, et une
autre qui a des motifs de se plaindre. Une armée a une âme comme
un individu, et un général ne remplira pas sa tâche avec succès s'il
ne commande pas à l'âme de ses hommes comme à leurs corps et à
leurs jambes. »
U. le général Sberman, commandant en chef de l'armée des États-Unis.
Wellington au colonel Torrens, directeur des bureaux du personnel
de la guerre.
Badajoz, le 20 décembre 4842.
« Je vous ai souvent fait connaître mon sentiment sur l'inconvénient qui résulte du changement continuel des officiers et fonctionnaires
qui
devrait être dBtenu qu'ici ; et j'avoue que je ne comprends pas bien à quoi il me sert d'envoyer des états de proposition aux chefs de service dans la mère-patrie, en faveur de ceux de leurs officiers ou fonctionnaires qu'ils pensent mériter de l'avancement, si l'on accueille, de préférence à ces recommandations, les demandes et les réclamations de ceux qui quittent le service ici pour aller solliciter en Angleterre. »
Le maréchal Vaillant, ministre de la guerre, au général Larchey, commandant les dépôts de V armée d'Orient, à Constantinople.
Paris, 2* décembre 486*.
« M. le général Ganrobert (commandant en chef de l'armée française en Grimée), se préoccupant justement de la facilité avec laquelle des officiers, en assez grand nombre, abandonnent leur régiment et leur position pour revenir en France sans motifs bien sérieux (en siimal&nt une maladie), voudrait qu'une mesure fût immédiatement adoptée, et la voici : elle consisterait à décider que tout officier rentré en France autrement que pour blessure, ou maladie très-grave et dûment constatée, ne recevrait pas de récompense, alors même qu'il aurait été l'objet d'une proposition antérieure. Ces récompenses ne seraient, dans tous les cas, accordées qu'après que le général en chef aurait exprimé son opinion à ce sujet. »
§66 OTLinows fto ûtKtBAt m chef
Lorsqu'il est impossible de compléter des corps avec des soldats ipstruits tirés des dépôts, il est plus avantageux a'en. verser les bom-r mes dans d'autres corps de l'armée et de renvoyer à l'iptérîeur les cadres disponibles, que de créer de nouveaux corps dans là mère patrie.
Ce resserrement des cadres est surtout utile quand des corps qui n'ont pas de dépôts ont subi de grandes pertes.
Quant aux corps pourvus de dépôts, ils tireront directement leurs remplacements de ceux-ci, dès que leurs pertes seront du dixième du pied de çuerre ; et les dépôts de cavalerie fourniront des hommes ap nombre excédant des montures, afin que les chevaux de main ne distraient pas du rang un grand nombre de combattants.
L'empereur Napoléon au général Clarke, ministre de la guerre.
Guignes, il février 4844.
« Lorsqu'on a de vieux cadres à compléter, il est contraire au bien du service de créer de nouveaux bataillons; ce qui est plus facile à dire qu'& faire, ou. du mQins qu'fc bien faire. •
Le général Eblé, commandant en chef V artillerie de V armée du Rhin, au général Lemaire, commandant Partitterie de Faite droite.
25 pluviôse an y m.
« Par la diminution du matériel, vous aurez du personnel surabondant. Il faudra tacher de ne conserver que des Compagnies d'artillerie entières et du môme régiment, autant que possible. »
Le major général Berthier au prince de Ponte-Corvo (BernadoUe).
Osterode, le 1\ mars 4807,
« L'Empereur ordonne que les trois bataillons de guerre de chaew des 16* régiment d'infanterie légère et 24* de ligne qui sont à l'armée se réduisent à deux (vu la faiblesse de leur effectif), et que le cadre du troisième bataillon retourne en France pour rejoindre le quatrième bataillon.
« Faites, en conséquence, incorporer dans les deux premiers bataillons de ces régiments tous les soldats du troisième bataillon ; et, dès que cette opération sera faite, vous ferez partir les cadres des troisièmes bataillons, qui ne seront composés que des seuls officiers et sous-officiers, pour se diriger sur Mayence. »
AV1C LB «ISA* DB LA «UBtlB. 167
Le ministre de la guerre au roi d'Espagne, Joseph Napoléon,
Paris, le 43 mtrs 4809.
« J'ai eu l'honneur d'écrire à Vôtre Majesté le 8 de ce mois pour l'informer <jue l'intention de l'Empereur est que les 24 régiments de dragons qui sont employés à l'armée d'Espagne soient réduits chacun à 2 escadrons, et que les cadres des 3" et 4" escadrons soient renvoyés sur-le-champ en France, après avoir, versé dans les deux premiers escadrons de leurs corps respectifs tous les hommes disponibles.
« L'Empereur me charge d'avoir l'honneur d'écrire de nouveau à Votre Majesté à ce sujet, et de l'informer qu'indépendamment des cadres des 3e* et 4" escadrons de ces 24 régiments de dragons, employés en Espagne ou en Portugal, .qui doivent être renvoyés le plus promptement possible en France, l'intention de Sa Majesté Impériale est que* tous les hommes non montés ou sans chevaux , qui se trouvent à la suite des régiments de dragons ou dans les dépôts, f oient en même temps dirigés sans délai sur Rayonne. •
Le major général Berihier au maréchal Masséna, commandant en chef
Varmée de Portugal.
Paris, le8«vriM844.
« Conformément au tableau de la nouvelle organisation de votre armée, vous formerez une colonne des cadres en surplus qui doivent être renvoyés en France. Vous devez préalablement garder les officiers en état de servir, et les remplacer dans les cadres renvoyés par ceux malades ou blessés. Vous y joindrez tous les hommes blessés et hors de service, Vpns renverrez également en France tous les hommes de cavalerie non montés, ainsi que ceux du train et des équipages militaires qui n'auraient pas de chevaux. Ces hommes à pied, qui vous embarrassent, seront de la plus grande utilité en France, où ils seront montés et équipés de nouveau. »
Le major général Bçrthier au maréchal (Davout), prince d'Eckmûhl.
Posen, le 4 6 janvier 4 84 3.
« L'Empereur ordonne qu'on garde autant de. cadres de compagnies qu'il y aura de centaines d'hommes présents, et autant de cadres de bataillons qu'il y aura de S ou 600 hommes.
« Tout le reste doit être renvoyé en France. »
Le maréchal Ney, au major général Berthier.
Liegnitz, le \\ juillet 4843.
« 11 y a, au 3* corps d!armée, vingt-cinq bataillons formant des régiments provisoires, dont l'administration est extrêmement négligée. Ces bataillons ont besoin de prompts secours, surtout en chaussure,
car les dépôts des corps dont il font momentanément partie ne leur envoient rien ; sans doute parce qu'ils craignent l'incorporation de ces bataillons dans les régiments dont ils portent le numéro et auxquels ils appartiennent.
c Je puis, au surplus, assurer à Votre Altesse Sérénissime que le bien du service de l'Empereur exigerait que cette incorporation se fit le plus tôt possible. Ce serait même, à ce qu'il me semble, la seule manière de remédier aux désordres de toute espèce qui régnent dans les régiments provisoires, et qu'on ne peut attribuer qu'au vice de l'institution môme de ces corps. >
Le général Grundler, chef de V état-major du il* corps d'armée,
au ministre de la guerre.
Châlons-sur- Marne, le 4" février 4844»
« Les S* et il9 corps d'armée d'infanterie, qui ont à peine ensemble trois mille (3,000) combattants sont formés de vingt-neuf bataillons
3ui, d'après leur force réelle, ne peuvent être guère considérés avjoar- 'nui que comme des cadres. Depuis que nous avons repassé le Rhin, bien loin de recevoir des renforts, ni même des conscrits, les 5e et 11' corps se sont épuisés pour former la garnison des places sur le Rhin et sur la Meuse.
« Cependant, il existe dans ces deux corps tous les éléments d'une bonne armée, qui pourrait en peu de temps être portée à trente mille bommes avec les levées qui se continuent ; mais, pour cela, ilfaudrait verser dans un ou deux régiments tous les soldats qui se trouvent présents sous les armes, et employer à la réunion et à l'instruction des recrues les officiers et sous-officiers inutilement employés à commander huit ou dix hommes par compagnie et qu'un tel état de choses refroidit chaque jour davantage. »
Le général Gérard, commandant le 2* corps tf armée, au major général Berthier.
23 février 4844.
« Pai l'honneur d'adresser à Votre Altesse Sérénissime la situation des présents sous les armes dans le 2e corps d'armée, à l'époque de ce jour.
« Votre Altesse remarquera que dans les dernières affaires l'infanterie de ce corps a eu beaucoup d'hommes hors de combat.
« La division Duhesme, formée des deux divisions de l'ancien 2* corps, a des cadres excellents de vieux officiers et sous-officiers.
« Si l'on versait dans ces cadres les soldats de l'ancien corps des réserves de Paris, on aurait des bataillons d'une constitution plus forte, dont on pourrait former deux bonnes divisions.
< Je supplie Votre Altesse Sérénissime de prendre en considération cette proposition, et de me faire connaître ce qu'elle aura décidé.
AVBC LE MINISTRE DE LA GCERRI. 269
Cette incorporation aurait en outre l'avantage de laisser beaucoup pour
d* officiers disponibles, et qui pourraient être renvoyés dans les dépôts aour l'instruction. >
Wellington au duc dïYork, commandant en chef de l armée anglaise.
Freneda, le 6 décembre 4842.
« Conformément aux ordres antérieurs de Votre Altesse, j'ai pris des mesures pour que les hommes appartenant au deuxième bataillon des 24* et 38* régiments soient versés dans le premier bataillon, et que les cadres de deux bataillons rentrent en Angleterre.
« J'ai donné des ordres analogues à l'égard du régiment de la reine, des 24% 30% 44% 53e et 58*, pour réduire leurs bataillons à quatre compagnies, en étoffant ces compagnies, et en renvoyant les autres en Angleterre.
« Je joins ici une copie de mes ordres faisant voir le détail de ces dispositions.
€ Ma raison pour adopter cet arrangement, c'est que nous conserverons ici des hommes habitués au climat et au service, car l'expérience a démontré qu'on ne saurait les remplacer par trois fois leur effectif si l'on fait venir des corps nouveaux d'Angleterre ou d'une antre partie du monde. »
Wellington au duc tfYork.
Cadix, le 26 décembre 4842.
« L'expérience nous a démontré que dans la Péninsule un soldat anglais qui a déjà fait une campagne rend plus de services que deux, ou même trois, nouvellement arrivés d'Angleterre, et cela s'applique à la cavalerie aussi bien qu'à toute espèce de troupes. Dans cet état de choses, je préférerais, si Votre Altesse Royale y donnait son approbation, conserver ici mes vieux régiments en complétant deux escadrons et renvoyant les cadres du 39 en Angleterre plutôt que de recevoir un régiment nouveau.
Wellington, au comte Bathurst, ministre de la guerre,
Freneda, le 27 janvier 4843.
« Je désire, s'il est possible, ne pas réduire le nombre des soldats qui servent depuis longtemps avec moi dans cette armée. Un soldat qui a fait ici une ou deux campagnes servira mieux que deux autres arrivés récemment d'Angleterre. Il est probable que les anciens soldats de mon armée qu'on enverrait dans d'autres climats seraient trouvés aussi peu utilisables que les recrues que l'on nous expédierait ici. >
270 MUTIONS DT7 GÉNÉRAL ÈH CHEF
Wellington, au comte de Lwerpool, premier ministre.
Veto Negro, le g novemfïrç 4840.
t En réponse à la lettre de Votre. Excellence qui m'informe qu'un régiment de dragons stationné dans l'ouest de l'Angleterrre est prêt à s'etnbarguer pour venir me rejoindre si j'en ai besoin, j'ai l'honneur de vous faire part que je préférerais voir compléter les régiments de cavalerie qui sont avec moi en Portugal avec des chevaux ou juments de 5, 6 et même 7 ans, plutôt que de recevoir nn nouveau régiment. Ni les dragons, ni leurs chevaux, ne seront capables de faire grand service dans la première saison après leur arrivée dans eetf ' pays chauds ; et beaucoup de chevaux seront perdus faute de «avoir les soigner conformément au climat et d'une nourriture appropriée.
t Nous avons constaté que la cavalerie anglaise avait mieux fait son service dans la campagne de cette année, particulièrement à la fin, que Tannée dernière, quoiqu'elle ait eu cette fois-ci beaucoup plus à faire. Je suis donc d'avis que le meilleur moyen de la tenir sur un bon pied, c'est d'envoyer aux régiments qui sont ici des chevaux vigoureux» assez âgés pour que leur développement physicme soit achevé. »
La plus grande erreur que nous ayons commise dans notre guerre civile (1861-1865) a été dans le mode de recrutement et de promotion. Quand un régiment (dix compagnies) avait eu son effectif réduit par le feu, les maladies et les fatigues, au lieu de l'étoffer à nouveau et de remplir les vacances d'officiers en nommant les meilleurs sousofficiers, l'habitude fut de lever de nouveaux régiments, de créer de nouveaux colonels, de nouveaux capitaines..., etc., en laissant les corps anciens, les bataillons expérimentés, tomber à l'état de squelettes. Je crois que pour les volontaires cette affaire fut laissée exclusivement à la direction des Etats particuliers, et je me rappelle que le Wisconsin tint ses régiments primitifs constamment au coa>pM tandis que les Autres Etats généralement fournirent leur contingent successivement en créant de nouveaux corps ; le résultat fut que nous regardions un régiment du Wisconsin. somme l'égal d'une brigade ordinaire. Je crois que cinq cents hommes versés dans un vieux régiment valaient mieux que mille hommes présentés sous la forme d'un régiment nouveau, car les premiers confiés à des cadres expérimentés devenaient de suite propres au service, tandis que les autres ne valaient Généralement rien pendant un an.
Le moïe de recrutement allemand est tout simplement parfait, et il n'y a aucune bonne raison pour ne pas l'adopter en substance. M. le général Sherman, commandant en chef de l'armée des ÉUjts-Unis.
Uewperçyr Napolèw, QU major général BertMer.
Dresde, le 49 mai W%.
« Il est nécessaire de donner des numéros à tous les régiments,
ÀVBC LB MU18TRB DB LÀ GUBRRE. *M
bataillons, escadrons ou compagnies de marche qui se rendent à Tarméè.
« On les réunira par corps d'armée, et on les nommera tel bataillon de marche de tel corps d'armée; »
Les dépôts sont des réservoirs où les corps en campagne s'alimentent pour raaintepir leur effectif au complet. Ce sont des groupés d'instructeurs, et on méconnaît cette spécialité, on tarit cette source de renforts en' plaçant les dépôts dans des places fortes où ils peuvent être bloqués et séparés de l'armée à laquelle leur rôle est de fournir des bommes dressés. .
Il est nécessaire de centraliser les dépôts par corps d'armée sous l'inspection d'un ou plusieurs officiers supérieurs pour mieux surveiller l'instruction, diminuer la correspondance, permettre Técharfge des ressources et activer les formations.
Dans la guerre offensive, il y a un grand avantagé à eréer sur la frontière de grands dépôts de matériel et des ateliers pour faire les réparations difficiles à pratiquer à l'armée. Bans la guerre défensive» ces établissements ne peuvent être utiles que p?ils sont le plus éloignés possible fiç la frontière envahie, sinon ils gênent les mouvements du général en chef et lui lient les mains pour ses opérations ; il peut être forcé, pour les sauver, de livrer bataille dans de mauvaises conditions.
La première mesure & prendre dans les dépôts de troupes, lors de F incorporation des bommes, est de revacciner ceux-ci, afin d'éviter les épidémies de variole.
L'organisation de grands dépôts et ateliers est nécessaire pour faciliter et activer les grosses réparations de matériel, ou fournir de suite à des corps battus le remplacement de tout ce qu'ils ont perdu.
• C'est des soins donnés aux bataillons de dépôt que dépendent la qualité et la durée d'une armée. »
Napoléon I«,
Le maréchal Uarmont, commandant en chef V armée de Portugal,
au major général BeHhier.
Ciqdad-podrigp, le 30 septembre \§\\.
• La cause de la diminution progressive de la force de l'armée de Portugal vient de l'abandon dans lequel on a laissé ses dépôts, et de l'arbitraire avec lequel les autorités étrangères en ont disposé.
« Je ne crois pas qu'une armée puisse se conserver, si le général
qui la commande ne commande pas également dans les lieux où sont ses hôpitaux, ses dépôts et ses magasins de toute espèce. La conservation des hommes et des moyens me parait être ici le premier et le plus important des devoirs, puisque ce n'est pas le feu de l'ennemi qui détruit les armées dans ce pays, mais bien le défaut de soins et 1 abandon où on laisse toutes choses. »
Le major général Berthier au maréchal Masséna, commandant en chef
Varmée de Portugal.
Paris, le 8 avril 4844.
« Par la nouvelle organisation de vos divisions, l'empereur a voulu mettre ensemble les régiments qui ont leur dépôt dans une même division territoriale de l'intérieur, afin de faciliter la formation des régiments de marche qui seront envoyés pour les renforcer. »
Au maréchal Macdonald.
Paris, 22 novembre 4843.
< L'empereur ne veut pas de dépôts dans une place qui devient frontière.
Le major général Berthier.
Le maréchal Davout, ministre de la guerre, au maréchal Grouchy, commandant le 7e corps d'observation sur la frontière des Alpes.
Paris, le 22 avril 4845.
< La précipitation avec laquelle ont été exécutées les mesures que l'empereur avait prescrites l'année dernière pour l'évacuation des dépôts des régiments d'infanterie et de cavalerie qui se trouvaient en garnison dans les places frontières a donné lieu à des inconvénients que Sa Majesté désire éviter désormais.
c II est convenable que tout soit disposé pour mettre promptement nos munitions et notre artillerie en sûreté, ainsi que tous les dépôts
3ui sont dans les places frontières, si l'ennemi voulait nous attaquer ; e manière que, dans ce cas, aucun dépôt, tant d'infanterie que de cavalerie, aucun magasin d'habillement et autres nécessaires au matériel de l'armée ne se trouvât renfermé dans les places.
c Vous les porterez donc au delà du Rhône, en ayant soin dé m'instruire bien exactement de leur itinéraire et de leur destination, afin que je sois toujours en mesure de leur faire parvenir des ordres suivant les circonstances. •
L'empereur au général Dejean, ministre directeur de l'administration
de la guerre.
Schœnbrann, 24 juin 4809.
< Le défaut d'effets de. harnachement et de selles nous ruine; il
nous tient dans les dépôts nn grand nombre de chevaux qai mangent et ne font rien. >
Le général de division Colaud au général Ernouf, chef de l'ètat-major
de Y armée du Nord.
Reims, le 44 nivôse an u.
« J'ai trouvé, à mon arrivée, les dépôts des régiments de chasseurs de l'armée du Nord dans l'inaction, faute de manèges couverts (en hiver). »
Le général de division Belliard, chef de V état-major général de l'armée française en Espagne, au major général Berthier.
Madrid, le 30 mars 48Q8.
« L'armée (envoyée en Espagne) peut être considérée comme un corps sans âme, surtout le corps d'observation des côtes de l'Océan (composé de légions provisoires et de bataillons de marche). C'est vraiment une pétaudière, et il est plus que temps qu'on s'occupe de lui donner une organisation, si on ne veut pas le voir crouler sous son propre poids.
« Je regarde qu'il est indispensable de former des régiments, de leur donner une désignation ou un numéro, d'y mettre des chefs, de les fournir d'officiers, de les faire administrer d'une manière régulière et de leur donner un même uniforme ; autrement on est de pièces et de morceaux, cela produit un mauvais effet dans le pays et cela nous enlève la force morale qu'il faut conserver. Il n'y a point cet esprit de corps si nécessaire au bon ordre et à la discipline. Les chefs ne voient que le détachement qui leur appartient et ils s'intéressent fort peu du reste.
« Voulez-vous avoir une armée imposante et qui ait de la force ? Faites des régiments, formez des grenadiers et des voltigeurs; vous verrez naître l'émulation, l'envie de .parvenir : les soins des officiers seront les mômes pour tçus, l'administration sera simplifiée, vous mettrez de l'ordre dans la comptabilité, et le Gouvernement y trouvera beaucoup d'avantages.
On objectera peut-être que les détachements sont composés de détachements appartenant aux régiments des différentes armées ? Qu'importe : ce n'est point un obstacle à la mesure que j'ai l'honneur de proposer à Votre Altesse Sérénissime ; car, lorsque l'armée rentrera en France, l'empereur peut dissoudre ces régiments et les répartir dans l'armée, ou bien même les conserver, du moins pour l'infanterie, et les employer à remplir les vides qui existent.
< Le corps d'observation des côtes de l'Océan fait vraiment pitié. Je ne sais si c'est faute de soins ou misère, mais les soldats sont malin -
Sres, mal tenus ; ils ont tous la gale, et depuis notre entrée à Madrid est entré sept cents (700) hommes à l'hôpital.
< Ce que je vous dis est l'exacte vérité. J'aurais encore beaucoup
274 ««UTiOifg wi otnAiAL su cm?
de moyens de m'étendre wr ee sujet important, mais Vote© Aliwae est déjà instruite, et elle s'empressera de demander à Sa Majesté de
prendre une décision favorable aux armées en Espagne (1). »
Le maréchal Kellermann au major général Berthier.
Mayence, le 4 9 janvier 4808.
« J'ai dû observer au ministre de la guerre que l'état de situation qu'il demande est fort bon potir les bataillons et escadrons de guerre, mais bien insuffisant pour les bataillons et escadron» de dép6t. Daifs les premiers, tout ce qui est port? dans la colonne des « présents » doit être considéré comme disponible ; mais il n'en est pas de même pour les bataillons et escadrons de dépôt. II s'en faut de beaucoup que tout ce qui s'y trouve présent soit disponible. Il faut en déduire :
« .1° Les sous-officiers et caporaux formant le cadre des compagnies et nécessaires pour l'instruction des recruçs ;
« 2° Les ouvriers qui ne peuvent pas quitter le dépôt ;
« 3° Lès nommes hors d'état de servir, à proposer a la première inspection qui aura lieu soit pour les récompenses militaires, soit pour la reforme; il en arrive journellement dès bataillons et escadrons de guerre, et une inspection est à peine terminée qu'il faudrait en commencer une autre :
€ «!• Il faut en déduire encore les tommes qui, depuis la dernière inspection, attendent leur retraite ou l'expédition des récompenses pour lesquelles ils sont proposés.
ï « D'après ces déductions, les hommes qui, dans les dépôts, font la plus grande partie des < présents sous les armes », ne sont pas disponibles. »
* Dans l'automne de 1810, on avait envoyé, pour compléter l'armée russe en Moldavie, vingt-cinq mille recrues. La moitié ne parvint pas aux régiments, et plusieurs de celles qui y arrivèrent ne rejoignirent qu'au mois d'avril 1811. L'automne est le plus mauvais moment qu'on puisse choisir pour envoyer des troupes en Moldavie, mais le ministre de la guerre l'ignorait ; il n'avait, jamais fait de campagne en Moldavie. '
« A cette époque de l'année, les pluies continuelles rendent les chemins impraticables ; la boue devient si profonde qu'il y a des endroits où il est impossible de passer, tes chariots de paysans qu'on donnait aux recrues pour porter leurs provisions et leurs bagages restaient & moitié chemin. Sur les grandes routes, les habitants, écrasés par le
Sassage des troupes, avaient déserté leurs villages pour se sauver ans les montagnes. Les habitations étaient détruites ; les recrues ne
(4) La décision ne fut pas prise ; bientôt les revers de Baylen, Valence,, Saragosse, Girone prouvèrent l'exactitude des observations ci-dessus.
kS*C I<B MINUTAS PS Ut WS&fc*. 275
trouvaient point d'abri. Cinq ou six transports s'encombraient sur un seul point ; on manquait do nourriture pendant quelques jours.
« De vieux soldais accoutumés aux fatigues de là guerre auraient eu de la peine à supporter toutes ces privations ; à plus forte raison des enfants, faibles encore, transportés dans un climat si différent de celui où ils avaient reçu la naissance, et dont le moral est affecté par ]e chagrin auquel des recrues sont toujours livrées dans Jes premiers temps d'un service forcé ; ils ne pouvaient résister à des fatigues surnaturelles. Ces malheureux périssaient par centaines, et l'on pouvait même dire que les chemins en étaient jonchés, lorsque j'allai de Bucfcarest à Jassy, je fus témoin de leur misère, et j'en tua d'autant plus peiné que je n'avais aucun moyen d'y remédier.
c Pour recruter les armées sur le Danube, on devrait envoyer des soldats des régiments qui restent en ftussie ; ils sont plus âgés et ont plus de force physique que les recrues. Mais, si les circonstances ne le permettent pas, il frttt calculer la marche des recrues de manière à ce qu'elles arrivent aux corps à la fin d* août, après le temps des fièvres et des fruits. Elles auront alors près de trois mois pour s'habituer au climat et aux fatigues du camp ; et, au temps des pluies, elles pourront être dans les quartiers d'hiver si on en prend.
« J'en parlai à Saint-Pétersbourg au minisire de la guerre Barclay de Tolly ; il convint ût là justesse de mes observations. En 1919, il avança le moment de renvoi des recrues, et s'en trouva très-bien* »
Le lieutenant général Langera*, français au serrfee de Russie.
L'empereur Napoléon au ministre de là guerre.
Paris, 9 mai 4845.
« On partira du principe que c'est aux régiments de cavalerie qui ont des hommes qu'on devra remettre les chevaux et les selles d'excédant, vu qu'il y aurait de l'inconvénient à changer les hommes de corps. »
Rapport au maréchal Ùavout, ministre de la guerre, par le générât Fririon, directeur général du recrutement.
Paris, le 3 juin 4845.
« On a eu soin de prendre pour base, en fixant remplacement des dépôts, la composition dès divisions d'infanterie de l'armée ; et l'on a rapproché autant que possible les tins des autres les dépôts d'une même division, lorsque les localités rie permettaient point de les réunir dans la même ville. »
Le maréchal Datout, ministre de la guerre, au général de division Bimrcier, chargé des remontes de la cavalerie, à Versailles*
Paris, f <H 3 ma H 815.
« J'ai eu l'honneur de vous faire connaître par ma lettre du 10 de ce mois que, d'après les intentions de l'empereur, j'avais adressé à
M. le lieutenant général comte Gérard, 'commandant l'armée de la Moselle, et à M. le lieutenant général comte Rapp, commandant l'armée du Rhin, l'ordre de désigner chacun un officier général de cavalerie pour parcourir les différents dépôts de troupes à cheval établis dans les 3#, 4e et 5e divisions territoriales, à Tenet d'en passer la revue et de faire partir sur-le-champ tous les hommes montés qui s'y trouveront disponibles; de leur donner les pouvoirs de disposer, en faveur des hommes non montés qui peuvent se trouver dans un dépôt, de l'excédant en chevaux, selles, habits que peuvent avoir les autres dépôts de même arme ; enfin, de considérer les ressources de chacun de ces dépôts comme communes à tous, et d'en régler l'emploi de manière à rendre disponible sur-le-champ et à faire rejoindre aux armées le plus grand nombre d'hommes montés possible. „»
Le général Préval, inspecteur général de cavalerie et commandant supérieur du dépôt central, au ministre de la guerre.
Versailles, le 23 février 4844.
« Entre autres mesures, je viens de prescrire aux généraux inspecteurs de cavalerie de parcourir en toute hâte leurs dépôts, d'y opérer eux-mêmes les virements d'hommes, de chevaux et d'effets, au moyen desquels tout le disponible de chaque arme sera mis en activité dans le même instant; ce qui mettra à cheval de vieux soldats et dispensera d'attendre des incorporations d'infanterie, peu propres de suite au service à cheval. »
Le lieutenant général Lecourbe, commandant Vaile droite de V armée
du Rhin, au premier consul Bonaparte.
Au quartier général à Zurioh, le 25 nivôse an vin (45 janvier 4800).
t Si le ministre de la guerre était embarrassé pour compléter les cadres des corps, il n'aurait qu'à recourir à la révision des certificats et congés délivrés depuis un an aux réquisitionnaires et conscrits. Il serait sûr de trouver, en un mois, plus de 60,000 individus très en état de porter les armes. Dernièrement, à Strasbourg, un jury bien composé ayant été chargé de cette opération, 1800 jeunes gens bien portants ont été en quinze jours envoyés à l'armée, nonobstant les certificats d'infirmité plus ou moins graves que leur avaient attribués des professeurs de l'hôpital militaire de cette ville. Il se fait un trafic journalier et bien coupable de ces certificats. Ce genre de prévarication appelle toute la surveillance et toute la sévérité du Gouvernement. On assure qu'à Strasbourg, deux chirurgiens et un médecin de l'hôpital précité en ont tiré un lucre scandaleux: A Nancy, Toul, Besançon, partout enfin, les officiers de santé honnêtes et délicats ont la douleur de voir quelques-uns de leurs collègues se livrer aux plus avilissantes spéculations; et il résulte de ces marchés honteux, auxquels les conseils d'administration, les quartiers-maîtres et surtout
AVfiC LE MINISTRE DB LA GUERRE. 277
les commandants de dépôt ne s'associent que trop souvent, qu'avec de l'argent le jeune homme riche et aisé s'affranchit de l'obligation de sertir, et qu'on ne voit dans les corps que des fils de pauvres artisans et villageois qui, prenant peu à peu l'esprit de nos anciens soldats recrutés et achetés, ne pourront jamais former une armée vrai ment nationale. »
Le général Desdoseaûx au Comité de salut public.
Tours, le 49 plimôse an u.
« Des abus sans nombre se glissent dans nos armées. Parmi les plus criants, l'on peut compter celui qui fait voyager sur tous les points de la République les soldats malades ou blessés, ou ceux qui ne savent pas où sont leurs bataillons. J'ai vu .des soldats des douze armées de la République venir avec des feuilles de route dans la Vendée pour y trouver, disaient-ils, leur bataillon. Cependant il est constant que la plupart de ces bataillons n'avaient pas quitté leur armée primitive.
« Ce désordre est d'autant plus nuisible aux intérêts de la République que ces promenades paralysent un nombre considérable de bras que l'on emploierait utilement devant l'ennemi ; car j'estime que," sur la totalité des routes qui conduisent à chacune des armées de la République, cinquante mille (50,000) hommes au moins passent ainsi leur temps à courir de ville en ville, d'armée en armée, de dépôt en dépôt.
« Les causes de ces abus viennent d'abus primitifs qu'il faudrait réformer. Lorsqu'un régiment est employé dans une armée, pourquoi le disséminer ensuite par petits détachements dans d'autres armées ? Il arrive souvent qu'un môme régiment est employé en môme temps" dans quatre ou cinq armées différentes. Cette marche est vicieuse, d'abord en ce qu'elle ouvre la porte aux déprédations de tout genre et qu'elle double même, sans déprédations, les dépenses de la République : premier abus, qu'il faudrait réformer en ne divisant jamais les corps.
2* t Les hôpitaux militaires ne correspondent pas, et sont trop éloignés des dépôts de chaque corps, lesquels dépôts sont eux-mêmes trop éloignés les uns des autres.
« Pour remédier à ce second abus, il faudrait qu'il n'existât, pour chaque armée, que deux seuls dépôts, qui seraient appelés : dépôts généraux de telle armée, l'un pour l'infanterie, l'autre pour \o, cayalerie. A chacun de ces dépôts correspondraient deux, trois ou quatre hôpitaux; selon qu'il serait jugé nécessaire, observant toujours 4e les distinguer par les dénominations de dépôt d'infanterie et dépôt de cavalerie.
t Au sortir de l'hôpital, le cavalier ou le fantassin serait envoyé au dépôt général de son arme. Tous les mois, un commissaire dès guerres ferait passer une revue et ferait rejoindre leurs bataillons, par détachements, aux soldats qui se trouveraient rétablis. Cette opération
278 / KKLATiONS DU GÉNÉRAL EN CHEF
serait d'autant plus facile que chaque corps de l'armée aurait envoyé tous les dix jours au moins, à son dépôt général, son mouvement journalier, ainsi que le lieu de sa garnison, camp ou cantonnement. De cette manière, les paresseux et ceux qui aiment mieux se promener que se mesurer avec l'ennemi, n'auraient plus de prétexte pour excuser leur lâcheté.
« L'état de situation général de l'armée serait envoyé toutes les décades à l'état-major général qui, en communication avec les dépôts, pourrait compter tous les mois sur un renfort réel. Les officiers et soldats ne pourraient être absents de leur bataillon que sur un billet d'hôpital ou une permission du conseil d'administration.
L'ordonnateur en chef de Varmèe du nord de l'Espagne au ministre directeur de V administration de la guerre.
Pampelune, le 48 avril 4843.
c II a été rendu compte à Votre Excellence de la mortalité excessive qui s'est manifestée parmi les conscrits dans certains corps de l'armée; et déjà j'ai eu l'honneur de rendre raison à Votre Excellence des causes de cette mortalité, qui n'est point particulière à tel ou tel corps, mais qui s'est étendue à tous en général. Qu'il me soit permis de revenir sur cet objet à raison de son extrême importance, et de présenter quelques vues qui me paraissent devoir fixer l'attention du Gouvernement.
« Les conscrits venus en Espagne ont continué à faire partie des bataillons de marche, ou bien ont été incorporés dans les régiments auxquels ils étaient destinés.
« La première condition leur a été extrêmement funeste, parce qu'ils ont eu à faire les mêmes corvées que les vieux soldats, n'ayant pas la force nécessaire pour supporter les mêmes privations et les mêmes fatigues et n'ayant sous les yeux aucun modèle ni aucun appui pour se former aux habitudes du régime militaire. L'expérience a prouvé que, l'administration de ces corps provisoires étant éphémère et sans consistance, le soldat ne peut en tirer aucun secours.
Du reste, il paraît que le Gouvernement a renoncé à perpétuer l'existence de ces bataillons provisoires, et a ordonné l'incorporation immédiate des conscrits qui les composent. Beaucoup de conscrits devront leur conservation à cette mesure salutaire. »
Wellington au duc d'York, commandant en chef V armée permanente.
Freneda, 40 février 4843.
« Il y a plus d]inconvénients à avoir trop de chevaux dans un régiment de cavalerie que d'en avoir trop peu. Le 11e dragons, par exemple, a 45 chevaux en sus de ceux qu'il peut monter; si -on les lui laissait, il en résulterait qu'il faudrait distraire des rangs 45 hommes pour les conduire; on diminuerait ainsi le nombre de combattants. »
« Les escadrons de l'armée allemande qui, après la capitulation do itz, furent mis en marche vers l'ouest et le nord de la France, ressemblaient, au début, plutôt à des convois de chevaux de main qu'à jdes escadrons de guerre. C'est que, quand des maladies ont décimé "une troupe, les résultats sont tout différents entre la cavalerie et l'infanterie. Si, dans l'infanterie, il y a des malingres ou malades, c'est autant d'hommes de moins et rien déplus. Dans la cavalerie, un homme malade enlève à l'escadron deux (2) combattants, parce qu'il faut
Su 'un autre cavalier conduise en main le cheval de son camarade, 'est dans cette formation qu'avec souvent 50 chevaux ainsi traînés en queue, et des pelotons de cinq files, les escadrons quittèrent l'investissement de Metz. On resta longtemps sur ce pied; dès que la troupe reprit la vie active des marches, le nombre des malades n'augmenta plus ; le changement d'air, une nourriture plus variée, le mouvement, la rareté des bivouacs, toutes ces conditions qui contrastaient complètement avec la stagnation de 80 jours devant Metz, eurent une heureuse influence sur la santé de la troupe ; ses forces se retrempèrent. Mais, par contre, chaque jour on sentit davantage les ennuis et la charge résultant de cette queue de chevaux de main qu'il fallait traîner avec soi. Quand on arriva en présence de l'ennemi, on chercha à y remédier en confiant deux chevaux de main à un seul homme ; l'escadron récupéra par là quelques combattants de plus, mais les chevaux de main, laissés souvent à une journée de marche, furent mal soignés, car on n'avait naturellement pas mis avec eux les meilleurs sous-officiers et soldats. Tous les chefs d'escadron imploraient le dépôt de leur envoyer des cavaliers; les rapports et demandes dans ce sens pleuvaient, mais rien n'arrivait du dépôt ou n'arrivait qu'en nombre à peine suffisant pour remettre un seul escadron à flot,
?uand tous les escadrons du régiment éprouvaient les mêmes besoins, luand cette méthode de traîner derrière soi les chevaux de main devint insupportable, on forma des dépôts de chevaux que Ton établit sur les lignes d'étapes, et où Ton réunit les animaux en excédant. On se débarrassa ainsi de cette gêne, mais on perdit ces chevaux presque pour toujours, car, mal nourris, mal soignés ou employés à un service de patrouilles au milieu d'une population ennemie, et surmenés, ils dépérirent rapidement.
c Ce sont là, sans doute, des embarras inhérents, à toutes les guerres et qui s'y reproduisent sur une échelle plus ou moins grande; mais nous les citons pour montrer combien il est nécessaire que les dépôts envoient aux escadrons de guerre des 4 cavaliers dressés en nombre supérieur à l'effectif des chevaux. S'ils envoient trop d'hommes, ce ne sera point un inconvénient; ils seront très-utiles au petit convoi de chaque escadron composé, outre la voiture à bagages et pièces de rechanges, fers, etc., de deux voitures requises dans le pays et portant des vivres, voitures qu'on est obligé d'avoir avec soi, quoi qu'on puisse dire contre; et ils serviront à remplacer de suite toutes les ' pertes dans l'effectif. »
Un officier de la cavalerie allemande, qui a fait la campagne de 4870-74.
Les pièces suivantes montrent la nécessité de revacciner les hommes dès leur arrivée aux dépôts.
Le général Washington, commandant en chef Vannée américaine,
au président du congrès.
New-York, U juillet S 776.
< Les troupes sont dans un mauvais état de santé, beaucoup d'hommes sont attaqués de la petite vérole. Le général Sullivan craint que la milice, à laquelle on a donné Tordre d'aller le rejoindre, n'échappe pas à la contagion. »
« Quand j'arrivai à Harper's Ferry (juin 1861) pour y prendre le commandement des troupes sécessionnistes, je trouvai qu'environ 40 p. 100 de l'effectif était dans les hôpitaux ou ambulances par suite de l'épidémie de variole ou des oreillons. »
M. le général Joseph Johnston.
Extrait d'un mémoire du docteur Harris, membre de la commission sanitaire des Etats- Unis pendant la guerre de sécession.
« Dans l'armée prussienne, tout homme de recrue est revacciné à son entrée au service. Depuis quTon a pris cette précaution, il n'y a eu en moyenne, annuellement, que deux (2) décès par petite vérole. Avant qu'on ne l'eût prise, et alors qu'on croyait à. tort qu'il suffit d'avoir été vacciné dans l'enfance, il y avait annuellement une moyenne de 104 décès par petite vérole.
« Au début de la guerre de sécession et pendant tout son cours (1861-1865), chaque fois que le gouvernement leva des troupes et les réunit dans* des camps ou casernes, la petite vérole ne tarda pas à sévir avec une extrême intensité, parée qu'on n'avait pas eu soin généralement de revacciner les hommes. Ainsi, pendant les 2 premières années de la guerre, il y eut 4132 cas de variole officiellement signalés au conseil de santé ; mais il y en eut au moins autant de consignés sur les registres d'admission aux hôpitaux, et qui n'ont pas été signalés au conseil de santé.
« Dans l'autonne de 1862, le médecin en chef de l'armée sécessionniste prescrivit que toutes les troupes seraient revaccinées, pour arrêter la contagion, c[ui s'était étendue jusqu'à la population civile ; mais, comme on n'avait pas assez de vaccin frais ou à l'état de pureté et qu'on dut se contenter de le prendre d'un homme sur l'autre, les bénéfices de cette mesure furent paralysés en partie. Dans les armées fédérales de l'Ouest, un grand nombre d'accidents se produisirent également par suite de cette méthode, car le vaccin provenant d hommes atteints de maladies syphilitiques devint une cause de poison dans le sang de ceux auxquels il était inoculé. Le docteur Hobbs, médecin de brigade, rapporte que quand sa troupe quitta
Laverffne (Tennessee), il n'y avait pas moins de 300 hommes souffrant ainsi d'ulcères de mauvaise nature.
« Parmi les prisonniers confédérés enfermés à Rock Island, sur le IMississipi, une des régions les plus saines de l'Ulinois, il y en eut 2426 qui présentèrent ces symptômes de plaies résultant çI'ur vaccin impur.
« Les mêmes faits ont été constatés, du reste, sur tous les points et daps toutes les armées, tant du Nord que du Sud, des Etats-Unis pendant la guerre.
« L'expérience montra de plus que les résultats de la revaccination sont compromis si on fait marcher les hommes an moment où la vésicule se forme, quand le mouvement est de nature à la détruire, ou si la revaccination a lieu pendant que l'homme est atteint de maladie.
« Enfin, nous avons tiré de la guerre de sécession cette grande leçon qu'il n'est ni prudent, ni justifiable de jeter des masses de troupes de nouvelle levée dans des camps, ou de les réunir en masse, sans les avoir revaccinées préalablement avec du vaccin frais et d'une pureté incontestable. »
« A l'armée de la Loire, au mois de novembre 1870, la petite vérole avait fait invasion dans nos bivouacs. Le nombre des décès était déjà considérable. Après quelques jours passés devant Orléans, les hôpitaux et les nombreuses ambulances qui marchaient à la suite de l'armée étaient encombrés de varioleux et d'hommes atteints de diarrhée. »
M. le général d'Aurelie, qui commandait alors l'armée dé la Loire.
Le préfet des Deux-Sèvres au ministre de la guerre.
Niort, 29 septembre 4870.
« Je dois vous signaler que divers cas de variole se sont déclarés parmi les troupes en ce moment & Niort. »
Le préfet de TAveqron au ministre de la guerre.
flodej, 4 % décembre 4 870.
« Épidémie de variole parmi les gardes mobiles du dépôt de Rodez: Mesures urgentes à prendre. Décès nombreux. »
Le générai commandant le camp de Saint-Lô et le préfet au ministre de la guerre, à Bardeaux.
Saint-Lô, le 23 décembre 4870.
« Les nouvelles qui nous arrivent encore ce matin du camp, ou du moins de la presqu'île, nous font craindre une véritable épidémie. La
petite vérole sévît tellement que certains cimetières de villages s'emplissent, nous écrivent des maires. »
Utilité de la création de grands dépôts et ateliers.
« Les représentants du peuple envoyés par la Convention nationale à l'armée du Nord, réunis à ceux envoyés auprès des armées du Nord, des Ardennes, de la Moselle et du Rhin ;
Considérant qu'il importe au bien du service, à Tordre et à l'économie que doivent se proposer les représentants auprès des armées, de ne pas multiplier le nombre des dépôts des corps armés ;
Qu'il résulte de cette multiplication de dépôts un embarras considérable dans la correspondance, des lenteurs dans les opérations et même des méprises dangereuses; que les divers dépôts n'étant pas formés par le même motif, les uns manquant d'habillements et d'équipements tandis que les autres manquent d'hommes ou de chevaux, leur réunion <Jans un même lieu opérerait le bon effet [de mettre successivement, par la combinaison de tous ces objets, le général à portée d'appeler à la défense de la patrie le plus grand nombre d'hommes possible et de ne laisser dans l'inaction que ceux aux besoins et à l'instruction desquels il aurait été physiquement impossible de pourvoir.
Arrêtons :
ARTICLE PREMIER
Tous les dépôts particuliers de la cavalerie des armées du Nord et des Ardennes seront réuis en quatre dépôts généraux, savoir :
A Beauvais, pour la (grosse) cavalerie ; A Châlons, pour les hussards ; A Rhétel, pour les chasseurs ; A Soissons, pour les dragons.
Art. 2.
Immédiatement après la notification du présent arrêté, les cornmandants de tous les dépôts particuliers donneront les ordres et prendront les mesures nécessaires pour faire conduire lesdits dépôts dans les lieux indiqués, chacun dans celui qui est affecté à son arme, et ils en donneront sur-le-champ avis au ministre de la guerre.
Art. 3.
Les représentants du peuple nomment, provisoirement, pour commander les quatre dépôts ci-dessus, des officiers qui seront tenus de se rendre sans délais aux postes qui leur sont assignés.
Art. 4.
Ces quatre dépôts seront aussi provisoirement sous les ordres d'un inspecteur général, qui demeure chargé de la surveillance générale
sur la remonte, l'armement, l'équipement et l'instruction de ces dépôts.
Art. 5.
Aucun des dépôts particuliers, réunis dans un des dépôts généraux, ne pourra rien demander pour son armement, équipement et remonte qu'avec l'avis de l'inspecteur général, qui en rendra compte aux représentants du peuple.
Art. 6.
L'inspecteur général veillera à ce que la remonte, l'habillement et l'équipement souffrent le moins de retard possible, en sorte qu'il se mette en état de faire passer successivement aux armées le nombre d'hommes qu'il pourra y envoyer ; et, pour cet effet, il est autorisé à prendre pour les divers dépôts particuliers tous les objets appartenant a d'autres dépôts particuliers, en observant de suivre, dans cette opération, Tordre d ancienneté, c'est-à-dire que le dépôt qui aura été formé le premier soit aussi le premier mis en état, ensuite le second et ainsi de tous les autres.
Art. 7.
L'inspecteur général fera tenir un registre de l'arrivée et du départ de tous les dépôts particuliers dans chacun des dépôts généraux auxquels ils appartiennent. 11 se fera représenter ces registres par les commandants des dépôts toutes les fois qu'il le jugera nécessaire ; et toutes les fois qu'il fera partir un détachement, il en donnera préalablement avis aux représentants du peuple auprès des armées, au ministre de la guerre et au général commandant en chef les armées du Nord et des Ardennes.
Art. 8.
Tous les chevaux qui, en vertu des lois des 9 et 28 mars dernier, doivent avoir été pris, retenus de fait, ou doivent l'être par les administrations de district dans les départements du Nord, du Pas-de- Calais, de l'Aisne, de la Somme, de l'Oise, de Paris, de Seine-et-Oise, de Seine-et-Marne, d'Eure-et-Loir et de l'Eure, seront conduits dans le plus bref délai possible, savoir : ceux qui seront propres pour la (grosse) cavalerie, à Beauvais ; ceux qui seront propres pour les dragons, à Soissons ; idem pour les hussards, à Ghâlons ; idem pour les chasseurs, à Rhétel;
Et ceux qui seront propres au service de l'artillerie ou des charrois, à Arras.
Ces chevaux seront pris et conduits avec leurs selles, brides et harnais de trait.
Art. 9.
Ces chevaux seront remis d'abord, à jour fixe et indiqué, au cheflieu de leur département. Là, un commissaire, par nous nommé, fera procéder à leur signalement exact, vérification et estimation, désignera l'espèce d'arme à laquelle ils peuvent être destinés et les fera partir sans délai pour le lieu où est le dépôt des troupes au service desquelles
ils sont propres, après les avoir fait marquer, sur la cuisse droite, d'une empreinte au fer chaud portant les lettres R. F.
Art. 10.
L'inspecteur général fera connaître tous les huit jours, aux représentants du peuple, l'état des chevaux et des objets d'armement, qu'équipement et d'habillement qui se trouveront dans les dépôts.
te major général Bertkier au général Dejean, ministre directeur
de V administration de Iq guerre.
Varsovie, le 29 janvier 4807.
« Votre Excellence sait que le général Bourcier commande le grand dépôt de cavalerie de Potsdam.
< Ce général ne se trouve plus avoir, à Potsdam, qu'environ $81 hommes de troupes à cheval ; cependant il va recevoir près de 3,000 chevaux ; en sorte qu'il n'aura plus d'hommes de cavalerie pour les monter.
L'Empereur, général, ordonne donc que l'on envoie, des grands dépôts des différents régiments qui sont en France, les hommes qui sont nécessaires au général Bourcier pour monter tous les chevaux qu'il va recevoir des nouvelles levées faites dans le Mecklembourg et autres pays. Mais les ordres de Sa Majesté sont que le général Bourcier corresponde directement avec Votre Excellence pour lui désigner le nombre d'hommes qui doit être envoyé de chaque dépôt, comme le nom des régiments qui doivent les fournir. Vous ne recevrez donc, général, aucun ordre de moi à cet égard, et vous regarderez comme officielles les demandes que vous adressera le général Bourcier, auxquelles vous ferez faire droit de manière à perdre le moins de temps possible. Au surplus, l'Empereur vous recommande de mettre en cela votre activité ordinaire, car nous avons grand besoin d'augmenter notre cavalerie. »
Le général BeUiard, chef de V état-major général de V armée $ Espagne,
au major général Berthier.
Buytrago, le 3 août 4808.
« Le général Savary est parti hier pour aller joindre Sa Majeste\ Il 4 emporté les notes sur les besoins, de l'armée. J'ai l'honneur de prier Votre Altesse de les prendre en grande considération.
* Dans ces notes, il est question de l'artillerie : on demandait de taire venir en poste des roues et autres objets de rechange des arsenaux de France ; mais, comme ils sont très-éloignés et que peut-être n'ont-ils pas les quantités suffisantes, ne penseriez -vous pas qu'il serait avantageux d'établir dans les grandes villes voisines de la frontière, telles que Bordeaux, Toulouse, etc., de grands ateliers de charronnage pour subvenir aux besoins de l'armée ?
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< J'ai l'honneur de le répéter à Votre Altesse ; c'est un objet 4e la plus grande urgence, ainsi que celui des munitions» »
L'Empereur au major général Berthier.
Samt-Cioud, lt 4& septembre 4808»
Ordre pour V organisation du dépôt de Bayonne, en vue de la guerre
tfÈtpagne.
TITRE Ier.
approvisionnements.
« 1° Il sera réuni au dépôt de Bayonne, par les soins du ministre de l'administration de la guerre :
20,000 habits, 30,000 shakos, 20,000 vestes et culottes, 40,000 chemises, 40,000 paires de bas, 40,000 paires de souliers, 20,000 guêtres, 20,000 gibernes, - 20,000 épinçlettes.
€ 2° Il sera réuni au même dépôt, par les soins du ministre de la guerre :
20,000 fusils avec baïonnettes, 2,000 sabres d'infanterie avec leur ceinturon. « 3° La moitié de ces effets devra être rendue à Bayonne avant le 15 octobre, et l'autre moitié avant le JS novembre.
« 4° A mesure de l'arrivée de ces effets à Bayonne, l'ordonnateur les fera déposer à la citadelle, dans des magasins* particuliers, sans* qu'il puisse en être disposé pour aucun autre usage que pour ce qui est dit ci-dessous.
TITRE n.
DÉPÔTS PIS CPBPS.
« $* Tous les régiments, dont le numéro est ci*joint, auront à Bayonne ou le cadre d'un de leurs bataillons, ou au moins un dépôt' composé d'un capitaine, de deux lieutenants, d'autant de sous*tiettte»» nants, du double de sergents et autres sous-officiers, pour recevoir non-seulement les hommes isolés qui arriveraient, mais encore lés conscrits portés dans Tétant de distribution. Ces conscrits seront Réunis aux dépôts de leurs régiments, et, dans les 24 heures, ils seront armés et habillés par les soins dé l'ordonnateur, avec les effets des magasins établis ci-dessus.
« 6° Les dépôts des sept nouveaux régiments qui ont été formé* en Espagne, qui doivent avoir leurs cinquièmes bataillons à Bayonne,
Pau et environs, seront passés en revue par le général Drouet (commandant la division territoriale), afin que les officiers, sous-omciers et soldats hors de service soient congédiés et remplacés, pour maintenir les cadres de ces dépôts au grand complet.
t 7* Tous les officiers à la suite, qui seraient en Espagne, excédant le nombre voulu pour l'organisation, se rendront à Bayonne pour être attachés au dépôt de leur corps.