‹ Les méthodes de guerre actuelles et vers la fin du XIXe siècleChapitre 71 sur 85 · Û6 RELATIONS DO GÉNÉRAI EN CHEF ATBC 888 IJDHJTBÏUNTS · texte numérisé non relu

Û6 RELATIONS DO GÉNÉRAI EN CHEF ATBC 888 IJDHJTBÏUNTS

par les régiments de spahis et les zouaves, et qu'elle est portée par les individus auxquels un séjour de quelques années en Afrique a permis de se faire un bon système hygiénique ;

* Considérant enfin que cette ceinture soutient bien les reins dans l'exercice, qu'elle s'accommode avec l'uniforme, et ne peut, sans que le chef s'en aperçoive, être mise de coté par Les soldats insouciants de leur propre santé ;

< Par ces motifs, le gouverneur général ordonne que la ceinture rouge de laine, ayant environ trois mètres de longueur sur quarantecinq centimètres de hauteur et un poids moyen de trente-trois décagrammes, remplacera la ceinture de flanelle.

« La nouvelle ceinture, mise en double sur sa largeur, enveloppera, par-dessus les vêtements, k corps, dont elle fera le tour deux fois et demie ou trois fois.

• Ces ceintures, que les corps devront se procurer sans retard, seront achetées par les soins de la commission de linge et chaussure et payées sur les fonds de ladite masse ; mais, afin de ne point l'obérer, le montant de la dépense sera retenu sur le prix de la journée de travaij des hommes, à raison de quinze centimes par jour. A la fin de chaque mois, les retenues faites dans le courant du mois seront versées au compte ouvert à l'homme, »

Le lieutenant général, gouverneur général de l'Algérie, Bageand.

Extrait du journal tenu par un officier du 2e régiment de zouaves

pendant V expédition du Mexique.

« Juillet 1862. — Pendant le mois de juillet, la garnison d'Orizaba (3,300 hommes) a perdu 123 morts par la dyssenterie, au fort de la saison des pluies. Les corps les plus éprouvés ont été le 1er bataillon de chasseurs à pied et le 99* de ligne : les hommes, dans ees corps, n'ont pas la ceinture de laine. »

Extrait du journal de marche tenu par le chef <T état-major de la colonne Martin pendant V expédition de Durango (Mexique).

« Juin septembre 1864 — Noos parvenons à préserver les hommes des refroidissements qui amènent la dyssenterie, en distribuant à chacun, outre la ceinture de flanelle, une ceinture de laine qui maintient la chaleur du ventre et soutient les reins.

<* Pour les préserver des insolations, on leur laisse porter un chapeau de paille à larges bords.

< Le capuchon de drap les meta l'abri de la pluie dans les marches.

« La vareuse de laine en usage dans la marine est un meilleur vêtement que le gilet, et protège bien contre les variations de température. »

S 4* rmwg«wwuuwTS baxs L'oftGÀiasATio*. 707

« Je l'ai éprouvé dans mes campagnes : rien n'est commode et sam comme un habit dont la forme couvre on découvre à volonté la poitrine. » . 9

Le lieutenant général Duhesme, qui a fait les campagnes de 4793 à 1815.

Le général Dupont, commandant le 2* corps d'observation de la Gironde,

au ministre de la guerre.

Bayonne, le 3 décembre 4807.

« rai fait la demande de pantalons et de sarraux (blouses) de toile. Cette fourniture sera très-Utile pour la santé du soldat dans les marches en Espagne et pour la conservation de son habillement. »

Ordre.

Gonstantine (Algérie), le 47 juin 4869*

« Je rappelle que, dans les marches, les hommes doivent voyager en blouse blanche.

« La blouse peut se laver facilement ; elle permet de ménager les effets de drap, qui sont promptement salis ou usés par les courroies de l'équipement ; enfin elle dégage la poitrine et ne gêne pas la respiration.

« Quand on craindra le froid ou la pluie, les hommes porteront la veste de drap sous la blouse.

« MM. les chefs de détachement veilleront à l'exécution de cet ordre. •

Le colonel dn 3« régiment de «mares, Bocher.

« La jaquette et le pantalon de. toile qu'on donne à noire infanterie en Prusse, ou la blouse de toile de l'infanterie autrichienne, sont un des ph» grands perfectionnements qu'on ait introduits dans la tenue de guerre. En hiver, on les porte sous les effets de drap ; en été, ils permettent de «oarchçr avec commodité, en laissant à la poitrine pleine liberté pour respirer, ou bien ils servent de vêtement de, rechange en arrivant au bivouac.

« Un progrès non moins grand consisterait à donner h chaque homme une ceinture de laine : c'est le meilleur remède pour prévenir la dyssenterie et soutenir les reins pendant la marche. »

Un capitaine de l'infanterie prussienne.

« L'expérience de la guerre de 1870-71 nous a convaincu des vérités suivantes.

« 11 est utile que le soldat soit muni d'une paire de pantoufles, dans lesquelles, après une marche, le pied peut se reposer de la longue, compression produite par le soulier, ou la botte et perdre sa moi-

teur : ces pantoufles paraissent au soldat si commodes qu'il en achetait, sur son sou de poche, partout où il pouvait s'en procurer, et les partait dans son sac ; or, on sait que le soldat n'a pas trop de solde et qu'il n'aime pas à se surcharger.

c Le soldat s'est bien trouvé aussi de la paire de semelles de rechange qu'on lui donne réglementairement.

< C'est une heureuse innovation de lui avoir fourni une jaquette de toile qu'il porte sous son vêtement de drap : il peut ainsi, en arrivant à l'étape, ôter sa tunique et se soulager ; mais un progrès à réaliser encore, c'est de remplacer la tunique qui, par ses boutons, comprime la poitrine, l'empêche de se dilater et augmente la production de la sueur, par une blouse en laine, ou vareuse avec coulisse pour l'ajuster à la taille. La vareuse et la blouse ou jaquette de toile, avec le manteau, sont les véritables vêtements de guerre; le premier est chaud, le second commode pour Tété. »

Un officier prussien.

c Je regarde la coiffure en usage dans notre infanterie, en Prusse, comme impropre au service de guerre, il faut, en effet, qu'une coiffure soit commode et légère, qu'elle protège contre le soleil et la pluie. Notre casque remplit la deuxième condition, mais nullement la première. Il ne permet guère de tirer couché; et le reflet de sa garniture métallique trahit de loin la présence de la troupe. Nous avons implicitement reconnu son incommodité dans plusieurs circonstances : ainsi, pendant tout le siège de Paris (1870-71), nos soldats l'ont porté, non sur la tête, mais suspendu à la poignée du sabre* On ferait mieux de le remplacer par une coiffure à visière, d'étoffe solide, du modèle du képi autrichien. »

Un officier de l'infanterie prussienne.

Le major général de l'armée du Rhin aux commandants

des 8e corps d'armée.

Metz, le 4" août 4870.

« L'Empereur, voulant alléger la charge du soldat, autorise tous les corps d'infanterie à remplacer le bonnet à poil ou le shako par le bonnet de police à visière, dit képy. On versera sur-le-champ ces coiffures dans les magasins le plus à proximité. »

Le ministre des affaires étrangères au ministre de la guerre.

Juin 4854.

(Note sur le vêtement en Russie, et propositions d'un négociant anglais pour la fourniture de vêtements d'hiver à l'armée d'Orient).

* L'hiver, en Russie, commence dès les premiers jours d'octobre et dure jusqu'en avril. Pendant ce long intervalle, dans la plus grande

§ 4. FEftFECTIONXEUBNTS DANS L'OlGiXISATION. 709

partie de Fempire le thermomètre demeure, en moyenne, à dix ou quinze degrés Réaumur (12° ou 18° centigrades) au-dessous de zéro, -et descend souvent beaucoup plus bas pendant plusieurs jours 6u •même plusieurs semaines de suite,

« Toutefois l'hiver est la saison dans laquelle la plus grande activité règne parmi la population russe, qui le regarde comme d'autant pli» propice crue le froid est plus grand et plus constant. Au lieu d'interrompre les affaires, la température les facilite. Les marais, les lacs et les rivières disparaissent sous une couche de neige etllement -durcie qu'elle permet le transport des charges les plu? lourdes, et l'ouverture de communications impraticables en été. De même, c'est en hiver que Ton entreprend de préférence les plus grands voyages, sans redouter d'autre obstacle que la cessation possible de la gelée.

c Ajoutons qu'en cette saison, quelque exposé que l'on soit à l'air, on se porte mieux qu'en été.

« Cette circonstance ne résulte d'aucune supériorité physique du peuple russe ; au contraire, la nourriture plus substantielle des Anglais et des Français les rend capables de résister mieux encore au froid que les Russes, pourvu qu'ils soient également bien vêtus.

t Les troupes avec lesquelles Napoléon Ier envahit la Russie furent victimes de l'hiver, au moment où les corps russes n'en éprouvaient aucun inconvénient. Il ne sera donc pas hors de propos de rechercher en quoi consiste kt différence du mode de se vêtir qui entraîne la conservation ou la destruction d'une armée, et au moyen duquel un froid extrême procure à la population d'un pays les plus grands avantages, au lieu de la faire souffrir.

« Le peuple russe, auquel la température rigoureuse de l'hiver est -si profitable, porte un costume aussi simple et aussi peu dispendieux qu'il est approprié à son but : le sang circule librement et la chaleur intérieure se conserve, sans que l'individu se charge de vêtements trop lourds.

« Une coiffure en laine avec des revers pouvant couvrir les oreilles, une chemise de toile ou de coton et un caleçon, des bas de laine et des bottes en cuir pour les pieds, des gants de lame et des mitaines en cuir pour les mains ; et, pour envelopper le corps, une robe ou pelisse en peau de mouton dont la toison est tournée en dedans : tel est le costume russe, lequel suffit pour résister indéfiniment au froid le plus intense sous les latitudes les plus élevées.

« Ce costume, très-légèrement modifié, est adopté pour les troupes 'en Russie ; et, si Ton y eût pris garde à temps, son usage eût empêché les désastres qui détruisirent l'armée de Napoléon.

« Voici quelles sont les modifications appliquées aux soldats : au lieu d'une longue robe, ils portent, par-dessus leur chemise et leur pantalon, une. veste en peau de mouton, de forme analogue- à la veste . prussienne, et ils endossent la capote d'uniforme. En hiver, les unifermes de parade sont mis de c6té.

« Même au milieu de l'été, la peau de mouton est pour la nuit, après le coucher du soleil, le meilleur préservatif contre la fièvre et

les rhumatismes. On peut dire, sans exagération, qu'elle est, pour ainsi parler , essentielle en Russie en toute époque et en toute saison.

« Son emploi n'est pas coûteux : son bas prix, aussi bien que l'impossibilité de s'en passer, est démontré par cela seul que la population entière, même la plus pauvre, en porte.

€ Au mois de juillet a lieu la grande foire à laquelle on peut se procurer des centaines de milliers de peaux en question. Une dépense de 40 à 50,000 livres sterling (4,250,000 francs) peut assurer la santé et le service effectif de', troupes par un froid quelconque. Leur donner un surcroît de vêtements de drap n'aurait pas le même effet, tout en les encombrant et en les chargeant davantage.

• Les peaux seraient livrées dans un port de la Baltique.

« S'adresser à MM. J. Thomson, Bouar et G°, à Londres. >

Corps de partisans à organiser comme garde-flancs, et troupes territoriales à employer en 2e ligne aux têtes de pont.

Le général Bertrand, commandant le 4* corps, au major général Berthier.

Sprottau, le 44 juin 4843.

< L'aide de camp que j'avais envoyé à Freistadt (pendant l'armistice) a eu une conversation avec le colonel russe Figner, qui commandait un corps de partisans sur nos derrières.

c Si la guerre recommence, lui dit l'aide de camp, votre métier ne sera plus aussi bon : l'Empereur aura sur les derrières douze mille chevaux* » — * Tant mieux, c'est ce qne je demande, ils ne me prendront pas. Je m'en irai, j'éreinterai leurs chevaux, je les harcèlerai et ils seront détruits. Envoyez-les plutôt sur les derrières de notre armée enlever nos convois : c'est comme cela qu'on fait faire des armistices

8>ar allusion à celui que Napoléon venait de conclure à Parschwitz). 'est un fort bon métier que celui de partisan ; si je suis un peu trop pressé, j'en suis quitte pour deux ou trois jours dans un bois. »

t Le colonel des cosaques paraissait outré de ce que l'Empereur les appelait de < misérables cosaques •. — - « Je voudrais que vous eussiez mes cosaques. Si l'empereur Napoléon avait ces misérables cosar ques à son service, il y a longtemps qu'il aurait été visiter l'empereur de la Chine. 11 est vrai que je suis poltron avec mes misérables cosaques : je m'en vais quand on est en force ; mais je ne vous fais pas moins le plus grand mal. »

« Avec un bataillon, je ne crains pas tous vos cosaques », a dit l'officier. — « Je vous prendrais, a répondu le colonel. Je ne vous enfoncerais pas, il est vrai ; mais je vous harcèlerais ; je ne vous laia-

S 4. PIEFBCT10KKBH1HTS DANS l'OIGUOSATIOI!. 711

■serais pas entrer dans un village parce que vous y trouveriez à manger : je les brûlerais autour de vous, et je finirais par vous avoir. >

< Les officiers parlaient tous bien français. On les lui a présentés successivement, sauf un seul dont il a demandé le nom : c'était un officier prussien. »

Remarques sur les partisans et la direction qu'on devrait leur donner à l époque d'aujourd'hui. — Mémoire présenté au maréchal prince de Schwarzenberg, par le général russe Toll.

Le 20 août 4843.

c L'armée coalisée peut être très-souvent dans le cas de devoir se reposer quelque temps, après avoir fait des marches forcées et pénibles. Pour conserver l'offensive sur l'ennemi, même dans les cas les plus critiques» il faudra mener la petite guerre avec la plus grande vigueur ; en conséquence de quoi, je propose de faire venir de 1 armée de Blûcher douze (12) régiments de cosaques pour les faire joindre, dans le plus court délai, à l'armée de Bohême. De ces régiments, on formera cinq ou six corps de partisans, leur ajoutant quelques pièces d'artillerie volante, que Ton enverra sur les routes de Dresde à Leipzig, de Dresde à Altenbourg, de Dresde à Chemnitz. Les opérations de ces partisans se borneront entre la Saale et la Mulde, afin de resserrer autant que possible le terrain qu'occupent les forces des Français, et leur ôter par ce moyen toutes les ressources du pays de la Saxe.

« On pourra même, à Zwickau et Hof, faire rassembler des vivres pour l'armée de Bohême, qui ne doit pas tarder de recommencer le mouvement stratégique sur les communications de l'ennemi en se dirigeant par Zwickau et Chemnitz sur Leipzig, dans le but de protêt la main à l'armée du prince royal de Suède (Sernadotte), qui se dirigera par Rosslau sur ce même point.

« Les partisans Seslawin, Davydow, Kudaséhew, Fûgner, Kaisarow et Qrlow ont rendu les plus grands services dans l'année 1812, et ils seraient fort heureux d'être employés dans les circonstances actuelles. Ces mesures prises nous procureraient des avantages immenses. Toute communication avec la France sera interrompue, toute nouvelle formation de troupes ennemies en Allemagne sera détruite ; la troupe de ces partisans se renforcera sensiblement par les Allemands, qui prendront volontairement les armes contre leurs tyrans ; et dans peu nous verrons les grands résultats de ce genre de guerre que l'ennemi ignore entièrement. •

Le grand-duc de Uecklembourg, commandant le XIII9 corps d'armée, au feld-maréchal grince Frédéric-Charles, commandant ta II9 armée allemande.

Montfort, le 43 janvier 4874, 2 h. du matin.

« Hier la 4e division de cavalerie n'a pu réussir à entrer à Ballon et Souligné, villages occupés par de l'infanterie ennemie (francs-tireurs). >

712 RELATION* DU GÉÏïSRÀL EN CBB& ATKGM» UWTTEIfAHTS.

Note sur Vefnptoi à faire des gardes nationales mobilisées,

Bordeaux, le 30 janvier 1874,

Les bataillons mobilises seront classés ea quatre* catégories , suivant leur armement :

4° Ceux non armés de fusils ;

2» Ceux armés de fusils rognés, ou de fusils de chasse, ou de fusil*, de différents calibres ;

3* Ceux armés de fusils à piston, lisses ou rayés, de même calibre ;

4° Ceux armés de fusils se chargeant par la culasse, de même calibre,

1* Les bataillons habillés, mais non armés, seront employés aux travaux de fortification dans les places fortes, les camps retranchés ou autour des arsenaux, et dans Tordre d'urgence : à Cherbourg et au* lignes de Garentan, au camp retranché de Lille, à Lyon, à Saint- Etienne, au camp retranché qu'il serait urgent de créer à Saint- Germain-des-Fossés, au nœud de toutes les voies ferries du centre de la France.

Au fur et à mesure qu'ils recevront des armes, ces bataillons seront exercés au tir à la cible et contribueront à la défense des camps retranchés énumérés ci-dessus.

Ils pourront également être employés à la construction des fours decampagne qui doivent être échelonnés en arrière de chaque armée, sur sa ligne de communication et de ravitaillement.

2° Les bataillons armés de fusils rognés, de fusils de chasse où de calibres différents seront constitués en bataillons de sapeurs ou pionniers de huit compagnies. Chaque homme sera pourvu d'un outil, Ï>elle, pioche, hache, scie, levier pour détacher les rails, tenaille pour es tordre. Des outils de rechange seront portés par une voiture affectée à chaque compagnie, commandée ou par un officier du génie, ou par un ingénieur.

Un bataillon de sapeurs sera affecté à chaque division d'infanterie.

Il sera employé aux retranchements rapides de campagne, abatis, destruction et réparation des ponts, voies ferrées, routes, etc.

Ce bataillon ne sera pas embrigadé et recevra des ordres du général de division ou de son chef d'état-major.

3° Les bataillons armés de fusils lisses ou rayés, de même calibre, relèveront les gardes mobiles dans toutes les places fortes et en Algérie. Us seront employés à la défense des places et camps retranchés. Les garnisons seront calculées à raison de : un homme par mètre courant de parapet, un autre homme pour les points les plus menacés, et un homme de réserve.

Ils serviront aussi à garder les postes-magasins échelonnés en arrière de chaque armée sur sa ligne de communication.

4° Les bataillons armés de fusils rayés se chargeant par la culasse et de même calibre seront répartis à raison de un par division d'h> fanterie»

S 4. mntmoimitfifrTs dans l'organisation. 713

Chaque bataillon ainsi mobilisé ne sera point embrigadé, mais lestera à la disposition du général de division, qui l'emploiera d'abord à garder le convoi et les parcs, puis à défendre des enclos, maisons crénelées, tranchées-abris, et généralement dans des postes retranchés. Ce bataillon de mobilisés et le bataillon de sapeurs de la division seront d'habitude réunis.

Situation matérielle et morale de la II* armée allemande, commandée par le prince Frédéric-Charles, au milieu de janvier 1871.

Pour juger la situation de» l'armée à cette époque, il est nécessaire de jeter un coup d'œil sur l'état intérieur des corps de troupes.

Celui qui n'est pas militaire, jugeant les cboses avec son imagination, voit une armée victorieuse sortir de chaque bataille avec une nouvelle dose d'énergie et de confiance, s'exalter par ses succès mêmes et surmonter de plus en plus facilement les obstacles f*e l'ennemi lui oppose. Mais une armée ne peut, sous tous les rapports» être comparée à l'aimant, dont la force augmente par l'usage. Tout militaire qui a fait campagne rendra cet hommage à la vérité que les les victoires ne s'achètent qu'aux dépens des meilleurs éléments et que la mort les moissonne de préférence. Il est clair, d'ailleurs, que les hommes les plus actifs s'exposent aussi le plus à voir leurs forces s'épuiser. Dans une guerre qui durait depuis 6 mois, où marches et combats s'étaient succédé sans interruption au cœur de l'hiver, dans des bivouacs à ciel ouvert, plus d'une. nature vigoureuse était tombée malade et avait dû quitter l'armée.

Les «vides dans les rangs de* la troupe s'étaient, il est vrai, comblés à l'aide d'hommes tirés des dépôts, autant qu'il avait été possible de le faire, vu la nécessité de fournir d'ailleurs au service de garde, do sûreté et d'escorte, et on avait pu maintenir les cadres au strict nécessaire. Mais les vides en officiers étaient presque impossibles à remplir, surtout en officiers de l'armée permanente ; et l'infanterie se ressentait très-péniblement de cette pénurie.

Le pied de guerre pour chaque régiment d'infanterie prussien comprend 63 officiers ; or, à cette époque, les régiments du 10e corps d'armée ne comptaient plus :

Le 56e d'infanterie, que 15 officiers de l'armée permanente. 37* — • 15 — —

Le 10e corps possédait en tout 286 officiers d'infanterie (ligne et chasseurs à pied).

Le ^ corps avait commencé, le 5 janvier, les opérations contre le Mans avec 359 officiers d'infanterie \ il en avait perdu 105, et le

13 janvier, à la fin de ces opérations, il n'en avait plus que 305, quoiqu'il en eût reçu 22 nouveaux.

Dans le 9e corps, la 18* division d'infanterie comptait 172 officiers pour ses 4- régiments d'infanterie et son bataillon* de chasseurs, la 17e division 131 , la 22e seulement 108 (y compris les états-majors).

On peut se rendre compte maintenant combien était sensible le manque d'officiers subalternes un peu anciens. Des compagnies, des demi-bataillons même étaient conduits au feu par de jeunes officiers de réserve ou même des cadets (vice-feldwebel).

Mentionnons encore ici que, quelques jours après, pendant la poursuite de l'ennemi au delà du Mans, le général de cavalerie vonSchmidt annonçait au général en chef que le bataillon du 56e d'infanterie qui avait été mis à sa disposition ne l'avait rallié qu'avec 280 hommes dans le rang, qu'il avait donc fallu le fondre en un demi-bataillon, dont le commandement revenait au lieutenant von Vietinghoff comme le^lus ancien de grade. Ce manque d'officiers avait obligé plusieurs fois de fondre plusieurs compagnies en une. plusieurs bataillons en un seul. Il est évident, dès lors, que la manière dont les troupes étaient menées au feu devait s'en ressentir. La 2* armée allemande avait fait, dans les batailles d'août 1870 devant Metz, dans le blocus de cette place, enfin dans la campagne sur la Loire, des pertes trop sanglantes pour que sa valeur première ne fût pas notablement altérée.

Dans les opérations et la bataille du Mans, les pertes en tués et blessés n'avaient pas été» sauf dans le 3e corps, très-sérieuses; mais l'ensemble de toutes les circonstances réunies, combats, bivouacs dans la neige, insuffisance de nourriture, fatigues continuelles.... etc., avait fini par épuiser tellement les forces des troupes que, malgré que chaque combat se terminât à leur avantage, on ne faisait que des progrès lents, beaucoup plus lents qu'on n'aurait voulu et espéré. Peu à peu, presque sans qu'on s'en doutât, l'appréciation de la grandeur des difficultés à surmonter s'était glissée dans l'esprit. Ceci était plus dangereux qu'une crise violente à vaincre, car chacun voit de suite qu'après une crise, quelle qu'elle soit, il y aura une solution ; tandis que les préoccupations dont nous venons de parler font craindre que la solution ne recule de plus en plus, ce qui fait perdre la patience et la confiance.

Ce sont là des situations où, avec des troupes moins solides le moindre incident peut amener un revirement de fortune et la retraite.

M. le capitaine von Goltz, qui a en sons les yeux cette situation et les rapports ou documents de la IIe armée allemande.

Extrait des notes recueillies en Allemagne par un officier

depuis la guerre de 1870-71.

« Pour se rendre compte du système d'idées gui a présidé au perfectionnement de l'organisation allemande depuis la dernière guerre,

§ 4. PBIFBCnONTfKMKIHTS DANS l/ORGANISATlOff. 715

il faut remonter aux premiers jours de 1873, à l'époque où M. le feldmaréchal von Roon fut nommé président du conseil des ministres, en Prusse. A cette époque furent décidées à la fois la mobilisation d'une division de landwehr par corps d'armée, en cas d'une nouvelle guerre, et la levée régulière du landsturm pour permettre la mobilisation ultérieure d'une deuxième division de landwehr pendant la durée des hostilités. En même temps, on résolut l'introduction de nouvelles pièces d'artillerie fournies par les usines de Krupp. À cette date encore,

pendant la dernière guerre donnés provisoirement à la cavalerie pour la munir d'une arme à longue portée, l'attribution de sommes immenses aux travaux de fortification des places de Metz, Strasbourg, des tètes de pont sur le Rhin, des défenses entières et des forteresses près de la frontière de Russie, prouvèrent que Ton était à une époque d'organisation semblable à celle de 1859. L'organisation du landsturm paraît avoir clos la série des projets arrêtés en 1873, car cette loi étend jusqu'aux limites des forces disponibles du pays, le principe fondamental que chaque troupe en campagne doit trouver derrière elle une réserve pour remplir les vides que lui fait subir la guerre.

Ainsi les cadres de l'armée active, doublés en 1859, ont pu, pendant la guerre de 1870-71, recevoir dans leur sein la réserve proprement dite, alimentée de son côté par les bataillons de dépôt. La réserve à son tour voit ses vides comblés par la mobilisation d'une division de landwehr. La landwehr enfin deviendra tout entière mobile et entretiendra ses forces par suite de la mise sur pied du landsturm. créé par la loi de 1875. C'est là, on le voit, une prévoyance poussée jusqu'aux dernières limites d'une population.

Cherchons à analyser maintenant le résultat pratique de cette organisation. Comme elle semble avoir dit son dernier mot, le moment est venu de tirer les conclusions de ces institutions dont nous venons d'esquisser l'ensemble.

Le souverain de l'Allemagne a dorénavant le droit d'appeler à la défense du territoire les hommes qui ont plus de 32 ans et moins de 42. — De 20 à 32 ans, toute la population mâle peut être portée hors des frontières. Bien çju'il soit difficile d'évaluer l'effectif exact que présentera cette dernière mobilisation, on doit l'estimer égale au moins à un million d'hommes. Il faut conclure de là qu'au premier conflit éclatant entre l'Allemagne et ses voisins de l'ouest, la première fera une guerre d'invasion. Le résultat pratique de la récente organisation du landsturm sera de rendre la landwehr tout entière mobile : la première partie, soit une division par corps d'armée marchant avec l'armée active, la deuxième partie venant plus tard

détache

certaines

lesquelles l'agression

Son mouvement par grandes masses l'attachera aux voies ferrées

716 KELÀTIORS BU GttlÉRAL Uf OUI ÀVK m» LIIUTKÏUNTS.

principales, car d'immenses approvisionnements doivent suivre d'auss* grandes agglomérations d'hommes. Ces masses devront marcher vers un objectif important, comme la capitale ennemie, on contre les armées qui tiennent la campagne, afin de finir oromptement la guerre ; car l'Allemagne, en envoyant tonte sa population à l'étranger, ne souffrirait pas sans murmures et même sans désordres, des opéra* tions lentes et une application négligente d'efforts aussi ruineux. On peut encore dire avec certitude que, dans la marche en avant des armées allemandes, les vivres de ces troupes aussi bien que leurs munitions devront être tirés de l'Allemagne, car des masses considérables peuvent bien dévaster le pays étranger où elles se trouvent; mais elles ne sauraient y vivre normalement à moins de s'y disperser, ce qui est inadmissible pour une armée qui n'a pas encore battu l'adversaire.

« On voit donc que les inconvénients dont les armées allemandes auront le plus à souffrir s'accroissent avec les distances et le temps : c'est pourquoi, encore une fois, il faut ou qu'elles rencontrent les armées ennemies et les battent, ou qu'elles s'emparent de la capitale pour détruire ce centre d'activité commerciale où convergent tous les fils de l'administration, car il leur faut frapper un coup décisif sans perdre de temps. Il n'est pas possible d'admettre qu'ils se contentent d'occuper une province frontière sans grande lutte et de s'y maintenir comme gage de la paix, attendu que, tant que les forces de l'adversaire restent intactes, ils sont contraints de garder sur pied leurs masses mobilisées; et l'échelle de leur mobilisation est si considérable qu'elle n'admet qu'une guerre d'invasion.

En s'appuyant sur l'étude des tendances et du caractère de l'armée, on se confirme dans ces déductions. Tout ce que peut désirer une armée prussienne, c'est de rencontrer promptement son ennemi et d'engager aussitôt le combat. Son histoire entière est là pour le prouver, et les travaux pratiques de toute l'année ont pour but de développer ce caractère traditionnel. Quant aux places fortes que l'invasion pourrait rencontrer sur sa route, la Prusse a pris des précautions depuis 4871 pour en raccourcir le siège, ou plutôt le bombardement. La pièce rayée de 45 centimètres courte a été fabriquée en grande quantité (un millier environ), et trois parcs de siège mobiles suivront les armées. Nulle part, même dans les expériences qui ont été faites à Graudenz et autres petites places récemment démantelées, l'idée d'un assaut n'a été appliquée sur une échelle un peu vaste à l'instruction des troupes : ce genre d'attaque n'est pas dans leur caractère. Si donc ils rencontrent une armée en rase campagne, ils l'attaqueront avec tous les avantages que donnent le nombre, la discipline, un corps d'officiers animés du même esprit, des troupes exercées, enfin la confiance du succès. S'ils avancent sur la capitale, ils l'investiront et la bombarderont. Si quelques petites places se trouvent sur leur passage, ils les masqueront et les investiront sans s'arrêter; car, encore une fois, il faut que leur besogne marche vite, plus vite même qu'en 1870, car leur mobilisation est plus vaste,

g 4. PBRFECTlOKNEMEflTS DANS L'O&OAIUSAXION. 717

l'élan patriotique du pays plus faible, et leur passé les oblige à, des coups d'éclat.

Mais si* sur le flanc de leur ligue d'opérations, se rencontre un pâté montueux où l'adversaire se serait préparé un réseau de voies de, communications et aurait massé des forces considérables, la situation des envahisseurs deviendra plus complexe. Il y aura là des fronts

Î[u'on ne pourra enlever sans assaut, et toute défaite découvre de suite a ligne d'invasion. Les résultats d'un pareil succès seraient d'autant plus importants que l'armée prussienne met tout son effort et toute son élite sur son front stratégique. Sa ligue d'opérations est parcourue par des convoyeurs et défendue par une landwehr où reparait toute la mollesse naturelle h l'Allemand quand il échappe à la sévère discipline des armées.

Le général Sherman, commandant Varmèe de Misstisipi, au lieutenant général Grant, commandant en chef toutes les armées des Etats-Unis.

Au camp pris do Chattahoochee, le 42 juillet 4864,

« Nous avons battu l'armée ennemie chaque fois que nous l'avons rencontrée & chances égales, c'est-à-dire en rase campagne; mais son général en chef, Johnston, a l'habitude de couvrir sa retraite en se plaçant derrière de bons parapets et des abatis, qui sont construits d'avance pour lui par les nègres et les milices du pays. »

Limite dans l'effectif des unités stratégiques et tactiques.

A la guerre, l'habitude est de donner des ordres de marche aux corps d'armée en assignant à chacun d'eux une route particulière, et à toutes les troupes d'un même corps d'armée un môme endroit pour destination.

Il résulte de cette habitude qu'un corps d'armée ne doit pas comprendre plus de deux divisions, sinon la queue de sa colonne ne pourra arriver, après une marche, au même gite que la tête : en d'autres termes, le corps ne pourra se concentrer en un jour dans la main de«son chef.

En effet, prenons l'hypothèse la plus favorable, celle de la saison d'été, où la journée de travail est de (13) heures. Un corps d'armée en marche sur une seule route (et dans une armée considérable, il est très- rare qu'on puisse lui en affecter plusieurs), occupera avec son train régimentaire une colonne profonde de 28 kilomètres, ou sept lieues. Quand la tête aura parcouru 28 kilomètres, l'arrière-garde se mettra seulement en marche.

Or, il faut sept heures au moins pour que toutes les troupes du corps aient défilé. L'arrière-garde partira donc sept heures après la tête; sur une journée de treize heures, il ne lui restera que six heures, et même cinq heures seulement si l'on admet qu'il faut au

moins une heure à une troupe pour s'installer au cantonnement ou au bivouac. Donc, dans une journée de treize heures, un corps d'armée ne peut faire que cinq lieues au plus, dans cinq heures de marche.

Avec un corps d'armée à trois ou quatre divisions, on ne pourrait amener toutes les troupes au même point qu'en réduisant la distance à deux ou trois lieues, si le corps ne dispose que d'une seule route, ou il faudrait que le corps marchât en deux échelons, ce qui gêne singulièrement l'exercice du commandement. 11 vaut donc mieux ramener la force du corps à deux divisions, que l'on aura la possibilité de tenir toujours dans sa main.

Une considération d'un autre genre rend désirable que le bataillon n'ait pas un effectif dépassant 750 à 800 rationnaires : c'est qu'avec un nombre d'hommes plus élevé une voiture à quatre roues devient insuffisante pour apporter le pain ou les vivres de campagne qui lui sont dus journellement.

Enfin, la précision* croissante des armes à feu exige que la force de la compagnie ne dépasse pas 180 à 200 hommes, car une compagnie de 260 hommes formée en colonne offre à l'artillerie actuelle une surface si facile à toucher, que la moitié des coups y tombe dès la distance de 1,800 mètres.

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