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§ 3. *HS8CM?TK)1*8 à METTRE A t/ORDM. 835
Arrêté des commandant» des armées allemandes combinées relatif aux mesures à prendre dans les pays français envahis.
Le 43 août 4870.
« Nous, général commandant la... armée allemande,
« Vu la proclamation de S. M. le roi de Presse, qui autorise les généraux commandants en chef à établir des dispositions spéciales :
« Relativement aux mesures à prendre contre les communes et les personnes qui se mettraient en contradiction avec les usages de la guerre ;
« Relativement aux réquisitions qui seront jugées nécessaires pour les besoins des troupes, et tendant à fker la différence de cours entre les valeurs monétaires allemandes et françaises,
i Avons arrêté et arrêtons les dispositions suivantes, que nous portons à la connaissance du public :
« 1* La juridiction militaire est établie par la présente. Elle sera appliquée, dans toute l'étendue du territoire français occupé par les troupes allemandes, à toute action tendant à compromettre la sécurité de ces troupes, à leur causer des dommages ou à prêter assistance à l'ennemi. La juridiction militaire sera réputée en vigueur et proclamée dans toute l'étendue d'un canton aussitôt qu'elle aura été affichée dans une des localités qui en font partie ;
c 2° Toutes les personnes qui ne font pas partie de l'armée française et n'établiront pas leur qualité de soldat par des signes extérieurs et qui :
« a. Serviront l'ennemi en aualité d'espions ;
« 6. Egareront les troupes allemandes quand elles seront chargées de leur servir de guides ;
< c. Tueront, blesseront ou pilleront des personnes appartenant aux troupes allemandes ou faisant partie de leur suite ;
c d. Détruiront des ponts ou des canaux, endommageront les lignes télégraphiques ou les chemins de fer, rendront les routes* impraticables, incendieront des munitions, des provisions de guerre ou les quartiers des troupes;
« a. Prendront les armes contre les troupes allemandes, seront punies de la peine de mort. .
* Dans chaque cas, l'officier ordonnant la procédure instituera un conseil de guerre chargé d'instruire l'affaire et de prononcer le jugement. Les conseils de guerre ne pourront condamner, à une autre peine qu'à la peine de mort. Leurs jugements seront exécutés immédiatement ;
« 3° Les communes auxquelles les coupables appartiendront, ainsi que celles dont le territoire aura servi à l'action incriminée , seront
Ï passibles, dans chaque cas, d'une amende égale au montant annuel de eur impôt foncier ;
« 4° Les habitants auront a fournir ce qui est nécessaire pour l'entretien des troupes. Chaque soldat recevra par jour 750 grammes de pain, 500 grammes de viande, 550 grammes de lard, 30 grammes de
café, 60 grammes de tabac ou 5 cigares, 1/2 litre de vin ou 1 litre de bière, ou 1 /10e de litre d'eau-de-vie.
« La ration à livrer par jour pour chaque cheval sera de 6 kilos d'avoine, 2 kilos de foin, 1 kilo 1/2 de paille.
« Pour les cas où les habitants préféreront une indemnité en argent à l'entretien en nature, l'indemnité sera fixée à 2 francs par jour pour chaque soldat ;
« 5° Tous les commandants de corps détachés auront le droit d'ordonner la réquisition de fournitures nécessaires à l'entretien de leurs troupes. La réquisition d'autres fournitures jugées indispensables dans l'intérêt de l'armée ne pourra être ordonnée que par les généraux et les officiers faisant fonctions de généraux.
c Sous tous les rapports, il ne sera exigé des habitants que ce qui est nécessaire pour l'entretien des troupes, et il sera délivré des reçus officiels pour toutes lès fournitures. Nous espérons, en conséquence, que les habitants ne feront aucune difficulté de satisfaire aux réquisitions qui seront jugées indispensables;
« 6° A l'égard des transactions individuelles entre les troupes et les habitants, nous arrêtons que 8 silbergros ou 28 kreutzers équivalent à un (1) franc. »
Le général commandant en chef la *** armée allemande.
Le comte de GranviUe, ministre des affaires étrangères de la Grande- Bretagne, à lord Lyons, ambassadeur à Paris.
, Foreign-Office, le 2 septembre 4870.
« Milord, comme j'ai reçu de différentes personnes (Anglais domiciliés en France) la demande de protéger leurs propriétés et de les exempter des réquisitions militaires, j'ai cru utile de consulter à cet égard les officiers légaux (avocats) de la Couronne.
« Comme Votre Excellence a sans doute reçu des demandes du même genre, il peut vous être agréable, pour votre gouverne, d'être renseigné sur le genre de réponse que, suivant l'avis de ces officiers légaux, je fais à ces demandes : à savoir que les sujets britanniques possédant des propriétés en France n'ont droit à aucune protection spéciale de leurs propriétés, ni à l'exemption des contributions militaires auxquelles ils sont exposés en commun avec les habitants de l'endroit où ils résident, ou bien où se trouvent leurs propriétés. »
Reims, le 12 octobre 4870.
< MM. les maires des communes situées dans les départements de la Marne, de l'Aisne et des Ardennes, sont invités à adresser à la préfecture, tous les huit jours, un état de toutes les fournitures requises dans leur commune depuis l'occupation par les troupes allemandes. »
Le commissaire civil, Charles, prince de Hohenlohe.
S 3. PRBSCMPTIOltS A METTRE A L'OIDIE. 557
Observations adressées' au ministre de la guerre par un habitant du département de Loir-et-Cher, sur les vices du système de réquisitions.
Décembre 4870.
< Un grand nombre de bons de réquisition sont irréguliers ; beaucoup sont écrits au crayon, beaucoup portent une signature illisible. Il conviendrait d'exiger que le timbre du régiment y fût apposé. Enfin, pour rassurer les populations, les réquisitions devraient être faites par l'intermédiaire du maire et revêtues du cachet de la mairie.
« Nos troupes sont souvent obligées de camper ou de passer dans des champs en culture et récemment ensemencés. Aucune précaution d'ordinaire n'est prise par les maires pour constater le dommage et assurer une indemnité dans l'avenir. C'est le point qui soulève les plus vives et les plus justes réclamations.
< Ne pourrait-on pas appliquer à ce fait la législation de droit commun sur V occupation temporaire de terrains ? Il suffirait que le maire ou son délégué constatât le nombre d'hectares occupés, leur état de culture, le dommage fait, sans toutefois l'évaluer. Pour donner plus d'authenticité à cette constatation, purement matérielle, elle pourrait être contre-signée par le chef du corps ayant commis le dégât. Cette constatation permettrait aux intéressés de 'réclamer ultérieurement une indemnité devant le conseil de préfecture.
« Tous ces points pourraient être facilement réglés par une lettrecirculaire adressée aux maires, aux chefs de corps, et affichée dans les communes. »
« Le recensement des animaux, exécuté le 10 janvier 1873 dans l'Empire allemand, a fourni les résultats suivants :
< L'Allemagne possède 3,352,231 chevaux, dont 14 p. 100 environ au-dessous de 3 ans. Dans la catégorie au-dessus de 3 ans, on compte 70 p. 100 de chevaux consacrés aux travaux agricoles; 10 p. 100 aux transports et à l'industrie; 3 p. 100 à la selle ou à la voiture.
« On compte en moyenne 6 chevaux par kilomètre carré , et 8 chenaux par 100 habitants.
« Il y a 15,776,702 têtes de gros bétail, dont 8,961,221 vaches. Sur 100 tètes, on compte 10 p. 100 de taureaux et de bœufs; 57 p. 100 de vaches; 9 p. 100 de veaux; 23 p. 100 d'animaux de moins de 2 ans. La répartition est, comme pour les chevaux, très-inégale sur le territoire. La Saxe possède 44 têtes de gros bétail par kilomètre carré, et 27 par 100 habitants; la Bavière possède 60 têtes de bétail par 400 habitants ; le Schleswig-Holstein et la Frise en ont presque au* tant ; le Brandebourg en a 23; la province du Rhin, 27 ; la Saxe prussienne, 29 par 100 habitants. .
« A la fin de l'année 1873, il y avait :
Dans la province de Prusse 531,831 chevaux.
— de la Silésie ; 256,467 —
— du Brandebourg .... 235,987 —
— de Posen 194,000 —
Dans la province de la Poméranie. . .
— de la Saxe prussienne.
— du Rhin
— de Westphalie. . . .
— du Hanovre
— du Schleswig-Holstein
— de la Hesse-Nassau. .
Au service de l'armée prussienne. . .
Publication de la Section de statistique de l'état-major
472,181 chevaux.
prussien.
« L'ouvrage de statistique militaire publié par l'état-major russe porte que, pour une population de 77 millions d'habitants, la Russie possède 20 millions de chevaux, et en déduit que, sur cent (100} hommes, il y a 25 chevaux ; tandis que, pour la même proportion d'habitants, l'Autriche n'en possède que 9; la Confédération de l'Allemagne du Nord, 18.
« Mai» cette méthode de présenter les ressources est fausse.
« Au point de vue militaire, le cheval doit surtout être considéré comme un moyen de locomotion ; et, pour apprécier la richesse d'un pays en ce genre, il faut partir, non de la proportion par habitants,
jarre de su-
'Autriche en
fraction de
territoire égale, la Russie est quatre fois plus pauvre en moyens de transport que l'Allemagne. »
Le journal russe Golos,
Dans la période d'août 1872 à juillet 1873 inclus, le prix moyen des principales denrées alimentaires a été le suivant, sur les marchés les plus importants de la Prusse, pour cent (100) livres : Froment lourd, 131 silbergroschen ; — moyen, 127 ; — léger, 122.
Seigle lourd, 90 Orge lourde, 87 Avoine lourde, 75 Pois à cuire, 103 Haricots, 152 —
Lentilles, 162 ~
Pommes de terre, 28 —
Paille, 20 —
Foin, 30 —
Le gros vaut dix centimes (0 fr. 10 c).
Bureau de statistique de Berlin.
— moyen, 88 ; — léger, 8&.
— moyenne, 84; — légère, 79. —moyenne, 73; — légère, 70.
J 3. PftSSCftlFÏIONS & MBÏT1B À l/OtMHU 88&
Juridiction des tribunaux militaires et leur ressort. Ordre de n'envoyer à la prévôté que des hommes déjà
interrogés.
Le maréchal commandant en chef formée du Rhin au général commandant la 5e division territoriale, à Metz.
Ban Saint-Martin, le 25 août 4870.
« En réponse à votre lettre du 24 août, j'ai l'honneur de vous faire connaître que les conseils de guerre de la 5e division territoriale restent chargés de juger les hommes appartenant aux fractions de corps isolés, aux réserves d'artillerie et du génie, au train des équipages, aux services administratifs et à tous les services relevant du grand quartier général.
« Ainsi que je vous l'ai fait connaître par ma dépêche du 23 courant, les conseils de guerre de l'armée active n'auront à connaître que des crimes et délits commis .par des .militaires appartenant aux divisions actives constituées. »
Ordre général.
Liège, le 25 décembre 4792.
« Toute personne, de quelque grade qu'elle soit, qui fera arrêter des militaires ou autres, sera tenue d'adresser la cause de l'arrestation au commandant de la gendarmerie par l'escorte qui conduira le prévenu ; et, si l'arrestation a pour cause un délit, la dénonciation sera de même envoyée par l'escorte, et on indiquera les témoins qui devront être entendus. >
Par ordre du général en chef Dumouriez, Le maréchal de camp chef de l'état-major, Thouvenot.
ARMÉE D'ORIEFT.
Quartier général* devant Acre, 8 floréal an vu (27 avril 4799}.
Ordre du jour.
< Il arrive journellement à l'état-màjor général des hommes du pays, conduits par des soldats de différentes divisions, sans autre rapport que ce qu'ils disent.
c Lorsqu'un homme du pays est arrêté dans une division, c'est à l'état-major de la division de le faire questionner et à l'envoyer à l'état- major général avec un rapport, si le général de division ne croit pas pouvoir décider. »
.Le général de division, chef de l'état-major général, Bertnier.
Le commandant en chef de formée du Rhin aux commandants des corps d'armée et au grand prévôt.
Ban Saint-Martin, le 28 août 4870.
c Journellement on amène à Metz des individus arrêtés aux avantpostes, individus contre lesquels aucun délit ni crime n'est formulé.
< Cette mesure a pour inconvénient de faire traverser nos lignes à ces hommes et de les introduire dans la place de Metz, dont ils encombrent les prisons, et où Ton se trouve dans l'obligation de les nourrir, puis de les renvoyer faute de preuves.
< Il serait donc à désirer que les individus arrêtés aux avant-postes ne fussent envoyés à Metz qu'après avoir été interrogés et fouillés avec soin par MM. les prévôts de l'armée, et dans le cas seulement où il serait relevé contre eux des preuves suffisantes pour que des poursuites utiles pussent être exercées. Ils seraient accompagnés d'un procès-verbal relatant l'interrogatoire subi et les charges s'élevant contre eux. Les papiers et pièces à conviction saisis sur eux seraient annexés au procès-verbal. >
Régler l'aide réciproque des différents services.
ARMÉE D'ORIBNT.
* Gallipoli, le 4 mai 4854.
< Le médecin attaché au train des équipages militaires est désigné pour faire le service de santé auprès des agents de la poste et du Trésor, ainsi qu'auprès du détachement du train des équipages, mis à la disposition du payeur général.
« L'intendant militaire est prié de donner des ordres à cet effet. »
Le chef de l' état-major de l'armée d'Orient, De Martimprey.
Le major général de V armée du Rhin aux commandants respectifs des 8 corps d'armée et au grand prévôt.
Metz, le 3 août 4870.
« J'ai l'honneur d'informer Votre Excellence qu'en date de ce jour j'ai décidé que les chevaux des gendarmes faisant partie de la force publique de l'armée seraient ferrés par les soins des batteries d'artillerie attachées à leur division respective, ou tout autre corps à cheval que vous désignerez, et aux mêmes conditions que les chevaux de ces batteries ou corps de troupes.
« Je prie Votre Excellence de vouloir bien assurer, en ce qui la concerne, l'exécution de cette disposition. >
§ 3. PRESCRIPTIONS A METTRE A i/ORDRB. 561
Le général de division commandant le génie de l'armée du Rhin aux commandants du génie des corps d'armée.
Metz, le 5 août 4870.
c Le général commandant le génie d'un corps d'armée doit provoquer du commandant en chef de ce corps la désignation d'un maréchal ferrant qui ferrera les chevaux du génie. Le maréchal fera des bons au service du campement pour obtenir les fers dont il aura besoin. L'intendant se chargera de lui faire rembourser le prix de ces fers quand il lui ordonnancera le montant de l'allocation du ferrage. >
Le colonel du 48e régiment d'artillerie à cheval, faisant partie de la réserve générale, au général de division Canu, commandant la réserve générale d'artillerie de X armée du Rhin.
Camp de Malzérille, sous Nancy, le 4 août 4870.
c En attendant que nous soyons administrés par un sous -intendant militaire détaché spécialement auprès de la réserve générale d'artillerie, le sous-intendant militaire ae la place de Nancy a toujours apposé sa signature sur les bons présentés par les capitaines -commandants, ainsi que sur quelques autres pièces comptables.
c Aujourd'hui, ce même sous-intendant ou son premier commis le représentant a refusé sa signature, non pas seulement au maréchal des logis chef, mais au capitaine commandant lui-même de la 3e batterie, qui lui présentait un acte de remplacement à viser (le maréchal des logis Michel remplaçant le nommé Cabry).
< Toutes les pièces sont reconnues régulières ; mais il faut, pour que l'acte soit définitif, la signature de l'autorité administrative, et j'ai été étonné de ce refus tout à fait inattendu.
« Je regrette réellement d'avoir à solliciter votre intervention pour de semblables minuties ; mais je me vois ainsi à la veille de perdre deux bons sous-officiers, si le service administratif me refuse ainsi son intervention indispensable. >
Nécessité de commander le service par unités constituées et de ne pas déchirer la liaison des hommes vivant à la même
marmite.
V empereur Napoléon à son frère Joseph, roi de Najdes.
La Malmaison, 44 avril 4806.
« Attachez-vous à tenir les bataillons réunis. Il n'y a pas d'avantages, dans votre position, à faire servir les troupes par piquets, ni à former des bataillons ou de forts détachements uniquement composés
562 RELATIONS DU GÊHfiBAJ. Kl CHK* àXK. SIS UXVTIlUflTS.
soit de voltigeurs, soit de grenadiers. Gela morcelé les corps et soustrait les officiers et les soldats à leurs principaux chefs. L'anéantissement de toute administration, de toute comptabilité, en est la suite inévitable, et tout se trouve en désarroi. >
Le maréchal Jour dan au général Belliard, gouverneur de Madrid.
Madrid, 29 déc. 4808
« Sa Majesté (le roi Joseph), désirant que la division Rufin sait toujours prête kvmarcher, pense que cette division doit faire le service par compagnies entières ou par bataillon, et non pas par tant d'hommes par compagnie pris dans tout le régiment, ainsi que cela se pratique ordinairement. Le motif du roi est que le service étant fourni par des hommes de toutes les compagnies, il faudrait, en cas de besoin pressant, attendre, pour faire marcher la division, que tous les hommes lussent relevés et rentrés à leurs compagnies ; au lieu que , le service étant par compagnies entières ou même par bataillon, le corps de la division pourrait se mettre en marche au premier ordre, et les compagnies ou le bataillon de service iraient ensuite rejoindre la division après avoir été relevés. »
« Au siège de Giudad-Rodrigo, le 26 juin 4810, le maréchal Ney, sentant la nécessité de s'emparer du couvent de Saint-François, d'où l'ennemi prenait de revers toute la gauche de nos attaques, ordonna de l'attaquer. 300 grenadiers et 20 sapeurs munis de haches, de sa* chets de poudre et d'autres moyens incendiaires, furent commandés pour cette expédition. Ces troupes s'avancèrent jusque près des murs du couvent; mais elles y furent reçues par une fusillade si vive qu'elles se débandèrent sans qu'il fût possible de les rallier. Le capitaine du génie Cathala, qui commandait les sapeurs, fut le seul qui parvint à fa porte du couvent; il ne se retira que quand tout espoir de succès fut évanoui. On avait fait la faute de former cette colonne, comme pour une corvée, de deux hommes par compagnie dans tous les corps d'infanterie de V armée; et des soldats ainsi réunis ne pouvaient avoir cet esprit de corps si nécessaire dans une troupe pour un coup de vigueur. »
Le chef de bataillon du génie» Belmas.
Le lieutenant général Dejean au rapporteur du comité de la guerre.
9 janvier 4845.
t D'après ma manière de voir, rien de plus mauvais que la manière en usage de commander le service des détachements : on prend des hommes de toutes les compagnies et on* en forme un tout incohérent, composé de parties étrangères ensemble et qui n'a aucune consistance;
« Quelle différence si 1 on prenait, suivant le besoin, un escadron,
§ 3. PiLBSCaiPTIOKS À MBTTBJS À L'0*D11. 363
une division, un peloton ou une section ! Les officiers et les sous-officiers connaissent tous leurs hommes ; ils se connaissent entre eux ; il y a un esprit de corps et, par conséquent, la force est plus que doublée. J'ai entendu dire : Mais on s'expose à perdre une compagnie tout entière. Eh bien! que fait cela? En perdra-Uon un homme de plus ? Bien au contraire, je crois que Ton est dans le cas d'en perdre beaucoup moins.
< J'espère que vous partagerez mon opinion et que vous insisterez fortement pour qu'il soit absolument détendu de faire le service des détachements en prenant des hommes de toutes les compagnies, et qu'il soit toujours fait par régiment entier, escadron entier, division entière, peloton entier ou escouade entière. »
c Si les circonstances obligent à faire un détachement ou à couper les liens qui unissent des troupes sous un même commandement, il faut avoir la précaution, comme pour la formation d'une avant-garde, par exemple, de conserver au moins la liaison des unités tactiques, en détachant par brigade, régiment, bataillon et compagnie. De cette manière, on ne perd pas complètement l'avantage de l'organisation, et les chefs restent à la tète de leur troupe. Composer une avant-garde ou un détachement de bataillons de différents régiments serait une. mesure vicieuse, comme toutes celles qui arrachent une unité quelconque à son commandant naturel. »
M. le général Bronsart von ScheUendorff, chef d'état-major de la garde royale prussienne.
Le maréchal Baraguey-&HUlier*, commandant le i^eàrp* de l'armée d'Italie, aux généraux commandant les divisions.
Cassina Rosario, le 3 juin 4859.
« Les postes fournis à l'intendant et au payeur seront composés chacun d'une escouade. Je dis « une escouade » pour ne jamais détacher que des fractions constituées, qui puissent, si elles restent éloignées 48 heures, se suffire à elles-mêmes. »
Le maréchal Canrobert, commandant le 3e corps de l'armée d'Italie,
-aux généraux divisionnaires.
Mezzane, le 22 juin 4869.
« MM. les* généraux de division «ont priés de veiller à ce que, à l'avenir, pour toute corvée, tout poste ou détachement à fournir par . les corps pour un service quelconque , commandés par le quartier général, on n'envoie que des fractions constituées. »
Extrait des notes d'un officier du 2e régiment de zouave», pendant V expédition du Mexique (1862-1866).
« En campagne, les hommes d'une même escouade vivent ensemble à la même marmite. Tous les jours, ils répartissent entre eux les vivres à porter ; le sort décide qui portera le lendemain le riz, qui le sucre, qui le café, qui les oignons, etc., de toute l'escouade. En arrivant à l'étape, le cuisinier de jour réunit ces diverses denrées, va chercher l'eau et le bois, et prépare soit la soupe, soit le café, soit toute autre nourriture.
• Il ressort de là qu'il y a lieu de commander le service des détachements en comprenant un nombre d'escouades complètes. Si, au contraire, on commande 50 ou 100 hommes pour un service détaché, et que, de cette manière, on coupe une ou plusieurs escouades en deux tronçons, les hommes d'un tronçon emportent les vivres- de l'autre. Le cuisinier de l'escouade a la plus grande peine à réunir les denrées pour faire la soupe ; et, quand elle est prête, il faut que des hommes de corvée aillent la porter souvent à de grandes distances ; elle arrive alors froide et n'est plus un aliment réparateur.
« Ces inconvénients n'ont pas lieu si l'escouade reste groupée.
« Il y a avantage également à commander le service par compagnies entières, afin de laisser ensemble les trois officiers qui y sont attachés et qui vivent en commun, car ils ne peuvent séparer leurs bagages. La discipline ne peut d'ailleurs que gagner à ces dispositions, puisque les cadres restent avec leur troupe. • . .
Mesures concernant les propositions d'avancement, les décorations et les citations.
« La coutume était de faire signer le même soir à Napoléon le décret définitif de toutes les nominations qu'il avait faites en passant la revue d'un corps. Le prince de Neufchâtel (Berthiei*) le servait avec un zèle qui ne contribuait pas peu à le faire tant chérir des soldats. Ils savaient que toute chose qui les intéressait était aussitôt expédiée par lui qu'elle avait été ordonnée par l'empereur. »
Le général Sayary, ancien aide de camp de Napoléon.
L'empereur Napoléon au ministre de la guerre.
Benarente, 34 décembre 4808.
« Le bruit court à l'armée que j'ai nommé le sieur Coigny, aide de camp du générai Sébastiani, capitaine , tandis qu'il n'est que lieutenant. Je suppose que vous n'aurez pas expédié mon décret, et que vous en aurez appelé de V empereur mal instruit à V empereur mieux informé; du moins, tel était votre devoir. Vous me présenterez un
§ 3. PKBSCMftTIOKB A XBTXIB M l/OM>M. 5Ô5
décret pour le nommer lieutenant. J'ai voulu l'avancer d'un grade et non de deux. Si le décret disait : « Le sieur Coigny, lieutenant, est « nommé capitaine, > ce qui serait une erreur de copiste, vous, ne devriez pas l'expédier ; mais s'il dit : c Le sieur Coigny, sous-lieuie- < nant, est nommé capitaine, > il est clair qu'il est fait sur une fausse supposition. >
Le maréchal Baraguey-d'HiUiers, commandant le 1er corps de l'armée d'Italie, aux généraux divisionnaires.
Pozzolengo, le 28 juin 4859.
« Vous comprenez comme moi toute l'importance qu'il y a à ce que les emplois d'officiers de tous grades, devenus vacants par suite de morts, blessures graves, maladies ou absences trop longues du drapeau, soient immédiatement pourvus. C'est le seul moyen d'avoir ton* jours des têtçs de colonne, sans lesquelles les meilleures troupes peuvent être annulées.
a En conséquence, vous m'adresserez tous les jours, avec le rapport, un état nominatif, par corps, des vacances survenues dans ces corps pendant les 24 heures. S'il n'y en a pas, vous fournirez un état: Néant. En compulsant ces états, je pourrai alors juger de la situation.
.« Vous m'adresserez aussi des états de proposition pour les remplacements, en désignant au moins deux candidats pour chaque grade, afin que je puisse choisir. »
Le major général de V armée du Rhin aux commandants de corps d'armée
et des divisions de cavalerie de réserve.
Metz, le 28 juillet 4870.
c En prévision des vacances qui pourront se produire dans les corps d'infanterie et de cavalerie placés sous vos ordres, et des promotions qui en résulteront, il importe que je connaisse la position exacte de chacun des officiers de ces corps.
« À cet effet, je vous prie de vouloir bien prescrire l'établissement immédiat d'une liste, par ancienneté de grade, de tous les officiers de chacun de ces corps, avec l'indication de leur ancienneté de grade et de leur position, soit à l'armée, soit au dépôt.
« Pour les corps de cavalerie, cet état sera complété par la mention :
« 1* Pour les capitaines, de leur situation de capitaines commandants, ou de capitaines en second;
« 2» Pour les lieutenants, de leur classe.
Le maréchal commandant en chef V armée du Rhin aux commandants de corps d'armée, aux généraux commandant P artillerie et le génie, aux commandants des divisions de cavalerie de réserve, et a Vintendant général.
Ban Saint-Martin (près Metz), le 24 août 4870.
« Les différents états de proposition qui m'ont été adressés jusqu'à présent ont été établis d'une manière peu uniforme, ne me sont parvenus que successivement et contiennent beaucoup de répétitions. En outre, je n'ai reçu que tardivement les bulletins d'emplois vacants, souvent incomplets. Il en est résulté, pour l'examen des titres des candidats aux récompenses, des lenteurs qui ont retardé beaucoup de promotions.
« Afin d'éviter à l'avenir les inconvénients qui se sont produits, j'ai l'honneur de vous prier de prescrire que toutes les propositions, soit pour l'avancement, soit pour la Légion d'honneur ou la médaille militaire, soient établies désormais sur des états nominatifs, par corps, conformes au modèle ci -joint. Les différentes colonnes de cet état devront être remplies exactement et avec soin, ce qui permettra de supprimer tout envoi de mémoire de proposition spécial et toutes les autres pièces à Vappui. Ces états de proposition seront centralisés par vous, et devront me parvenir quand le travail sera complet pour votre corps d'armée. »
• Le maréchal commandant en chef V armée du Rhin aux commandants de corps d'armée, des armes spéciales et à V intendant général.
San Saint-Martin, le 29 août 4870.
o Bien que, d'après les règlements en vigueur, un emploi d'officier ne doive être considéré comme vacant qu'après la radiation des contrôles du titulaire, il m'a semblé que, dans les circonstances exceptionnelles où l'armée se trouve actuellement placée, il y avait lieu de se préoccuper avant tout de la nécessité d'assurer l'exécution du service, en maintenant, autant que possible, les cadres d'officiers au complet.
« Dans ce but, j'ai décidé que les officiers blessés grièvement seraient placés à la suite des corps auxquels ils appartiennent, et seraient immédiatement remplacés dans leur emploi toutes les fois qu'il y aura présomption, d'après la nature de leur blessure, que leur absence doit durer plusieurs mois.
« Je vous prie donc de vouloir bien faire établir et de m'adresser sans retard des bulletins d'emplois vacants pour les officiers appartenant aux corps placés sous votre commandement, qui se trouvent aujourd'hui ou qui se trouveront dans la position que je viens d'indiquer.
« Les chefs de corps devront avoir soin de mentionner sur ces étals le motif de la vacance, en inscrivant, en regard du nom de chaque officier, la nature de sa blessure, s'il est amputé ou non, si son absence doit durer plusieurs mois. »
§ 3. PRESCRIPTIONS À METTRE À i/ORDRE. 367
£*e maréchal commandant en chef Farinée du Rhin aux commandants
dis corps d'armée.
Ban Saint-Martin (près Metz), la 29 août 4870.
< Lorsqu'il y a lieu de faire des nominations aux grades supérieurs, chefs de bataillon, lieutenants-colonels et colonels, mon intention est de ne désigner que des officiers présents et susceptibles d'exercer immédiatement les commandements auxquels ils sont appelés..
< Dans les états de propositions qui me sont envoyés, je vois souvent figurer des officiers blessés, et je puis hésiter à les nommer, dans la crainte de ne pas remplir le but que je me propose.
< Je vous prie, en conséquence, de vouloir bien indiquer, sur vos
Ï propositions , quels sont ceux de ces officiers qui sont en état de faire eur service. Cette indication est nécessaire pour tous, mais elle est surtout indispensable pour les chefs de bataillon proposés pour le grade de lieutenant-colonel, et pour les lieutenants-colonels proposés pour le grade de colonel, attendu que, pour ces deux derniers grades, je ne pourrai pourvoir qu'à un seul remplacement dans les régiments où manquent à la fois le colonel et le lieutenant-colonel, et que l'officier supérieur nommé sera appelé à prendre immédiatement le commandement du régiment. >
Extrait du Journal des opérations de V artillerie de V armée
du Rhin (1870).
Afin de conserver aux promotions faites à l'armée de Metz, le 24 août, un caractère entièrement légal et de les mettre hors de toute contestation ultérieure, le général commandant l'artillerie de l'armée crut devoir appeler l'attention du maréchal commandant en chef sur cette circonstance : que toutes les nominations au grade de capitaine étaient faites au titre du choix. Toute communication avec Paris étant coupée, il était impossible de tenir immédiatement compte des tours de l'ancienneté, qui devaient être pris sur toute l'arme. Etablir un tour d'ancienneté spécial pour les officiers de l'armée de Metz eût été une usurpation de pouvoir, qu'on n'eut même pas l'idée de commettre.
Voici le texte même de la lettre adressée au maréchal :
« Au camp sons Metz, le 27 août 4870.
. < Monsieur le maréchal, Votre Excellence a bien voulu, sur ma proposition, nommer le 24 de ce mois dix lieutenants de l'artillerie de l'armée à des emplois de capitaines devenus vacants par la mort, la disparition ou la promotion des titulaires. L'état de propositions <jue je vous ai soumis a été établi exclusivement au titre du choix , et j'ai cru devoir procéder ainsi pour deux motifs : le premier était la nécessité de remplacer immédiatement les officiers manquants par ceux qui étaient jugés le plus aptes à remplir leurs fonctions ; le second était l'impossibilité où nous nous trouvons, d'une part, de connaître d'une manière parfaitement exacte les noms des officiers que leur ancienneté, dans l'ensemble de l'arme, appelait aux emplois vacants ;
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d'autre part, de leur faire rejoindre en ee moment les postes qui leur auraient été assignés.
< J'ai été confirmé dans cette manière de voir par les termes d'une Note ministérielle, interprétative de la loi sur l'avancement, qui m'a été adressée au commencement de la campagne et qui contient le passage suivant : « Un capitaine en l*r (ou un lieutenant en lw) étant « tué ou promu à l'armée, sa place revient de droit au plus ancien c capitaine en 2e (ou lieutenant en 2e) de l'arme, lequel peut fort t bien ne pas appartenir à l'armée, de telle sorte qu'un officier aura < été tué ou promu à l'armée sans qu'il en soit résulté une vacance c effective à l'armée. On ne sera pas arrêté par cette considération, et « la vacance produite sera comptée à l'armée; seulement, lorsqu'une « promotion aura été faite dans ces conditions, il y aura toujours lieu t de laisser à l'administration centrale le soin de classer l'officier « promu, auquel on se contentera d'assigner une destination provi- « soire. »
« Bien que ces prescriptions aient spécialement pour objet les capitaines en 2* et les lieutenants en 2e, gui ne peuvent arriver à la !'• classe de leur grade que par ancienneté, l'analogie est assez étroite, avec les nominations aux grades proprement dits au tour de l'ancienneté, pour qu'il semble uaturel d'appliquer dans les deux cas les mêmes principes et les mêmes règles.
< Toutefois, cette manière d'agir se trouve en désaccord avec les dispositions de l'article 96 de r Ordonnance du 16 mars 4838, qui prescrit de donner au tour de l'ancienneté la moitié des vacances survenues dans le grade de capitaine. Pour rentrer dans les termes de cette Ordonnance, je pense que la marche à suivre consisterait à demander au ministre de la guerre de faire, sur l'ensemble de l'arme, les nominations au tour de l'ancienneté, correspondantes à celles qui viennent d'être faites à l'armée au tour du choix, en leur faisant prendre rang aux mêmes dates. C'est la marche qui a été adoptée pendant toute la campagne du Mexique et qui n'adonné lieu à aucune difficulté. Elle est d ailleurs suffisamment justifiée par le manqua actuel de communications entre l'armée et l'administration centrale*
« En conséquence, j'ai l'honneur de prier Votre Excellence de vouloir bien, en notifiant au ministre de la guerre les promotions qu'elle a faites dans l'arme de l'artillerie à la date du 24 août, lui demander de faire de son côté, au tour de l'ancienneté et pour prendre rang du même jour, le nombre de nominations nécessaire pour rentrer dans les prescriptions de l'Ordonnance du 16 mars 1838. »
« La partialité de plusieurs généraux en faveur des officiers cTétatmajor, en attirant sur eux toutes les grâces, a porté le découragement parmi ces utiles officiers de la ligne qui, par là, se voient condamnés à végéter éternellement dans les grades les plus obscurs de l'armée. Tel, qui serait encore assez médiocre sous-lieutenant, a passé sur le ventre à tous ses camarades par cela seul çu'un général s'est avisé d'en faire son aide de camp. On ne saurait imaginer combien, malgré
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tes bonnes intentions du gouvernement, la liene renferme d'officiers 4e mérite, dont les talents sont perdus pour Ta patrie faute d'encouragement et d'émulation. Je l'avouerai done sans détour : je souhaiterais qu'il ne fût permis d'arriver aux états-majors qu'après quelques années de service consécutif dans la ligne. Ce n'est que là qu'on apprend à manier des hommes, et qu'un officier, né pour la guerre, peut s'en former une juste idée. »
le chtf de brigade (depuis général de division) Latrille (de Lorencez).
L'empereur Napoléon au maréchal Berthier,
Osterode, 34 mars 1807.
c Quant aux décorations que les maréchaux auraient à demander pour des of 6 tiers d'état -major ou officiers du génie, ils en feront un état à part, en faisant connaître l'état des services des personnesqu'ils présentent, leur âge, leur ancienneté de grade, leur nombre de campagnes, les services qu'ils Ont rendus aux batailles où ils se sont trouvés et les motifs particuliers pour lesquels ils sont présentés. »
Wellington au major général Cameron.
Paris, 9 arril 4848.
c J'ai toujours pris pour règle de recommander pour l'avancement les officiers servant dans la ligne plutôt que ceux servant dans les états-majors, parce que ces derniers jouissent d'avantages que les premiers n'ont pas, et parce que le principe de les faire passer en tête une fois admis, ils obtiendraient toutes les promotions et ceux de la ligne aucune. »
< Le gouvernement espagnol veillait avec un soin jaloux, dans ses colonies, à empêcher l'influence du népotisme et la tendance constante des fonctionnaires à faire entrer dans d'administration qu'ils dirigent leurs parents, fils, neveux, cousins, gendres... etc., pour leur donner un avancement rapide au mépris des droits des employés laborieux et capables. Du temps du gouvernement colonial, la précaution contre ces abus était poussée au point que tout fonctionnaire, particulièrement les juges, qui se mariait dans une contrée, recevait son transfert d'office dans une autre contrée.
Don Lucas Âlaman, ancien ministre do lexique.
c Depuis que l'armée est commandée en temps de paix par les bureaux et des chefs qui, au lieu d'étudier le caractère et l'aptitude des officiers sous leurs ordres, se contentent de signer des pièces, il s'est introduit chez nous une maxime fatale, commode pour la paresse il est vrai, mais dont les conséquences, pour être d'un effet lent, n'en seront pas moins désastreuses : c'est celle que : « Personne Weet 4ndis~
370 RELATIONS DU GÉNÉRAL BIf CHEF AVEC SES LIEUTEHAKTS.
pensable f » On se dispense ainsi d'étudier la valeur réelle de ses' subordonnés. Cependant aucune maxime n'est plus fausse, car elle ne fait qu'exprimer le mépris des aptitudes spéciales, des vocations, cette chose si précieuse à discerner. Quand un pays fait des progrès, c'est lorsque, dans les différentes branches des sciences, il possède des hommes spéciaux d'un mérite supérieur. Sans ces hommes indispensables, tout ne serait que demi -science et médiocrité. Dans notre armée, on verra un jour si tout officier d'artillerie est apte à inventer ou à fondre des canons, si tout officier est propre à devenir un ingénieur-géographe ! Mais, dans les troupes elles-mêmes, combien ne serait-il pas .nécessaire de connaître le caractère des officiers ; à la guerre, le caractère prime tout le reste, et tel colonel, docile, snbor- •donné en temps de paix, minutieux et exact dans le service, est impropre à commander devant l'ennemi, faute d'un caractère ferme et résolu.
Le général d'artillerie marquis de Ghambray.
ARMÉE D'ORIEKT.
2« corps. Au camp deyant Sébastopo), le 43 avril 4855.
Ordre.
« Afin d'éviter les difficultés qui résultent au ministère de la guerre 3e la mauvaise orthographe des noms propres, le général en chef a décidé qu'on joindrait toujours le numéro matricule à toute proposition ou citation en faveur des sous-officiers ou soldats.
< Toutes les fois que la chose sera possible, on fournira l'état signalétique à l'appui de la proposition. »
Le chef de l'état-major du 2e corps, De Cissey.
Scellés à opposer sur les papiers des officiers et fonctionnaires
décédés.
GRANDE ARMÉE
Dresde, le 31 juillet 4843. Ordre du jour.
< Aussitôt après le décès d'un officier général ou officier supérieur de toute arme, d'un commissaire ordonnateur, inspecteur aux revues, officier de santé en chef des armées, les scellés seront apposés sur les papiers, plans et mémoires militaires, autres que ceux dont le décédé est l'auteur, par le commissaire des guerres exerçant les fonctions attribuées aux iuges de paix.
« Les chefs d'état-major sont autorisés à commettre un adjoint à