‹ Les méthodes de guerre actuelles et vers la fin du XIXe siècleChapitre 35 sur 85 · GOUVERNEMENT DE LA DÉFENSE NATIONALE · texte numérisé non relu

GOUVERNEMENT DE LA DÉFENSE NATIONALE

c Le membre du Gouvernement de la défense nationale , ministre de l'intérieur et de la guerre,

« En vertu des pouvoirs à lui délégués par le Gouvernement, par décret en date à Paris du 4" octobre 4870,

« Accrédite auprès de M. le général Grouzat, commandant les forces rassemblées à Gien, M. le capitaine du génie Ogilvy, attaché à l'étatmajor du 18e corps et qui en est détaché momentanément.

« M. le capitaine Ogilvy a toute ma confiance. Je me suis longuement entretenu avec lui sur les opérations militaires. Gien est évidemment la clef de notre position sur la Loire. Je sais qu'elle est en sûreté en les vaillantes mains du général Grouzat. Je lui envoie M. Ogihy pour l'assister dans sa mission, et je le prie de le faire asseoir u conseil avec voix délibérative.

« Tours, le 19 septembre 4870.

« Léon Gambetta. »

Certainement Ogilvy ne devait pas être seulement un conseiller, mais bien l'homme de confiance de la délégation et remplir les fonctions d'inquisiteur près des généraux. Que Te dictateur Gambetta, qui avait écrit cette lettre de sa main, eût pris une telle mesure , cela prouvait pour nous (Allemands) quelle importance il attachait au succès des opérations commencées sur la Loire en amont d'Orléans. En désignant Gien comme le point le plus important de la Loire, tandis que c'était Orléans qui avait joué ce rôle, jusqu'à présent, on semblait indiquer que le mouvement offensif sur Paris serait repris par l'aile droite de l'armée de la Loire. On révélait nettement que la marche en avant, tant de fois promise, pour débloquer Paris, n'aurait pas lieu par la route d'Orléans à Paris, mais le long du Loing, vers Fontainebleau. Une série d'avantages recommandait cette direction , et bientôt elle devint de plus en plus probable.

M. le capitaine prussien von Goltz, qui" a en sous les yeux les archiresdo commandement de la II9 armée allemande.

QUARTIEIS GÉHÉ1AUX. 427

Choix à faire des officiers pour l'état-major.

« Il faut admirer la méthode de Napoléon, qui avait près de lui , à son quartier général, un officier délégué de l'état-major de chaque corps d'armée. La mission principale de cet officier consistait à se pénétrer des idées et des intentions du commandant en chef, que les ordres du jour ne peuvent rendre qu'incomplètement, et à venir les expliquer de vive voix ou par écrit à son chef particulier.

« Si, en 1859, l'armée autrichienne en Italie avait procédé ainsi, le but des opérations aurait été mieux saisi par ceux chargés de l'exécution. >

M. le colonel Mœriog, chef da génie de la I* armée autrichienne en 4869.

Le sous-chef d'ètat-major du corps d'opérations anglais

au capitaine Hidge.

44 décembre 4802.

« En réponse à un passage de votre lettre, le général Wellesley (depuis duc de Wellington) me charge de vous informer que, quand il commandait Tannée contre Dhoondiah , il avait autorisé chaque commandant de brigade à choisir son propre état-major ; et crue , s'il commandait les troupes dans la présente occasion, il suivrait la môme règle. »

« Il ne serait pas équitable d'empêcher les généraux en chef de choisir leurs aides de camp, car c'est là un emploi qui exige une confiance absolue. Cet entourage n'aurait donc pour le service aucun inconvénient, si ces aides de camp, se transformant souvent en chefs de service, n'absorbaient pas l'autorité du général en chef, ce crui met le chef d'état-major dans une situation fausse et nuit tant à 1 intérêt personnel des généraux qu'à l'intérêt public. »

Le général (depuis feld-maréchal) autrichien Radetzky.

V empereur Napoléon au major général Berthier.

Passao, 49 octobre 4809.

« Vous me dites, dans une de vos lettres, que le prince de Ponte: Gorvo (Bernadotte) demande le général Girard.

« Répondez au prince de Ponte-Corvo que cela nuirait à cet officier, parce que j'ai pour principe de n'accorder d'avancement aux officiers qui servent dans les états-majors qu'autant qu'ils servent dans la ligne dans deux grades ; et mon intention est que le général Girard serve plusieurs années, dans la ligne avant de passer dans les états-majors. »

428 QUÀKTim cHMnuux.

< Les seuls bons officiers d'état-major que Taie eus étaient des hommes qui connaissaient à fond le service par la pratique au régiment et qui, doués de belles facultés naturelles , apprenaient vite à passer du maniement d'un régiment à celui d'un plus grand corps de troupes. Je ne veux pas dire <me les officiers du génie et de l'artillerie n'ont pas besoin de la connaissance des mathématiques, ou que le lever des plans n'est pas utile, dans une certaine mesure, dans toutes les branches du «ervice ; mais si vous limitez un général, dans le choix de son état-maior, à ne prendre que. des mathématiciens (officiers du génie ou d'artillerie), ou des membres d'un corps fermé, au lieu de lui donner le droit, comme il le possède à présent, de choisir dans toute l'armée, vous vous apercevrez bientôt que vous n'avez pas adopté le meilleur moyen de placer les hommes de talent là où Us peuvent être le plus utilement employés pour le service public.

« Wellington. »

« Nommé professeur à l'Ecole de guerre de Berlin, je me présentai chez le feld-maréchal Gneisenau, président de la commission supérieure d'examens. Je trouvai l'ancien chef d'état-major de Blûcher dans son cabinet, devant un pupitre sur lequel se trouvait une lettre commencée. Le feld-maréchal m'écouta tranquillement quand je lui an* nonçai le changement de position qui, de commandant de compagnie, m'amenait à l'Ecole de guerre. «t Vous avez donc changé Pépée pour la plume ? me dit-il ; je désire que vous ne vous en repentiez pas* — Peut-être est-ce pour peu de temps, lui répondis-je ; car, quand on reste longtemps dans la troupe , on court risque de se rouiller. — Vous ne me faites pas un compliment, répliqua ce héros avec bienveillance. Blûcher est resté toute sa vie, et moi plus de 30 ans, dans la troupe ; je pense cependant que nous nous sommes très-bien tirés d'affaire? — Sans doute, monsieur le maréchal, me hasardai-je à répondre ; mais aussi nous ne sommes pas tous des Scipions. »

Le général prussien von Brandt, qui avait serti dans la légion de la VUtale, sous Suchet, en Espagne.

« Plus l'état-major est lié intimement à la troupe, plus il lui est utile. La séparation presque complète de l'état-major de la troupe, comme elle existe encore chez nous et chez les Français, est une or* ganisation dont le vice a été reconnu. >

M. le général Sherman, commandant en chef l'armée des Etats-Unis.

Extrait d'un rapport de M. le colonel français Stoffel, daté de Berlin,

le 23 avril 1868.

QUAftTiniS OÈRtRAUX. 4t9

gents et les plus instruits. S'il importe peu, a-t-on dit, qu'un- officier commandant une compagnie ou un escadron n'ait pas des connaissances militaires très-étendues, il en est tout autrement pour un officier d'état-major. Ses fonotions si diverses, l'influence que ses rapports de toute nature peuvent exercer sur la décision dés généraux, aujourd'hui surtout que les armées sont nombreuses et les théâtres d'opérations très-vastes, l'obligent à posséder une instruction variée et une aptitude spéciale.

« Une lois admis ce principe que, de tous les officiers, ceux de l'état-major doivent être les plus capables, qu'a-t-on fait pour en faciliter Inapplication ? *

« On est convenu de recruter ces officiers parmi ceux de toute C armée y à quelque arme qu'ils appartiennent, et de faire aux jeunes gens qui se présenteront des avantages sérieux sous le rapport de l'avancement, tout en se réservant la faculté de renvoyer de V étatmajor ces officiers à un moment quelconque de leur carrière , s'ils ne fournissaient plus la preuve du zèle et de l'aptitude convenables. La conséquence de ces dispositions est forcément celle-ci : il ne se présente pour l'état-major que de jeunes officiers ambitieux , intelligents et travailleurs; ambitieux, parce qu'ils désirent avancer plus vite; intelligents et travailleurs, parce qu'ils savent qu'en ne satisfaisant

Sas aux études exigées, ils s'exposeraient à être renvoyés au service e leur arme.

« Pour bien comprendre le genre d'avantage qu'on fait aux officiers d'état-major, il faut savoir que l'armée prussienne n'a pas de loi sur l'avancement et qu'on n'y avance qu'à l'ancienneté. A la vérité, le roi se réserve le droit de nommer par choix, au grade supérieur, un officier quelconque, mais il n'en use que très-exceptionnellement ; et,

ciers admis à l'état-major gagnent un an dans le passage du grade de lieutenant à celui de capitaine, et, moyennement 6 à 7 ans, dans le passage du grade de capitaine à celui de chef d'escadron.

« Parvenus au grade de chef d'escadron, les officiers d'état-major n'ont plus, comme avancement, d'avantages particuliers ; mais, chose digne de remarque, ils restent soumis à cette règle constante qu'à tous les degrés de la hiérarchie ils ne sont promus au grade supérieur qu'après être sortis chaque fois de l'état-major pour rentrer pendant un an au moins au service de leur arme. Ainsi, un an au moins avant l'époque où il pourra-être nommé lieutenant-colonel, le commandant d'etat-major reçoit le commandement effectif d'un bataillon, ou de plusieurs escadrons, ou de plusieurs batteries ; de même, le lieutenant-colonel est placé à la tète d'un régiment d'infanterie, de cavalerie ou d'artillerie, un an environ avant sa promotion au grade de colonel. Ces officiers ne perdent donc ni l'habitude du cheval, ni celle du commandement des troupes, »

Utilité de la présence au quartier général d'un employé

du ministère de la guerre pourvu des contrôles pour l'avancement.

Le maréchal commandant en chef V armée du Rhin au ministre de la guerre.

Metz, le 44 août 4870.

c Je ne puis pas pourvoir aux vacances dans l'infanterie de l'armée du Rhin. Je ne connais ni les noms des officiers promus aux compagnies créées aux dépôts, ni les tours auxquels l'avancement a été donné. Je vous prie de me faire envoyer d'urgence ces renseignements. »

Lé major général de V armée du Rhin au ministre de la guerre,

Metz, le 28 juillet 4870.

< En prévision des promotions de grades et de décorations qu'il y aura lieu de faire à l'armée du Rhin, je vous prie de donner les ordres nécessaires pour que les modèles ou imprimés ci-après détaillés me soient adresses le plus tôt possible : 50 exemplaires du décret d'avancement.

50 — du décret de décoration. 50 — de rapports à l'empereur. 100 — de rapports pour l'avancement, avec intercalaires. 500 — d'avis de promotion.

250 — de lettres d'avis de destination et de mutation. 25 — de lettres d'avis. de promotion au titre étranger. 1000 lettres d'avis d'admissidh ou d'avancement dans la Légion d'honneur.

2000 lettres d'avis de concession de la médaille militaire, c Ces imprimés devant suffire aux premiers besoins, je vous demande de vouloir bien donner l'ordre de me les faire adresser le plus promptement possible. »

Le major général de V armée du Rhin au ministre de la guerre.

Metz, le 6 août 4870.

« J'ai l'honneur de vous accuser réception de tous les imprimés dont vous m'avez fait l'envoi par votre lettre du 4 août. Je vous prie, en même temps, de vouloir bien me faire adresser le plus tôt possible les imprimés dont la nomenclature suit, savoir :

250 lettres de nomination à des emplois spéciaux ; 25 lettres d'avis de mise en non-activité ; 25 lettres d'avis de mise en réforme. »

Embarras des réserves centrales et leur inaction habituelle.

< Le principe stratégique fondamental auquel Napoléon Ier a dû ses succès était d'avoir toujours les plus grandes masses possibles de troupes concentrées sur le point où l'action devait se décider. Ce fait en lui-même, on l'eut bientôt reconnu. Mais c'était la manière d'atteindre ce but qui portait la marque de son génie, et c'est ce qu'on perdit généralement de vue. On crut avoir trouvé la recette en disant : Puisqu'il faut avoir toutes ses forces dans la main pour une bataille, il n'y a qu'à les tenir constamment serrées, de cette manière on sera sûr de les trouver réunies au moment du besoin. On avait donc découvert une solution universelle ! Malheureusement, dans la pratique, on ne tarda pas à reconnaître qu'une grande armée, longtemps concentrée, renferme dans son propre sein son plus dangereux ennemi : la disette ; car les grandes masses ne se meuvent et ne se nourrissent qu'a- Tec la plus grande difficulté. Rien que pour pouvoir vivre, cette armée, qu'on a voulu tenir compacte dès le début, sera bientôt obligée de se diviser. Il y a un autre principe bien préférable : c'est de laisser les masses divisées, mais à portée de se réunir, afin de les faire vivre aisément, de les réunir au moment de se battre, au moment décisif, puis de les séparer de nouveau immédiatement après. Mais, ce « moment décisif », il n'y a pas de règles qui puissent le déterminer : c'est justement là l'œuvre du génie, qui ne se laisse pas enchaîner à dés règles. En 1866, l'armée autrichienne se rassemble à Olmûtz, dans l'intention de marcher sur l'ennemi quand il pénétrerait en Bohême, mais en observant un ordre tel que, pendant tout le temps, elle reste concentrée. L'armée prussienne, au, contraire, passe les défilés de la chaîne de montagnes, au nord de la Bohème, sur quatre colonnes isolées les unes des autres. Par conséquent, le talent, pour le commandant de l'armée autrichienne, eût été d'aborder avec ses masses concentrées les colonnes prussiennes séparément. Au contraire, toute la stratégie de l'armée prussienne reposait sur l'espoir de réussir à se concentrer avec précision au moment utile : c'est ce qu'elle fit.

< La tactique adoptée par Napoléon Ier fournit de semblables enseignements. On voit, dans les batailles qu'il livre, de grands corps de cavalerie et de grandes masses d'artillerie produire des effets auxquels rien ne résiste. En formant des masses semblables à l'avance, on croit se ménager des succès aussi certains. Mais Napoléon ne formait de pareils corps que lorsqu'il avait à mettre à leur tête des généraux ca-

{>ablës d'en tirer parti, ou lorsque les circonstances en indiquaient 'utilité momentanée. Ainsi, le difficile était de prévoir à temps ce besoin, de réunir pour ce moment unique de grandes masses d'artillerie et de cavalerie, puis de les diviser aussitôt après pour leur permettre de subsister. Quand on n'a pas ce discernement, on traîne avec soin des masses lourdes et encombrantes qui épuisent bientôt le pays, s'épui-

sent elles-mêmes, et n'arriveront sur le champ de bataille qu'avec des. attelages ou des montures sans vigueur, >

Le capitaine May, d'après les conférences faites à Berlin, an grand étatmajor, après la campagne de 4866.

Dam la campagne de 1866, les 3e et 4e corps d'armée en Prusse ne restèrent pas groupés comme tels, mais leurs, divisions, les 5e, 6e, 7e et 8* furent directement subordonnées au commandant en chef de la V* armée. Il en résulta qu'on put, de l'excédant en artillerie des 3e et 4e corps d'armée, constituer une réserve centrale d'artillerie pour la première armée. Mais pendant les opérations on reconnut que cette formation n'était pas maniable pour les marches, le cantonnement et le combat. Il n'a pas été possible au commandement de tenir dans sa main cette masse de batteries, de manière à l'employer St sa, volonté pour en tirer l'effet puissant qu'on devait en attendre, et on a fait la même expérience dans d'autres armées, à l'égard de ces réserves centrales d'artillerie. Il était h prévoir que, malgré les dispositions les mieux combinées, l'énorme disproportion pour l'artillerie, entre la for* mation de marche (en colonne par un) et l'étendue du front de corn* bat (aveo des intervalles de 20 mètres entre les pièces), causerait d'énormes retards pour déployer de si grandes masses* Ainsi, comme la théorie et la pratique sont d'accord pour condamner la création de grands corps indépendants d'artillerie, il est à croire que, dorénavant, on imitera ce qui s'est fait dans la campagne de 1870*71, et qu'on n'organisera pas de réserve centrale d'artillerie,

M. le général-major Bronsart von Sehellendorff, chef d'état-major de la garde royale prussienne.

Campagne d'Italie de 1859.

A l'époque de la bataille de Magenta (i juin), la réserve générale d'artillerie de l'armée française comptait 36 pièces. Aucune n'a pu arriver sur le lieu du combat.

forte tillerie

ries de la Garde.

D'après les archives et le récit historique de la campagne rédigé au Dépôt de la guerre.

Extrait des notée d'un officier du 2f régiment de %otom$ sur la bataille

de Solférxm.

* Notre régiment campe le soir de la bataille près de la réserve générale d'artillerie. Plusieurs commandants de batterie viennent nous trouver et exhalent leurs plaintes d'être constamment relégués à la queue des colonnes de l'armée. Ils sont indignés qu'on ne les ait pas

QUARTIÏRS GÉRÉEAUX. 433

appelés sur le champ de bataille, où leurs pièces de 42 rayé auraient eu une supériorité écrasante sur l'artillerie ennemie, et épargné bien des attaques sanglantes à notre infanterie. »

ARMÉE D'ITALIE

Au grand quartier général, le M juin 4859.

Circulaire.

< Les troupes d'artillerie qui relèvent du commandement direct du général en chef de l'artillerie et qui ne sont attachées à aucun corps d'armée, éprouvent en maintes circonstances les plus grandes difficultés pour percevoir et les vivres et la solde.

< Ainsi, des batteries de la réserve générale, d'autres qui étaient en route pour rejoindre leurs corps d'armée respectifs, se sont vu refuser le visa de l'intendance pour leurs bons ou leurs états de solde, ou, même avec ce visa, n'ont pu obtenir les distributions de denrées dans les magasins établis sur les points où elles passaient ou stationnaient, sous le prétexte que ces magasins étaient exclusivement affectés aux besoins des corps d'armée près desquels ils étaient institués.

« Il est indispensable de remédier aux inconvénients que présente cet état de choses et d'assurer, en toutes circonstances, la subsistance et la solde des troupes d'artillerie.

< En conséquence, les troupes d'artillerie attachées au grand

Quartier général et qui en sont détachées pour les besoins du service evront percevoir les vivres et la solde, par les soins de l'intendance, du corps à proximité duquel elles se trouveront.

« Les distributions régulières des batteries et détachements d'artillerie rejoignant leurs corps d'armée respectifs seront assurées de la même manière. »

Le maréchal major général Vaillant.

La réserve générale d'artillerie de l'armée du Rhin, en 1870, avait été formée, au début, de huit batteries du 13* régiment d'artillerie monté (pièces de 12 rayé) et de huit batteries du 18e régiment d'artillerie à cheval (pièces de é rayé).

Jamais cette masse de seize batteries n'a pu donner ensemble sur le champ de bataille, malgré tous les efforts de son chef.

Le 16 août (bataille de Rezon ville), le 13e régiment n'avait plus à la réserve que deux batteries, les 11e et 12% qui ont été engagées simultanément. Le 18e régiment d'artillerie à cheval, auquel il restait six batteries, après le départ des 7* et 8* pour le 6* corps, fut obligé, d'après les ordres impératifs du commandant en chef de l'armée, de se scinder en deux groupes isolés, qui souffrirent beaucoup (2 officiers tués, 3 officiers blessés, 25 hommes tués, 54 blessés, 111 chevaux tués ou disparus, 37 chevaux blessés).

A la bataille du 18 août, la réserve générale d'artillerie n'eut que deux batteries engagées, les 6* et 7e du 13* régiment.

434 QOÀRTUtâS GÉHtlAUX.

Aux combats du 31 août et du 1" septembre, comme à la bataille du 18 août, le 48* régiment n'a pas été engagé.

Au combat du 31 août, le 43e régiment a eu deux batteries engagées; le 1er septembre, quatre batteries, mais derrière des épaule ments.

D'après les archives du Dépôt de la guerre et les rapports des colonels.

Le général commandant en chef l'artillerie de V armée du Rhin au général commandant la réserve générale d'artillerie.

Au camp sous Metz, le 30 août 4870.

< Le maréchal commandant en chef l'armée du Rhin a décidé, à la date du 29 août, que la réserve générale d'artillerie de l'armée serait désormais attachée à la Garde impériale.

c Par suite de cette décision, les ordres et communications de toute nature, autres que ceux concernant le service spécial de l'artillerie, ne vous seront plus envoyés à l'avenir par mon état-major, et vous aurez à les réclamer à l'état-major de la Garde impériale* »

Le colonel commandant le 13s régiment df artillerie monté, faisant partie de la réserve générale d'artillerie, au général commandant la réserve générale d'artillerie de l'armée du Rhin*

Camp du ban Saint-Martin, le 8 septembre 4870.

c En appelant l'attention du général sur la réclamation portée au rapport, pour le tour de marche constamment aftecté à la gauche du corps d'armée pour la réserve générale d'artillerie, le colonel a l'honneur de l'informer que le général d'Auvergne (chef d'état-iriajor), venu sur le terrain vers huit heures et demie pour accélérer le mouvement, a reconnu la justice de cette réclamation, en indiquant qu'il ne doutait pas qu'il y serait fait droit sur les observations du général commandant la réserve générale.

« Le général Picard, commandant la division de grenadiers, tout en insistant d'abord très-vivement pour arrêter quelques voitures de la 5e batterie qui s'étaient engagées sur la route à la suite de l'artillerie de la Garde, séparée par un assez long intervalle de sa division, a fini par déclarer avec beaucoup de courtoisie qu'il avait été étonné lui* môme de voir que la réserve générale était ainsi placée à la gauche, sans jamais avoir aucune troupe derrière elle.

c Le 13e régiment a eu pas mal de peine à reconnaître sa route dans le ban Saint-Martin, dont les jalons-guidons ne s'apercevaient pas bien dans la nuit. U est passé tout entier par le même pont, seul éclairé entre trois. »

c Après l'arrivée de Gouvion Saint-Cyr à Strasbourg, dans le cou* rant de mars 1800, Moreau lui fit part de l'organisation de son armée, dans laquelle il s'était réservé le commandement particulier d'un

corps, dit dé téierte, fort de trois divisions. Saiût-Cyr lui fit toutes les

traduire le premier dans les armées françaises (en créant les corps d'armée); organisation si simple, et par conséquent si forte, qu'elle ne pouvait manquer d'être imitée dans toutes les années de l'Europe. Saint-Ctyr lui fit observer qu'il y renonçait lorsque nos ennemis l'adoptaient; il ajouta que les inconvénients de la nouvelle organisation lui semblaient tels, qu'il était bien décidé à ne point faire partie de l'armée, ayant, au surplus, besoin de repos pour rétablir sa santé affaiblie par les travaux de la dernière campagne. Moreau lui demanda de motiver davantage son opinion et de lui expliquer le sujet de ses craintes, ce qu'il fit à peu près de cette manière.

* Parmi les généraux de l'époque, il ne s'en trouvait peut-être pas «m en état de bien commander une armée qui dépasserait 130,000 hommes (effectif de celle de Moreau) ; du moins, aucun de ceux essayés jusqu'alors n'en avait commandé d'aussi considérable. Bonaparte, en Italie, n'avait jamais eu à conduire plus de 60,000 hommes; Jourdan, 90,000; et Moreau, dans les campagnes de 1796 et 1799, environ 70,000; mais joindre (en 1800) au commandement en chef de forces

multiplier sans utilité la correspondance du général en chef; car, dans Tordre ordinaire, elle n'avait lieu qu'avec les quatre commandants de corps d'armée et celui de l'artillerie : tandis que, par suite du plan que Moreau voulait adopter, il serait onlké de correspondre encore avec ses trois généraux de division, celui de la réserve du corps qu'il dirigeait personnellement, et le commandant de l'artillerie de ce même corps. Mais ce n'était pas encore là l'obstacle le plus grand : le général en chef ne pourrait se trouver sur tous les points où sa présence serait nécessaire, en restant à poste fixe au centre du corps d'armée dont il se réservait le commandement, pour en régler les mouvements et les diverses attaques. Enfin, ce qu'il voulait faire à lui tout seul exigeant les forces de deux généraux d'une vigueur et d'un talent éprouvés, il en résulterait nécessairement que les fonctions de général en chef, ou celles de commandant d'un corps, seraient négligées; elles deviendraient même, dans certains cas, impossibles à remplir. Par exemple, lorsqu'il serait vivement en* gagé avec ses troupes, ayant peut-être sa personne compromise, comment trouver le moyen de donner une direction convenable aux autres corps de l'armée, dont il ignorerait les chances et la situation présente; il en résulterait que les généraux commandant les autres corps ne re* cevraient point d'instructions, ne sauraient quelle mesure prendre, dans la crainte d'en prendre une fausse ou inopportune, et que les opérations de l'armée manqueraient de l'ensemble nécessaire. Saint-Gyr ajouta qu'en adoptant une telle organisation, sans exemple dans les

436 QUAETIB1S GiRitAUX*

armées modernes, il semblerait se faire le rival ou l'émule de ses lieu* tenants ; que ce serait s'abaisser sans qu'il pût en résulter le moindre bien pour l'armée; que s'il croyait qu'en commandant des troupes, la réussite de ses opérations fût plus certaine, comme toutes celles de l'armée étaient à sa disposition, il pourrait le faire chaque fois qu'il le jugerait utile; mais que, s'il adoptait plus particulièrement un corps de troupes, cela ferait naître de graves mécontentements, nonseulement parmi ses lieutenants, mais dans toute l'armée : car personne ne pourrait douter que le général en chef ayant auprès de lui les chefs des administrations, son corps d'armée ne fût servi de préférence aux autres, et ne se trouvât pourvu en abondance, quand les autres manqueraient des objets les plus nécessaires, devenant ainsi une es* pèce de corps privilégié. On devait présumer aussi que les affaires les plus brillantes lui seraient plus particulièrement réservées, et que Ton ferait servir les autres à les assurer; car, comment exposer le corps du général en chef à être battu, ou môme à n'avoir que des succès moins marquants ?

« Moreau répondit faiblement aux objections qu'on lui mettait sous les yeux ; il rejeta seulement la supposition de vouloir se ménager les affaires brillantes, assurant que son corps serait la réserve de 1 armée et qu'il n'en conservait le commandement que pour être plus sûr de la faire arriver sur les points qui en auraient le plus besoin. Il employa tous les moyens pour faire renoncer Saint-Cyr au projet de ne pas faire partie de l'armée pendant cette campagne, lui demanda en grâce de la commencer au moins, l'assurant que, si sa santé ne lui permettait pas de la faire tout entière, il ne s'opposerait pas à ce qu'il se retirât. Saint-Cyr eut la faiblesse de céder, et ne tarda pas à s'en repentir ; car le corps d'armée dont Moreau avait conservé le commandement, quoi* que désigné sous le nom de corps de réserve, fut comme les autres en première ligne. Les inconvénients prévus ne se firent pas attendre. >

Le maréchal Gouvion Saint-Cyr.

Mémoire adressé en 1814 au comité de la guerre par le lieutenant

général comte Duhesme.

« Une des principales causes de nos désastres, c'est ce système de la séparation des armes, et de former toute la cavalerie, même la légère, en divisions et en corps d'armée séparés ainsi, de fait et de commandement, de l'infanterie. De cette manière, de grandes lignes d'infanterie se sont trouvées isolées et abandonnées à elles-mêmes par des divisions de cavalerie, qui n'auraient pas été culbutées d'abord si elles eussent été soutenues par de l'infanterie sous le feu de laquelle elles se seraient ralliées.

« D'autre part, quand, dans ce système, on joint pour un seul mouvement à un corps d'infanterie une brigade ou un régiment de cavalerie, il n'y a plus de la part de cette cavalerie le même zèle, la même obéissance; il n'y a pas non plus entre les deux armes cette

même intelligence qui a lieu quand elles sont ensemble habituellement.

< Ce système, qui a dû son origine à l'ambition de quelques généraux de cavalerie, qui, n'aimant pas ou ne sachant pas manier toutes les armes, ont voulu avoir des armées de cavalerie sous leurs ordres, a beaucoup augmenté les états-majors de l'armée, en ce que les divisions ont été doublées ; puisque cette cavalerie, dont une partie était répandue dans les divisions de l'infanterie, a été formée en outre par divisions et par brigades séparées. Dès lors, les connaissances des officiers généraux ont été isolées, parce que, ne sortant pas de l'arme où ils avaient été élevés, ils y ont été bornés et n'ont pu prendre l'habitude d'en manier d'autres ; de là, le peu de bons généraux qui se sont formés dans les derniers temps, et la rareté d'hommes capables de bien mener les arrièce-gardes.

< Enfin, en agglomérant ces grosses masses de cavalerie, elles ont ont été affamées et fatiguées par un très-grand service de nuit, tandis qu'elles trouvaient abondance et repos quand elles étaient répandues sur toute la ligne. De là, le désordre, la confusion sur un champ de bataille, où chaoue arme s'isolant et ne s'entendant pas, chaque officier général voulait être indépendant et n'être pas commandé ; où tout le monde voulait faire quelque chose et ne prendre cependant aucune tâche ; et où jusqu'à des généraux d'artillerie, par ce principe d'isolement et d'amour-propre mal entendu, venaient disposer des Douches à feu des divisions, et les plaçaient ou les retiraient sans consulter le commandant de la division à laquelle elles étaient attachées.

< Employé comme officier général depuis nos premières guerres jusqu'à notre dernière campagne (1792-1814), j'ai pu connaître et juger la bonté et la défectuosité de nos diverses formations; et je préférerai toujours celle adoptée par les Pichegru, les Jourdan, les feléber et les Moreau.

€ Dans leurs ordres de bataille, la cavalerie légère était répartie sur toute la ligne et, de concert avec l'infanterie légère, en gardait les avant-postes. La grosse cavalerie formait des divisions de réserve pour se porter où le général en chef la jugeait nécessaire. Ainsi toutes les divisions formées régulièrement composaient un centre et deux ailes ; et cet ordre de bataille, ainsi réglé, établissait l'ordre des marches et la disposition des lignes pour toute la campagne. »

t Dans la campagne de 1866, on avait formé dans l'armée prussienne un corps de cavalerie de 12 régiments composé de 2 divisions à 2 et 3 brigades, les brigades à 2 ou 3 régiments.

« Ce corps d'armée (exclusivement composé de cavalerie et d'artillerie) fut le plus souvent subordonné à une des armées et ne reçut qu'accidentellement ses instructions du généralissime. Gomme un corps de ce genre ne peut s'échelonner utilement en profondeur ni pour son service d'éclaireurs, ni pour combattre en bataille rangée, mais qu'il est plutôt obligé d'employer ses divisions côte à côte s'il

438 QUÀKTIWte GfKf baux.

vent en tirer tout le parti possible, il en résulte que le groupement de ces divisions en corps d'armée n'a plus, dès lors, de raison d'être, et les fonctions de l'état-major du corps sont mieux remplies par celui du général en chef. Aussi, dans la guerre de 1870-71, n'a-t-on plus formé en Allemagne de corps d'armée de cavalerie, tandis qu'à chaque armée on a mis directement h la disposition du commandant en chef un certain nombre de divisions distinctes de cavalerie, forma* tion qui a parfaitement répondu aux besoins* »

M. le général Bronsart von ScheUendorff, chef d'état-major de la garde royale prussienne.

Méthode de travail de Napoléon et de Wellington.

Méthode de travail de Napoléon Ier.

« Depuis son avènement à l'empire, Napoléon ne fut plus dans l'usage de donner des ordres particuliers et spéciaux aux divers chefs de ses armées ou corps d'armée ; tout était compris dans un ordre général adressé à Berthier, son major général, souvent même dicté en sa présence, et quelquefois écrit par lui.

c Berthier transmettait ensuite des ordres partiels aux différents chefs de corps, ou de service, chacun en ce qui pouvait le concerner. »

Le baron de Mènerai, secrétaire de Napoléon.

c Pendant la campagne de 1813, le cabinet de Napoléon s'établissait toujours dans la pièce la plus grande et la plus convenable de toute la maison. Il y attachait plus d'importance qu'A la pièce qu'il habitait lui-même* Si on bivouaquait, Napoléon faisait dresser, tout près de sa propre tente, une autre tente destinée pour le cabinet, et toujours disposée avec la plus grande régularité.

« Au milieu de la chambre, il y avait une grande table, sur laquelle était étendue la meilleure carte du théâtre de la guerre* On orientait cette carte très -exactement, avant que Napoléon entrât, et on y piquait des épingles avec des têtes de couleurs différentes pour mar« quer, d'une part, la position des différents corps de l'armée française, d'autre part, ce qu'on savait de la position de l'ennemi. C'était l'affaire du directeur du bureau topographique, qui travaillait toujours avec Napoléon, et qui avait une parfaite connaissance des positions.

< Si cette carte n'était pas prête, on devait la chercher immédiatement après l'arrivée de Napoléon ; car c'était la chose à laquelle il tenait plus qu'à ses aises personnelles. Pendant la nuit, la carte était entourée d'une vingtaine de chandelles, entre lesquelles il y avait un compas pour mesurer les distances d'après l'échelle. Lorsque Napoléon montait à cheval, le grand écuyer portait la feuille de la carte, dont

QUA1TTMUI 6ÊHtlÀUX. 439

on parcourait la zone, attachée par un bouton sur la poitrine, de ma* nière à pouvoir la lui présenter toutes les fois qu'il disait : c La cartel »

Le général saxon von Odeleben, attaché à l'état-major de Napoléon en 4813.

c L'empereur Napoléon était lui-même le vrai chef de son étatmaior ; muni d'un compas ouvert à une échelle de sept à huit lieues en ligne directe (ce qui suppose toujours neuf à dix lieues au moins par les sinuosités des routes), appuyé et quelquefois couché sur sa carte, où les positions de ses corps 'd'armée et celles présumées de l'ennemi étaient marquées par des épingles de différentes couleurs, il ordonnait ses mouvements avec une assurance dont on aurait peine à se faire une juste idée. Promenant son compas avec vivacité sur cette earte, il jugeait en un clin d'œil le nombre de marches nécessaire à chacun de ses corps pour arriver au point où il voulait l'avoir à jour nommé; puis, plaçant ses épingles dans ces nouveaux sites, et combinant la vitesse de la marche qu'il faudrait assigner a chacune de ses colonnes avec l'époque possible de leur départ, il dictait ses instructions qui, à elles seules, seraient un titre de gloire. »

Le général Jomini, qui « été attaché à l'état-major de Napoléon.

« Un des plus grands plaisirs de Bonaparte pendant la traversée (de France en Egypte), c'était, après le dîner, de désigner trois ou quatre personnes pour soutenir une proposition, et autant pour la combattre. Ces discussions avaient un but ; le général y trouvait à étudier l'esprit de ceux qu'il avait intérêt de bien connaître, afin de leur confier ensuite les fonctions auxquelles ils montraient le plus d'aptitude par la nature de leur esprit. »

Boarrienne, alors secrétaire de Bonaparte,

c Pendant la campagne de 1809, Napoléon avait tous les jours, dans la cour du château de Schosnbrunn, une grande parade, à laquelle il faisait venir successivement les hommes qui sortaient des hôpitaux, ainsi que tous les régiments qui avaient le plut souffert, afin de s'assurer par lui-même si on les soignait, et s'il leur rentrait du monde.

• Il avait soin de faire assister à ces cérémonies militaires tous les généraux et administrateurs de l'armée qui étaient à une distance raisonnable; et c'était dans ces occasions-là qu'il se faisait rendre compte des causes de la non-exécution des ordres qu'il avait donnés, *

Le général Savary, alors aide de camp de Napoléon.

« Pendant son séjour à Vitepsk (août 1812), tous les matins, à six heures, Napoléon passait la revue des troupes sur la place où était situé le palais qu'il habitait, et qu'on venait d'agrandir à cet effet, en abattant quelques édifices inutiles. Cette revue était particulièrement

consacrée aux détachements de nos armées, qui venaient rejoindre journellement; ils étaient composés d'hommes sortis des hOpitaux, de militaires isolés de leurs corps, soit par suite de mouvements précipités et inattendus, soit par les incidents de la guerre, mais en grande partie de traîneurs : opprobre et lèpre des armées. Tous ces hommes, réunis en bataillons de marche, après avoir défilé devant l'Empereur, étaient dirigés immédiatement vers leurs corps respectifs. Quelques détachements de la garde impériale paraissaient aussi à chacune de ces revues, comme pour servir de modèle aux jeunes soldats par leur bonne tenue, leur ensemble dans l'exécution des mouvements, et leur parfaite discipline.

« Napoléon s'y montrait habile général et politique prévoyant. Souvent il adressait à ceux qui l'entouraient des paroles qui , passant de bouche en bouche, devaient produire une heureuse influence sur l'esprit de la troupe, et la disposer encore mieux aux opérations ultérieures, comme aux chances ae guerre.

< Un jour, passant en revue un bataillon de la vieille garde, il se retourna tout à coup vers l'intendant général de l'armée, et lui demanda à haute voix combien il y avait, à Vitepsk, de pansements dans ses ambulances pour l'usage de l'armée; l'intendant en ayant annoncé une quantité peu considérable, Napoléon , à qui tous les calculs de ce genre étaient familiers, repartit : • Il faut trente-trois pansements, terme moyen, pour un seul blessé; avec ce que nous avons,' nous ne pourrons donc suffire qu'à la guérison dun petit nombre. > Puis il ajouta d'une voix forte, et en se tournant vers les grenadiers de sa garde : < Ces braves se feront donc tuer pour moi, et ils manqueront des soins nécessaires ! Où sont les intendants de la

destitués ! > En disant cela, il paraissait vivement agité ; et continuant sur le même ton : « Quoi t tandis que l'armée est exposée aux fatigues, aux privations de tous genres, ces messieurs se reposent dans de grandes villes, et jouissent des plaisirs de la vie comme au sein de la paix ) L'honneur n'est pas de coucher dans des draps blancs, mais sur la boue. »

c L'intendant général ne dit mot, sachant bien que, dans ses moments de boutades, Napoléon n'aimait pas à être contredit; mais, dès que l'Empereur fut rentré dans son palais, il lui représenta que les intendants se trouvaient aux différents points qui leur avaient été assignés par des ordres supérieurs, auxquels ils avaient dû déférer. Napoléon, prompt à revenir sur des jugements précipités, ne manqua pas de révoquer ses ordres, et conserva chacun dans son emploi; mais ses paroles avaient déjà produit sur les troupes l'effet qu'il en avait attendu. >

Le général polonais Roman Soltyk, alors officier supérieur attaché à l' étatmajor de Napoléon.

« La veille de la bataille de Salamanque (1812). M. le maréchal Marmont mit pied à terre près de la 3e division, formée en colonne et au repos. Il était midi; sa maison le suivait. Là, vingt domestiques, ni plus ni moins, en grand deuil, quittant la guêtre longue à l'an-

Slaise, parurent en bas de soie, culotte courte et livrée à aiguillette e ruban.

c Trente chevaux ou mulets de bât furent déchargés de leurs cantines, dont on forma un rectangle. Il en sortit un service de linge damassé de la plus éclatante blancheur, qui , étendu sur la terre labourée, fut couvert d'une vaisselle en vermeil contenant des pièces froides, gibier, volailles, pâtés, etc., flanqyées de bouteilles de vins français : bordeaux, bourgogne. Là, déjeuna M. le maréchal et tout son état-major, côte à côte d'un régiment ayant à peine du pain à manger t Là, ce luxe intempestif fut étalé sans aucune considération, sans pudeur, devant une troupe qui, depuis quinze jours qu'elle était en campagne, avait à peine du pain, et qui, pour faire la soupe, ramassait en maraudant tous les grains possibles ! Bivouaqué dans un champ de pois, espèce de vesce à pigeon, j'ai souvenance qu'il fallait la récolter, la battre, puis la faire bouillir à trois fois avant d'en faire un aliment : son amertume s'v opposait.

« Certes, l'empereur Napoléon n'eût point commis une semblable faute, car c'en était une ; lui ne cherchait pas, par un luxe étrange, à éblouir ses armées ! son luxe, à lui, c'était la gloire. Et ce ne tut jamais devant des troupes sans pain qu'il vint déjeuner, et surtout étaler une vaisselle d'or, il eût plutôt demandé à manger au régiment. »

Le lieutenant-colonel Lemonnier-Delafosse, témoin oculaire.

c Je me rappelle que pendant une revue passée un jour où la pluie tombait avec abondance, Napoléon aperçut des généraux qui se retiraient à l'écart pour se couvrir de leur capote. Il alla, sans rien dire, se placer sous une gouttière, pour leur donner une leçon muette- de discipline et d'énergie. »

Le baron Mènerai, secrétaire de Napoléon.

< Lorsque Napoléon montait à cheval (en 1812) pour faire une reconnaissance, pour passer une revue ou pour se porter sur un point quelconque de la ligne, il ne voulait être suivi que par les officiers de service. Pendant une bataille, au contraire, tous indistinctement étaient censés de service, et employés à porter des ordres ou à multiplier les communications. L'Empereur, dans tous ses mouvements, était suivi d'un peloton de chasseurs de la garde et d'un autre de chevau-légers polonais, qui formaient son escorte. Indépendamment de ce nombre, quatre escadrons de service, tirés des quatre régiments de la vieille garde, le suivaient à une grande distance, et étaient prêts à soutenir, au besoin, l'escorte ordinaire.

c C'était un système ^adopté par Napoléon de tenir toujours secrets

442 QUARTO** GÉWftHCX.

les mouvements et ses résolutions; les officiers même de service n'étaient pas prévenus d'avance : aussi devaient -ils sans cesse être prêts à partir, et tenir leurs chevaux sellés et bridés. Dès qu'il avait . formé un dessein, il sonnait : tout à coup la porte de son cabinet s'ouvrait, et un huissier dé sa maison s'avançait, criant à haute voix : c L'Empereur t > Les grenadiers en faction aux différentes portes répétaient ce cri , en présentant les armes, et c'était là le signal de son départ. Au même moment, une voiture ou un cheval de selle était amené à la porte de sortie; Napoléon paraissait, marchait avec rapidité, montait et partait comme un éclair. Souvent, en 24 heures, il se trouvait porté à 40 ou 50 Jieues. Ainsi, son départ de Vilna fut subit, et eut lieu dans la nuit du 16 au 17 juillet (1812). Pour tromper toute prévision, on avait eu soin de placer, sur différentes routes, des relais, des chevaux de main et des brigades de service de la maison impériale. Quelques officiers seulement de l'état-major et de la suite de Napoléon les avaient accompagnés ; mais la plupart ne surent la direction que l'Empereur avait prise que lorsqu'il était déjà loin. »

Le général polonais Boman Soltyk, attaché à l'état-major de Napoléon en 4842.

Parmi les instructions particulières que Bonaparte m'avait données (en me prenant pour son secrétaire), il en est une assez singulière : « La nuit, — me dit-il, — vous entrerez le moins possible dans ma c chambre. Ne m'éveillez jamais quand vous aurez une bonne nou- « velle à m'annoncer ; avec une bonne nouvelle, rien ne presse. Mais, < s'il s'agit d'une mauvaise nouvelle, réveillez-moi à l'instant même, « car alors il n'y a pas un instant à perdre. >

Ce calcul était bon, et Bonaparte s'en trouva bien.

Bourdonne.

< Il était d'usage, dans la campagne de 1813, qu'un bataillon de la garde se rendit d'avance sur le point où l'Empereur devait prendre son quartier général, afin que tout fût disposé à son arrivée. Quelques jours avant la bataille de Lûtzen, à Erfurt, le général Berthezène, commandant la garde par intérim, n'avait pas encore reçu d'ordres à dix heures du soir, et l'on devait partir le lendemain à la pointe du jour. L'Empereur était couché, et le grand maréchal du palais luimême, n'osant troubler son repos, dit au général Berthezène d'aller prendre les ordres du major général Berthier. < Je ne sais rien , répondit celui-ci avec humeur, et je n'ai point d'ordres pour vous ; la ' garde ne me regarde pas t Allez voir le grand maréchal, ou le colonel de service. » Ni l'un ni l'autre n'osant entrer chez l'Empereur, le général Berthezène s'adressa enfin au duc d'Istrie (Bessières), qui prit sur lui d'aller demander les ordres et de les lui apporter. C'était là, à coup sûr, une commission toute simple et toute naturelle, et cependant on voit que, parmi les familiers, le maréchal Bessières fut le seul qui ait eu le courage de s'en charger.

QOAimis «tnttAnx. 443

« Le soir du 1er mai 1813 (Bessières venait d'être tué), je fus chargé de faire avec la vieille garde les dispositions nécessaires pour mettre le quartier général de l'Empereur à l'abri d'une surprise, qui devenait d'autant plus possible que la route de Lutzen à Zwenkau, par Meichen et Klein-Kutzen , était découverte , et que , d'un autre côté , quelques partis de cavalerie ennemie rôdaient encore vers Mersebourg et Halle. Ayant aperçu un homme mieux vêtu que ceux avec qui il se trouvait, je le pris pour me donner des renseignements dont j'avais besoin et pour me servir de guide. Il m'apprit que l'armée russe n'était plus à Leipzig, et qu'elle devait se trouver de l'autre côté de Pegau. « Il serait bon, ajouta-t-il, que l'Empereur le sût, mais ne me compromettez past > En rentrant, je voulus rendre compte à Napo léon de ce renseignement, mais il était couché et personne ne voulut l'éveiller. Soit que le lendemain on ne le lui ait pas dit, soit qu'il n'ait pas regardé cet avis comme assez sûr, il se décida à continuer sa marche sur Leipzig, après avoir entendu le rapport (erroné) du gêné* rai Drouot. »

le général de division Berthezèoe.

Méthode d$ travail dé Wellington.

« Il n'y a jamais eu un homme plus avare de son temps que le duc de Wellington. Quand il commandait une armée en campagne, il se levait rarement plus tard, souvent plus tôt, que six heures au matin. Si rien n'appelait spécialement son attention au dehors, il se mettait à son bureau, lisait les dépêches et y répondait jusqu'à neuf ou dix heures. Immédiatement après son déjeuner, il recevait les chefs de service, un à un : le chef d'état- major,- le quartier-maître général , le médecin en chef, l'intendant général, le chef de service des renseignements. S'ils avaient des papiers à lui lire ou à présenter à sa signature, il fallait qu'ils fassent écrits très-lisiblement et rédigés clairement. S'ils avaient des suggestions à lui faire ou des propositions à discuter, tout devait être exposé de vive voix. Jamais il ne rédigeait de mémoires pour des discussions, et ne les aimait pas.

c Le rapport terminé, il montait d'habitude à cheval, et se rendait, soit aux avant-postes, soit sur un point particulier de la ligne. S'il était de retour à son quartier général d'assez bonne heure pour consacrer une ou deux heures à la correspondance, il reprenait place à son bureau. Toutes les communications épistolaires importantes étaient écrites de sa propre main. Pour les matières du service courant, il se contentait de mettre en marge, ou en tète, sa décision en quelques mots, qui suffisaient à ses aides de camp et à leurs secrétaires pour rédiger l'ordre ou la réponse. Mais sa correspondance avec les ministres anglais, les gouvernements d'Espagne. ou de Portugal, était entièrement autographe* >

Le chapelain Gleig, qui a en de fréquentes conversations arec Wellington.

444 QUARTIERS GftTftRÀOI.

L'intendance et l'état-major, ces deux corps si importants dans Vannée française, n'existent pas en Amérique. Les attributions qu'ils centralisent sont exercées isolément par des services indépendants les uns des autres : l'adjudant général (affaires du service intérieur), les quartiers-maîtres (affaires concernant le matériel), les commissaires (subsistances), les maîtres payeurs, les médecins militaires, l'on pourrait ajouter l'ordonnance (armes et munitions). Le commandement militaire, au lieu d'avoir à s'adresser à un seul fonctionnaire, est obligé d'être en rapport avec chacun de ceux auxquels sont confiés les divers besoins de l'armée. Cette méthode est certainement moins commode que la nôtre pour un général ; mais peut-être pourrait-on en inférer que le commandement se trouve ainsi forcé de s'occuper de détails dont l'exécution finit toujours par incomber à sa responsabilité, darce que d'elle dépend, en grande partie, le succès de ses opérations militaires; enfin, que la concentration de tant d'attributions dans une seule main, ainsi que cela a lieu avec notre système d'intendance ^exige quelquefois un travail qui dépasse les forces humaines et diminue la responsabilité dé chaque chef de service, qui se trouve couvert par un fonctionnaire dont la surveillance, égarée sur tant d'objets divers, est nécessairement illusoire, et pour lequel souvent les seules signatures à donner, pour constater cette prétendue surveillance, occupent une longue et précieuse journée de travail employée ainsi en pure perte à un exercice mécanique.

H. le général français De Chanal, qui a suiîi, en 4864, les opérations de la guerre de lécession aai Etats-Unis.

Mesures à prendre pour connaître l'état réel des corps de troupes.

Extrait du Journal de marche tenu par un officier du 2e régiment de zouaves, pendant la campagne d'Italie en 1859.

• Le général Espinasse, commandant notre division, avait toujours .\ sa table quelques officiers subalternes des corps de troupes. Sachant par expérience que beaucoup de privations et de fatigues sont imposées inutilement aux hommes parce que le chef est mal renseigné, ou ne l'est pas du tout, et que i'état-màjor ignore souvent ce qui se passe au sein des troupes, il interrogeait ces officiers subalternes sur le nombre de pauses qu'on avait faites pendant la marche, sur les à-coup qui s'étaient produits, les causes des encombrements, si leur corps avait attendu inutilement avant de pouvoir entrer dans la colonne, à quelle distance il avait fallu aller chercher les distributions, quelle était la qualité des vivres, combien leur compagnie avait perdu d'écloppés, etc. Il consultait aussi la progression des entrées aux ambulances, et les rapports des médecins des corps. Enfin, il invitait chaque chef de corps et le commandant du bataillon de queue à l'avertir chaque t'ois que l'allure de la colonne s'accélérait trop. »

QUARTIMS GÉNÉRAUX. 445

Extrait des Instructions données par le général en chef de V armée autrichienne du Nord, au début de la guerre de 4866.

< Toute correspondance particulière est interdite avec des membres du quartier général au sujet des affaires de service ou des opérations ; toutes les propositions de ce genre ne doivent être transmises que par le canal officiel.

< Les officiers s'abstiendront rigoureusement, particulièrement dans les états-majors, de tenir des discours inquiétants ou de propager les nouvelles fâcheuses. >

L'empereur Napoléon au général Junot, commandant le corps chargé d'envahir le Portugal, de concert avec V Espagne.

Fontainebleau, 47 octobre 4807.

« Ne quittez pas votre armée, d'abord parce qu'un général ne doit jamais la quitter ; ensuite parce qu'il n'est grand que dans son armée, et qu'il est petit dans les Cours. Quelque invitation que Ton vous fasse (à Madrid), marchez avec une de vos divisions. •

Détails de l'organisation d'un quartier général, personnel et matériel.

rmés d'oment.

~~ Ténikeuï, le j 4 juin 4 864.

Le maréchal de Saint-Arnaud au chef d'escadron Hugueney, commandant le train des équipages, à GaUipolt.

« Le nombre assez considérable des militaires de toutes armes qui se trouvent détachés, comme ordonnances, à mon quartier général exige qu'une main ferme et intelligente vienne en prendre la direction pour régulariser le service de détail, maintenir la discipline parmi ces éléments hétérogènes, assurer la bonne gestion de l'ordinaire, etc.

« J'ai pensé que nul ne conviendrait mieux pour remplir cette mission pendant la campagne qu'un sous-officier du train, bien choisi.

« En conséquence, je vous prie de désigner pour cet objet un maréchal des logis ayant déjà 1 expérience nécessaire, et possédant le commandement et l'autorité sans lesquels il ne saurait rendre les services que j'attends de lui.

t J'ajoute que, sans vouloir priver l'une de vos compagnies d'un sous-officier comptable, il serait utile que le candidat que vous désignerez possédât l'instruction nécessaire pour tenir avec ordre la comptabilité des bons de vivres auxquels ont droit des militaires dont il s'agit.

« Ce sous-officier devra être dirigé sur Constantinople, ainsi que

416 QUAITI118 GÊttft&AUX.

son cheval! par la voie de mer et par la plus prochaine occasion. De ce dernier point, il ralliera désormais par terre mon quartier général à Yénikeuï.

t Je regarde comme avantageux de donner à ce sons-officier un intermédiaire auprès des hommes qu'il va être appelé à commander ; et, par suite, je désire cjue vous lui adjoigniez un brigadier sur lequel il puisse compter et qui soit bien monté. »

Vètat-major général de V armée du Rhin à la & direction

du ministère de la guerre

23 juillet 4870.

« Les équipages de l'état-major général forment un détachement composé de plus de cent hommes, de quatre-vingts chevaux et de dixhuit voitures, qu'il est indispensable, tant au point de vue de la direction que de l'administration, de placer sous les ordres d'un officier.

« Par la nature de son service, cet officier devant relever plus particulièrement du vaguemestre général, on a l'honneur de prier la 3e direction de vouloir bien désigner pour ces fonctions un lieutenant de gendarmerie, qui prendrait le titre d'adjoint au vaguemestre général. >

« Tout quartier général d'armée ou de corps d'armée reçoit, en Prusse, au moment de la mobilisation, une caisse de médicaments et une caisse de pansements. >

M. Frœlich, employé de l'intendance de la Garde royale pnnrieroie.

le représentant du peuple Rivaud, près de Vannée de Rhin-et-Moselle,

au comité de salut publie

Mannheim, le 2 brumaire an iy.

« Je dois vous faire connaître les plaintes des généraux sur l'impuissance où ils sont de subvenir aux frais de la ferrure de leurs chevaux.

« Il ne [faut pas vous en expliquer la cause : vous la connaissez. Vous pouvez mettre les généraux au-dessus du besoin à cet égard, en ordonnant qu'il soit établi à la suite de l'état-major de chaque division de l'armée une forge de campagne et un maréchal ferrant soldé par la République. Ce maréchal recevrait des magasins le fer et le charbon par compte et en proportion du nombre de chevaux qu'il aurait à terrer, et n'en pourrait ferrer d'autres que ceux des officiers de l'étatmajor, et ceux, si vous voulez, des chefs de brigade et chefs de bataillon, qui n'ont pas moins besoin que les autres qu'on vienne à leur secours pour cet objet. »

Oporto, le 23 mai 4 809.

« Les officiers des quartiers généraux éprouvant les plus grandes difficultés à faire ferrer leurs chevaux, ce qui les expose à être fré-

QUARTIERS GferëRÀCX. 447

quemment démontés, le commandant en chef a décidé qu'à chaque

Quartier général de division il y aurait un mulet chargé de fers et 'outils pour le ferrage.

« Le grand quartier général en aura deux. »

Arthur Wellesley (depuis duc de Wellington).

Le major général de V armés du Rhin au général SoleilU, commandant en chef l'artillerie,

29 juillet 4 870.

• J'ai l'honneur de vous prier de vouloir bien donner des ordres

Sour qu'une forge de campagne, munie de ses harnais, soit dirigée de [etz sur Thionville, pour être mise à la disposition du quartier général du 4e corps d'armée. »

Le ministre dé la guerre au premier aidvmajor général de l'armée

du Rhin.

Paris, le 20 juillet 4 870.

< J'ai l'honneur de vous informer qu'en vue d'assurer le service de marécljalerie au grand quartier général, je donne des ordres pour que deux maréchaux ferrants en pied, de Saumur, et deux également en pied, de Saint-Cyr, soient dirigés immédiatement sur Nancy.

c Ces quatre ouvriers seront placés, pendant la durée ae la campagne, dans le détachement de cavaliers de remonte chargés des bagages. •

Le général Barnes, adjudant général de Varmée9 au général Gordon,

quartier maître général.

43 arril 4845.

« Le duc de Wellington me charge de vous prier de nous envoyer la presse de campagne dont nous faisions usage dans la guerre de la Péninsule. Le sergent Buchan, du 3e régiment de la Garde, qui est encore à Londres avec son bataillon, était l'imprimeur ; il connaît les types et le matériel dont nous avons besoin, et il serait désirable qu'il en fût de nouveau chargé.

« Envoyez-nous des chevaux d'Angleterre, car ici ils sont devenus rares et chers par suite des besoins des différentes armées. >

ARMÉE D'ORIENT

An camp devant SébastopoJ, le 34 décembre 4854*

Au ministre de la guerre.

« Le nombre des divisions de l'armée s'accroît tous les jours, et vous n'avez pas pensé jusqu'ici qu'il fût utile de les grouper en corps

d'armée, commandés par des officiers généraux ayant un état-major spécial et disposant de tous les moyens qui accompagnent une forma* tion régulière de ce genre. J'ai, il est vrai, divisé l'armée en deux corps, dont l'un est particulièrement chargé des opérations du siège, l'autre gardant nos positions extérieures, qu'il a la mission de défendre. Mais les officiers généraux qui commandent ces deux corps n'interviennent que pour diriger leurs opérations d'ensemble, et les divisionnaires sous leurs ordres ont conservé, au point de vue des détails administratifs et autres, le commandement direct de leurs troupes.

c Les choses marchent ainsi fort convenablement, mais le travail de ces états-majors multipliés venant aboutir à un centre unique, le cabinet du commandant en chef et l'état-major général sont surchar-

fés, et il me parait indispensable qu'une imprimerie soit mise à ma isposition pour remplacer les pierres à lithographier dont nous nous sommes servis jusqu à ce jour pour multiplier rapidement les ordres généraux et particuliers communs à toutes les divisions. Ce moyen, toujours très-imparfait, est devenu insuffisant. Une imprimerie portative, peu compliquée, pourvue de son matériel de transport et accompagnée tfun personnel entendu dans son mouvement, nous serait d'une grande utilité.

« L'armée anglaise, dont les besoins du même ordre sont jprt audessous des nôtres, en est pourvue. »

Le général commandant en chef, Ganrobert.

Le premier aide-major général de V armée du Rhin à la S9 direction

du ministère (te la guerre.

23 juillet 4870.

• La 8* direction peut faire diriger dès à présent sur Metz le personnel et le matériel de l'Imprimerie impériale, détachés au grand quartier général* Us attendront son arrivée dans cette place. »

Le major général de V armée du Rhin aux commandants des huit corps

alarmée.

49 juillet 4870.

« J'ai l'honneur de prier Votre Excellence de vouloir bien se procurer, dans le plus bref délai possible et par les moyens qu'elle jugera convenables, les presses lithographiques nécessaires aux besoins de son quartier général. »

le maréchal commandant le 3d corps au major général de Varmée

du Rhxn.

Metz, le 22 juillet 4870.

« J'ai l'honneur de rendre compte à Votre Excellence, en rapport à sa lettre par laquelle les états-majors sont invités à se pourvoir de

QUA1TIKES GÉNÉRAUX. 449

presses lithographiques, qu'il ne sera pas possible de se conformer à cet ordre, parce que les commerçants n'en ont pas à Tendre, par suite de Vautorisatton ministérielle qui leur serait indispensable.

« Il conviendrait» ce me semble, que le ministère de la guerre en fit lui-même l'acquisition à Paris et les envoyât aux états-majors des corps d'armée. »

Le général Colson, chef d'état-major du 1" corps formée, à M. Aubry,

inspecteur des télégraphes,

29 juillet 4870.

« Prière à Monsieur l'inspecteur des lignes télégraphiques de faire adresser au bureau de l'état-major général la liste complète des postes télégraphiques du département du Bas-Rhin et du département de la Moselle. >

Le major général de V armée du Rhin au ministre de la guerre.

Metx, le 2 août 4870.

• Je vous ai demandé de me faire parvenir d'urgence des imprimés (formules) de décrets pour promotions et décorations. Rien n'arrive. • •

Logement du quartier général.

Après la paix de Tilsit, Gneisenau (devenu plus tard chef d'étatmajor de Btûcher) fit insérer, non sans motifs, dans le journal de Kœnigsberg, < le Volksfreund >, le trait satirique suivant :

« Le général français Petit voulut un jour acheter dans une ville allemande une carte du pays. Le marchand lui dit ou'il venait de vendre tous les exemplaires qui lui restaient à des soldats de sa brigade. Le général s'en étonna, et pour s'en assurer il demanda au grenadier qui était de planton chez lui s'il avait une carte du pays. Oui, répondit le grenadier, et il la présenta au général. Après y avoir jeté les yeux, ce dernier la rendait au grenadier, lorsque celui-ci dit en riant : « Mon général, vous devez trouver que ma carte ne ressemble pas du tout à la vôtre? — Pourquoi donc? — C'est que, mon général, sur la vôtre, il n'y a que des châteaux, et sur la mienne, rien que des bivouacs. * — Depuis cette fine leçon, le général eut soin de ne plus camper son monde dans la boue pour se loger au loin et à l'aise. »

Le système de fanions et guidons employé à l'armée du Potomac

S rendant la Sécession) était fort ingénieux. La seule inspection du rapeau flottant sur une tente, une maison.., etc., indiquait à l'instant

450 QtJimni stnt uux.

même le corps d'armée, la division et la brigade où l'on se trouvait, -

ainsi que le service auquel on avait affaire.

Voici en quoi consistait ce système :

Chaque corps d'armée a nu signe distinct! f: le 2* corps, par exemple, avait nn trèfle; le 6', une croix. La forme du drapeau et la disposition des couleurs désignent les services, les brigades et les divisions.

Le drapeau de l'état-major général d'un corps d'année a la forme d'une flamme à deux pointes; son champ est bleu, son meuble est blanc

Le drapeau divisionnaire est carré ; le drapeau de la brigade, triangulaire.

En faisant varier la couleur du champ et celle du meuble, on distingue les divisions et les brigades entre elles.

La 1™ division a le champ blanc et le meuble rouge.

La V — a le champ bleu et le meuble blanc.

La 3* — a le champ blanc et le meuble bleu.

Les champs des drapeaux des brigades sont ceux des divisions auxquelles elles appartiennent.

La \ " brigade a le champ uni.

La 2* — a le champ bajré par une raie parallèle à la hampe, et d'une couleur différente du champ et du meuble.

La 3* brigade a le champ bordé de cette même couleur.

La 4* — a les trois angles teintes.

6* corps, 1™ dirfaion, i" brigade.

G* corps, 2e diiisioa, 2* brigtdc.

QÇABTIIU StHtUDX.

6* coq», 3> diririon, » brigade.

i à la cavalerie, dont la meuble Ainsi, un soldat égaré voit sur un campement le drapeau ci-contre.

Le trèfle lai indique immédiatement qu'il est au milieu dn 2* corps d'année; la forme triangulaire, qu'il est à l' état-major d'un général de brigade; le champ bleu, que cette brigade appartient a la x* division; 1rs trois angles teintés d'une couleur différente du champ, que cette brigade est la 4*.

Les armes spéciales avaient aussi leurs étendards distinctifs. Le champ rouge avec le meuble blanc était réservé a l'artillerie. Le pavillon du commissariat avait le champ vert; celui du service médical, le champ Jaune, etc.

tte classifica "

Cette classification des pavillons, qui paraît compliquée dans son explication, est dans la — ,; — J* — " — K-T,J —'-"--- ■ -* — — soldat ne s'y trompait.

explication, est dans la pratique d'une simplicité extrême ; et pas u soldat

Au chef d'escadron Danven, commandant du quartier général. Tïrano, le S niiûse an a.

• La nécessité de faire le logement du quartier général avec exactitude exigeant que chaque logement soit reconnu, je vous préviens, citoyen commandant, qu'il vous sera adjoint un officier de l'état-major qui, de concert avec vous, fixera les logements et les reconnaîtra.

« Vous prendrez avec vous, lorsque vous voua mettrez en marche pour établir le quartier général, deux brigadiers d'un des corps de

troupes à cheval qui se trouvera au quartier général ; et deux caporaux, d'un des corps d'infanterie. Les premiers seront destinés à reconnaître les écuries destinées aux chevaux des généraux, officiers d'état-major, aides de camp, commissaires des guerres. Les seconds reconnaîtront les logements des administrations inférieures.

« Je vous invite à mettre à l'avenir la plus grande régularité dans ce service. »

Le général, chef de l'état-major de l'armée des Grisons, Mathieu Damas.

Instruction générale pour la marche, rétablissement et le service

du grand quartier général.

4Î vendémiaire an xiv (4 octobre 4805).

• Toutes les fois que le quartier général devra changer d'emplacement, M. l'adjudant commandant Lomet et le capitaine adjoint Bolesta partiront à l'avance pour y établir le logement :

• Du major général ;

c Du générai Andréossy, aide-major général;

« Du général Mathieu Dumas, maréchal général des logis ;

c Du général Sanson, chargé du service topographique ;

c Du général Songis, premier inspecteur général de l'artillerie ;

c Du général Marescot, premier inspecteur général du génie ;

« De M, Petiet, intendant général;

c De M» Villemanzy, inspecteur en chef aux revues ;

« Du payeur général;

c Du commissaire des guerres chargé de la police du quartier général;

c Du colonel Wolff, vaguemestre général ;

« De M. Ghappe, directeur du télégraphe ;

« De la gendarmerie attachée au quartier général ;

« Du directeur de la poste.'

« MM. les généraux Dumas, Sanson, Songis, Marescot, MM. Petiet et Villemanzy sont invités à faire partir à l'avance un officier ou quelqu'un qui leur soit attaché, ou muni d'une autorisation par écrit

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par le grand réchal du palais.

« L'adjudant commandant Lomet dressera dans chaque gîte un état des logements désignés pour les généraux et chefs d'administration, pour lui, pour le commandant du quartier général, le commissaire des guerres, le vaguemestre général et le commandant de la gendarmerie, et le remettra au chef de Pétat-major général.

« Le vaguemestre général cherchera dans chaque gîte du quartier général un emplacement convenable pour faire parquer les voitures et caissons qui ne seront pas établis dans les logements : il y sera

QUARTIERS GÊIUSEàUX. 453

placé une garde. Il se concertera, à cet effet, avec le commandant du quartier général.

« Lorsque le quartier général sera en marche, le vaguemestre général fera marcher les équipages dans l'ordre indiqué ci-dessus pour le logement, et veillera à ce que toutes les voitures marchent ensemble et ne se dépassent pas. Les chevaux «de suite suivront les équipages, et le vaguemestre ne souffrira pas qu'aucun domestique s'arrête ou change de route.

« Tous les officiers attachés au grand état-major général partiront en même temps crue les équipages, qui seront accompagnés par la

Sendarmerie ou la troupe attachée au quartier générai. Le commanant viendra, en arrivant au logement, prendre les ordres du chef de l'état-major général; il exécutera tous ceux qui lui seront transmis de sa part par le commandant du quartier général.

« MM. les généraux et chefs d'administration qui n'occuperaient pas les logements qui leur auraient été affectés par l'officier chargé du logement, sont invités à faire connaître au chef de l'état-major général celui où ils se seraient définitivement fixés.

« Le commandant du quartier général prendra, aussitôt son arrivée, toutes les mesures les plus convenables pour assurer Tordre et la sûreté dans le quartier général. Il établira, en conséquence, un ordre de service, tant pour faire fournir une garde de police que pour les sentinelles à placer et les ordonnances ou plantons à fournir.

« Il y aura chez le major général un poste de 12 hommes , commandé par 1 officier, 2 sentinelles, 4 ordonnances à cheval.

[4 ordonnances à cheval ; « Chez le général Andréossy. . . { 2 plantons ;

(1 sentinelle.

« Chez le commandant du quartier général. . jj SJ^jf6 ;

• . Che* le payeur général. . . .{{ ^^SB&ï

c Chez les généraux Dumas» Sanson, Songis,) Marescot. . [Chacun 1 sentinelle.

< Chez MM. Petiet et Villemanzy )

« Enfin, le commandant du quartier général fera donner au commissaire des guerres chargé de la police du quartier général quatre (4) ordonnances à cheval, qui seront à sa disposition pendant toute la marche du quartier général.

« Il fera fournir également les factionnaires gui lui seront demandés pour la garde des magasins qui seraient établis dans le quartier général, et pour maintenir l'ordre pendant les distributions.

< Si le quartier général se trouvait dans le cas d'être exposé à être attaqué, le commandant du quartier général disposera des postes et des sentinelles. Afin d'éviter toute surprise, il indiquera, en arrivant au logement, le point où la troupe devra se rassembler en cas d'alerte.

« Il ordonnera le soir des patrouilles chargées de s'assurer que l'ordre règne partout.

c II se fera donner par la municipalité un local pour servir de salle de discipline.

• Il ne fera délivrer aucun billet de logement que pour les personnes attachées au grand état-major général.

« Enfin, les adjoints employés près du chef de l'état-major général feront connaître exactement leur logement, afin qu'on puisse les trouver en cas de besoin*

« Il y aura tous les jours un officier de service au logement dû chef de l'état-major général ; U y passera la nuit et attendra les ordres du général. »

L'aide-major, chef de l'état-major général, Aùdréossy.

Le major général Berthier au générai Ménard.

Bamberg, 7 octobre 4806.

fonctions concerne tion particulière.

c M. le général Ménard, aussitôt qu'il aura -reçu Tordre que lequar* tier général marche, se rendra le plus promptement possible, avec ses propres chevaux, au nouveau quartier général impérial. Il se fera sur-le-champ donner un logement, et il lui sera affecté une brigade de gendarmerie. Il mettra la police parmi les militaires et employés du quartier général impérial. Il se procurera le plus tôt possible la liste des logements de chacun; enfin, il est le centre commun de tout ce qui va et vient. Il doit prendre Connaissance de l'arrivée des principaux chefs militaires et de l'administration ; il doit aussi prendre connaissance des établissements militaires de manutention, des ressources du pays, des hôpitaux, des magasins militaires, s'il y a lieu ; placer sur-le-champ une sauvegarde à la poste aux chevaux, qui ne

< Il doit, aussitôt son arrivée, être en communication avec les auto rites du pays; et enfin, à mon arrivée, prendre mes ordres, et suc* cessivement chaque jour. Il doit être aidé par ses deux aides de camp. Il ne doit pas négliger, quand il arrive dans un quartier général, de savoir tout ce qui s'y dit sur la position de l'ennemi.

c M. le général Ménard voyage de sa personne aveu ses chevaux: quant à son fourgon, il doit suivre les équipages du quartier général comme les autres. »

t Pour revenir de Valladolid à Paris (janvier i809J. Napoléon fit „.3ttre ses chevaux de selle en relais sur le chemin ae Valladolid à Burgos, avec un piquet de chasseurs à cheval à chacun des relais, de manière à n'avoir que 3 à 4 lieues d'un relai à l'autre.

mettre

QUA1TIEE8 «ftfttlUtiX. 455

« Ces dispositions se prenaient sou /entet sans bruit chez l'empereur. Pour les comprendre, il faut savoir que son écurie de chevaux de selle était divisée par brigades de 9 chevaux, dont 2 étaient pour lui et les 7 autres pour les personnes de son service qui ne le quittaient pas. L'écurie des chevaux de trait était divisée par relais; 1 relai était composé de 3 attelages. Il y avait 1 piquet de chasseurs attaché à chaque brigade comme à chaque relai. Ainsi, lorsque l'empereur avait 20 lieues à parcourir à cheval, c'étaient ordinairement 6 brigades qui allaient se placer sur le chemin à faire. Les chevaux des palefreniers portaient des porte- manteaux où étaient des rechanges complets et des portefeuilles avec papier, plume, encre et cartes de géographie; ils portaient aussi des lunettes d'approche. S'il fallait taire 20 lieues en calèche ou en voiture , c'étaient 6 relais qui marchaient, au lieu de 6 brigades de chevaux de selle. Les uns et les autres étaient numérotés, ainsi que les piquets d'escorte, et pouvaient s'assembler la nuit sans que cela causât le moindre mouvement. Les aides de camp de l'empereur étaient tenus d'avoir, dans ces cas-là, un cheval à chaque brigade ; mais lorsqu'on voyageait en voiture , ils y avaient place.

« L'empereur partit donc ainsi de Valladolid de grand matin, par une belle gelée, et vint au grand galop de chasse jusqu'à Burgos. Il y arriva en 5 ou 6 heures. Jamais souverain n'a fait autant de chemin à cheval aussi rapidement. Il avait également fait placer des relais d'attelage depuis Burgos jusqu'à Bayonne, en sorte qu'il n'arrêta

S l'un moment à Burgos et alla à Bayonne sans sortir de sa voiture, n'y resta qu'une matinée et partit de suite pour Paris. »

Le général Savary, alors aide de cojnp de Napoléon.

GHAKDE ABMÉB.

~" Gloubokoïé, le tt juillet 4842;

Ordfé.

« Le général de division Gaulaincourt aura le commandement du quartier général impérial et de toutes les communes environnantes qui peuvent l'approvisionner. U aura sous ses ordres un colonel commandant la place; pour les détails, les troupes de la carde faisant le service de la place, la gendarmerie du quartier général , une section de gendarmerie d'élite, les guides de l'armée, les troupes de Bade, les chasseurs du 28e, les chevau-légers saxons et autres troupes qui seraient attachées au quartier général.

« Aucun détachement ne se Fera que par ses ordres. Il aura soin de maintenir la police au quartier général impérial et dans les environs, de placer des gardes à tous les magasins et moulins à 4 et 5 lieues à la ronde ; de se concerter avec les autorités locales pour leur fournir tous les moyens nécessaires à l'ordre et au service des subsistances, à l'escorte des convois, à la garde des magasins, etc.

< Il réglera l'emplacement des manutentions, des hôpitaux, des

456 QUARTing GÉNÉRAUX.

ambulances. 0 décidera de l'emplacement qu'occuperont les bagages et parcs, et enfin sur toutes les mesures nécessaires pour tenir le quartier général en ordre et abondamment approvisionné.

« Il nous remettra tous les jours l'état de situation de toutes les troupes du quartier général impérial -et de l'emploi qui en est fait. U prendra nos ordres directs pour tous les besoins du service.

c II réglera aussi tout ce qui concerne la distribution des logements, et enfin tout ce qui intéresse la police, la sûreté et l'approvisionnement du quartier général impérial. >

Napoléon.

Instructions données par le feldrmarêchal , prince de Schwarzenberg, à l'ouverture de la campagne de 1815, pour son quartier général.

c Si tout le quartier général ne peut pas être logé dans la même localité, on utilisera les localités les plus voisines. Le bureau des opérations militaires, celui de la correspondance générale et celui du commandant du quartier général, seront toujours dans le même endroit que le général en chef. Une hiérarchie sera fixée pour les autres services. Les troupes affectées au service du quartier général seront logées le plus à proximité; d'abord, les estafettes, puis 1 infanterie, et, enfin, la cavalerie, qui pourra être cantonnée plus loin. Le train restera près des routes.

< Les adresses des logements des personnes faisant partie du quartier général seront placardées chez le commandant en chef, le chef de l'état-major, les chefs des bureaux des opérations et de la correspondance générale, de l'intendant en chef, du commandant du quartier général, du commandant ae la garde du général en chef et chez le maire de la localité.

« Pendant les opérations, les fourriers du quartier général chargés de préparer le logement seront formés en deux sections, afin d'en avoir une sous la main s'il y a lieu de quitter subitement la localité.

c Les circonstances décideront s'il faut leur donner une escorte ; d'habitude, ce seront les dragons d'état-major qui la fourniront. Ces fourriers attendront le quartier général à l'entrée de la ville pour le guider. Leur chef est chargé, en outre, d'assurer les perceptions pour toutes les personnes du quartier général.

« Un des vaguemestres de l'état-major sera toujours présent quand on chargera et déchargera les papiers et le matériel des bureaux. »

Ordre général.

Zarza-Ia-Mayor, & juillet 4809.

« Les officiers généraux, ceux de l'état-major et des corps de troupes sont priés d'afficher leur nom à la porte des maisons dans lesquelles ils sont logés. >

Le général en chef, Arthur Wcllesley (depuis duc de Wellington).

QUAHTI1M GfilffrUUX. 451

Le chef iï état-major du 4" corps de l'armé* dltaUê au» chefs

àïètabmajor des divisions.

4 3 juin 4869.

« Le quartier général du corps d'année forme une unité, dont l'installation dans les cantonnements doit, dans l'intérêt môme du service, précéder en entier celle des états-majors divisionnaires.

« En conséquence, les états-majors divisionnaires, en arrivant dans la même localité que le quartier général du corps d'armée, ne doivent choisir leur logement que lorsque celui du quartier général a été arrêté.

€ MM. les généraux de division sont priés d'assurer l'exécution de cette disposition, en donnant des ordres pour que les maisons désignées pour les chefs de service du quartier général du corps d'armée ne soient prises par qui que ce soit.

« Il est bien entendu que toutes les fois qu'il y aura un ou plusieurs généraux de division logés dans la même localité que le maréchal commandant le corps d'armée, ils occuperont, de leur personne, selon le numéro de leur division, les locaux les plus convenables après celui destiné au maréchal. »

ARMÉB D'iTAUB.

Norare, le 2 juin 4 859. .

Ordre général.

c À l'avenir, le général Rose, qui commande le. grand quartier général, exercera toujours les fonctions de commandant militaire dans les localités où se trouvera ce même quartier général.

< Pour l'aider dans sa mission, il aura à sa disposition le lieutenant-colonel du 1" de grenadiers, lequel remplira l'emploi de commandant de place dans la même localité.

c Par suite de cette décision, M. le général Rose aura, toutes les fois que le grand quartier général sera transporté dans une nouvelle résidence, à assurer, dans cette localité, l'installation des troupes, à régler le service des gardes, postes et plantons, à surveiller les services administratifs, en tant que cela intéresse le commandement, et à prendre enfin toutes les mesures de police et de discipline, etc., etc., qu'il jugera convenables. »

Le major général Vaillant

Le payeur général de formée a* Italie au major générale

Valeggio, le 4 juillet 4859.

c II est à désirer que le Trésor, s'il ne peut être installé dans la même maison que l'intendance, en soit au moins très-rapproché. »

458 QUART1B1S GÉHÉtÀUX.

Le major général de l'armée du Rhin au comte Davtiliers, premier

écuyer de V Empereur.

22 juillet 4870.

« Il est un service dont il faut que le major général et ses aidesmajors se préoccupent.

i Quand l'Empereur (généralissime), à l'armée, aura à se porter

le faire toujours à cheval.

c Le service que vous organisez a-t-il prévu ce cas? Je le suppose* Si vous n'y avez pas songé, et si vous ne pouvez pourvoir au service dont je parle, il faudrait absolument que le major général pût emmener avec lui une voiture légère, avec deux chevaux convenables, et que, pour les deux aides-majors généraux, ils eussent aussi, par décision arrêtée par l'Empereur, une voiture légère à deux chevaux.

< Donnez-moi les moyens d'être fixé sur ces points. »

Transmission des ordres, plantons.

Au quartier général impérial de Vitebsk, le 42 août 4842.

Napoléon, Empereur des Français, etc., Nous avons décrété, et décrétons ce qui suit :

Art. 1*.

c II est créé près de notre personne deux places d'aides de camp aides-majors généraux, l'un de l'infanterie, l'autre de la cavalerie.

« Les aides de camp aides-majors généraux seront nommés à chaque campagne.

Art. 3.

c Les deux aides de camp aides- majors généraux seront chargés, l'un pour l'infanterie, l'autre pour la cavalerie, de recevoir et de transmettre tous nos ordres pour les mouvements de troupes sur le champ de bataille. Tous les ordres de mouvements verbaux, en bataille, seront expédiés par leur canal aux officiers (^'ordonnance et d'étatmajor. Ils seront chargés de reconnaître l'emplacement des troupes. Ils auront à leur suite des officiers des différentes divisions qui composent V armée , et devront bien connaître où se trouvent tous les corps sur le champ de bataille. »

• QUAwrms GtoiiiAux. 489

ARMÉE D'ORIENT

Quartier général derant El Arych, 30 pluviôse an vil (48 fév. 4799).

Ordre du jour ■•

< L'ordonnateur en chef campera toujours près du général en chef. Dans le cas où les circonstances le feraient camper autre part, il aura soin de prévenir l'état-major de l'armée. Cette nuit, il a été impossible de le trouver pour lui porter des ordres.

< Les généraux commandants de divisions, le général commandant la cavalerie, auront toujours deux ordonnances à l'état-major général lorsque leur division sera à portée. Les généraux d'artillerie et du génie en auront une. Le commandant des dromadaires aura également une ordonnance au quartier général.

c Le général d'artillerie et le général du génie camperont toujours près du quartier général.

« L'ordonnateur en chef préviendra le chef de l'état-major général, à chaque campement, de la situation des magasins. » Par ordre du général en chef Bonaparte,

Le général de dimion, chef de l'état-major général,

Buthier.

A*MÉI DE PORTUGAL.

27 septembre 4840.

Ordre de marche pour le grand quartier général.

D'après les dispositions prescrites par M. le maréchal (M asséna) , prince d'Essling, commandant en chef l'armée de Portugal, le chef de l'état-major, ses aides de camp, les adjoints à l'état-major, le commandant de l'artillerie de l'armée, le commandant du génie, leurs chefs d'état-major et aides de camp,

< L'intendant général,

€ Les généraux à la suite de l'état-major, avec leurs aides de camp,

< L'ordonnateur et le commissaire des guerres attachés au grand quartier général partiront tous les jours de marche avec le général en chef, et enverront chercher tous les soirs, chez le chef de V état-major général, tordre de départ.

Ils ne pourront avoir, à la suite du quartier général, pour les jours de marche, que le nombre de chevaux nécessaires pour le service. Leurs équipages et l'excédant des chevaux, etc., ainsi que les personnes qui ne sont pas dénommées ci-dessus, n e devront point marcher avec le général en chef.

c Le commandant de la gendarmerie sera chargé de l'exécution de cet article.

c Toutes les personnes no n comprises dans le présent ordre marcheront avec le 8* cor ps qui fait l'avant-garde, et les équipages mar-

460 qc umms etanteAra.

cheront à la suite du S0 corps formant farrière-garde et seront an escorte. >

Le géaénl de difwea, chef de l'état^Bajer aéaénl,

FUBKHI.

An quartier général à Bile, le 24 mite » *m (44 jaar. 4»0).

Ordre.

c Les officiers d'état-major attachés an qnartier général, les cornmandants de l'artillerie et du génie, les inspecteurs généraux, le commissaire ordonnateur en chef, les commissaires des guerres charges des différents services, ainsi que les chefs des administrations, devront, dès qu'ils auront connaissance du présent ordre, envoyer leur adresse au bureau des renseignements de Fétat-major général.

c Sans autre avis, cette mesure sera de rigueur toutes les fois que le quartier général changera de résidence. »

Par ordre du général en ehef Morean,

Le chef de l'étatanajor, Dessole.

AWTÉI D'ITALIE.

3 juin 4859.

Le maréchal Vaillant, major général, au commandant de Vartiiïerie d$ V armée , au commandant du génie de Tarmée, et à ^intendant général.

« Afin que le service soit complètement assuré, il est indispensable que vous puissiez être toujours en communication avec le grand quartier général.

« A cet effet, chaque fois que Ton changera de résidence, et aussitôt que le logement que vous devez occuper aura été reconnu , tous voudrez bien envoyer au grand quartier général un planton pris dans les troupes sous vos ordres.

< Les communications se trouveront donc immédiatement établies entre vous et le major général. > x

ARMÉS D'ITALIE

Au grand quartier général, 40 juin 4859. Au général Rote, commandant le grand quartier général.

« A partir d'aujourd'hui, 10 juin, le service du grand quartier général sera fait par des plantons permanents qui sont déjà arrives à leur poste. ,

« Il n'y a donc plus lieu de commander les plantons journaliers qui, jusqu'à présent, ont fait le service du grand quartier général. >

Le maréchal major général, Taillant.

QUARTKRS GfftgBAUX. 4M

AKË&E D'ITALIE.

Le major général VaiUant aux commandante de corps d'armée.

« Le service du grand quartier général exige remploi d'un certain nombre de secrétaires et ae plantons,

c Ces derniers ont, jusqu'ici, été fournis par la garde impériale ; mais cette disposition ne peut plus être maintenue» et, d'ailleurs, l'expérience a démontré que le service de planton serait beaucoup mieux fait si ceux-ci étaient permanents.

« Je vous prie donc de vouloir bien faire fournir par votre corps d'armée, le plus tôt possible, 2 secrétaires du grade de sergent ou de caporal, 1 sergent et 1 soldat pour le service de planton permanents, lesquels se rendront tous quatre au grand quartier général.

* Vous me ferez connaître leurs noms. >

Quartier général de la grande année coalisée, 47 janvier 4844.

« Tout courrier militaire qui perdra ses dépêches sera, à l'avenir, traduit devant une cour martiale.

« Afin d'éviter ces sortes d'accidents, les commandants de division et de corps d'armée feront Confectionner des portefeuilles en cuir se croisant sur la poitrine avec des courroies.

c Le couvercle portera l'indication en chiffres de la division et du corps d'armée. »

Le généralissime, Sehwar wnberg.

Escortas.

L'empereur Napoléon au ministre de la police générale.

Schœnbnmn, le 44 septembre 4809.

€ Vous devez partir du principe qu'il faut avoir, pour me garder, quatre quartiers de noblesse, c'est-à-dire quatre blessures reçues sur le champ de bataille. Je ne consentirai jamais à admettre de service auprès de moi des muscadins n'ayant pas noirci sous le harnais. »

Ordres dictés par Napoléon pour la répartition de son quartier général

sur le champ de bataille.

23 mai 4843.

« Aucun individu, de quelque grade qu'il soit, ne suivra l'Empereur quand il monte à cheval.

« Le major général, le maréchal de service, le grand écuyer, deux

aides de camp que Sa Majesté désigne, et, en cas qu'elle ne les ait pas désignés, les deux aides de camp de service ; deux officiers d'ordonnance que Sa Majesté désigne, et, en cas qu'elle ne les ait pas désignés, les deux officiers d'ordonnance de service ; un page, le mamelouck Roustan, et un seul officier des écuries suivront Sa Majesté.

< Il n'y aura ni palefrenier, ni chevaux de main, ni domestiques pour tenir les chevaux des personnes ci-dessus nommées comme accompagnant Sa Majesté. En cas d'événement, elles seront servies par le piquet.

c Le piquet sera commandé par le général Guyot et composé de 25 hommes.

« Il y aura, de plus, l'officier polonais Wonzowitz, pour servir d'interprète ; en cas qu'il soit indisposé, il en sera désigné un autre pour remplir les mêmes fonctions.

c Tous les autres aides de camp, officiers d'ordonnance, généraux, généraux d'artillerie et du génie, intendant général, commissaires ordonnateurs, et généralement toutes les personnes autres que celles exceptées ci-dessus, suivront l'escadron de grenadiers à cheval de service et resteront toujours derrière cet escadron.

« Un officier supérieur de la garde, désigné à cet effet d'une manière permanente, sera chargé de la direction de cet escadron, qui sera toujours placé à plus de huit cents toises (1,500 mètres) de l'Empereur, et ne suivra point ses mouvements. Le major général ne le fera suivre que lorsque Sa Majesté aura pris une direction ; de sorte que le quartier général soit toujours derrière cet escadron, et qu'on puisse toujours l'y trouver, soit pendant une bataille, soit pendant les marches.

< L'éeuyer de service est compris au nombre de ceux qui se tiendront derrière l'escadron de grenadiers de service.

c Les deux autres escadrons de chevau-légers et de chasseurs se tiendront dans une position intermédiaire, et avanceront, selon les circonstances, pour couvrir l'Empereur.

c II y aura toujours, à la suite des escadrons des grenadiers de service, 1 officier et 15 gendarmes de la gendarmerie d'élite, ainsi qu'un officier et 15 gendarmes de la gendarmerie de l'armée, afin de pouvoir au besoin leur remettre les prisonniers, et les envoyer partout où il faudra rétablir l'ordre.

« Les maréehaux commandant les corps d'armée pourront seuls, et sans aides de camp ni suite , accompagner l'Empereur lorsque les circonstances l'exigeront. Toutes les personnes de leur suite se tiendront toujours derrière l'escadron de grenadiers de service.

« Les personnes qui accompagneront l'Empereur marcheront toujours par 2 ou par 4, et jamais en troupe. Les officiers d'ordonnance et les aides de camp marcheront en avant, sur les flancs ; le grand écuyer et le maréchal de service derrière Sa Majesté, sur le même rang.

/Le piquet sera toujours tenu en ordre, en bataille ou par quatre. Le général Guyot enverra des hommes du piquet pour éclairer la marche de Sa Majesté. Le maréchal de service veillera à ce que cela soit fait exactement.

« Le maréchal de service est chargé de tenir la main à l'exécution du présent ordre. »

ARMÉE D'ORIENT

A a camp derant Sébastopol, le 28 février 4855. Au général commandant le l6r corps.

• M. le général Morris, commandant la cavalerie de l'armée, vient de me faire un rapport sur les abus et inconvénients de toute nature que présente le placement auprès des généraux de division, à titre de

Sorte-fanion, de sous-officiers appartenant à la cavalerie de l'armée ont l'effectif est fort restreint.

1 11 me fait observer que cette mesure s'est étendue, depuis le commencement de la campagne , à beaucoup de généraux de brigade qu'elle appauvrit singulièrement les cadres des escadrons ; qu'enfin, ces sous-officiers, étant dans des conditions d'évidence et d'appui particulières, obtiennent plus facilement , soit l'épaulette de sous-lieutenant, soit la décoration, circonstance qui produit un certain mécontentement chez les sous-officiers restés dans le rang et qui font le service des premiers. Le général commandant la cavalerie conclut en demandant la suppression des porte-fanions, ou tout au moins leur remplacement par des cavaliers qui seraient convenablement choisis, « Je n'ai pu me défendre de trouver la discussion du général Morris juste et bien fondée. Je lui ai répondu que je maintiendrai l'état actuel résultant de faits qui sont accomplis, mais que je n'autoriserai plus le placement, auprès des officiers généraux, de sous-officiers ou Brigadiers appartenant à la cavalerie de l'armée. »

Le général en chef, Canrobert.

Le citoyen ViUemanzy, commissaire ordonnateur en chef de l'armée

d'Italie, au général en chef Bonaparte.

Milan, le 43 thermidor an y.

< Le commissaire ordonnateur en chef n'ayant aucun moyen militaire de faire exercer la police sur tout ce qui tient à l'administration, prie le général en chef de vouloir bien faire mettre à ses ordres, pour cet objet, un détachement suffisant de gendarmerie nationale, lequel lui demeurera attaché et ne sera pas dans le cas d'être relevé. » < Accordé 1 — Bonaparte. >

Le général Berthier, chef de V état-major général de T armée tf Orient, au général Dommartin, commandant V artillerie.

An Caire, le 49 pluviôse an vu.

c Le général en chef (Bonaparte) ordonne, citoyen général, que l'artillerie à cheval fournisse 1 maréchal des logis, ou i brigadier, et 4 cavaliers à cheval d'ordonnance chez le général du génie. »

464 QUÂlTnmS GftRtltAUX.

ARMÉE D'iTALlE,

""" 46 mai 4859.

Le major général Vaillant au commandant du 3' corps $ armée.

c M. le général commandant en chef le génie de l'armée m'a demandé une escorte, composée d'un brigadier et de quatre cavaliers, pour assurer le service de son quartier général.

c Je tous prie de vouloir bien donner les ordres nécessaires pour que cette escorte soit fournie à M. le général Frossard par l'un des régiments de cavalerie de la division de cavalerie sous vos ordres.

< Ce détachement devra être maintenu d'une manière permanente auprès de cet officier général, et ne sera relevé qu'à de longs inter-» vailes. >

Le général de Mac-Mahon, commandant le 2« corps de formée d'Italie,

au général de division Espinasse.

Campo-lfanme, le 3 mai 4869.

t Je n'ai point, en ce moment, à ma disposition le nombre de cavaliers suffisant pour fournir les ordonnances nécessaires au* officiers généraux. Je ne puis mettre aujourd'hui à votre disposition qu'un brigadier et deux hommes.

< Je pourvoirai à ce service dès qu'il me sera possible. >

Le major général de P armée d Italie au commandant du 3» corps

d'armée.

Tieriglio, le 44 juin 4869.

« Le général commandant l'artillerie de l'armée n'ayant à sa disposition, en ce moment, que des batteries montées, ne peut pas. prendre pour ses tournées de canonniers de ces batteries, dont les chevaux ne sont point propres à ce service. Il en résulte qu'il n'a personne pour faire tenir ses chevaux.

« Je vous prie, en conséquence, de vouloir bien donner des ordres pour que quatre hussards et un brigadier du 2* régiment soient mis provisoirement à la disposition de cet officier général. >

Le général commandant VartiUerie de V armée au commandant

de la réserve d'artillerie.

Metz, le 40 août 4870.

c J'ai l'honneur de vous prier de vouloir bien faire commander dans les batteries de la réserve générale un brigadier et quatre hommes montés, qui composeront mon escorte. »

QUÀlTUtB QtRttAUX. 465

Equipages.

« Dans notre retraite de la Syrie sur l'Egypte, nous arrivâmes à Tentourah le 20 mai (1799). Il faisait, ce jour-là, une chaleur étouffante qui, produisait un découragement général. Nous n'avions, pour nous reposer, que des sables arides et brûlants; à notre droite, une mer ennemie et déserte. Nos pertes en blessés et en malades étaient déjà considérables, depuis que nous avions quitté Acre. L'avenir n'avait rien de riant. Cet état véritablement affligeant, dans lequel se trouvaient les débris du corps d'armée que Ton a appelé triomphant, fit sur le général en chef une impression qu'il était impossible qu'il ne produisit pas. A peine arrivé à Tentourah, il fit dresser sa tente; il m'appela et me dicta, avec une préoccupation suite inévitable de notre position, un ordre pour que tout le monde allât à pied, et que l'on donnât tous les chevaux, mulets et chameaux aux messes, aux malades et aux pestiférés qui avaient été emmenés, et qui manifestaient encore quelques signes de vie. • Portez cela à Berthier. » L'ordre fut expédié sur-le-champ. A peine fus-je de retour dans la tente que Vigogne père, écuyer du général en chef, y entra et, portant la main à son chapeau : < Général, quel cheval vous réservez-vous? > Dans

Bourrienne, alors secrétaire du général en chef Bonaparte.

Le feld-marèchal duc de Wellington, commandant l'armée d'occupation, au colonel d'artillerie, Sir George Wood.

Cambrai, le 44 octobre 4847.

« Tai été fort surpris et chagriné hier, en apprenant que des chevaux de l'équipage ae ponts avaient servi à traîner les voitures de la duchesse de Richmond et de la duchesse de Wellington, de Valenciennes à Cambrai, à leur retour du Quesnoy. Ces chevaux avaient été placés à Yalenciennes et Bouchain pour relever les attelages russes qui traînaient les voitures des généraux baron Frimont et comte Zieten, ainsi que d'autres officiers étrangers, dans leur trajet du Quesnoy à Cambrai, pour assister à la revue; et je crois qu'ils ont été attelés par erreur aux voitures de la duchesse de Richmond et de la duchesse de Wellington.

c Cependant, comme une de ces voitures m'appartenait et que cet exemple pourrait créer un précédent tendant à faire servir à rusage de particuliers les chevaux appartenant à l'Etat, précédent qui serait funeste pour le service de Sa Majesté, je tiens à profiter de cette occasion pour appeler tout spécialement à votre attention l'exécution des

règlements sur la matière. Je vous prie de veiller, quand des relais seront placés sur les routes pour les officiers étrangers, à ce qu'aucune personne de Tannée ou de la nation anglaise ne puisse en faire usage sans un ordre écrit, signé de moi, spécifiant le nom de la personne. •

L'empereur Napoléon au général Dur oc, grand maréchal du palais,

Paris, 23 février 4843.

« Mon [intention est de prendre pour mes équipages une tout autre marche que la campagne passée (celle de Russie). Je veux avoir beaucoup moins de monde, moins de cuisiniers, moins de vaisselle, aucun grand nécessaire, et cela autant pour donner l'exemple que pour diminuer les embarras. En campagne et en marche, les tables, même la mienne, seront servies avec une soupe, un bouilli, un rôti et des légumes ; point de dessert. Dans lés grandes villes, on fera comme on voudra.

« Diminuez également le nombre des cantines ; au lieu de quatre lits, n'en avoir que deux ; au lieu de quatre tentes, n'en avoir que deux, et les meubles en proportion. »

Napoléon.

Le major général de V armée du Rhin aux commandants respectifs des 8 corps d'armée, à ï intendant général, aux commandants de Vartillerie et du génie de ï armée, et des divisions de réserve de cavalerie,

Metz, le 4 août 4870.

< Le ministre de la guerre reconnaissant la nécessité, pour les équi-

Sages régimentaires des quartiers généraux et divisionnaires des corps 'infanterie et de cavalerie, d'avoir quelques chevaux de rechange, en cas d'indisponibilité ou de perte de ceux employés, a décidé, a la date du 3 de ce mois, que deux chevaux haut le pied seraient attribués aux quartiers généraux des corps d'armée et des divisions, et un seul aux régiments d'infanterie et de cavalerie. •

L'empereur Napoléon, au major général Berthier

Mayence, le 49 arril 4843.

< Je vous ai fait connaître mes intentions sur la conduite des équipages militaires de l'armée. Prenez des mesures pour mettre de l'ordre dans la marche des bagages. Je vous prie de donner des ordres pour

âue toutes les voitures du quartier général soient rendues le 21 à anau, d'où le quartier général partira. Il est nécessaire que les voitures soient numérotées ; que celles de tous les officiers, militaires, administrateurs et employés soient classées, ainsi que les domestiques ; qu'an officier général ou un vaguemestre avec une brigade de gen-

darmerie et une escorte soit chargé de la conduite du quartier'général ; enfin que tous les soirs les voitures soient parquées hors des défilés, sans qu'aucune entre en ville. Les domestiques iront prendre à leurs voitures ce qui est nécessaire à leur service.

< Prenez enfin toutes les mesures pour que, dès le 22, tout se puisse porter ensemble vers Hanau. Ayez soin que, sous aucun prétexte, il n'y ait de voitures attelées de chevaux appartenant à l'artillerie, qu'aucune voiture n'aille avec des chevaux de poste ou avec des chevaux de réquisition : les chevaux doivent appartenir aux équipages qu'ils conduisent, Les équipages dont les chevaux n'appartiendraient

f>as à leurs maîtres seraient brûlés. Ayez soin qu'on suive exactement 'ordre qui a été donné. »

Bargos, 42 norembre 4808.

Ordre.

t Le colonel et les grenadiers à pied de ma garde sont chargés de la garde de ma grosse voiture. Un officier et trois sentinelles seront tous les jours commandés pour la garder. Cette voiture, contenant les portefeuilles d'Etat, ne doit jamais tomber entre les mains de l'ennemi ; et, en cas d'événement, le colonel doit y faire mettre le feu, en brûlant tout ce qui est dedans, sans permettre que quoi que ce soit en soit retiré. »

Napoléon.

GRANDE ARMER. Soldau, le 6 juin 4842.

4* corps.

Ordre du jour.

« Le commandant du quartier général veillera à ce que les rues et places des lieux où il sera établi ne soient jamais embarrassées par les voitures.

« Il reconnaîtra tous les jours et indiquera les lieux où les personnes qui se trouvent au quartier général doivent faire couper le fourrage vert. »

Par ordre du prince vice-roi (Eugène Napoléon).

Le général chef de l'état-major, Charpentier.

Ordre du jour pour la colonne du grand quartier général.

Mayence, le 3 mars 4842.

c En Conséquence Mes ordres de S. M. l'Empereur, transmis par le prince major général de la Grande Armée (Berthier), tout ce qui fait partie du grand quartier général et qui se trouve à Mayence : officiers d'état- major, compagnie d'élite, artillerie, génie, parc, train d'artillerie, train des équipages militaires, administrations de l'armée, in-

èpecteurs et sous-inspecteurs aux revues, ordonnateurs et commissaireé des guerres, payeur général, gendarmerie, compagnies d'ambulance..* etc., partira de Mayence le 5 mars pour se rendre à Francfort, d'où la route sera continuée le lendemain.

« Le rassemblement pour le départ aura lieu à cinq heures et demie précises du matin, en avant de Caste!, en dehors de la porte de Francfort. On bo mettra en marche dans Tordre suivant :

« Un détachement de gendarmerie ;

« Le personnel de Tétat-major général ; « Ensuite:

« Les équipages de l'intendant général ;

en chef aux revues ;

— de l'ordonnateur en chef;

— des adjudants-commandants ;

— des sous-inspecteurs aux revues ;

— des chefs de bataillons et d'escadron d'ôtat-

major;

— des capitaines et autres officiers d'état-major;

— des commissaires des guerres ;

— de la trésorerie, escortés par la compagnie

d'élite du quartier général;

— des médecins principaux ;

— des chirurgiens principaux; — - des pharmaciens ;

— de l'ambulance ;

«— des employés des vivres-viande ;

— — des fourrages ;

— . — de l'habillement;

— * — des postes aux lettres ;

— ■ —de l'artillerie et du génie*

« Le personnel de chaque arme et de chaque administration marchera avec son matériel.

t Chaque chef d'arme et d'administration enverra demain, à 10 heures du matin, à la maison du général Guilleminot, Grand' rue, n° 34, un officier ou employé, pour faire le logement à Francfort, Toutes ces personnes partiront ensemble de Mayence avec le chef d'escadron Stoffel, et ne pourront demander leur logement, à Francfort et pendant les marches suivantes, que dans Tordre prescrit par les règlements.

« La colonne sera fermée par un détachement de gendarmerie, ou de la compagnie d'élite du quartier-général.

< Personne ne pourra dépasser la tête de colonne, à moins d'être porteur d'un ordre du chef de l'arme ou de l'administration dont il fait partie.

« Les voitures ou équipages qui ne seraient pas arrivés et placés au moment du départ, suivront la queue de la colonne jusqu'à sa halte, où elles reprendront leur rang.

€ La halte se fera immédiatement en avant du village de Hattersheim. . < Le vaguemestre général aura soin de faire tenir la file aux voitures du côté de la route qui sera le plus avantageux pour laisser un libre passage aux voyageurs. N

« Le présent orare sera observé pour les journées d'étapes, suivantes, sauf les dispositions ultérieures qu'il pourra devenir nécessaire de prescrire.

< Les personnes auxquelles le présent ordre de mouvement sera adressé enverront tous les soirs à l'étal-major général pour prendre connaissance de l'heure du départ et de l'étape du lendemain. »

Le général GuilleminoU

ARMÉE DU RHIN

Metz, le 44 août 4870.

L'ordre de marche du grand quartier générai sera le suivant :

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