‹ Les méthodes de guerre actuelles et vers la fin du XIXe siècleChapitre 29 sur 85 · Ministère des finances · texte numérisé non relu

Ministère des finances

. Assurer le paiement de la solde de l'armée en monnaie du pays où elle opère.

Mettre, sur la frontière menacée, les agents des douanes à la disposition de l'armée ; assurer leurs prestations en vivres de campagne et l'entretien de leurs familles*

^ Utiliser pour l'armée les connaissances spéciales des agents forestiers, soit comme guides, soit comme courriers des quartiers généraux, et dresser d'avance la liste de ceux à employer dans ce but par circonscription territoriale.

Fournir aux quartiers généraux les cartes du service des forêts, peur rectifier, dans cette partie, la carte de France.

Mesures à prendre pour mettre en sécurité, dans les départements menacés, les caisses publiques, les archives de l'enregistrement et des

domaines, les magasins de tabac et autres propriétés de l'Etat ressortissant du ministère des finances.

Fournir à l'armée le tabac nécessaire aux troupes en campagne, et créer, à cet effet, des dépôts sur ses derrières, dans les gares de bifurcation, sous la garde d'un agent responsable.

Coopération du service postal avec l'armée; mobilisation des agents des postes et de leur matériel, avec bureaux ambulants, et autres moyens de transport, régler la question des domestiques des agents supérieurs; régler les allocations, l'uniforme et la solde; mesures à

Ïirendre pour intercepter les correspondances suspectes et prévenir espionnage.

. Remettre en vigueur la loi de juillet 4870, qui accorde aux militaires en campagne la franchise postale, et notifications à faire en conséquence.

Paiement des pensions de retraite et des gratifications aux anciens militaires qui se retirent devant l'invasion , et servent d'instructeurs auxiliaires dans les dépots.

Mettre à la disposition de l'autorité militaire les plans du cadastre, pour le travail du cantonnement des troupes.

Précautions pour mettre en sûreté le papier timbré dans les départements menacés.

Autoriser, par exception , le cabotage par navires des puissances neutres lorsque, comme à Dunkerque en 1870, le cabotage français ne peut suffire aux transports ou évacuations.

Dispositions à prendre pour mettre à la disposition de la guerre les poudreries ressortissant au ministère des finances, et modifications à y introduire en conséquence. '

Reviser le règlement de comptabilité publique, de manière à ce qu'il tienne compte : !• de l'urgence; 2° de l'imprévu à la guerre; rendre plus simples les justifications de dépenses et les paiements plus prompts, conditions essentielles pour attirer les fournisseurs.

Faciliter l'envoi de petites sommes entre les soldats et leurs familles.

Remanier la mobilisation des fonctionnaires du Trésor (payeurs, commis, etc.), de manière qu'ils n'empruntent pas à l'armée des moyens de transport, 'des ordonnances m des sous-officiers,

Séparer le service postal du service de la trésorerie, le premier exigeant toutes les forces de son personnel.

Ministère de la justice»

Prescrire les mesures nécessaires pour mettre à Pabri de l'incendie, dans les casemates ou abris voûtés, à l'épreuve de la bombe, les minutes notariées, registres des hypothèques, actes de l'état civil ou autres papiers précieux, dant les places assiégées ou bloquées.

Précautions concernant la sûreté des prisons et l'évacuation des prisonniers dans les contrées menacées d'invasion.

Faire fournir par l'Imprimerie nationale, au grand quartier général, le matériel de presse avec les protes et ouvriers connaissant la langue de l'armée ennemie.

Ministère de la marine.

Reculer dans l'intérieur des terres les arsenaux et chantiers exposés aux projectiles incendiaires.

Fournir aux quartiers généraux le tableau des signaux de la marine et un chiffre éventuel.

Mettre à la disposition de l'armée des officiers, particulièrement pour les parcs d'artillerie et les batteries.

Ministère de t instruction publique et des cuites.

% Préparer la mobilisation des aumôniers militaires en réglant d'avance leurs allocations, assimilation et moyens de transport.

Coopération des facultés de médecine au service des évacuations médicales et au traitement des malades ou blessés, sur les derrières dé Parmée.

Mobilisation des interprètes; règlement dé leurs allocations et moyens de transport.

Ministère de V agriculture, du commerce et des travaux publics.

Relier transversalement les voies ferrées aboutissant à la frontière du nord~est.

Décider que dans tout département envahi ou menacé, l'ingénieur en chef des ponts et chaussées se présentera au quartier général pour remettre les renseignements de sa compétence sur les différentes voies de communication, routes, rivières, canaux, etc.; offrir les cartes mises à jour, et se tenir avec ses agents à la disposition de l'autorité militaire pour les travaux de fortification ou de viabilité à eréer en deuxième ligne (têtes de ponts, barricades, ponts à détruire, inondations à tendre, etc). Organiser en deuxième ligne le service du génie civil pour créer des têtes*dè-pont, fortifications provisoires, etc.

L'ingénieur en chef des mines indiquera les ressourcés dont disposent les établissements métallurgiques pour réparer le matériel de l'armée. '

En cas d'invasion du pays ennemi , faciliter le commerce français en lui concédant la franchise de droits pour l'introduction de ses marchandises.

Documente à consulter.

Le major général de l armée du Rhin au ministre de la guerre.

Metz, le 42 aoûU870, à 8 hear«s 5 du matin.

* Le nouveau chiffre préparé aux affaires étrangères pour Parmée doit être prêt. Envoyez-moi, par une occasion sûre, tous les exemplaires demandés. Il doit il y en avoir vingt* C'est très-urgent. » .

364 RELATIONS DU GÊNfiftAL EN CHEF

L'empereur Napoléon au ministre des relations extérieures.

Paris, 20 décembre 48*4 .

« Monsieur le duc de Bassano, écrivez en chiffre au baron Bignon que, si la guerre (avec la Russie) avait lieu, mon intention est de rattacher à mon quartier général et de le mettre à la tête de la police secrète comprenant l'espionnage dans l'armée ennemie, la traduction des lettres et pièces interceptées, les rapports des prisonniers,... etc.; qu'il est donc nécessaire que, dès aujourd'hui, il monte une bonne organisation de police secrète; qu'il faudrait qu'il eût deux Polonais parlant bien la langue russe, militaires, ayant fait la guerre, intelligents, et dans lesquels on pût avoir confiance, connaissant l'un la Lithuanie, l'autre la Volhynie, la Podolie et l'Ukraine, et un troisième parlant allemand, connaissant bien la Livonie et la Courlande. Ces trois officiers seront chargés d'interroger les prisonniers. Ils devraient parler parfaitement le polonais, le russe et l'allemand. Ils auront sous leurs ordres une dizaine d'agents bien choisis, lesquels seront payés suivant les renseignements qu'ils donneront. Ils devraient également être en état de donner des éclaircissements sur les endroits où passerait l'armée.

« Je désire que le sieur Bignon s'occupe sans délai de. cette grande organisation. En commençant cette organisation, les trois agents de correspondance devront avoir des agents sur les routes de Pétersbourg à Vilna, de Pétersbourg à Riga, de Riga à Memel, sur les routes de Kiew et sur les trois routes qui, de Bucharest, conduisent à Saint-Pétersbourg, à Moscou et à Grodno : en envoyer à Riga, à Dunabourg, à Pinsk, dans les marais, à Grodno et donner l'état de situation des fortifications, jour par jour. Si les renseignements sont satisfaisants, je ne regretterai pas une dépense de douze mille (12,000) francs par mois. Pendant la guerre, les récompenses pour ceux qui donneront des avis utiles à temps seront indéterminées. Il y a parmi les Polonais des hommes qui connaissent les fortifications et qui peuvent, de ces différentes places, bien indiquer l'état où elles se trouvent. •

Le marquis de la Valette, ambassadeur de France à Londres, au comte de GranvUle ministre des affaires étrangères de la Grande-Bretagne.

Londres, le 4" août 4870.

« Le gouvernement de l'empereur a décidé, en raison des circonstances actuelles, que la formalité du passe-port serait, pendant la durée de la guerre, rétablie d'une manière générale à l'égard de tout voyageur étranger désirant sortir de France ou pénétrer sur le territoire français.

« J'ai l'honneur de notifier à Votre Excellence cette décision, qui 6e justifie aussi bien par l'intérêt même des sujets britanniques que par des considérations de sécurité publique. Le Gouvernement de l'Empereur, Votre Excellence ne l'ignore pas, bien qu'en consentant.,

sur la demande d'un certain nombre d'Etats étrangers, à supprimer la formalité du passe-port, s'est expressément réservé le droit de la rétablir lorsque les circonstances l'exigeraient.

Le major générai de V armée du Rhin et ministre de la guerre

au ministre de l'intérieur.

23 juillet 4870.

« J'ai l'honneur de prier Votre Excellence de vouloir bien donner des ordres pour que la frontière soit fermée depuis Sierck, sur la limite du Luxembourg, jusqu'à Baie, sur la limite de la Suisse. >

Note publiée par le Journal officiel de V Empire français.

Paris, le 26 juillet 4870.

« Le Gouvernement français, préoccupé du désir d'atténuer autant qu'il dépendait de lui les effets que les circonstances actuelles peuvent exercer sur les relations d'affaires et de famille, avait pris la résolution de laisser un libre cours aux correspondances télégraphiques internationales, à la seule condition qu'elles ne fussent pas rédigées en langage secret.

< Le Gouvernement prussien n'a pas cru devoir le suivre dans cette voie, et s'associer à sa sollicitude pour les intérêts privés.

« Après avoir coupé les lignes qui rattachent la France à la Prusse, ne laissant aux deux pays que des voies, insuffisantes et détournées, ce gouvernement vient d'interdire d'une manière absolue les communications télégraphiques entre l'Empire français et l'Allemagne du Nord. »

Le directeur des douanes, chef de la direction de Metz, au maréchal commandant le 3* corps de Varmée du Rhin.

Metz, le 20 juillet 4870.

« M. le général Frossard, commandant le 26 corps, à Saint-Avold, vient de prendre un arrêté, dont je vous remets ci-joint copie, pour interdire à tout individu non domicilié sur le territoire français, l'achat en France de toute denrée pouvant être utilisée, par l'armée.

« Des ordres ont été donnés par l'inspecteur des douanes à Saint-Avold pour l'exécution de cet arrêté par les agents de son service ; et copie en a été adressée à l'inspecteur des douanes à Bitche, que l'objet concerne également.

« J'ai l'honneur de vous prier, Monsieur le maréchal, de me faire connaître s'il ne conviendrait pas d'appliquer les mêmes dispositions à la partie des frontières située en avant de votre corps d'armée, laquelle est placée sous la surveillance de l'inspecteur de ïhionville. •

366 IBL4TI01I6 DU QARÊBAL EN CHEF

Berlin, le 4ft juillet 4870.

Nous, Guillaume, roi de Prusse, président de la Confédération

de l'Allemagne du Nord..., etc.

Ordonnons :

Art. l#t. — L'exportation et le transit des objets suivants, savoir : armes de tonte espèce, munitions de guerre de toute espèce, notamment armes à feu, poudre, capsules, plomb, soufre, salpêtre, chevaux, foin et paille, charbon de terre et coke, sont défendus jusqu'à nouvel ordre par les frontières de Memel jusqu'à Sarrebrûck, y compris ces deux villes.

Art. 2. — * Le chancelier de la Confédération est autorisé à accorder des exceptions à cette prohibition par rapport à la destination des marchandises et à stipuler les conditions nécessaires pour assurer cette disposition.

Art. 3. — La présente ordonnance entrera en vigueur à partir do jour de sa publication.

Berlin, le ÎO juillet 4870.

Nous, Guillaume..., etc.

Ordonnons :

Art. 1". — L'exportation et le transit d'avoine et de son par les frontières, depuis Memel jusqu'à Sarrebrûck, y compris ces deux villes, d'aliments produits du blé et de légumes, de produits moulus du blé ou de légumes, de bêtes à cornes, porcs, moutons et brebis, par la frontière de Nordhorn à Sarrebrûck, y compris ces deux villes, sont prohibés jusqu'à nouvel ordre.

La disposition insérée à l'article 2 de notre arrêté du 16 courant et concernant les exceptions à accorder s'applique aussi au présent arrêté.

Art. 2. — U entrera en vigueur à partir du jour de sa publication.

Le général Washington, commandant V armée américaine,

au colonel Ogden.

Morrislown, 8 janvier 4780.

< Les besoins pressants de l'armée, besoins que vous connaissez parfaitement, m'ont déterminé à demander aux divers comtés de l'Etat une quantité de blé et de bétail proportionnée aux ressources de chacun d'eux. Dans cette vue, j'ai engagé les autorités civiles de chaque comté à se charger de la rentrée de la réquisition. Ce mode m'a semblé préférable en ce qu'il offre moins d'inconvénients pour les habitants ; mais, dans le cas où Ton ne satisferait pas à cette réquisition, nous lèverons nous-mêmes ces contributions en nature, le mieux que nous pourrons ; c'est ce que j'ai signifié aux autorités civiles.

AVEC LE MQlIBTftB DE LA GtJBMLX. 367

« J'ai compté sur vous poy surveiller l'exécution de cette mesure dans le comté d'Essex. Vous y procéderez sans délai. Vous vous présenterez aux autorités civiles, auxquelles vous remettrez la circulaire ciincluse, en leur faisant un récit plus circonstancié des souffrances de bos troupes, afin que ces autorités soient plus convaincues qu'il y a urgence à consacrer tous leurs efforts à nous venir en aide. En même temps vous leur donnerez à entendre délicatement que, si elles ne s'occupaient pas immédiatement de cette réquisition, vous avez Tordre de procéder, dans l'étendue du comté, à la levée de la contribution demandée. Vous insisterez pour avoir une réponse immédiate, et vous agirez en conséquence.

« Si vous ne rencontrez point d'opposition, vous vous concerterez avec les autorités civiles, à l'effet de choisir un lieu convenable pour la réception des denrées requises et de fixer l'époque de leur livraison. Les propriétaires amèneront leurs bestiaux et leur blé dans l'endroit désigné ; le blé y sera mesuré et le bétail estimé par deux magistrats municipaux, de concert avec le commissaire des guerres, qui vous sera envoyé à cet effet et qui délivrera des certificats attestant la quantité de chaque article reçu et les conditions du paiement. Ces conditions seront préalablement arrêtées avec les propriétaires, qui devront aussi dire s'ils entendent être payés d'après le cours actuellement en vigueur sur le marché public, ou d'après les prix cotés à l'époque où se fera le paiement.

< Dès que vous aurez reçu la réponse des autorités civiles, vous m'en rendrez compte. En cas de refus, vous procéderez vous-même à la rentrée des réquisitions, jusqu'à concurrence de la quantité voulue. En vous acquittant de ce devoir» vous userez des plus grands ménagements envers les habitants et vous aurez égard à la position de chacun d'eux, afin qu'aucune famille ne soit privée de ce qui est indispensable à sa subsistance. Les vaches laitières ne doivent pas être comprises dans les réquisitions.

« Pour remplir avec plus de facilité et moins de désagréments la mission dont vous êtes chargé, vous vous entourerez des nommes les plus honorables et les plus actifs du comté; vous tâcherez d'obtenir leurs bons avis et leur coopération.

« Vous êtes également autorisé à mettre en réquisition les voitures nécessaires au transport des denrées.

« Un détachement va se mettre sur-le-champ en marche pour vous prêter main-forte dans votre mission. Vous conviendrez avec l'adjudant général d'un lieu où l'officier commandant le détachement pourra s'aboucher avec vous.

« Si les autorités civiles se chargent de l'exécution de cette réquisition, ce que je préférerais de toutes manières, tâchez d'obtenir qu'elles désignent des moulins pour la réception et la mouture des grains que les commissaires des guerres ne jugeront pas nécessaire d'amener immédiatement au camp.

« J'ai mis ma confiance en vous et je me repose sur votre prudence, bien connue, sur votre zèle et votre respect pour les droits des

citoyens. Vous ne perdrez pas de vue les exigences du service, sans oublier que, si la nécessité nous force à toucher à la propriété de nos concitoyens pour entretenir une armée de laquelle dépend leur salut, c'est néanmoins un devoir pour nous de témoigner de notre respect pour leurs droits et de notre désir de ne point dépasser la limite commandée par la nécessité et leur propre intérêt. »

Le général commandant le 7e corps au major général de V armée

du Bhin.

Belfort, le 3 août 4870.

« Afin de ne pas trop surcharger le département du Haut-Rhin, j'ai invité M. l'intendant militaire du 7* corps à recourir aux nombreuses ressources des départements voisins, et surtout du Doubs, pour organiser nos transports auxiliaires par la voie de l'entreprise.

« Cette disposition, qui semblait tout d'abord devoir s'appliquer aisément, rencontre maintenant des difficultés, parce qu'on a dit aux cultivateurs que le département n'étant pas en état de siège, on ne pouvait-pas les requérir. M. l'intendant pense que si cette mesure était décrétée, elle suffirait, sans même recourir aux réquisitions, pour rendre possible une solide organisation des transports par entreprise; et il demande qu'elle soit décrétée.

• Cette question se rattachant à de graves intérêts, j'ai l'honneur de la soumettre à la haute appréciation de Votre Excellence. »

Le maréchal(Davout), prince d'Eckmiïhl, au vice-roi (Eugène-Napoléon),

commandant X armée de VElbe.

Gifhorn, le 43 avril 4843.

€ Il y a un objet sur lequel je prie Votre Altesse Impériale d'appeler l'attention du roi de Westphalie (Jérôme-Napoléon). Tous les souspréfets restent dans leurs sous-préfectures à l'arrivée de l'ennemi et obéissent non-seulement à ses différents ordres, sous le rapport des subsistances, ce qui est sans conséquence, mais encore à tous les ordres pour l'insurrection ; ils régularisent et accélèrent par là ces différentes mesures.

« Sans leur présence, cela deviendrait plus embarrassant pour l'ennemi, parce qu'ils auraient emporté leurs papiers et qu'il faudrait que d'autres hommes se compromissent; et if me semble que ceux influents y regarderaient à deux fois.

< Il est de l'intérêt du service du roi de Westphalie et de notre Souverain que les autorités, et particulièrement les préfets et sous* préfets, se retirent à l'approche de l'ennemi en enlevant leurs papiers. »

Le général de division AUix au minittre de la guerre.

Àuxerre, le 27 février 48H.

« Je dois rendre compte à Votre Excellence d'un entretien que j'ai eu hier avec le maire et le conseil municipal de la ville d* Auxerre. .

« Le maire m'avait fait demander la veille de se présenter chez moi. J'avais éludé de répondre, parce que, n'étant pas satisfait de la conduite et de l'esprit ae cette ville, je voulais éviter de dire, à la mairie, ce que je pensais de la conduite du maire et du corps municipal.

c Ils se sont néanmoins présentés hier vers les dix heures. Après leur avoir dit que je ne les attendais pas et que j'eusse désiré qu'ils se fussent évité la peine de se rendre chez moi, parce que je n'avais rien d'agréable à leur dire, je suis entré en matière sur leur conduite, tant avant qu'après l'occupation de leur ville par l'ennemi. Voici à peu près le résultat de notre entretien.

• Je leur ai dit que l'opinfcn de la ville et du corps municipal avait toujours été contre la défense d' Auxerre, et que la ville avait tellement oublié les principes de soumission et de dévouement à l'empereur et à l'Etat, qu'on avait délibéré sur l'arrestation du général Moreau parce qu'il voulait défendre la ville.ISur la dénégation de ce fait, j'ai répliqué que j'en étais sûr; mais que ce n'était pas à moi à examiner cette question, que., d'ailleurs, je n'avais pas le. temps de m'en occuper; et que, ce qui était positif, c'est que la garde nationale d' Auxerre, créée par décrets impériaux, n'avait voulu ni prendre les armes ni combattre l'ennemi lors de l'attaque de cette ville. 11 m'a été répondu qu'on n'avait point d'armes. J'ai répliqué que le fait était faux, puisque la ville avait livré 1,500 fusils à l'ennemi.

« Passant ensuite à l'usurpation de pouvoir faite par la mairie et le conseil municipal, j'ai dit que^c'était à tort que la mairie d'Auxerre avait frappé, pour le compte de l'ennemi, des réquisitions dans toutes les communes du département et même dans les départements voisins ; que par cela seul 1 autorité municipale s'était constituée l'agent de l'ennemi, et qu'elle était, par ce fait seul et, en rigueur de principe, devenue passible des peines portées par le Gode pénal militaire; que cette usurpation de pouvoir était d'autant plus criminelle que le Gouvernement ayant ordonné à tous les chefs d'administration de tous les services de se retirer à l'approche de l'ennemi, c'était un ordre aux subalternes de cesser dès ce moment toutes fonctions; et, d'abord, que le conseil municipal n'avait pas le pouvoir d'administrer au dehors : que le pouvoir des maires se bornait à leur commune et à la simple police, mais qu'ils n'avaient point le droit de frapper des contributions sur leurs concitoyens et surtout pour le compte de l'ennemi; gu'à plus forte raison les maires de ville n'avaient pas le pouvoir d'en frapper sur les communes voisines ; qu'il était impossible que le Gouvernement sanctionnât de pareils abus de pouvoir, et que Pacte le plus doux de justice qui pût être exercé à l'égard des* maires et conseils municipaux qui avaient fait ou souffert de pareilles réquisitions était que ces individus payassent jusqu'au dernier sou de leur fortune la

370 RELATIONS DU GftftfflUL BN CHEF

valeur des objets requis, afin d'indemniser les propriétaires desdits objets de l'enlèvement de leurs denrées.

€ Il m'a été répondu que la ville d'Auxerre n'avait pris ce parti qu'avec l'intention de se garantir du pillage et de l'incendie.

.« J'ai répliqué que, d'abord, il n'était pas prouvé que ce pillage et œt incendie auraient eu lieu, mais, qu'au surplus, cela ne regarde point le conseil municipal ni le maire ; qu'ils ne devaient point considérer leur situation par rapport à leurs intérêts ni à celui de la ville d'Auxerre, mais bien par rapport à l'Etat; que si, dam les armées, on suivait la même théorie, chaque soldat déserterait la veille d'une bataille}; que, d'après leurs propres aveux, ils s'étaient conduits en hommes isolés et en habitants d'une ville qui n'est qu'un point dans l'Etat, et non en citoyens français, comme ils devaient le faire.

« J'ai exprimé ces diverses propositions avec beaucoup de chaleur et d'énergie; et, pour adoucir ce que mes expressions pouvaient avoir, de dur, j'ai ajouté que je ne faisais qu'4hettre mon opinion personnelle ; que je ne parlais point comme général, commandant la 18e division militaire, que je n'avais point le pouvoir de faire punir les fautes commises, car, autrement, je ferais arrêter de suite et traduire à une commission militaire le membre de la mairie qui avait reconnu l'autorité autrichienne et exercé les fonctions de maire sur la nomination du général ennemi.

• « Il m'a été observé que M. le préfet de l'Yonne connaissait leurs bonnes intentions et combien ils étaient dévoués à l'empereur. A quoi j'ai répondu que ceci ne détruisait pas les faits, que Ton jugeait les hommes d'après les faits et non d'après leurs intentions. •

Le général de division AUix, commandant la 18° division militaire, aux autorités du département de V Yonne.

Auxerre, le 6 mars 4844.

« Toutes fonctions municipales cessent, dans une commune, à l'instant môme où l'ennemi s'en est rendu maître; et l'individu qui les exercerait devient par cela seul son agent et, comme tel, passible de là peine de mort prononcée par les lois, que j'ai ordre de faire exé-' cuter avec toute rigueur contre les contrevenants, rien ne favorisant plus l'ennemi que cette déférence des maires des campagnes pour les maires des villes. » * '

Conclusion du rapport du maire de Châteaudun, au ministre de V intérieur sur la journée du 18 octobre 1870.

t Nos maisons sont en cendres, notre commerce est anéanti, nos fortunes sont détruites ou gravement compromises, une grande quantité de nos habitants sont sans asile, sans vêtements et sans pain ; toutes ces ruines, toutes ces misères sont affreuses, cependant elles sont supportées avec une résignation admirable par les victimes, et nous aurons moins h les déplorer s'il en doit sortir un exemple utile,

s! les populations veulent bien enfin comprendre qu'elles ne doivent pas se laisser paralyser par le système de terrorisme que la Prusse a organisé, et qu'il leur suffit de se soulever et de lutter avec énergie pour purger la France des armées de barbares qui la ravagent depuis trop longtemps.

« Monsieur le ministre, la ville de Châteaudun est reconnaissante et fière des témoignages de sympathique admiration qu'elle rencontre dans toute la France et auprès du gouvernement de la Défense natio* nale, qui les. a consacrés si glorieusement pour elle dans le décret du 20 octobre.

« Détruite en 4723 par un incendie dû aune cause accidentelle, elle a reçu des secours qui ont permis sa reconstruction* Détruite anjourd'hui par le fer et le feu, . dans un combat à outrance contre l'ennemi de notre pays, puisse -t-elle conserver encore son ancienne devise : Extincta Revivisco. »

Nous avons mentionné plusieurs fois le» embarras causés au gêné* rai en chef par la rédaction vicieuse des règlements sur la eomptabi* }ité publique, dans lesquels on a oublié de tenir compte de l'urgence et de l'imprévu des circonstances de guerre. La série des documents suivants le montrera clairement.

L'intendant général de V armée iï Orient au général en chef.

Devant Sébastopol, le 3 août 4835.

« J'ai l'honneur de vous renvoyer les dépêches que vous m'ayez communiquées et qui vous ont été adressées par M. le payeur général de l'armée, à la suite des mesures qui ont été prises (forcement de caisse) pour assurer le paiement du capitaine Kundich. .

« L argumentation de M. le payeur général peut paraître fondée, au point de vue spécial de son administration et de celui de la Cour des comptes. Mais si elle est praticable^ en temps de paix, en France, où toutes les formalités requises sont faciles à remplir et où toutes les justifications réglementaires peuvent êtres complétées, il n'en saurait être de même en Orient. Le service en campagne, par sa nature même, est précipité journellement dans des embarras si réels, il est sujet à des besoins si pressants, que l'accomplissement de la règle, dans le sens absolu que lui prête M. le payeur général, devient impossible et entrave forcément la marche des choses.

« L'appréciation de la valeur de ces difficultés, comme aussi celle d'une dérogation partielle aux règlements, appartient-elle à M. le payeur général ou à TordonnateuF qui a mission de pourvoir d'urgence aux besoins de toute nature que les circonstances font naître ? La réponse ne saurait être douteuse. C'est à ce point de vue que je me suis placé, lorsque je vous ai demandé l'autorisation de ne pas différer le

paiement auquel se refusait le payeur et de passer outre sans autorisation. »

Le payeur en chef du corps expéditionnaire en Chine an général en chef.

Hong-Kong, le 34 mars 4860.

« Mon préposé, payeur à Shang-Haï, m'a fait connaître qu'il avait à vous payer un mandat de 6,000 francs pour dépenses secrètes, et il m'a consulté pour savoir à quel taux il doit être acquitté.

< Les instructions que j'ai reçues m'obligent à ne payer au taux réel de 5 fr. 37 c. la piastre, que la solde et les accessoires de solde uniquement. Je ne pourrais donc, sans engager ma responsabilité personnelle, dépasser ces prescriptions ; mais, depuis que suis à Hong- Kong, j'ai déjà écrit plusieurs lettres contre cette mesure et combattu cette erreur, trop répandue aux ministères de la guerre et des finances, que nous devons compter la piastre au-dessus de sa valeur intrinsèque ; tandis qu'elle n'acquiert une plus grande valeur que par sa négociation, c'est-à-dire en la convertissant en traites ou billets sur l'Europe ou sur tout autre pays. L'Etat n'a pas à s'occuper de cette négociation vis-à-vis de ses créanciers directs, auxquels il est dû une somme quelconque : c'est purement l'affaire du commerce. Il n'est donc pas juste de compter aans les paiements la piastre au-dessus de sa valeur intrinsèque, fixée à 5 fr. 35 c. »

S'il m'était permis de dire mon opinion sur le meilleur mode à suivre en fait d'approvisionnement, je dirais que l'on doit, d'une manière générale, se conformer aux us et coutumes du commerce : c'est, à mon avis, le guide le plus sûr et le meilleur à suivre. Je ne repousse aucun système : je les admets tous, sauf leur application intelligente. Celui qui aurait mes préférences serait celui gui donnerait une plus grande économie pour l'Etat. Il ne faut pas violenter et éloigner les vendeurs, les agriculteurs, les négociants, le haut commerce par un mode d'achat qui les ennuie, opposé qu'il est à leurs habitudes, et par un mode de paiement sujet à des complications et des tracasseries qui leur font perdre un temps précieux. Dans les ports on ne traite pas comme dans les villes de l'intérieur, et c'est là, cependant, que se t'ont les gros approvisionnements.

A quelque procédé que l'on s'arrête, à aucune époque et sous aucun prétexte, le Gouvernement ne peut se dessaisir du soin de s'occuper des grands mouvements de grains pour l'armée : il y va de la fortune publique. Suivant l'habileté avec laquelle les opérations sont menées, on réalise pour l'Etat soit de très-beaux bénéfices, soit des pertes. Au ministre seul appartient le devoir de gouverner et de régenter tous les gros approvisionnements, de quelque nature qu'ils soient. Lui seul a les renseignements suffisants pour mener à bonne fin d'aussi grands intérêts, qui touchent à la fortune publique. Par ce qui précède on voit combien il est nécessaire d'avoir, au ministère de

de la guerre, une bonne et solide direction administrative centralisant tous les renseignements sur la production nationale et étrangère, l'état des marchés à l'intérieur et à 1 extérieur, les mercuriales, prix du fret et des transports, etc., et douée d'une grande prévoyance.

On a agité beaucoup la question de savoir quel est le meilleur mode d'approvisionnement de fournitures en campagne. Ceux qui traitent ces questions ne se doutent guère, en général, des moyens que l'intendance emploie en guerre. Son système, à elle est de n'en repousser aucun, et elle emploie toutes les forces possibles pour arriver au but. Elle se sert de l'entreprise, de la régie, des municipalités, des propriétaires, des réquisitions et même des officiers commandant l'avant-garde, des détachements ou dans des postes isolés. Il n'est pas possible d'imaginer une plus vaste combinaison pour arriver à parer aux nécessités. Généralement elle prend et paye sur une formule acceptée pour la. circonstance, et partout elle applique le système * don* nant, donnant • qui est de tous les temps, de tous les lieux et n'a pas besoin d'interprète pour être compris. Le propriétaire, la municipalité, le requis sont réglés sur des bons décomptés au cours ou à la mercuriale. Us établissent leur facture en quantités (deniers et matières), l'appuient d'un relevé des bons, sont payés après quittance du vendeur et prise en charge du comptable, le tout en présence du contrôle. Ces pièces élémentaires qui indiquent le droit, le paiement et la prise en charge, servent à justifier, par leur réunion dans un bordereau, des avances remises au comptable. Y a-t-il quelque chose de plus simple, de plus expéditif et de plus correct?

Les uns ne veulent pas de magasins : ils prétendent vivre sur'le pays. Les autres proposent des indemnités aux corps de troupes pour leur subsistance. Si nous avions eu des magasins plus remplis à Metz, en 4870, ou ailleurs, nous aurions tenu plus longtemps. Pour vivre snr le pays, il faut qu'on y trouve des ressources. S'il n y a rien, ou si la quantité trouvée est* insuffisante, comment se nourrir sans des apports venant d'un magasin? Est-ce qu'on ne pare pas à la pénurie ou à la disette par les denrées venues du dehors? Est-ce que ce n'est pas là la loi universelle, la loi commerciale qui fait qu'on ne meurt pas de faim ? Le magasin rempli à temps procure à l'Etat de l'économie, et à l'armée de la sécurité et de la puissance. Croit-on que la campagne de 1812 se serait terminée aussi désastreusement s'il y avait eu des magasins?

On parle de charger les corps de troupes de l'achat des vivres. Ce serait une administration bien simple pour l'intendance ; mais, est-ce qu'on vit partout avec de l'argent, est-ce qu'il n'y a pas telle situation où l'on mourrait de faim à côté de monceaux d'or? Il nous semble qu'il ne faudrait pas remonter bien loin dans l'histoire des guerres pour en être convaincu.

On a discuté longtemps aussi sur telle ou telle méthode de pourvoir une armée. L'entreprise séduit beaucoup de monde. Elle a ses avantages et ses inconvénients. Quand elle s'exerce en temps normal, qu'elle s'applique à des matières qui ne varient guère de prix, elle est

374 KELATIOXS DU GtHÉRAL EN CHEF

avantageuse par sa simplicité et sa comptabilité, si elle est honnête. Hors de là, elle est généralement mauvaise, surtout en campagne, on même elle est immorale. Les chances aléatoires sont énormes; il y a bénéfice considérable pour l'entreprise dans certains cas, ou rame certaine dans d'autres, et alors elle lâche tout. Avec elle, il est impossible de compter sur des approvisionnements durables. Cent fois elle a abandonné son service, que l'administration a été obligée de reprendre : elle ne laissait derrière elle que des embarras inextricables. Souvent elle ne peut marcher que par le concours de l'administration et avec ses moyens : elle est dès lors une exploitation, une sinécure. Elle crie toujours misère, afin d'obtenir que le commandement fasse pour elle des réquisitions forcées sur le pays, et elle en profite sans toujours payer les denrées requises. Il n'y a que ceux qui n'ont pas été mis à la torture par l'entreprise qui la trouvent excellente. Que d'abus, que de vols n'avons-nous pas vus se consommer? Le personnel Îui suit les armées est presque toujours une tourbe de chevaliers d'inustrie qui jouent à pile ou lace le service et ne font que des victimes. Le prooédé que ces entrepreneurs emploient est bien simple : une fois qu'ils ont un traité, ils sous-traitent en se ménageant un bénéfice sans se soucier en rien de l'exécution de leur marché. Les sous-traitants sous-traitent à leur tour et, d'échelon en échelon, ils arrivent à dépouiller le propriétaire, à qui ils donnent du papier qu'ils ne paient jamais. Si on les laissait faire, une armée mourrait bien vite de faim en raison du vide qu'ils forment autour d'elle. Il v a des exceptions à la règle : le service des vivres-viande a été bien fait à l'armée dlta* lie; mais il a été en souffrance ailleurs. Nous avons entendu dire que ce service tant vanté aurait sombré si la campagne avait continué après Solferino ; au lieu de sombrer, il a gagné, en raison des événements, des sommes considérables. Pour ces grandes entreprises, il faudrait trouver des maisons d'une solidité à toute épreuve, afin de ne pas éprouver de mécomptes.

Le meilleur moyen d'approvisionnement, le plus moral, est ce qu'on appelle « la régie »,' c'est-à-dire le service effectué directement par l'Etat au moyen de son personnel administratif. Les denrées sont versées au comptable par le commerce, les municipalités, les propriétaires. Là, tout est surveillé et se passe loyalement, et les fournitures sont payées. L'essentiel est de ne pas faire attendre les créanciers. La confiance que l'on avait inspirée au Mexique, en payant régulièrement et promptement, était telle que, sur un simple reçu, on donnait aux corps la solde dont ils avaient besoin et aux services administratifs toutes les denrées nécessaires aux colonnes.

Le choix n'est pas difficile entre les deux systèmes pour quiconque a fonctionné. La régie est de tout point préférable à l'entreprise : il suffit pour s'en convaincre de le demander aux populations.

M. l'intendant général Friant, chef des services administratifs an corps expéditionnaire do Mexique et à l'armée de l'Est.

AVBC LE M1KKTM Ht LÀ GUIUEB. 375

Le major général de formée du Rhin à MM. Us commandante de corps d'armée, savoir : 1er corps, à Strasbourg; 2* corps, à Saint- Avêla; 3* corps, à Metz; 4* corps, à ThionvUle; 5# corps, à PhcUsbourg; et à M. l'intendant en chef de V armée du Rhin, à Metz.

Paris, le 22 juillet 4870.

« Conformément aux règlements de la comptabilité, le service de la trésorerie ne doit fonctionner qu'après le passage de la frontière ; et jusque-là, les dépenses de l'armée seront assurées par les caisses' locales.

« L'intendant du corps d'armée doit donc s'adresser au trésorier-

Î>ayeur général du département, et lui faire connaître, en temps utile, es sommes à envoyer au quartier général. >

Le maréchal commandant provisoirement les 2% 3e, 4e et 5* corps d'année au général de FaiUy, commandant le 5* corps*

Metz, le22jaill«H870.

« Quant aux finances (fonds demandés), le trésorier-payeur général du département de la Moselle ne relève que du Ministre des finances et ne peut envoyer des fonds à Bitche que sur son ordre.. »

Note du ministère des finances concernant la mobilisation du service

des payeurs.

Paris, 23 juillet 4870.

Le service de la Trésorerie n'éprouve de difficultés pour, son orgai msation qu'en ce qui concerne les chevaux et surtout les conducteurs.

Les agents sont presque tous réunis à Paris. Hier, 22, le personnel du 5e corps d'armée a été dirigé sur fiitche. Demain, 24, celui du 2* corps se mettra en route.

Les fourgons ne doivent être prêts que lundi. Il est convenu que, sans même attendre l'arrivée des chevaux, si elle tarde, on expédiera ces fourgons.

Le plus grand embarras existe pour les conducteurs : on en avait recruté 45, hier, parmi les gardes mobiles ; ce sont des hommes trèsindisciplinés, et 15 avaient déserté ce matin.

En résumé, il a été convenu que les fourgons et le personnel seraient dirigés, d'ici à mercredi, sur leur destination ; et quant aux chevaux, qu'aussitôt qu'ils seraient arrivés, on les harnacherait et on les ferait partir lorsqu'on aurait les conducteurs nécessaires. Les départs seront successifs.

Il a paru que le plus urgent était d'envoyer à l'armée le personnel et les fourgons, parce qu'en cas d'urgence on pourrait suppléer au manque d'attelages par des chevaux qu'on louerait dans le pays.

Le maréchal commandant le 3e corps au major général de l f armée • du Rhin, a Metz.

Saint-Arold, le 30 juillet 4870.

. « La solde est due demain. Les mandats ne peuvent être payés à Boulay, faute de fonds suffisants et du visa du trésorier-payeur général du département de la Moselle. La troupe a besoin de son argent. Je demande qu'un agent du trésorier- payeur général de la Moselle soit envoyé à Boulay pour faire la solde du3e corps. »

Le major général de V armée du Rhin au trésorier-payeur général

du département de la Moselle.

Metz, le 28 juillet 4870.

< Le major général de l'armée du Rhin, vu l'urgence d'assurer le service de la solde des troupes du 3e corps d'armée , et notamment des officiers, jusqu'à la date du 31 juillet courant, donne Tordre à M. le trésorier-payeur général du département de la Moselle de

Êayer les mandats délivrés à cet effet par M. Pérot, sous-intendant mitaire à Metz, et s'élevant à la somme de

< Le présent ordre sera accompagné d'une réquisition du fonctionnaire de l'intendance ordonnateur. »

Metz, le 29 juillet 4870.

< Le major général de l'armée du Rhin approuve les réquisitions de fonds adressées par MM. les sous-intendants militaires Courtois , Antoine, Lahaussois au trésorier-payeur général du département de la Moselle. •

Le maréchal commandant le 3* corps de l'armée du Rhin

au Ministre de la guerre.

Mefe, le 24 juillet 4870.

< Le mode de paiement prescrit par les circulaires du II juillet 1870, pour les achats de chevaux faits par les commissions créées en vue de la guerre, entraîne des lenteurs qui éloignent un peu les vendeurs et diminuent les achats. Ne pourrait-on pas revenir, purement et simplement, aux règles du 23 mars 1837? »

Le major général de Varmée-du Rhin au maréchal de Mac-Mahon9

commandant le 1" corps d'armée.

Metz, le 34 juillet 4870.

« M. le payeur général, consulté au sujet de votre lettre du 29 courant, n° 46 (tendant à demander que les officiers et les troupes d'Afrique puissent envoyer de petites sommes à leurs familles en Algérie),

▲TIC LE MimSTRK DB LA GUftftRB. 377

me prévient que cette marche est en contradiction avec les règlements du département des finances. Les payeurs sont autorisés seulement à recevoir les dépôts de cent (100) francs au minimum, et de les échanger pour des traites sur le Trésor, nominatives, et payables h Paris sur endossement, à dix jours de vue. »

Le major général de V armée du Rhin au général Coffinières, commandant supérieur de Metz.

Metz, le 9 août 4870.

« J'apprends à l'instant que M. le directeur de la succursale de la banque ae France, à Metz, a reçu de Paris Tordre du gouverneur de la Banque d'expédier immédiatement sur Paris tout son stock métallique.

c Cette mesure, si elle était exécutée, aurait de graves inconvénients, et je vous invite à vous v opposer énergiquement, même en employant la force s'il y a lieu. Je Fais connaître au Ministre des finances les dispositions de cette lettre.

« P. S. — Agissez sans retard, sous peine d'agir trop tard. Le payeur de l'armée insiste pour qu'on agisse avant une heure. »

Le commandant en chef de V armée du Rhin au général commandant

lak8* division territoriale, à Metz.

Metz, le 43 août 4870.

< Le trésorier-payeur général du département de la Moselle a informé le payeur général de l'armée qu'en raison de la promulgation de la loi donnant cours forcé aux billets de la Banque de France, et en raison des ordres particuliers reçus par le directeur de la succursale de la Banque, à Metz, il ne remettra plus que des billets de la Banque de France pour le service des dépenses publiques.

« Cette mesure ne saurait être appliquée, d'une manière absolue, à Tannée, sans occasionner les plus grands embarras.

< En conséquence, j'ai arrêté les dispositions suivantes :

« 1° Les billets de la Banque de France seront employés, exclusivement, à payer les fournisseurs ;

c 2° Ces billets, en petites coupures, entreront dans une certaine proportion dans les paiements à faire aux officiers ;

< 3* Les pièces de cinq francs en argent serviront à l'acquittement , de la solde de la troupe, que M. le payeur général de Tannée effectuera à Metz, concurremment avec des pièces d'or, qui, seules, seront employées aux corps actifs.

« Je vous prie de donner des ordres pour assurer, en ce qui vous concerne, l'exécution de ces dispositions. >

378 RELATIONS DO Û*HÉRÀL KN CHBF

M. le comte de Leusse, ancien député du Bas-Rhin et meàre de Beiékshoffen, à M. le général de division Ducrot.

Reichshoffen, h « juillet 4 874 .

« Mon général, vous savez que j'ai fourni, sans demander les pièces en règle et rien autre chose que. des bons signés des officiers : du foin, de la paille, des vaches, etc., d'abord à la brigade de Bernis , puis à votre division, puis à celle du général Raoult, puis au grand état-major.

< Vous savez aussi que l'intendance, laissant mourir de faim vos soldats, vous m'avez demandé de faire fabriquer du pain; et je vous ai produit un marchand de Reichshoffen, nommé Lévy, qui a fourni les farines.

< Voilà deux fois que ce marchand, muni de mes pièces et des siennes, va à Besançon pour être payé, et malgré la bonne volonté de M. Brissac, intendant, il ne peut obtenir un sou, ni pour lui, ni pour moi. On se retranche derrière des formalités.

' c Est-ce que nous avons demandé des formalités quand on est venu nous dire ; Les soldats meurent de faim, nourrissez-les?

< Nous aurions donné nos chemises, et nous pensions que les paroles d'un général de division et des bons, tous signés, devaient suffire à l'exigence d'intendants.

« Ce refus de faire honneur à la signature des officiers fait le plus mauvais effet dans un pays comme celui-ci ; et si l'armée française revenait, chacun refuserait de rien lui donner sans argent comptant, sauf votre serviteur, qui n'en est plus à compter ses pertes matérielles et qui est à demi ruiné.

c Veuillez croire à mes sentiments, etc. »

Le maréchal Canrobert, commandant le 3* corps de l'armée d'Italie,

au major général.

Ponte-Cnrone, le 26 mai 4859*

« Pendant la guerre .d'Orient, la sollicitude de l'Empereur avait donné aux troupes les moyens de se procurer du tabac à bas prix. Cette faveur était fort appréciée du soldat, et il y a lieu de croire que l'intention de Sa Majesté serait de retendre à son armée d'Italie.

< Les troupes désirent vivement que cet avantage leur soit fait; je dirai plus : elles s'y attendent.

« Je crois devoir appeler l'attention de Votre Excellence sur cejte question , en vous priant de vouloir bien prendre les mesures nécessaires pour que l'armée d'Italie puisse profiter de la disposition si bienveillante qui avait été prisg, par les ordres de l'Empereur, en faveur de l'armée d'Orient. »

M- de Serres, commissaire attaché à V armée de VE&t, au Ministre

de la guerre»

Chalon-sur-Saône, le 23 décembre 4870.

< Je prévois sous peu une disette de tabac et cigares à Châlon,

ÀTEC LE MimST»! DB LÀ GUERRE. 379

m- Chagny et point* voisins. Je vous prie de donner des ordres à la direction des finances de Lyon pour en faire expédier aussitôt que possible. : r II faut nous efforcer, par les temps affreux que nous traversons, d'é» pargner aux troupes les moindres privations. »

« Autant que possible, il faut favoriser les communications postales

— - entre l'armée et le foyer domestique, de manière qu'officiers et soldats

puissent envoyer et recevoir des lettres de leurs familles, ce qui for-

— tifie leur moral et les maintient dans la voie du devoir.

« Les correspondants des journaux sont, par contre, à exclure en

règle générale. Ils ne sont bons qu'à faire des bavardages, à raconter

--s les histoires scandaleuses du camp, et ils finissent par se glisser dans

— Je quartier général d'un chef, qui trouve plus commode de se faire c . "une réputation par la plume que par l'épée. Ces correspondants sont,

de plus , possédés de fa démangeaison ae prophétiser les événements ~ : et de raconter des mesures prises; leurs indiscrétions' servent à l'en- =■ nemi à deviner nos projets, ou à l'informer assez à temps pour qu'il ^ i puisse prendre des contre-mesures. Enfin, ils présentent les faits sous s. ii un jour favorable exclusivement à leur parti politique ou aux intérêts

de leurs protecteurs, ce qui finit par jeter les officiers dans les passions

politiques du jour, et offre des dangers, »

— M. le général Snerman, commandant en chef de l'armée des États-Unis.

~ " Le directeur général du télégraphe et des postes au Ministre

de la guerre, à Tours.

Tours, le 23 novembre 4870.

r»- < Par lettre du 22 de ce mois , vous voule2 bien me faire connaître

«pie les correspondances adressées au 15* corps n'arrivent pas régu- ^ g lièrement aux troupes composant ce corps d'armée» ~ < Cette information m'attriste, sans me surprendre. Gomment, en

-= " effet, des lettres parviendraientelles, sans des retards énormes et des

— - va-et-vient regrettables, à des troupes dont le stationnement est, par

la nature même des choses, essentiellement mobile? Gomment joindre ~ + les destinataires qui quittent leur résidence temporaire, sans avoir le s » temps de dire, sans savoir eux-mêmes opportunément où ils se rendent ? « Mon administration n'a reçu, avant votre communication. Mon- ■j£ fcieur le Ministre, que deux avis émanant : l'un, du payeur principal yc du 15# corps; l'autre, du payeur particulier de la in division, sur le . j> déplacement des troupes. Le premier de ces avis, daté du 10 octobre, ^j informait que le quartier général était fixé à Orléans, et immédiatement des ordres étaient donnés pour que les lettres pour le 15° corps fassent envoyées à Orléans. Le second avis disait que la 1" division iii avait quitté Nevers pour se rendre à Gien, et le même jour, 12 octobre, ordre était donné de diriger sur Gien les lettres pour la Ve division.

-" « Mars, quand ces ordres parvenaient, déjà les divisions étaient

déplacées; et les lettres, ne rencontrant pas leurs destinataires, devaient être réexpédiées à leur suite, et souvent à tout hasard ; à moins que , se trouvant renfermées dans des villes envahies par l'ennemi , dans Orléans par exemple, elles ne pussent même pas rétrograder en temps utile pour rejoindre les agents des postes attachés à l'armée.

« Il y a une autre source, non moins féconde, des retards subis par les lettres destinées à des troupes en campagne* : c'est que ces lettres , au lieu de porter simplement et clairement l'indication de la division, et surtout du corps d'armée auquel appartient le destinataire, portent une foule de détails inutiles ou erronés, et se terminent le plus souvent par l'indication d'un lieu de destination qui, malgré tout, s'impose au travail de classement des agents des postes, et qui, vraie au moment seulement de l'indication de la lettre, devient une cause de faux acheminement et par conséquent de retards dans la remise aux mains de qui de droit, par suite du déplacement incessant des destinataires desdites lettres:

« De tout ceci U ressort, Monsieur le Ministre, que ? organisation du service des postes aux armées est vicieuse, insuffisante, mal appropriée aux fonctions qu'on en attend.

c Les agents des postes qui y sont nommés cessent d'appartenir à l'administration des postes, qui n'a plus la moindre action sur eux ; ils font exclusivement partie du personnel de la Trésorerie; ils peuvent, à ce titre, payer des mandats ou remettre des lettres aux vaguemestres, quand par hasard ces lettres leur parviennent; mais ils ne s'occupent pas suffisamment, et souvent pas du tout, de faire parvenir jusqu'à leur bureau, essentiellement mobile, la masse des correspondances qui, de toutes parts, courent sans cesse après leur siège de distribution, sans cesse déplacé.

« Ce qu'il faudrait, ce serait, auprès de chaque corps d'armée, un groupe spécial d'agent des postes purement manipulateurs et constituant un bureau central de réception , de tri et de répartiment des correspondances pour les différentes divisions ou fractions du corps d'armée, pourvus de courriers spéciaux et de moyens de transport de leur siège à celui des divisions ou détachements qu'ils* desserviraient , et centralisant par les mêmes moyens la correspondance du corps d'armée, pour en opérer le tri, puis l'expédition sur toutes destinations. Ce bureau central devrait, bien entendu, prévenir de chacun de ses déplacements l'administration des postes, afin que des ordres* en conséquence soient donnés à qui de droit pour l'acheminement des dépêches ; déplacements assez rares d'ailleurs, si le siège du bureau central était une fois bien choisi au centre, ou peut-être mieux encore à la base du terrain des opérations du corps d'armée.

« Tant qu'une organisation de ce genre ne fonctionnera pas, les correspondances pour les corps d'armée en campagne iront, comme cela a toujours eu lieu, à peu près à l'aventure. Les officiers supérieurs se plaindront, sans savoir d'où vient le mal. La trésorerie, qui ne peut rien connaître au service des postes, mal renseignée, accusera ce service ; et l'administration des postes, mal renseignée, sans action sur

ses agents aux armées, ne pourra, tout en déplorant le désordre, que prescrire des mesures tardives, insuffisantes ou inexécutables, tout en portant la responsabilité morale de faits dont, en conscience, elle est fort innocente. »

Le directeur général des télégraphes et des postes au Ministre

de la guerre9 à Tours.

Tours, le 3 décembre 4870.

« Par un décret du 27 novembre, le service des postes aux armées a été séparé et rendu indépendant du service de la Trésorerie. »

Extrait du règlement prussien, en date du 16 août 1867, sur le

service postal aux armées.

Le but du service postal en campagne est d'abord d'assurer la transmission de la correspondance officielle, en second lien de la çorres* pondance privée, des journaux et des envois d'argent entre parti* culiers.

Chaque corps d'armée mobilisé est doté d'une direction des postes et de quatre bureaux expéditionnaires, savoir : un pour l'avant-garde ; un pour chacune des deux divisions d'infanterie; et le dernier pour la réserve.

Si plusieurs corps d'armée sont groupés en armée, il y a, au quartier général de l'armée, une direction supérieure des postes. Dans le cas où plusieurs armées seraient mises sur pied, on institue au quartier général du généralissime une direction centrale.

Pour assurer les communications postales entre l'armée d'opéra^ tions et la mère patrie, on établit sur les routes d'étapes, aux points les plus convenables, des bureaux sédentaires, pourvus de relais, s'il est besoin. Ce service postal , sur la ligne de communication d'une armée, est surveillé et dirigé par un directeur, assisté de deux inspecteurs, qui est soumis à l'inspecteur général des étapes.

Si, pendant la durée des hostilités, un corps d'armée est chargé d'opérations isolées, l'inspecteur général des étapes met à la disposition de l'inspecteur d'étapes de ce corps d'armée spécial un des deux inspecteurs des postes pour régler le service sur la ligne de communication séparée.

- Quand, dès le début de la guerre, un corps d'armée a mission d'agir isolément, on affecte à son service postal, pour sa ligne d'étapes, outre l'inspecteur dont nous venons de parler, un personnel spécial, suivant les besoins à prévoir.

Au point de vue technique, le service postal aux armées et sur les lignes de communication relève de l'administration générale des postes, toutefois, les bureaux expéditionnaires sont soumis, en première instance, à la direction des postes de leur corps d'armée.

Dans le&affaires qui ne sont point du domaine technique, le service postal, tant à l'armée active que sur les lignes de communication, est subordonné aux ordres directs des chefs militaires respectifs.

38$ MLAVIONS DU CHftRÉftAL EN CHJKF

Perfectionnements proposés pour le service postal aux armées dans la

conférence tenue à Berlin en 1872.

Dans la guerre de 1870-71, la direction des postes siégeant au quartier général de chaque corps d'armée allemand disposait de :

1 voiture de matériel,

2 fourgons pour le transport des lettres, 1 calèche de poste,

La voiture de matériel contenait les fournitures de bureau, les formulaires et imprimés, les registres, les fonds, les objets de rechange et les manteaux des employés. Les fourgons avaient sur le devant la forme d'un cabriolet ouvert, et sur le derrière celle d'un coffre rectangulaire contenant les lettres et paquets. La calèche était destinée à l'usage de courriers porteurs de dépêches militaires pressées.

Les 4 bureaux expéditionnaires du corps d'armée étaient destinés , savoir ! 1 à l'a? ant-garde ; 2 aux deux divisions d'infanterie; le 4e k l'artillerie de corps et services accessoires, ou à un détachement. Chacun de ces bureaux avait à sa disposition : 1 voiture de matériel, 1 fourgon aux lettres.

Mais l'expérience a montré que ce nombre de voitures était insuffisant. En effet, on ne pouvait se séparer de la voiture de matériel portant les fournitures de bureau et les fonds ; or, quand le fourgon aux lettres était parti pour se rendre à la direction du service an quartier général du corps d'armée, il fallait souvent attendre plusieurs jours son retour pour expédier les lettres au bureau sédentaire le plus rapproché sur la ligne d'étapes, ou inversement. Le manque d'une troisième voiture excluait donc la possibilité d'expédier la correspondance réunie dans ces entrefaites. L'administration générale des postes avait bien acheté dans la mère patrie des centaine» de voitures et de chevaux pour faire avancer les bureaux sédentaires sur les derrières des armées, au- fur et à mesure que celles-ci faisaient des progrès suU le territoire ennemi, mais cette aide n'avait pas remédié à Finsuffisance d'un troisième véhicule par bureau expéditionnaire dans l'intérieur de chacpe corçs d'armée.

Cette troisième voiture a donc été reconnue nécessaire par la majorité de la commission; elle a proposé, en outre A de la construire en forme d'crmnibus, pourvu de fenêtres, de manière k l'utiliser comme bureau ambulant pour le triage des lettres quand il faut bivouaquer» et à permettre aux employés ae s'y reposer commodément lorsqu'ils ont dû passer la nuit à leur travail , car l'expérience a montré qu'ils se fatiguaient beaucoup à cbeVal, faute d'habitude de monter en temps de paix.

Cet omnibus, dont le poids ne dépasserait pas 650 kilogrammes, serait attelé de deux chevaux.

Comme la calèche attribuée à la direction des postes du corps d*at* mée n*est plus guère employée au but pour lequel on la destinait i celui de* transporter des courriers militaires porteurs d*4épée)ieft

AVEC LE MIN18TRB BE LA GfflmilB. 383

pressées, on pourrait avantageusement lui substituer l'omnibus du modèle adopté pour les bureaux expéditionnaires.

Le major-gènèral Berthier, à M. Guérin, directeur de la poste

de V armée.

VarsoTie, 3 jantier 4807.

« L'intention de l'Empereur, Monsieur, est que vous placiez à la poste de la ville un employé intelligent. Conjointement avec le directeur polonais, il sera chargé d'ouvrir les lettres ; il aura à cet effet des interprètes russes, allemands et polonais. Il fera un rapport sur toutes les malles qui arriveront à Varsovie, et sur tout ce qu'il découvrirait dans la correspondance. Le général Gouvion, gouverneur de Varsovie, lui fera donner toute l'autorité nécessaire pour la mission dont il est chargé; il sera donc nécessaire que vous lui présentiez, à cet effet, l'employé que vous désignerez. >

Instructions de Napoléon sur les services administratifs de la Grande Armée, pour la campagne de Russie.

Paris, 16. mars 4842.

« Le service des postes sera entièrement ordonnancé par l'administration des postes, et l'on comptera à la fin de la campagne. Le Ministre des finances en sera prévenu,

« Quant à mon service, l'estafette sera établie depuis î'Elbe jusqu'à Paris, comme en France. Au delà de l'Elbe, le service sera fait avec des chevaux du pays, mais par des courriers français; à cet effet, on établira, de trente lieues en trente lieues, des détachements de courriers. A la poste du grand quartier général, il y aura à la disposition du grand écuyer dés postillons et des chevaux en nombre suffisant pour faire le service sur une ligne de cent lieues, de sorte que les cent dernières lieues seront toujours servies par des chevaux et del postillons français, et que, les postes ordinaires de l'armée venant à être dérangées, mon paquet ne soit jamais retardé d'un instant. Sans cet établissement, on pourrait être plusieurs jours sans courriers, ce qui est arrivé. Le directeur général des postes verra le grand écuyer pour organiser les courriers et leur fournir les selles et équipages né-, cessaires. •

Le payeur général de V armée d'Italie, au major- général.

Alexandrie» le 24 mai 4859.

t Monsieur )e directeur général des postes à Paris m'informe que des ordres sont donnés aux bureaux correspondants de France pour qu'ils fassent* immédiatement des paquets de dépêches distincts pour tous les bureaux de l'armée. De cette manière, les correspondances

destinées à un quartier général, à une division, parviendront directe* ment à son service spécial, sans s'arrêter au bureau d'arrivée.

« Cette mesure n'aura de résultats favorables pour l'armée qu'autant que ces correspondances seront bien adressées, c'est-à-dire que les lettres, paquets, etc., feront connaître le numéro du régiment, de la division et du corps d'armée à laquelle le destinataire appartient.

< Cette dernière condition est essentielle pour MM. les officiers et employés sans troupe.' >

Le major général de V armée du Rhin, aux commandants det S corps d'armée, à V intendant général, aux généraux commandant le génie et r artillerie de V armée, au grand prévôt et aux généraux commandant les divisions de cavalerie de réserve.

Metz, 4 «août 4870.

« La loi du $3 juillet 4870 accorde la franchise des correspondances adressées aux militaires en campagne, ou expédiées par eux. J'ai l'honneur de vous envoyer, ci-joint, des exemplaires de l'instruction adressée par M. le directeur général des portes à tous les agents placés sous ses ordres, pour assurer l'application immédiate des dispositions de cette loi. Je vous prie de vouloir bien la porter à la connaissance des troupes placées sous vos ordres. »

Paris, le 23 juillet 4870.

1" Instruction du directeur général des postes, concernant la franchise accordée aux lettres de et pour les militaires faisant partie des corps d'armée en campagne.

Une loi de ce jour dispose :

Art. 1er. c Pendant toute la durée de la guerre, les lettres à destî-

* nation de militaires faisant partie des corps d'armée de terre et de « mer en campagne leur parviendront en franchise.

« Les lettres envoyées de ces corps d'armée jouiront du môme

* avantage.

Art. 2. < Les mandats envoyés par l'intermédiaire de la poste aux

< militaires faisant partie des corps d'armée en campagne sont exemp*

< tés des frais de poste et de timbre jusqu'à la somme de cinquante

< francs. »

Par suite de ces dispositions et dès la réception de la présente ins* truction, les agents devront laisser circuler sans taxe les lettres adressées de l'intérieur de l'Empire et de l'Algérie aux militaires et marins de tout grade, faisant partie des corps a armée en campaane, et aux différents fonctionnaires attachés à ces corps d'armée, quel que soit le lieu où ils se trouvent, en France ou à l'étranger.

La même immunité profitera à toutes les lettres adressées de France ou de l'étranger par les militaires , marins et fonctionnaires susdésinégs, et destinées soit à l'intérieur de l'Empire, soit à l'Algérie.

En ce qui concerne les lettres à destination des aimées en campa* gne, la désignation sur l'adresse du gradé ou de la qualité du desti* nataire et au corps d'armée auquel il appartient suffira pour opérer l'exemption de port.

Quant aux correspondances provenant des corps d'armée en campagne, la franchise s'opérera à leur égard par .l'application du timbre & date du bureau militaire d'origine.

Toutes les lettres transmises dans les conditions susinditruées et qui parviendraient taxées par erreur, soit aux armées, soit en France ou &a Algérie, devront être détaxées d'office, conformément à l'art. 958 de l'instruction générale.

Les lettres qui seront déposées dans les bureaux autres que les bureaux militaires ne pourront être l'objet d'aucune exemption et seront soumises h la taxe ordinaire.

Pour ce qui est relatif aux mandats de poste, les agents ne'devront point percevoir ni faire figurer sur les états n° 662 le droit de 1 p. 0/0, jusqu'à la somme de 50 francs. Us n'auront également à percevoir aucun droit de timbre pour les mandats de 10 à 50 francs.

Gomme cette franchise ne doit profiter qu'aux militaires et marins .de tout grade et aux fonctionnaires faisant partie des corps d'armée en campagne, les agents indiqueront avec soin sur les mandats et do* «uments de service que les destinataires appartiennent bien à ces corna d'armée.

- Il est bien entendu que les lettres simplet, c'est-à-dire ne pesant pas plus de 10 grammes, pourront seules profiter du bénéfice de la non* velle loi, et aue tous les autres objets (lettres chargées, journaux, imprimés, échantillons, etc.) resteront soumis aux taxes actuellement en vigueur.

Les agents mettront tous leurs soins à assurer immédiatement la régulière exécution des disposition» de la présente instruction.

Paris, le 29 juillet \ 870.

2* Instruction.

, Le service de la trésorerie et des postes aux armées en campagne n'étant pas encore entièrement organisé et les bureaux militaires ne fonctionnant pas partout où se trouvent des détachements de l'armée, il y a lieu de pourvoir aux moyens d'assurer néanmoins les bénéfices de la loi du 24 juillet 1870 à tous les militaires et agents quelconques faisant partie de ces détachements.

En conséquence, il est décidé que sur tous les points où les bureaux militaires n'auront pas encore été établis, et jusqu'à nouvel ordre, les receveurs des bureaux sédentaires français sont autorisés à recevoir les lettres des militaires ou fonctionnaires attachés aux corps d'armée en campagne, à la seule condition qu'elles leur soient remises directement par les vaguemestres de ces corps.

Les receveurs donneront cours à ces lettres en franchise, après les

386 RILATAONS DU GÉNÉRAL SH CHIP

avoir frappées, à l'encre rouge, de leur timbre P P, destiné à constater, pour ce cas spécial, l'exemption de port accordée par la loi.

Quant aux lettres qui parviendront aux bureaux sédentaires, h simple mention sur la suscription que les destinataires font partie d'ui corps d'année en campagne suffira pour opérer la franchise de ces lettres.

On rappelle, conformément aux termes de l'instruction n# 33, que toute lettre reçue dans les conditions susindiquées, et qui aurait été taxée, devra immédiatement être détaxée d'office par le receveur.

Les agents sont invités à assurer avec la plus grande exactitude l'exécution des présentes instructions.

Le maréchal Canrobert, commandant le 3" corps de V armée d'Italie,

au major général,

Tortoae, le 49 npH859.

c Le service du trésor et des postes du 3e corps a maintenant les payeurs adjoints et les employés nécessaires pour le Quartier général et les divisions; mais il ne possède aucun employé inférieur pour les bureaux et aucun courrier ou estafette pour le transport des dépêches. Ce dernier service est fait par des sous-officiers.

€ Les régiments d'infanterie ont déjà beaucoup de charges de cette nature à supporter pour des services purement militaires; et il parait indispensable que le trésor ait à lui les agents que comporte son organisation régulière.

€ J'ai l'honneur de soumettre cette observation à l'appréciation de Votre Excellence, en la priant de vouloir bien provoquer l'adoption d'une mesure qui aura pour résultat de faire rentrer dans leurs corps un assez grand nombre de sous-officiers. »

Le commandant militaire de Brescia au major général de V armée

£ Italie.

Brescia, le 9juffleH859.

« Le directeur de la poste, ne pouvant venir à bout de ses distributions de lettres, me demande une multitude d'employés sous-officiers, afin de sauvegarder, dit-il, sa responsabilité.

« Les gardes, les conduites de convois et de détachements, les dépôts d'isolés, etc., absorbent la plus grande partie des sergents et caporaux, et le régiment, réduit à deux bataillons, ne peut suffire aux exigences d'un service aussi multiplié. >

Le major général de t armée du Rhin au ministre des finances,

à Paris.

Metz, 29 juillet 4870.

c Le service des postes territorial est insuffisant dans les régions occupées par l'armée. Le service financier proprement dit est aussi

très-difficile, et le trésorier payeur général du département de la Moselle ne peut y suffire. Il est donc extrêmement urgent que ces deux services, des postes et des finances,- fonctionnent à l'armée même ; mais ils ne sont organisés dans aucun corps d'armée, et le payeur général lui-même n'est pas rendu à son poste. •

Le général marquis de Forton, commandant la 3* division de la réserve de cavalerie, au major général de r armée du Rhin.

Pont-à-Mousson, le 29 juillet 4870.

« J'apprends à l'instant crue les mandats d'argent sur la poste envoyés aux hommes de ma division ne peuvent être touchés à Pont-à- Mousson, faute d'argent. »

Le major général de V armée du Rhin aux généraux commandant

les 5* et 6* divisions territoriales.

Metz, le 28 juillet 4870.

« Par un décret impérial du 26 courant, le corps armé des douanes est mis à la disposition du ministère de la guerre dans les départements de la Moselle, du Haut-Rhin et du Bas-Rhin.

« MM. les directeurs des douanes de ces deux derniers départements ont dû recevoir des ordres en conséquence, et vous pouvez utiliser, suivant les exigences du service, les agents de leur' administration qu'ils vous désigneront. >

M . Raoul Duval, membre et délégué du conseil municipal de Rouen, au Ministre de V intérieur et delà guerre*

Bordeaux, 6 janvier 4874.

< Comme conséquence de l'occupation prussienne en Normandie, le Gouvernement a déclaré en état de blocus les ports de Dieppe, de Fécamp et du Havre.

« Cette mesure, si elle était de nature à produire des résultats militairement pratiques, devrait être acceptée sans une plainte par la population; mais, comme il n'en est rien, j'ai mission de demander au Gouvernement de réduire le blocus aux seules marchandises susceptibles d'être militairement utilisées par l'ennemi, telles qu'armes, chevaux, munitions de guerre, etc.

« Quant aux denrées alimentaires proprement dites, il est facile de comprendre que leur disette ne peut peser que sur la partie la plus pauvre de la classe ouvrière.

« En effet, l'ennemi, qui occupe le pays par la force, mangera toujours avant la population française; et si, par l'effet du blocus, on pourrait arriver à empêcher l'alimentation de 8 à 10,000 personnes, on* ferait mourir de faim 8 à 40,000 Français, mais pas un seul Prussien.

338 AILATIONS DU GÉTTÉtiX EK CHEF

« L'absence de charbon et de matières brutes, cotons et autres, l'impossibilité d'exporter les marchandises qu'on pourrait fabriquer rendent tout travail impossible et amènent la misère à des proportions inconnues jusqu'à ce jour, obligeant la municipalité de Rouen à nourrir artificiellement 30,000 personnes, et cela sans profit aucun , les Prussiens n'ayant point de marine en état de tenir la mer. . c S'il était possible qu'il entrât dans l'esprit du Gouvernement la pensée que l'excès de la souffrance amenât un soulèvement, je lui ferais observer que la misère dégrade le plus souvent et donne rarement du courage; et que s'il y avait tentative de soulèvement, elle se produirait, non pas contre les Prussiens, mais, ce qui serait beaucoup inoins dangereux, contre les Français désarmés.

< Un pareil calcul conduirait fatalement à une faute politique énorme, en fournissant aux Prussiens l'occasion, qu'ils recherchent avidement , d'intervenir dans une lutte intestine pour faire la police entre Français.

« Je vous demande donc la restriction du blocus aux seules matières de guerre, et vous prie de me faire savoir ce que le Gouvernement aura décidé de faire. »

Les désastres des troupes françaises pendant le mois de décembre 4Ô70 avaient augmenté les embarras de toute nature sur la portion encore libre du réseau du chemin de fer du Nord, réduite à 625 kilomètres. L'encombrement devenait principalement sensible dans les localités considérées comme lieux de refuge. Les sucres, par exemple, étaient expédiés tantôt en Belgique sur Anvers, où l'engorgement était tel qu'il fallut souvent suspendre les expéditions; tantôt sur Dunkerque, pour y être embarqués. La gêne fut surtout grande à cette dernière station, après la perte de la ligne d'Amiens à Rouen et de différents points du littoral. La gare était loin de suffire aux exigences de cette situation et, de plus, les moyens français d'embarquement faxsaient défaut.

On y suppléa par une mesure dictatoriale : un arrêté autorisa par exception la marine neutre à faire le cabotage entre les pays français, et Ton put ainsi profiter dès vapeurs anglais, qui se présentèrent en grand nombre.

M. le baron Ernouf, qui a eu sons les yeux les archives de la compagnie da Nord pour la guerre 4WO-74 .

« Pour défendre le littoral, il faut d'abord en couvrir l'accès au moyen de torpilles sous-marines se reliant entre elles au moyen d'un système de conducteurs qui partent des sémaphores établis de distance en distance sur la côte, et ensuite par un chemin de fer qui a Ï>our but d'amener des troupes et du matériel sut tous les points pu 'ennemi pourrait tenter une descente.

« Malheureusement cette protection ne peut plus être aussi efficace

AVBC LE MINISTRE DE LÀ GCIERI. 389

en ce qui regarde la plupart de nos ports, entourés ou non de fortifications.

« L'artillerie à longue portée a bouleversé toutes les conditions de la défense moderne ; die a donné à l'attaque une puissance telle que la défense ne peut soutenir la lutte à armes égales. Aussi, on aura beau s'ingénier h trouver des fortifications blindées pour résister aux boulets vomis par les bâtiments de guerre qui seront venus s'embos* ser vis-à-vis d'un .port, on ne pourra empêcher un navire dï destruction de lancer h dix kilomètres et plus, dans la cité, formant une immense cible, dans le port, sur les vaisseaux, dans les arsenaux, des projectiles qui amèneront toujours l'incendie et conséquemment la ruine.

« Ces navires spéciaux, inventés par les Américains, n'ayant aucune ligne de flottaison visible, sans mâts, sans rien enfin qui puisse les désigner aux coups de la côte, sont pour la défense un simple point noir à l'horizon. L'avantage de pouvoir changer continuellement de

5 lace leur permet de se jouer impunément des projectiles envoyés, et 'adresser les leurs tout à leur aise, toujours à coup sûr ; comme ils manœuvrent en pleine mer, ils n'ont guère à s'inquiéter de la présence des torpilles.

Avec ces nouvelles inventions, la majeure partie de nos ports est menacée d'être brûlée, anéantie, dans une prochaine guerre maritime; il faut donc se préoccuper sérieusement de cette terrible éventualité. « Une solution complote parait impossible. Les villes maritimes qui ont leur port, leurs arsenaux dans l'intérieur des terres, n'ont rien à. craindre; mais celles dont les quais bordent la mer sont fatalement destinées à être détruites.

La question est grave, et, si elle ne s'écartait trop de notre sujet/ nous chercherions à l'élucider ; toutefois, nous croyons qu'il faut chercher cette solution en renfermant nos arsenaux, nos flottes, dans des ports artificiels intérieurs, ou chenaux, que nous créerons derrière nos ports naturels trop ouverts ; et en construisant des monitors capables de prendre l'offensive contre les navires ennemis.

M. l'ingénieur civil Bnmfaut, attaché au 23« Corps en 4870-74 .

• L'empereur Napoléon au ministre de la guerre.

Paris, le 27 mai 4845.

« Le ministre de là marine a un grand nombre d'officiers qui sont inutiles et qui pourtant sont payés. Je désire qu'ils soient mis à votre disposition et que vous les placiez dans toutes les places fortes, à la suite des parcs, et dans toutes les villes qu'on met à l'abri d'un coup de main. »

Le major général de l'armée du Rhin au àénéral commandant la 5e division territoriale, a Metz.

Metz, le 4» août 4870.

« M. le procureur général à Metz^ vient de me demander l'autori-

sation de mettre en dépôt, pendant la durée de la guerre, dans les casemates des places de Longwy, Thionville et Bitche, les minutes notariées, les registres des hypothèques et les actes de l'état civil qu'il est important de mettre à l'abri des risques de guerre.

« Cette demande me parait de nature à être prise en considération. Je vous prie donc de vouloir bien inviter les commandants des places ci-dessus désignées, à recevoir en dépôt et à mettre en lien de sûreté les pièces dont il s'agit.

« Des demandes seront adressées, dans ce but, à ces officiers par les procureurs impériaux ou par les juges de paix#des diverses localités : les pièces ou registres devront être renfermés dans des coffres scellés. »

AIMÉE D'ORIENT

EtM-^orjénéral. ^ ^^

M. le ministre de la guerre a arrêté, le 26 avril, les dispositions suivantes :

Article premier. — Les aumôniers supérieurs et autres, attachés à l'armée de terre, porteront le costume ecclésiastique, la soutane ou la soutanelle.

Lors des réceptions ou visites, ils porteront la soutane avec la ceinture, le petit manteau et les souliers à boucles.

Art. 2. — Gomme marques distinctives des fonctions qu'ils exercent, ils porteront, savoir : •

L'aumônier supérieur : la croix en émail blanc suspendue au cou par un cordon vert et argent, glands également verts et argent au chapeau et à la ceinture.

Les autres aumôniers : la croix en argent suspendue au cou par un cordon vert, glands également verts au chapeau et à la ceinture.

Art. 3. — L'aumônier supérieur prendra rang avec les chefs de bataillon et les autres aumôniers avec les capitaines. Ils recevront les honneurs militaires attribués à ces grades.

Le présent ordre sera exécuté dans toutes ses dispositions.

Au quartier général, à Gallipoli, le il mai 1854.

Le général de diyision, aide de camp de l'empereur, commandant provisoire des troupes françaises en Orient,

Canbobert.

Dès le début de là campagne d'Italie (1839), un aumônier supérieur et six aumôniers ont été désignés pour être attachés : le premier, au grand quartier général, les autres, au corps d'armée de la Garde et à chacun des cinq corps d'armée.

L'aumônier supérieur devait être traité comme chef de bataillon, les autres aumôniers comme capitaines d'infanterie de première classe.

Le 27 mai, d'après l'ordre de l'empereur, de nouveaux aumôniers,

AVEC LE MINISTtE M Lk GUIKRB. 391

au nombre de six, sont nommés, de manière à en compter deux par corps d'armée. Le 5 juin, onze aumôniers sont encore désignés pour assurer le service religieux des divisions et des hôpitaux ; enfin» le 28 juin, quatre nouvelles nominations sont encore faites pour compléter le service.

A partir du 20 août, les aumôniers de l'armée ont été licenciés et ont reçu une indemnité de deux mois de traitement ; mais quelquesuns, sur la proposition du maréchal Vaillant, ont été autorisés à continuer leur service dans les hôpitaux du corps d'occupation jusqu'au 3 mai 1860, époque de leur licenciement définitif.

M. le D* Chenu, qui a eu les archires de la campagne sous les yeux.

Le major général de V armée du Rhin aux commandante reepectife dee huit corpe d'armée, à ï intendant général et aux commandante dee divisions de cavalerie de réserve.

Metz, le 3 août 4870.

« La circulaire ministérielle du 17 juillet dernier, en fixant les moyens de transport attribués aux aumôniers du grand quartier général et des corps d'armée, garde le silence sur cette question en ce qui concerne les aumôniers des divisions. Cependant la nature des objets que ces ecclésiastiques ont à transporter à leur suite exige que des moyens matériels soient mis à leur disposition, à cet effet.

< En conséquence, j'ai déciaé, en date de ce jour, que chaque aumônier divisionnaire recevrait une voiture régimentaire à deux roues, destinée au transport des objets destinés au culte. «

Le général de Montauban, commandant le corpe expéditionnaire français en Chine, au ministre de la guerre.

Shanghaï, le 46 avriH 860.

< Pour l'expédition de Chusan, j'ai demandé à M. le ministre plénipotentiaire de France de détacher, auprès du contre-amiral Page, M. de Méritens, interprète de la légation ; mais je ne sais si je pourrai l'obtenir, la légation n'en ayant pas d'autre.

« Cette pénurie de bons interprètes et de jeunes gehs qui se consacrent à cette carrière est déplorable, dans un pays où il n'y a aucun moyen de se faire comprendre à l'aide d'une langue étrangère. Aussi les Anglais, qui prévoient tout, ont-ils depuis plusieurs années des élèves-interprètes, qui se destinent aux consulats en Chine : il en résulte pour eux un avantage immense, soit dans leurs relations politiques, soit dans leurs relations commerciales. %

« La France pourrait à peu de frais se procurer les mêmes avantages, en chargeant les Pères~Jésuites de Shanghaï de faire des élèves dans les langues française et chinoise. J'ai visité un de leurs établissements à Sé-ka-wé, à une lieue et demie de Shanghaï, où ils élèvent de jeunes Chinois qui paient pension et d'autres qui reçoivent une

392 RILATI01SS BU QtHfRAL BK CHBP

éducation gratuite. U est difficile, quand on tfa pas visité ira parât établissement, de pouvoir se faire une idée de Tordre, de la tenue et de la discipline qui y régnent Nos meilleurs collèges de France n'offrent pas plus de ressources à l'éducation.

« J'ai demandé aux Pères Jésuites s'ils ne pourraient pas faire des interprètes français dans leur maison et parmi lès élèves chinois ; mais ils m'ont fait observer que tous les jeunes Chinois qu'ils élevaient appartenaient en majeure partie à de riches marchands ou négociants, et que, d'autre part, en recevant une éducation supérieure, beaucoup avaient l'ambition d'arriver aux hautes charges de l'Empire. Ils ont ajouté que si le Gouvernement français voulait leur accorder une certaine rétribution, ils ajouteraient à leur établissement une école spéciale destinée à former de jeunes Français pour les fonctions d'interprète. »

À la légation anglaise au Japon se trouvent quatre étudiants qui, placés sous la direction du secrétaire-interprète, apprennent la langue du pays. La carrière consulaire leur est ouverte, mais ils doivent s'engager à servir exclusivement au Japon.

Ce système semble donner d'excellents résultats. Ces jeunes gens, animés d'une noble émulation, font des progrès rapides et s'éprennent d'une vive affection pour le pays où ils passeront la plus grande partie de leur vie.

M. le baron de Hubner, ancien ambassadeur d'Autriche à Paris, et à Londres, qui a visité le Japon en 4874.

Décret impérial relatif à l'organisation d'un corps spécial d'interprètes

pour famée du Rhin.

Napoléon, etc.

Sur le rapport de Notre ministre secrétaire d'Etat de la guerre, Avons décrété et décrétons ce qui suit :

Article premier.

Un corps spécial d'interprètes est attaché à l'armée du Rhin. U se compose d'un interprète principal, d'interprètes titulaires et d'interprétés auxiliaires.

Art. 2L

Les interprètes, titulaires sont divisés en trois classes et nommés sur la proposition des commandants de corps d'armée, par le major général de l'armée ; qui en détermine le nombre suivant les besoins du service.

Toutefois il ne pourra- y avoir plus de: i interprète principal, 8 interprètes de in classe, 48 . — . de âe classe, 18 — de 3e classe.

Les interprètes auxiliaires sont divisés en deux classes; ils sont

ÀY1C Lit MItaSTRS M LÀ GUIRRI. 393

également nommés, comme les titulaires, par le major général de l'armée ; le nombre îj'en est pas déterminé.

Alt. 3.

Nul né peut être admis en qualité d'interprète, s'il ne justifie d'une moralité irréprochable et s'il n'est âgé de 21 ans révolus.

Art. 4.

Les interprètes titulaires et les interprètes auxiliaires seront licenciés lorsque leur concours ne sera plus jugé nécessaire. Ils peuvent être révoqués par le major général de l'armée.

Art. 5.

Les interprètes titulaires ou auxiliaires attachés à l'armée du Rhin sont soumis à toutes les lois militaires.

Art. 6.

Avant d'entrer en fonctions, les interprètes sont tenus de prêter entre les mains du major général de l'armée ou de l'officier général qu'il aura délégué à cet effet, le serment dont la teneur suit :

< Je jure fidélité à la France et à l'empereur, je jure également « d'interpréter fidèlement les pièces ou discours que je serai chargé « de traduire, et d'en garder le seoret. >

Les interprètes de l'armée du Rhin jouissent de la solde fixée par le tarif du 23 décembre 1868, Journal militaire. 2e semestre, 1868, n° 44,

Quant aux indemnités de vivres, fourrages et chauffage, elles seront ultérieurement déterminées.

Ils ont droit, en outre, à une indemnité d'entrée en campagne fixée comme il suit :

Interprète principal 1,000 fr.

)l'é cksse 700

2* classe ) «qq o classe. «.,,.. • • i

Art. 8.

La décision ministérielle du 12 septembre 1862, qui règle l'uniforme des interprètes militaires, est applicable aux interprètes de l'armée du

Art. 9,

Notre ministre secrétaire d'Etat de la guerre est chargé de l'exécution du présent décret.

Fait à Saint'Cloud, le 19 juillet 1870.

Signé : Napoléon.

394 RELATIONS DU GIWtlAL BH CHIP

L'Empereur Napoléon au ministre de la guerre.

Paris, 41 aYril 4815.

< Faites-moi connaître les positions importantes à garder sur la frontière du Nord, soit passages de rivières, soit lignes de canaux, soit débouchés de forêts, et quel accroissement il serait nécessaire de donner aux bataillons de grenadiers de la garde nationale des villes voisines pour occuper tons ces postes. Il y a aussi, dans le Nord , un système d'inondations qu'il faut me faire connaître. »

< L'intérêt de la défense nationale doit être supérieur aux intérêts locaux.

« L'ancienne législation interdisait le tracé des routes ordinaires dans une certaine zone de défense si on n'avait, au préalable, obtenu l'assentiment de l'autorité militaire. On a beaucoup critiqué cette législation. Selon nous, il y a lieu de l'étendre et d'examiner si les chemins de fer dont on veut couvrir aujourd'hui la France, et que l'on désigne sous le nom fort innocent de chemins de fer d'intérêt local, ne peuvent pas avoir, au point de vue de la défense du pays, les plus sérieux inconvénients:

c Pendant plusieurs années, le conseil général de la Moselle a été saisi de demandes de construction de lignes d'intérêt local, parmi lesquelles s'en trouvait une allant de Rémillv ou de Faulquemont à Pont-à-Mouâson, réalisant par conséquent à l'avance la déviation que les Allemands ont tenté de construire pour éviter Metz (pendant le .blocus de cette place forte). Sans aucun doute, on ne prévoyait pas les événements qui se sont passés; mais il eût été bien regrettable de voir une place comme Metz presque annulée par la construction d'une ligne de dixième ordre peut-être au point de vue économique.

< Les chemins de fer deviennent aujourd'hui une chose trop grave dans les questions militaires pour que le pouvoir central puisse en être un seul instant dessaisi ; et nous pensons qu'il n'y a à ce sujet aucune décentralisation à tolérer. >

M. l'ingénieur en chef Jacqmin, directeur ëe l'exploitation des chemins de fer de l'Est. •••'•

Déposition de M. de Serres, attaché à V armée de Y Est en 1870-1874, devant la commission d'enquête de V Assemblée nationale, le i$ janvier 1872.

Le défaut capital de notre réseau de chemins de fer, #n France, vous le savez, messieurs, est le petit nombre de jonctions entre les grandes artères, convergeant sur Paris, et quelques grands (centres.

Le général Bonaparte au citoyen Barrai.

Quartier général, Milan, 2 prairial an iv (24 mai 4796).

« Il est ordonné au citoyen Barrai, nommé par le général en chef pour commander le corps d'ingénieurs des ponts et chaussées, qui

doit suivre l'armée, de remettre demain au général chef de l'état- major une note des objets nécessaires pour cet établissement, et des mesures qu'il y aurait à prendre pour rendre ce corps utile à l'armée. Il est prévenu qu'il aura sous ses ordres le chef de oataillon du génie Ponge, et le capitaine Meuron, et qu'il jouira du traitement de chef de brigade (colonel). »

L'Empereur Napoléon au maréchal SotUt, major général de V armée.

Puis, 22 mai 4845.

< Mon cousin, demandez six ingénieurs des ponts et chaussées, qui connaissent dans le plus grand détail toutes les routes et les localités des départements de la Belgique et de la rive gauche du Rhin ; attachez-les à la suite de l'état-major général. »

L 'ingénieur en chef des travaux du Rhin, au major génèrql

de Y armée du Rhin.

Strasbourg, le 4" août 4870.

« J'ai pensé que, dans les circonstances actuelles, une carte détaillée du Rhin pourrait être utilfe à Votre Excellence. J'ai, en conséquence, l'honneur de vous adresser, par le chemin de fer, une collection complète de cette carte qui est au ï^Vtû» et qui comprend les deux rives, depuis Bâle jusqu'à Lauterbourg."

t Dans le cas où vous désireriez encore un ou plusieurs exemplaires, je m'empresserais de vous les faire parvenir*

« J'en ai déjà remis au maréchal Mac-Mahon, au général Ducrot, au général Soleille, au colonel des pontonniers et au commandant des pontonniers à l'état-major général.

c P. S. — Ci-jointe une liste des clochers d'Alsace, d'où Ton peut observer le pays de Bade, soit à l'œil nu, soit avec une lunette. »

La pratique de la guerre de 4870-71 a révélé une lacune qui mérite d'appeler l'attention de l'administration militaire. Le corps du génie ne paraît pas être pourvu de moyens d'action suffisants au regard de la stratégie moderne. Soit par suite de son organisation même, soit peut-être à raison des traditions de l'Administration centrale, soit par manque de relations appropriées avec l'état-major, le corps du génie a manifesté une certaine difficulté à effectuer avec rapidité la réparation des ouvrages d'art, les fortifications, volantes, le défoncement des routes et autres travaux qui exigent un grand nombre de bras, des moyens de transport et, en certains cas, des engins spéciaux. Les réquisitions, qui ont pour objet d'y suppléer, ne sont pas toujours maniées avec une dextérité suffisante; les habitudes du corps semblent y répugner et ses relations avec l'industrie privée ne sont pas assez fréquentes. Bref, il a paru utile, dans cette campagne, de donner une aide au génie militaire.

396 RBLATKM8 DU OMUULL KN GBV

Plutôt que de rechercher une extension directe et un changement d'habitudes auxquels la tradition administrative se serait sans doite difficilement prêtée, nous ayons préféré constituer, pour la dorée & la guerre, un corps auxiliaire distinct, dénommé : Corps du gènit civil des armées.

M. de Freycinet, délégué an ministère de la guerre à Tours et a Bordeam pendant la guerre de 4870-74.

Le membre du gouvernement de la défense nationale, ministre de l'intérieur et de la guerre,

En vertu des pouvoirs à lui délégués par le gouvernement, par décret en date à Paris du l* octobre 1870.

Considérant que le concours du génie civil aveo le génie militaires, dans la présente campagne, donné Tes meilleurs résultats.

Décrète :

Art. 4fP. ~ Il est attaché à chaque corps d'armée en campagne un personnel de quatre ingénieurs des ponts et chaussées ou àes mines placés sous la direction de l'un d'entre eux, faisant fonction d'ingénieur en chef. #

- Ce personnel relève du général en chef et agit d'après sesinsfraotions, soit séparément, soit sous la, direction du génie militaire. Il a pour mission spéciale d'exercer le droit de réquisition du général en chef à l'égard des populations, en vue de procurer à l'armée tons les moyens nécessaires pour la prompte exécution des travaux intéressant sa sécurité.

. Art. 2. ^ Lçs ingénieurs sont accompagnés d'agents auxiliaires dont le nombre ne peut dépasser quarante pour tout le corps d'année, et ils emportent avec eux les machines et outils les plus indispensable? qu'on n'est pas sûr de rencontrer dans le pays.

Art. 3, — Les ingénieurs peuvent être employés à tous les travaux cfai rentrent dans les attributions du génie militaire. Us le sont plus particulièrement à la répafation et à la destruction des routes, ponts et ouvrages d'art, ainsi qu'aux terrassements nécessités parles fortifications, passagères.

Art* 4. — Les fonctions ci-dessus indiquées peuvent être, par décision du ministre de la guerre; confiées à des agents-voyers de département^ des ingénieurs civils ou à d'autres personnes que leur aptitude* leurs antécédents ou leurs moyens d'action désignent suffisamment pour ce genre d'emploi.

r Art. 5. — Les services rendus par les ingénieurs et autres personnes attachées aux corps d'armée, seront considérés comme « tà* Vices rendus devant l'ennemi. »

Art. 6. — Il est créé auprès du ministre de la guerre unedirection dite : Direction du génie civil des armées. Un ingénieur est placé à la tête de ce service.

Fait à Tours, le 30 novembre 1870.

Léon Gambetta,

La délégation du gouvernement de la défense nationale, Tu le décret du 30 novembre 1870, qui attache à chaque corps d'ar mée en campagne un personne d'ingénieurs et d'agents sous le titre de génie civil des armées;

Considérant qu'il importe de déterminer d'une manière précise la situation des fonctionnaires et agents qui seront chargés de ce service.

Décrète :

Art. l«r. — Le personnel de chaque corps d'armée comprendra : 1 ingénieur en chef, 3 ingénieurs ordinaires, 3 chefs de section principaux, 6 chefs de section, 9 piqueurs, 18 chefs de chantier.

Une compagnie d'ouvriers de 60 hommes, pouvant être augmentée et portée au besoin à 300.

Art. 2. — Les ingénieurs et agents seront assimilés aux officiers de l'armée, comme l'indique le tableau ci-après :

Grade dans le génie civil. * Grade correspondant dans l'armée.

Ingénieur en chef. Colonel.

Ingénieur ordinaire. Chef de bataillon.

Chef de section principal. Capitaine.

Chef de section. Lieutenant.

Piqueur. Sous-lieutenant.

Les chefs de chantier seront assimilés aux sous-officiers.

Les ouvriers seront assimilés aux soldats du génie. ji Us seront recrutés exclusivement parmi les ouvriers terrassiers,

charpentiers, mineurs, serruriers et maçons, et pourront être pris dans - les compagnies mobilisées.

f Art. 3. — Les ingénieurs et agents actuellement au service de

l'Etat ou des départements, continueront à être payés de leurs appointements et frais fixes par ces mêmes services. Ils recevront en outre toutes les indemnités de guerre attribuées aux officiers du grade auquel ils sont assimilés. Les ingénieurs et agents qui ne reçoivent actuellement aucune rétribution ni de l'Etat ni des départements, auront droit aux appointements et frais de guerre attribués aux officiers du grade auquel ils sont assimilés*

Art. 4. — Le costume des ingénieurs, agents et ouvriers sera déterminé par une décision ministérielle. •

Art. 5. — Il sera adjoint à la direction un ingénieur des ponts et chaussées ou des mines et un nombre d'agents suffisant pour assurer le service.

Art. 6. — Les ministres des travaux publics; des finances, de l'in-

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térieur et de la guerre sont chargés» chacun en ce qui le concerne, <fe l'exécution du présent décret.

Fait à Bordeaux, le M décembre 487a

Les membres du gouvernement, Ad. Crémieux, Gujs-Bizoin, L. Foubjchok.

< Dans la guerre de 1870-71, on a compté, en France, le nombre suivant de ponts détruits ou gravement endommagés, dans les départements de : l'Aisne, 26 ponts; — les Ardennes, 25; — l'Aube, 3 ; — le Cher, 1 ; — la Côte-d Or, 2; — le Doubs, 19; — l'Eure, 7; — l'Eure-et-Loir, 7; — l'Indre-et-Loire, 2; — le Jura, 5; — le Loir-et- Cher, 15; — le Loiret, 6; — la Manche, 2; — la Haute-Marne, 1 ; — la Mayenne, 5; — la Meuse, 5; — le Nord, 3; — l'Orne, 5; — le territoire de Belfort, 10; — la Haute-Saône, 8; — la Sarthe, 0; — la Seine, 10; — la Seine-Inférieure, 3; — la Seine-et-Marne, 10; — la Seintfet-Oise, 9; — la Somme, 13; ~ la Vienne, 1 ; les Vosges, 6; — l'Yonne, 1.

« Total : 218 ponts, dans 29 départements. •

D'après le recensement fait par l'Administration des ponts et chaussées.

V Empereur Napoléon au comte Fouchè, chargé par intérim du portefeuille de l'intérieur, à Paris.

Schœnbronn, 27 septembre 4809.

< Le bureau chargé des affaires du commerce au ministère de l'intérieur ne fait rien pour le commerce de la France. Témoignez-lui-en mon mécontentement. Si ce bureau avait fait son devoir, il aurait profité de mon entrée h Vienne pour engager les négociants et les fabricants français à exporter des draps, porcelaines et autres marchandises qui paient des droits considérables en Autriche.

< Les draps seuls paient 60 pour 100. Je les aurais, comme de raison, exemptés de payer ces droits, et j'aurais bondé les magasins de Vienne. Mais ce bureau ne pense et ne fait rien. Voyez ce qu'il est encore possible de faire. »

l'Empereur Napoléon au comte de MontaUnet, ministre *

de Hntériêur, à Paris.

Paris, 46 norembre 4809.

< Les«bureaux du ministère de l'intérieur, pour ce qui concerne le commerce, ne font jamais rien pour le commerce. Si, à la tète de cette importante partie, on avait un homme habile et actif comme le conseiller d'Etat qui est à la tête des douanes, il procurerait de grands avantages au commerce; il irait au-devant des circonstances; H exciterait les sages opérations; il éclairerait le Gouvernement.

« L'Empereur, pendant cinq mois, a été maître de Vienne et d'une partie de la monarchie autrichienne S'il y avait eu à la tête du commerce en France un homme éclairé et zélé, cet homme aurait su et n'aurait pas manqué de dire que les draps, les vins et autres marchandises de France, qui sont très-recherchés en Autriche, y sont rares, parcej qu'ils y payent des droits de douane si considérables, qu'ils équivalent à une prohibition. Il aurait demandé que les denrées françaises fussent affranchies de tous droits pendant l'occupation , et il aurait fait prévenir les négociants qui auraient voulu profiter de cette faveur et se livrer à cette sorte de spéculation. Rien de cela n'a été fait. Les négociants de Gharleville et de Sedan ont eu d'eux-mêmes la pensée d'envoyer des draps à Vienne; leurs expéditions sont arrivées, mais ils ont été repoussés par le Français, administrateur des douanes, qui, ne songeant qu'à l'intérêt de la perception dont il était chargé, a exigé le paiement des droits d'après les tarifs autrichiens.

* Ce fait particulier n'était pas connu de Sa Majesté, mais elle savait que les négociants de Vienne ne pouvaient comprendre comment le Gouvernement français ne profitait pas de ses succès pour ouvrir à son commerce toutes les portes du pays conquis, aussitôt après la conquête. Quoique un temps précieux fût déjà écoulé, l'Empereur écrivit aussitôt au Ministre de l'intérieur par intérim. Les bureaux firent une réponse qui prouve leur peu de lumières et qu'il convient que le Ministre actuel se fasse représenter. >

400 QUARTIERS 6ÉNÉRAU*.

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