‹ Les méthodes de guerre actuelles et vers la fin du XIXe siècleChapitre 22 sur 85 · DÉPÔT GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DÉPÔT GÉNÉRAL

« 8° Il sera, en outre, formé à Bayonne, un dépôt général d'officiers et de sous-officiers, pour y placer en subsistance les soldats, lorsque les cadres des dépôts des régiments seront remplis, ou qu'ils seraient en route pour conduire des hommes aux régiments.

« Ce dépôt serait composé d'un bataillon commandé par un chef de bataillon et de dix capitaines, dix lieutenants, dix sous-lieutenants, dix sergents-majors, de quarante sergents, de quatre-vingts caporaux et de quarante tambours.

< Les capitaines et les lieutenants seront nommés parle ministre de la guerre, et choisis parmi les officiers encore en état de servir. Les capitaines seront, le plus possible, capables d'être adjudants-majors.

« Ce dépôt général devra être réuni à Bayonne avant le 10 octobre. Il sera établi à la citadelle et pourra ainsi, lorsoue les cadres des dépôts seront remplis, ou en route pour conduire des hommes- aux corps, prendre en subsistance les conscrits et les instruire. •

L'empereur Napoléon au ministre de la guerre.

3 novembre 4809.

t Vous donnerez Tordre que les régiments de cavalerie envoyés en Espagne laissent, à. leur passage; à Tours, à Angoulême et à Mont-de- Marsan, des dépôts non -seulement de leurs chevaux blessés, mais encore de leurs chevaux fatigués. L'important n'est pas qu'ils arrivent en Espagne avec le plus grand nombre de chevaux possible, mais avec des chevaux en bon état. Ainsi le cheval qu'on laissera à Tours ou ailleurs, sous les ordres d'un officier chargé de diriger ces dépôts, se reposera et rejoindra le régiment sans être blessé, au lieu que s'il continuait sa route de Tours, Poitiers ou Angoulême, il arriverait hors de service.

c Faites faire par vos bureaux une instruction sur cet objet qui est très-important.

• Ce principe sera général pour toute la cavalerie de l'armée d'Espagne. Désignez trois dépôts : à Versailles, Tours, Angoulême et Mont- de-Marsan. Les commandants de ces dépôts passeront en revue les régiments qui passent et retiendront les chevaux qui auront besoin de repos. »

« Napoléon. »

AYJsC LE MINISTRE DE LÀ GUERRE. 287

Au palais de Saint-CIoud, le 7 mai 4844. « Napoléon, etc., « Nous avons décrété et décrétons ce qui suit :

Article premier.

< Il sera formé à Niort un dépôt de cavalerie légère! et à Saintes un dépôt de dragons des armées d'Espagne et de Portugal.

• Tous les hommes de cavalerie démontés, revenant de ces armées ou qui se trouvent dans la 119 division territoriale (Bayonne), se rendront dans ces deux dépôts.

Art. 2.

« Un colonel en second de cavalerie sera chargé de commander le dépôt de Niort ; et un autre colonel en second commandera le dépôt de Saintes.

« Des artistes vétérinaires seront attachés à ces deux dépôts.

« Notre ministre de l'administration de la guerre fera fournir mille chevaux de cavalerie légère, ayant plus de cinq ans, au dépôt de Niort, et mille chevaux de dragons au dépôt de Saintes.

Art. 4.

« Les deux mille selles, brides et harnais, nécessaires pour ces deux mille chevaux, seront confectionnés à Paris et dirigés sur les dépôts.

< Notre ministre de l'administration de la guerre prendra des mesures pour faire fournir, par les corps ou par lui-même, les effets d'habillement et d'équipement qui seront nécessaires.

TITRE IL formation d'un dépôt dbs équipages militaires.

Art. 5.

• H sera formé un dépôt du train des équipages militaires à Pau.

« Tous les hommes appartenant aux bataillons des équipages militaires autres que les bataillons employés à l'armée d'Allemagne, qui sont dans la 11 • division territoriale, ou qui reviennent d'Espagne ou de Portugal, se réuniront à ce dépôt.

■ Tous les caissons et harnais qui se trouvent dans la 11* division territoriale y seront également réunis.

Art. 6.

« Le dépôt de Pau sera commandé par un officier supérieur des équipages militaires.

Art. 7.

« Notre ministre de l'administration de la guerre prendra des mesures pour faire mettre en état les caissons et harnais, pour faire l'achat de mille mulets de bât, et pourvoir à tout ce qui est nécessaire pour l'équipement de ce dépôt.

288 feBLAtlORS DO dÊKÊRÀL EN CHU*

TITRE 111. formation d'un dépôt do train d' artilleur*

Ait. 8.

« Lès hommes isolés du bataillon du train d'artillerie, et ceux qui se trouvent dans la 41e division territoriale, ceux qui reviennent à*ËSr pagne ou de Portugal appartenant aux bataillons du train qui sont en Espagne et autre^ que ceux destinés à l'armée d'Allemagne» seront réunis à Auch, où il sera formé un dépôt.

Art. 9.

< Le dépôt d'Aaeh sera commandé par un major d'artillerie.

« Notre ministre de la guerre fera fournir à ce dépôt mille chevaux avec les harnais et les équipages nécessaires.

Art. 11.

« Nos ministres de la guerre et de l'administration de là guerre nous feront connaître tpus les huit jours la situation de ces quatre dépôts* afin que, s'il y a heu, nous donnions des ordres et accordions des crédits pour augmenter le nombre de chevaux de remonte et la quantité d'effets de harnachement et d'équipement nécessaires pour utiliser tous les hommes à pied venant dés armées d'Espagne et de Portugal'.

Art. 12.

« Notre ministre de la guerre, notre ministre de l'administration de là guerre et notre major général des armées {l'Espagne sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret. »

Le maréchal Vaillant, ministre de la guerre; au général Larchey, commandant les dépôts de V armée a Orient, à Constantinople.

Paris, la 28 décembre 4854.

« J'attache une si grande importance à votre mission et la regarde si difficile que je ne reculerai devant aucun des moyens qui pourront en assurer l'accomplissement. Aussi viens-je de donner l'ordre de vous envoyer sur-Je-champ, et par les voles rapides, une compagnie du génie complète. Je* vous envoie également 4 ou b* bons gardes du génie expérimentés, capables et actifs, quelques bons gardes d'artillerie, un garde pour le train des équipages et une augmentation dans le personnel administratif. »

Le ministre de la guerre au général Larchey, commandant les dépôts

de l'armée iï Orient à Constantinople.

Paris, le 46 février 4855.

• Je vous ai annoncé, dans une de mes dernières lettres, l'envoi, à Constantinople, du complément d'une compagnie d'armuriers.

• Cet envoi, que je hâte le plus possible, est en effet devenu urgent. Il y a un grand désordre dans les mesures qui sont prises relativement au départ des malades ou des blessés pour France : les uns emportent leurs armes, leur équipement; les autres n'emportent rien de tout cela, et quand ils viennent se rembarquer à Marseille (une fois guéris) pour retourner en Orient, il faut les armer et les équiper de nouveau.

c Vous aurez à organiser à Gonstantinople un grand dépôt d'armes, d'équipements et de harnais. Donnez tous vos soins à cela : je vous le recommande bien. Les objets de harnachement sont à soigner comme nos armes, et si j'osais, je dirais : plus que nos armes, car nous sommes bien moins riches à cet égara qu'en fait de fusils. Ceux-ci devront être réunis par corps. »

Le ministre de la guerre au général en chef de F armée d'Orient.

Paris, le 3 novembre 4854.

• Afin de faire face à tous les besoins de l'armée et de pouvoir établir à Constantinople un parc de réparation des équipages, avec dépôt et réserve, tout en conservant un parc volant à la suite de l'armée, j'ai pensé qu'il était convenable de mettre à la disposition du détache-

. ment d'ouvriers-constructeurs des équipages militaires attaché à l'armée d'Orient un matériel et des approvisionnements suffisants pour que cette troupe, également scindée en deux (partie en Crimée, partie à Constantinople), soit en état d'exécuter partout le service dont elle est chargée.

« Dans ce but, M. le colonel directeur des parcs des équipages militaires a reçu l'ordre de diriger sur l'armée cinq forges de campagne et onze chariots pourvus de caisses et coffres d'outils. •

Le général Roguet, en mission à Gênes, à l'empereur.

Gènes, le 45 mai 4859.

« Une section d'ouvriers d'artillerie serait nécessaire à Gênes pour réparer rapidement le matériel débarqué. Elle pourrait servir de petit dépôt aux isolés de cette arme. »

Le général HerbUlon, commandant la place et les dépôts de V armée à Gènes, au major général de V armée d'Italie,

Gènes, le 20 mai 4859.

» Le personnel chargé d'assurer les divers services à Gênes est insuffisant. Le sous-intendant militaire assure qu'un sous-intendant, 2 adjoints et 6 officiers d'administration devraient être attachés aux transports maritimes : c'est un personnel triple de celui dont il dispose aujourd'hui. Le nombre des officiers de marine devrait être également augmenté, ainsi que celui de l'artillerie.

« Quant à mon état-major, composé de mes deux aides de camp,

290 RELATIONS DU GÉHÉHÀL BN CHEF

je n'ai pu l'augmenter en y attachant des officiers de différentes armes. Les troupes ne faisant que passer à Gênes, il m'est difficile de trouver des officiers qui veuillent se dévouer au travail incessant de mon service : tous préfèrent suivre leur corps. J'ai cependant à pourvoir à des exigences nombreuses pour les arrivages, les mouvements de titra* pes, les casernements et campements, les débarquements, et les incidents de toute nature qui se présentent à chaque instant. »

Le général Rufus Ingalls, quartier-maître général des armées opérant contre Richmond, au général Meigs, intendant en chef des armé* des Etats-Unis.

Washington, le 28 septembre 4863.

< Le grand dépôt des armées combinées opérant contre Richmond était établi à City- Point, sur le James river. Il était alimenté par une flotte de navires faisant la navette entre ce point et nos ports du nord. Il y avait en moyenne 40 bateaux à vapeur, y compris les remorqueurs, 75 bâtiments à voiles et 100 barques faisant le service d'approvisionnement (1).

« Le lieutenant-colonel Strang était chargé dans ce dépôt des moyens de transport de l'armée. Il employait 1800 charpentiers, forgerons, charrons, selliers, charretiers et ouvriers en général. Il répara en une année 3,653 voitures, 2,414 voitures d'ambulance, fit ferrer 19,618 chevaux et 31,628 mulets.

< Ce grand dépôt de City-Point était relié aux armées qui assiégeaient Petersburg et Richmond par le corps de construction au ordres du général Mac-Callum. Ce corps construisit un chemin de fer depuis le dépôt jusqu'aux troupes, et le pourvut de quais et de magasins ; aussi la distribution des vivres et rechanges se faisait-elle promptement, parce qu'elle avait lieu sur un grand nombre de points. Ce chemin de fer préserva en hiver nos attelages et nos voitures de la ruine. »

(4) Des qnais de débarquement distincts étaient affectés à chaqne service: vivres, foarrage, habillement, campement, hôpitaux, chevaux et mulets, matériel de chemin de fer, etc.

Ht'

Besoins en fusils.

a L* empereur Napoléon au général Dejean, ministre directeur

de V administration de la guerre.

Samt-Ckrad, le 28 août 4806.

k « Les fusils et la poudre, on ne saurait trop en commander. •

► Le major général Berthier au général Songis, commandant VartiUerk

de la Grande armée.

Varsovie, le 23 décembre 4806.

« L'armée manque de fusils, général ; il faut donc destiner les quinze .' cents meilleurs fusils prussiens, qui arrivent demain ou après, pour 1 l'armement de l'armée française. Il faut en faire venir avec une grande

promptitude, et diriger les fusils saxons de Kustrin, savoir : r « Deux mille sur Varsovie, mille sur Posen, mille sur Thorn.

« Prenez des mesures pour que d'autres fusils saxons, s'il y en a, on bien des fusils français, arrivent à Kustrin et à Stettin. Il est indispensable d'avoir entre ces deux places et celles de Varsovie, Thorn, Spandau, Magdebourg, vingt mille fasils français. Vous devez calculer que la bataiire d'Iéna et les autres affaires ont consommé six mille fusils ; trois mille autres l'ont été par les hommes qui sortent des hôpitaux de Bavière : les événements qui auront lieu en consommeront encore six mille, ce qui fait une consommation de quinze mille, indépendamment de la consommation ordinaire pour l'usage, que l'on peut calculer pendant tout le quartier d'hiver à quinze mille. Indépendamment de cela, les conscrits venant de France sont mal armés ; il est bon en France de ne pas leur donner les meilleurs fusils, mais il n'en est pas de même quand ils viennent à l'armée. Enfin Û résulte qu'il faut trente mille fusils pour l'armée, qu'il n'y en a pas plus de dix mille, et qu'il en faut faire venir promptement vingt mille autres. »

L'empereur Napoléon au général Dejean, ministre de là guerre.

Osterode, 2 mars 4807.

t Je reçois votre rapport par lequel vous concluez que l'armée doit avoir plus de fusils que d'hommes. Sans doute, si elle n'en avait pas sonsommé. Une bataille comme celle d'Austerlitz coûte au moins

29é kiiLÀTIOHS DU GÊNiRÀL fift CHEF

12,000 fusils (1); de grandes marches en coûtent aussi. Jugez combien, depuis deux ans, on en a perdu. Ce n'est pas exagérer que d'en porter le nombre à 60,000. Sans ceux de Vienne et les fusils saxons, ta France aurait dû me fournir bien davantage. »

L'empereur Napoléon au général Dejean, ministre de la guerre.

Finkensteia, 22 avril 4807.

« J'ai reçu votre lettre du 10 avril. Vous croyez que les corps ont plus d'armes que d'hommes. Il faut convenir que la guerre en fait une horrible consommation. Par exemple, il y en a eu de perdues près de 10,000 à Austerlitz, cassées par les boulets, mises hors d'état de servir par les accidents du feu, beaucoup de jetées sur le champ de bataille par les blessés. J'en ai fait ramasser sur le champ de bataille d'Eylau plusieurs milliers. Ajoutez celles que les hommes qui vont aux hôpitaux perdent, quelque chose qu'on fasse, et vous serez convaincu que réellement nous n'avons pas assez d'armes. Ce qui n'empêche pas que les précautions que vous indiquez ne soient bonnes à prendre. » .

V empereur Napoléon au major général Berthier.

Mojaïsk, 40 septembre 4842.

c Nous avons bien besoin de fusils français ; il nous en faut à Vilna, à Minsk, à Smolensk et à l'abbaye qui est près du champ de bataille (de la Moskowa), pour armer les traineurs et, bien entendu, les blessés qui ont perdu les leurs. Il faudra vingt mille fusils dans ces quatre endroits ; faites-moi connaître ce que nous avons, arrivé et en route. »

L'empereur Napoléon au ministre de ht guerre.

Ncumarkt, 3 juin 4843.

< La bataille de Lutzen et celle de Wurschen (Bautzen) nous ont coûté 40,000 iusils ; j'estime que nous en avons besoin au moins de 30,000; il faut en diriger 15,000 sur Erfurt et 15,000 sur Dresde. >

Le maréchal KeUetmann au ministre de la guerre.

Mayence, le 30 septembre 4843» .

• L'empereur me mande de Dresde, le 25, que je dois arrêter à Mayence les fuyards et traînards qui quittent en foule l'armée, les met-

(4) L'armée française à Austerlitz eut 4 ,288 hommes tués et 6,993 blessés, sur un effectif de 68,867 combattants, dont 54,474 hommes d'infanterie, 42,290 de cavalerie et 3,406 d'artillerie.

tire dans la citadelle, et, après les avoir réarmés et rééquipés, les faire retourner en bataillons de marche à l'armée.

« Je prie Votre Excellence d'augmenter en conséquence le nombre des armes à l'arsenal de Mayence. >

Le maréchal Randon, ministre de la guerre, au maréchal Vaillant,

major général de V armée d Italie.

Paris, le 24 juin 4859.

« Après la guerre d'Orient, votre attention fut appelée sur la quantité considérable d'armes qui étaient restées indisponibles en Grimée pendant la campagne (dans les hôpitaux, les ambulances, les magasins des corps, etc.). Ce nombre ne s'élevait pas à moins de cent mille (400,000) ; et, si la France eût eu à cette époque à former des armées sur d'autres points, un déficit semblable n'eût pas été sans inconvénients. On attribuait cet état de choses principalement à une lacune dans la surveillance de l'armement des soldats entrant aux ambulances et aux hôpitaux. Il paraissait indispensable d'y porter remède, ce qui vous engagea, après avoir pris les ordres de l'empereur, à charger le Comité de l'artillerie d'étudier la question et de formuler des propositions.

< Le comité a reconnu qu'il y avait lieu d'ajouter au Règlement du 4" mars 1854, sur l'entretien et la conservation des armes dans les corps, un ensemble de dispositions relatives à l'entretien des armes en campagne, dont la teneur suit :

ARTICLE PREMIER

« En campagne, le général commandant l'artillerie soumet à l'approbation du général en chef les mesures qu'il convient de prendre pour assurer l'entretien et la conservation des armes dans les hôpitaux et ambulances, et leur versement à l'artillerie, eu égard à la situation de l'armée, aux ressources en personnel et en locaux dont elle dispose, et aux éventualités qui peuvent «e produire.

Art. 2.

« Un officier supérieur d'artillerie, spécialement chargé de l'armement, est attaché au grand parc. Il a sous ses ordres un ou plusieurs capitaines d'artillerie, suivant les besoins, un garde d'artillerie et un contrôleur d'armes.

« Il centralise tout le travail de l'armement et* le transmet au commandant supérieur du parc.

Art. 3.

« Les capitaines adjoints à l'officier supérieur chargé de l'armement surveillent l'entretien des armes dans les hôpitaux et les ambulances

{>ermanentes. Ils proposent, d'après les ressources et les circonstances, es mesures à prendre pour la conservation et l'entretien des armes dans ces établissements, provoquent les ordres nécessaires pour le

versement des armes des hommes morts ou en congé, et surveillent cette partie du service.

Art. 4.

< Le garde attaché au service de l'armement, au grand parc, est chargé de tous les détails d'exécution de ce service.

« Il tient un registre spécial des entrées et des sorties des armes.

« Les armes, à leur entrée au parc, sont divisées en trois classes :

« in classe: — Armes en état de pouvoir servir.

< 2e classe. — - Armes à réparer par les compagnies d'armuriers. « 3e classe. — Armes hors de service.

< On comprend dans cette dernière division les armes qui nécessiteraient des réparations trop longues à faire ou trop dispendieuses.

Art. 6.

c Un employé d'artillerie est attaché à chaque hôpital, et il est chargé de surveiller l'exécution des ordres donnés relatifs à l'entretien des armes dans ces établissements. Il tient un registre des armes que versent les hommes entrant.'

€ Il veille à ce qu'elles soient graissées et emmagasinées aussi bien

3ue le permettent les ressources et les localités. Il fournit au capitaine 'artillerie un état hebdomadaire constatant le nombre d'armes existant à l'hôpital, celui des hommes morts ou en congé. « Il délivre les armes aux hommes sortant.

Art. 7.

« Le chef armurier accompagne les bataillons de guerre. Il fait les réparations avec ses ouvriers de manière à maintenir les armes en état de servir.

Art. 8.

c Le caporal ou brigadier armurier reste au dépôt.

Art. 9.

c En campagne, les hommes emportent leurs armes aux hôpitaux et ambulances.

Art. 10.

< Quand les hommes sont évacués des ambulances sur les hôpitaux, leurs armes les accompagnent.

< Les armes des hommes morts aux ambulances sont versées au parc d'artillerie.

Art. 19.

« Les hommes à l'hôpital partant en congé laissent leurs armes à l'hôpital, qui en opère le versement h l'artillerie avec les armes des hommes morts.

< Quand les hommes revenant de congé rejoignent leur corps, il leur est délivré un nouvel armement.

aybg 18 ministre de là guerre. 295

Art, 13.

< Les hommes quittant le corps pour aller en congé laissent leurs armes an corps, qui en effectue le versement en temps opportun avec les armes des hontmes morts.

Art. 14.

c Quand une armée opère à l'intérieur, les versements d'armes des hôpitaux et des corps se font à la Direction d'artillerie la plus voisine.

Art. 13.

« Les ambulances accompagnant l'armée, le versement des armes a toujours lieu au parc d'artillerie. >

Le commandant militaire de Brescia au major général

de V armée d'Italie.

Brescia, le 3 juillet 4869.

« Dans la composition des détachements pris parmi les isolés, je suis souvent obligé de comprendre des hommes non armés, car je n'ai aucun dépôt d'armes ; et, d'un autre côté, je ne puis les garder ; car, malgré les départs fréquents pour l'armée, le chiffre de ce dépôt va toujours en augmentant. >

Extrait du rapport fait, le 4 avril 1873, à V Assemblée nationale par M. Riant, relativement à t enquête sur le matériel de guerre.

La France perdit, au début de la guerre de 1870, en armes portatatives de différentes espèces, 432,000 armes, qui étaient emmagasinées dans les places frontières de Strasbourg, Metz, Mézières et La Fère, et qu'il fut impossible de retirer à temps de ces quatre directions d'artillerie. '

La guerre de 1870-71 a causé à la France la perte énorme de 7,234 canons de toute nature et de 665,327 chassepots, sans compter 500,000 fusils d'anciens modèles.

Les fusils chassepot ont été pris ou brisés par l'ennemi dans les circonstances suivantes :

f àReichshoffen, Strasbourg et dans les 1 autres places dépendant de la direc- Armée du Rhin. < tion d'artillerie de Strasbourg. . . / . 40,000

1 à Metz et dans les autres places dépen- \ dant de la direction d'artillerie de Metz. 200*, 000

( à Sedan, et dans les autres places dépen- Armée de Châlons. ' dant de la direction d'artillerie de Mé-

( zières 140,000

Paris, siège . . . . 155,000

A reporter. . . 535,000

Report. . . . 535,000 1" et 2* armées de la Loire, batailles d'Orléans et du}

Armée deVÊst..* .' .' '. " ." ' .' " " .' ." .* .' ." .' .'. ' .' •' .' \ 98,486

Armée du Nord , /

Fusils de cavalerie 31,841

Total des chassepots. . . 665,327

Dans la période du 1" juillet 1870 au 31 janvier 1871, la fabrication des fusils chassepot n'a pu dépasser le chiffre de 146,629, et les achats ont atteint celui de 11,000.

Au major général Berthier.

Yitoria, 8 novembre 4808.

c Donnez des ordres et ordonnez les mesures que j'ai prises dans différentes circonstances pour que les armes des malades soient soignées' et ne soient point perdues. Rendez-moi compte si les armes des trois mille (3,O0O) malades qui sont à Pampelune et des onze cents (1100) qui sont ici sont soignées et déposées en lieu sûr. Il faut qu'il soit établi des salles d'armes et des gardes-magasins dans chaque hôpital, pour que le commandant puisse visiter si les armes sont en bon état. •

Napoléon.

armée d'obient. """

— Quartier général, an Caire, 8 fructidor an vi.

Ordre du jour.

Il sera désigné, dans chaque hôpital, une chambre où Ton mettra les fusils des hommes dont les corps ne seront pas ici. On attachera à chaque fusil un billet portant le i\pm du soldat à qui il appartient.

Le général d'artillerie nommera un sous-officier d'artillerie pour faire les fonctions de garde-magasin de la salle d'armes desdits hôpitaux.

Le général en chef, Bonaparte.

Besoins en souliers.

c On demandait un jour au duc de Wellington quel était le premier besoin du soldat : — « Une bonne paire de souliers, • répondit-il.—

▲TEC LE MINISTRE DE LA GUEKftE. 297

« Et le deuxième ?» — « Une bonne paire de souliers de rechange. • — « Et le troisième? • — « Une paire de semelles de rechange. »

Le général (depuis maréchal) anglais Sir J.-F. Burgejne.

Le commissaire-ordonnateur général Bourcier, de V armée du Nord,

au représentant du peuple GiUet.

Bruxelles, le 4" pluviôse an m.

« Quant aux souliers, la matière manque, parce que la gelée empêche de corroyer les cuirs et de les tirer des rosses. »

Le général Washington, commandant en chef r armée américaine,

au président du Congrès.

Valley-Forge, 23 décembre 4777.

• Outre un grand nombre d'hommes reteuus à l'hôpital, faute de souliers, ou bien dispersés pour la même cause chez les fermiers, nous avons au camp, d'après le rapport qui m'a été fait aujourd'hui, deux mille huit cent quatre-vingt-dix-huit (2,898) hommes hors de service, par la raison qu'ils sont nu-pieds et sans vêtements. »

L'empereur Napoléon au général Dejean, ministre de la guerre.

Posen, 8 décembre 4806.

• Tous les détachements qui viendront de Paris et de Boulogne doivent partir avec une paire de souliers et deux dans le sac.

« A Mayence, ils en recevront une paire, à la place de celle qu'ils auront usée en route.

« A Magdebourg, ils en recevront une nouvelle paire pour celle qu'ils auront usée dans la route de Mayence à Magdebourg, de manière que les hommes arriveront toujours à leur corps avec une paire de souliers aux pieds et une dans le sac. •

L'empereur Napoléon au général Dejem, ministre directeur de r administration de la guerre, à Paris.

Burgos, 43 novembre 4808.

• Monsieur le général Dcjean, renvovez la réserve de bœufs et proposez-moi des mesures pour réduire la dépense à Bayonne. Je n'ai pas besoin de vivres ; je suis dans l'abondance de tout. Il ne manque que les caissons et transports militaires, qui sont bien derrière, des capotes et des souliers. L'intendant est un homme inepte. Je n'ai jamais vu un pays où l'armée fût mieux et plus abondamment nourrie. Mais, des souliers et des capotes, voilà ce qui nous a manqué. Aucune des dispositions que j'avais ordonnées n'a été exécutée. >

298 RBLATIOHS DU GÉlf*BAL BN CHÏF

L'empereur Napoléon au prince Eugène, vice-roi d'Italie.

Paris, 47 mars 4809.

• Vous savez qu'on' manque toujours de souliers à la guerre. Il est convenable que vous preniez des mesures pour avoir 25,000 paires de souliers à Palmanova, 25,000 paires à Mantoue, 25,000 paires à Venise et 25,000 paires à Milan. Vous ferez faire l'avance de ces 100,000 paires de souliers par le ministre de la guerre d'Italie, et vous prendrez toutes les mesures pour qu'elles soient de très-bonne qualité; car il vaut mieux ne rien avoir que d'avoir de mauvais souliers. »

Wellington au comte de Liverpool, secrétaire d'Etat*

Celorico, le 34 mars 4844.

Les besoins en souliers augmentent au point qu'il est désirable que vous nous en envoyiez 100,000 paires par leTagele plus tôt possible. Il est extrêmement à recommander que ces souliers soient de la meilleure qualité et de la pointure la plus grande, car ceux de mauvaise qualité s'usent très-vite, et nous ne pouvons faire usage d'un très-grand nombre, parce qu'ils sont trop étroits.

« Envoyez-nous, en même temps, 100,000 paires de semelles avec talons. »

Le général Canrobert, commandant en chef V armée d'Orient, au général Larchey, commandant les dépôts de V armée à Constantinople.

Au quartier général devant Sébastopol, le 4 janvier 4855.

«. Quoi que j'aie pu faire et dire, nous allons manquer absolument de souliers et de bottes.

« En général, pour les remplacements de toute nature, les dépôts des corps ont fonctionné jusqu'ici d'une manière tout à fait insuffisante. »

Le maréchal Vaillant, major général de V armée d'Italie, au comte Cavour, ministre du roi de Sardaigne.

Alexandrie, 29 mai 4859/

« L'empereur me donne l'ordre de vous demander si vous pourriez nous prêter quelques milliers de paires de souliers. Nous vous rendrions bientôt pareil nombre, car nous en attendons de France et en grande quantité, >

ARMÉE D'ITALIE

Au grand quartier général, le 4" juin 4869.

Le maréchal Vaillant, major général de f armée d'Italie, au général HerbUlon, commandant les dépôts à Gênes.

« Les souliers manquent complètement.

< Faites donc diriger immédiatement par le chemin de fer, sur

AVBC LB MINISTRE Dl LA GUÏ1RE. 299

Vercelli, tons ceux qui peuvent se trouver actuellement à Gènes, soit dans les magasins ae l'administration du campement, soit dans ceux des petits dépôts des corps, et faites accompagner ce convoi pour qu'il n'y ait aucun malentendu. »

Besoins en chevaux, harnachements et harnais.

Sans la coopération du cheval, aucune guerre n'est possible; même en supposant cette coopération réduite dans les limites les plus strictes, le nombre des chevaux ne doit pas descendre au-dessous du huitième du nombre d'hommes, sous peine de paralyser les mouvements des armées ; généralement la proportion normale est du quart.

M. le lieutenant général allemand ron Hanneken,

L'empereur Napoléon au major général Berthier.

Vilna ,1e 8 juillet 4 84 S.

« Le major général fera connaître au généraj Bourcier (chargé des remontes) que, sous quelque prétexte que ce soit, je ne veux pas de chevaux qui n'auraient pas cinq ans accomplis ; que j'aime mieux ne rien recevoir ; que craant à la taille, je le laisse maître de faire ce qu'on pourra; mais que je n'entends pas de modification pour 1 4ge. »

Wellington au comte de Liverpool, secrétaire d'Etat.

Cartaxo, 7 décembre 4840.

< Je recommande de ne pas envoyer à l'armée, dans ce pays-ci (Portugal et Espagne), des chevaux au-dessous de 6 ans en mai, et d'envoyer des juments de préférence aux chevaux, car l'expérience a montré qu'elles résistaient mieux que les chevaux»

c Gomme nous avons éprouvé de grandes difficultés à faire fabriquer, par les maréchaux- ferrants des corps, des fers à cheval et des clous, particulièrement quand la cavalerie a été activement employée pendant quelque temps, et comme nous avons perdu beaucoup de chevaux pour cette cause, je recommande de nous envoyer 4,000 assortiments de fers pour cheval et une double proportion de clous. »

L'empereur Napoléon au général Dejean, ministre de la guerre.

Finkenstein. 22 auil 4807.

« Je crois que c'est faire une évaluation faible que d'estimer la perte à 16,000 chevaux depuis le commencement de la guerre (octobre 1806). *

•L'empereur Napoléon au général Clarke, ministre de la guerre.

Schœnbnran, 45 juillet 4809.

< En général, dans les batailles, j'ai constamment, pour un homme de cavalerie tué ou blessé, perdu trois ou quatre chevaux. »

Sir Arthur WeUesky (depuis duc de Wellington), commandant en chef V armée anglaise en Espagne , au vicomte Castlereagh , secrétaire d'Etat.

Abrantès, le 22 juin 4809.

« J'espère que vous nous remonterez bientôt en chevaux.

« C'est incroyable avec quelle rapidité nous perdons les chevaux de cavalerie et d'artillerie. Les chevaux, comme les hommes, qui débutent en campagne, sont victimes de leur mutuelle inexpérience. »

L'empereur Napoléon au général Dejean, ministre directeur de l* administration de la guerre.

Schœnbrnnn, le 47 juillet 4809.

• J'ai pris un décret pour porter le fonds de remontes à quinze millions. La consommation de chevaux est immense. Il y a quatre ou cinq chevaux tués pour un homme. Aux batailles d'Essling et de Wagram j'en ai eu bien des milliers de tués. Indépendamment de ce que vous enverrez, nous faisons et nous ferons ici des efforts considérables pour remonter ce que nous avons à pied. Nous avons quatre à cinq mille hommes à pied. >

Le général Meigs, quartier-maître général (intendant en chef) des armées des Etats-Unis, au ministre de la guerre.

Washington, le 8 novembre 4865.

« Notre armée de la Shenandoah, activement engagée sous les ordres du générai Sheridan, a eu besoin de trois remontes par an. La durée d'un cheval de cavalerie, avec un chef entreprenant, n'a donc été, en moyenne, que de quatre mois. »

Sur les 12,000 chevaux de la cavalerie allemande qui ont pris part à la bataille du 16 août 4870, les pertes ont été de :

A VIC LE maSTRB PI LA GUIR1I. 301

En tués ou blessés :

Officiers, 90 ; Troupes, 1,320; Chevaux, 1 ,795.

M. le général prussien Ton Besser.

V empereur Napoléon au major général Berthier.

Paris, 24 féirier 4842.

« Quant aux chevaux marqués pour la réforme, en temps de guerre, on ne doit réformer aucun cheval qu'au préalable le colonel ne s'en soit procuré un pour le remplacer. Ce n'est qu'avec cette précaution qu'on peut réformer ; et, dans tous les cas, le remplacement doit précéder. >

L'empereur Napoléon au général Clarke, ministre de la guerre.

Schœnbrnnn, 6 août 4809.

« Prenez des mesures pour qu'à Strasbourg on donne des sommes aux détachements de cavalerie pour le ferrage pendant la route. •

Instructions dictées par f 'empereur Napoléon sur les services administratifs de la Grande armée, pour la campagne de Russie.

Paris, 46 mars 4842.

« La Prusse doit fournir trois mille chevaux de grosse cavalerie, et six mille de cavalerie .légère ; cela rend donc nécessaires, sinon neuf mille selles, au moins six mille, car c'est beaucoup supposer que de, dire que sur trois chevaux perdus on retrouvera un Harnachement.

« Ces chevaux sont destinés, non à la remonte, mais à réparer les pertes. »

< Une des plus grandes difficultés à vaincre (pendant la 2e période de la guerre de 1870-71} fut celle des harnais. Il fallut aller en chercher jusqu'en Amérique ; et il y eut un moment où nos batteries ne pouvaient pas partir, parce que le navire qui apportait les harnache* uicnts était retenu devant le port par le gros temps. »

M. de Freycinet, alors délégué au ministère de la guerre en province.

ARMÉE D'ORIENT

An camp derant Sébastopol, le 29 juin 4855.

A l'intendant de V armée.

« Par votre lettre du 29 juin, vous me faites connaître que vous avez demandé d'urgence 350,000 clous dont 250,000 pour la cavalerie légère.

302 MLÀTÏOHS DU 6ÉHÉHAL IN CHSF

« Quelque considérable que puisse paraître cette commande au premier abord, il y a lieu cependant de remarquer qu'il existe à l'armée environ 27,000 chevaux qui sont ferrés, en moyenne, ime fois par mois ; ce qui, à raison de 7 clous par fer, constitue une quantité de 750,000 clous pour les besoins du service,

c En appelant votre attention sur ce fait, je ne saurais trop vous recommander de maintenir constamment vos commandes et vos approvisionnements dans de justes limites, basées sur cette estimation des besoins. »

Par ordre du général en chef.

Le général chef de l'état-ma jor, De Martimprey.

Mesures divergea de prévoyance.

Nécessité de faire accompagner tons les envois de matériel.

Le général Eblé, commandant l'artillerie de l'armée du Nord,

au ministre de la guerre.

x La Fère, le 47 pluviôse an n.

€ Souvent, lorsque tu as donné tes ordres pour que les munitions que je t'ai demandées soient versées dans nos dépôts, on me fait des difficultés pour les en tirer, parce que les commandants de places, les directeurs d'arsenaux ou autres, prétendent qu'elles leur sont adressées.

« Pour éviter les difficultés et surtout les retards qui pourraient en résulter, je te prie de vouloir bien faire mettre dans les lettres d'avis aux commandants des places, etc., que les objets que tu auras accordés à nos demandes sont pour l'usage de l'armée du Nord. »

L'empereur Napoléon au vice-roi Eugène, commandant en chef la Grande

armée à Posen.

Fontainebleau, 26 janvier 4813.

c Ayez soin de donner l'ordre que le blé des approvisionnements de toutes les places (sur le théâtre de la guerre) soit converti en farine, non-seulement pour être prêt en cas de siège, mais pour qu'au commencement de la campagne nous puissions trouver de la farine toute faite, pour aller de l'avant. »

aysc le xnmnru di la guerri. 303

ARMÉE D'ORIENT

Ye'mk«tt*,le49jum1854.

Au ministre de la guerre.

« Par une dépêche du 19 mai 1854, vous me demandez des explications au sujet de Ja mesure extraordinaire prise par le général Canroî>ert à l'égard des payeurs de l'armée, qu il a contraints à sortir de la caisse une somme de cent mille (100,000) francs en or destinés à être échangés contre la monnaie turcpie, pour permettre les transactions entre les soldats français et les indigènes.

« L'autorité militaire n'a pas omis, ainsi que vous me le signalez, de vous rendre compte dé ce fait, puisque, dès le 17 avril, il vous en a été écrit dans les termes suivants :

« Le manque absolu de numéraire turc dans les caisses de l'armée engendrait des inconvénients graves, officiers et soldats ne pouvant crue très-difficilement faire leurs acquisitions indispensables ; souvent des discussions et même des rixes s'ensuivaient. J'ai dû, pour faire cesser un si fâcheux état de choses, donner l'ordre d'urgence au payeur de l'armée d'envoyer deux de ses agents à Constantinople pour y échan-

§er 100,000 francs de numéraire français contre une pareille somme e numéraire turc que j'avais prié M. l'ambassadeur de France de vouloir bien nous faire procurer.

« Des combinaisons commerciales empêchèrent le change d'avoir lieu, et les 100,000 francs furent reversés au Trésor. Cette question est donc entièrement vidée.

« Depuis lors, j'ai moi-même prescrit un second forcement de la caisse de l'armée, afin de remettre dans les mains de M. le colonel Ressaire, chargé de faire des achats en Asie, une somme de soixantedix mille (70,000) francs, que j'ai jugée nécessaire pour lui permettre de remplir utilement sa mission. Aujourd'hui, les 70,000 francs sont rentrés au Trésor, soit en numéraire, soit au moyen de pièces régulières justifiant la différence.

« Il ne faut pas se dissimuler que les conditions tout à fait exceptionnelles dans lesquelles j'opère en Orient, conditions qui se présentent, la plupart au temps, sous la forme de l'imprévu, de l'urgence et de la nécessité la plus absolue, me mettront quelquefois dans le cas de recourir à cette mesure, que les règlements financiers ont prévue. Mais, avant de recourir à cette mesure extraordinaire, j'examinerai avec le plus grand soin si elle est suffisamment justifiée et impérieusement commandée par les besoins du service. Je n'en userai que lorsque le succès de mes opérations en dépendra, me faisant d'ailleurs un devoir de vous en rendre compte et de vous en exposer les motifs. »

Le maréchal commandant en chef, De Saint-Arnaud.

304 IBLATIONS DU GÉlfÊlAl. KK CHEF

AUft D'ITALIE.

~ 47 mai 4859.

Le major général au ministre de la guerre.

« Les employés du ministère de la guerre que vous avez mis à ma disposition pour la tenue des contrôles des corps et le travail dn personnel de l'armée ont rejoint ce matin le grand quartier général; mais ils n'ont apporté aucun des documents nécessaires pour faire fonctionner dès à présent le service dont ils sont chargés. Cependant je puis, d'un moment à l'autre, recevoir de l'empereur, Tordre de pourvoir aux vacances qui existent déjà, et dont le nombre peut s'accroître promptement, par suite des événements de guerre.

« J'ai, en conséquence, l'honneur de vous prier de vouloir bien donner les ordres nécessaires pour que tous les documents dont il s'agit me soient adressés dans le plus bref délai possible.

« Au nombre de ces documents figurent, en première ligne, les contrôles de remplacement pour tous les corps (infanterie et cavalerie) faisant partie de l'armée d'Italie, et ceux pour les armes dans lesquelles l'avancement roule sur toute l'arme. Ces contrôles devront être arrêtés à une date certaine, de manière que la série des tours puisse être suivie et continuée à l'armée pendant toute la durée de la campagne. Une partie des vacances revenant, dans certains cas, au tour de l'ancienneté, il y a lieu d'accompagner les contrôles de deux exemplaires de l'Annuaire militaire de 1859, mis à jour de toutes mutations, et arrêté à la même date que les contrôles eux-mêmes. »

Le major général Vaillant.

ARMÉE D'ITALIE

""" 47 mai 4869.

Le major général au ministre de la guerre.

a J'ai l'honneur de vous prier de faire de nouvelles recommandations pour que les numéros du Journal militaire officiel, destinés à l'armée d'Italie, ne soient plus envoyés, en bloc, au grand quartier général. Il en résulte un encombrement et un travail de sous-répartition qui nuisent considérablement au bien du service.

« Il convient absolument que cet envoi se fasse directement aux corps d'armée, aux différents commandants d'arme, et aux chefs de service; de manière que l'état-major général ne reçoive que les numéros destinés au prand quartier général proprement dit.

« Je vous prie de faire les mêmes recommandations pour te Moniteur universel, qui pourrait nous être adressé de la même manière. »

L'empereur Napoléon au ministre directeur de f administration

de la guerre.

Burgos, 47 norembre 4808.

« Je ne compte sur aucun des envois que vous m'annoncez. Je vous avais prévenu que rien n'arriverait si vous ne faisiez pas accompagner ces envois par un maréchal des logis ayant une feuilie de route où les journées fussent bien déterminées. Vous n'en avez tenu aucun compte, et mon armée manque de tout. Je suis obligé d'avoir recours à des moyens extraordinaires, ce qui produit toujours un mauvais effet. Votre bureau d'habillement est composé d'imbéciles. Vos fournisseurs de Paris sont des fripons comme ceux de Bordeaux ; il y en a qui ont vendu des effets gui étaient partis pour vous. Gela est votre faute de n'avoir pas organisé vos transports. Je dépense beaucoup d'argent pour être très-mal servi. Le fait est qu'il y a beaucoup de dilapidation. »

V empereur Napoléon au ministre directeur de V administration

de la guerre.

Madrid, 24 décembre 4808.

« Je vois avec peine que deux cents bœufs aient été envoyés à l'armée : ils n'arrivent pas. D'ailleurs, ce n'est pas de viande que je manque : c'est de souliers, de capotes et de chemises, et c'est justement ce dont on ne m'envoie rien. Je n'ai reçu, en souliers, que 16,000 paires d'un convoi, et 19,000 paires d'un autre; et .ce sont ceux qui venaient de Berlin. Ceux de Paris et d'ailleurs, je n'en ai pas entendu parler. Si vous les aviez expédiés par convoi, sous V escorte d'un officier de gendarmerie, comme je vous l'ai mandé plusieurs fois, j'aurais de tout en abondance. Mes hôpitaux se remplissent de malades, parce que je n'ai ni capotes ni souliers. J'ai été cruellement trompé dans tout ceci. J'aurai des capotes au mois d'août, et c'est justement le temps où il faudrait les brûler.

t Napoléon. >

Le ministre de rintêrieur et delà guerre.

Tours, le 47 octobre 4870.

« Monsieur l'intendant, il importe essentiellement que le matériel de guerre (denrées, approvisionnements, etc.) envoyé aux corps d'armée n'éprouve aucun arrêt dans sa marche.

« Déjà, au début delà guerre, des instructions générales avaient été données à -cet effet ; je vous les renouvelle aujourd'hui, en vous invitant à prescrire aux fonctionnaires de l'intendance, ou, à défaut, à tout comptable expéditeur :

« De faire toujours accompagner jusqu'à destination les trains renfermant des approvisionnements militaires;

306 RELATIONS D? GÉHKRjU BN CHEF

« D'aviser télégraphiquement M. l'intendant général Robert du départ des expéditions faites aux différents corps formant l'armée de

1^ Loire. »

Décret du 8 novembre 4870.

« Le membre du gouvernement de la Défense nationale» ministre de l'intérieur et de la guerre,

« En vertu des pouvoirs à lui délégués par le gouvernement, par décret en date à Paris du Ie* octobre 1870 ;

« Considérant qu'il importe d'accélérer et de surveiller le transport des approvisionnements et du matériel de guerre sur les chemins de fer;

Décrète:

ARTICLE PREMIER

« Il est institué un service spécial d'inspection pour le transport des approvisionnements et du matériel de guerre sur les chemins de fer.

« Ce service est placé dans les attributions du directeur des services de l'intendance. Il se compose d'un inspecteur principal et d'autant d'inspecteurs et agents secondaires que tes besoins de la surveillance l'exigent.

Art. 2.

«M. Poirier, ancien chef de la perception et du contrôle des chemins de fer du Midi, est nommé inspecteur principal des transports de la guerre.

« Fait à Tours, le 8 novembre 4870. »

Le Membre du gouvernement, Ministre de V intérieur et de la guerre,

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