‹ Les méthodes de guerre actuelles et vers la fin du XIXe siècleChapitre 73 sur 85 · T* ARMÉE DE LA LOIRE · texte numérisé non relu

T* ARMÉE DE LA LOIRE

Bourges, le 44 décembre 4870.

Ordre général n* 14.

« Le ministre de la guerre a décidé, à la date du 11 de ce mois, qu'aucune audience ne sera accordée dans, les bureeux de la guerre aux officiers, fonctionnaires ou employés militaires qui s'y présenteront sans un ordre formel des généraux commandant les divisions territoriales , des généraux commandant une armée ou un corps d*armée , ou de leurs chefs de service.

« Tout militaire (soldats, sous-officiers et officiers), â quelque corps qu'il appartienne, rencontré hors de sa garnison , ou loin de son corps, et qui ne sera pas muni d'une permission régulière d'absence, sera signalé au commandant de la place , arrêté et traduit devant la eour martiale la plus voisine.

« La gendarmerie est chargée de l'exécution de cette mesure. Le présent ordre sera lu aux troupes à plusieurs appels consécutifs. »

Le général en chef Bourbaki.

Le général Sherman, commandant en chef de V armée du Missi$$ipi> au colonel Hardie, chef du personnel au ministère de la guerre, à Washington*

En campagne, près d'Atlanta, le -25 juillet 4864.

« J'ai vu votre dépêche d'hier m'annonçant la nomination du général Osterhaus au grade de général de division. Je n'ai pas d'objections à y faire , mais je dois rappeler cependant à ce sujet mon opinion bien arrêtée , que c'est agir injustement envers les officiers qui restent au poste du danger devant l'ennemi, de les oublier dans la distribution des grades, et de donner de l'avancement à des hommes comme les généraux Hovey et Osterhaus , qui nous ont laissés au milieu des balles pour aller solliciter leur promotion. Si les derrières de l'armée sont le poste d'honneur, alors nous ferions mieux de faire face à Washington et de tourner le dos à l'ennemi. »

Napoléon au général Berthier.

Paris, 6 décembre 4844.

t J'accorde au duc de Bellune (maréchal Victor) la permission de rentrer en France ; mais , comme il pourrait arriver que le duc de

24 bis APP. — RELATIONS DU GÉNÉRAL EN CHEF

Bellunc soit engagé dans Quelques opérations où sa présence serait encore nécessaire , vous adresserez cette permission au duc de Dalmatie (Soult, commandant l'armée du midi de l'Espagne) , qui la remettra au duc de Beilune en temps opportun. •

Paris, 28 janvier 4809.

Note. — Le général Clarke, ministre de la guerre, fait un rapport à l'Empereur concernant le général Becker, récemment mis à la retraite sur sa demande et réclamant de nouveau du service. Le ministre propose de lui confier le commandement de la 2* division militaire.

Décision de l'Empereur.

« Il faut me représenter la -lettre qu'a écrite cet officier général. S'il est vrai qu'il ait demandé un congé, et si on ne le lui accorde pas, sa retraite , c'est un acte d'insubordination que je ne puis souffrir. La carrière militaire est trop glorieuse, et je récompense trop bien ceux

?ui m'y ont servi, pour qu'il soit permis de s'y conduire de la sorte, 'estime cet officier pour plusieurs rapports, et je n'aurais point pris cette décision sans des motifs graves ; je ne m'en souviens pas en ce moment. Je n'entends pas accoutumer les officiers à demander leur retraite dans un moment d'humeur, et à redemander du service quand cette humeur est passée. Ces caprices sont indignes d'un honnête homme , et la discipline militaire ne les comporte pas. »

Napoléon.

Travail à faire dans les dépôts, et fonds à leur fournir.

Le maréchal de Mac-Mahon, commandant le 1er corps de r armée

du Rhin, au ministre de la guerre.

34 juillet 4870.

« Le major-général de l'armée m'a fait savoir hier que les commandants territoriaux avaient reçu l'ordre de Votre Excellence de diriger d'urgence sur l'armée les détachements disponibles des dépôts, de manière à compléter l'effectif des corps à 2,400 nommes. Plusieurs chefs de corps, notamment le colonel du 87*, ont néanmoins reçu de leurs majors l'avis que les généraux commandant les divisions territoriales s'opposaient à cet envoi, à moins d'un avis particulier du ministre. >

AVEC LE MINISTRE DE LA GUERRE. 28 bit

Le général Trochu, président du gouvernement, au ministre.

de la guerre,

Paris, le 29 septembre 4870.

< Il existe maintenant à Vincennes trois dépôts de chasseurs à pied, l'un du 7e bataillon qui compte 1248 hommes et 8 officiers; un autre du 18e bataillon, qui compte 1470 hommes et 9 officiers ; et enfin un troisième du 15e bataillon , qui est dans les mômes conditions relatives.

« Ces effectifs vont toujours croissant et se composent, en partie, d'assez mauvais sujets qui se sont engagés sans doute à Paris pour n'en pas être expulsés et gui sont pour les autres d'un fâcheux exemple. Âveo des cadres aussi restreints en officiers, l'instruction de ce dépôt est impossible et toute surveillance est illusoire.

« M. le général Ribourt (commandant le fort de Vincennes) signale, en outre, un détachement de cinq compagnies appartenant à 5 régiments différents, qu'il a placé sous les ordres du plus ancien capitaine, mais qui paraissent, en quelque sorte, oubliés à ce point que plusieurs officiers se plaignent de n'avoir pas obtenu l'avancement à l'ancienneté qui leur revenait. De plus, ce capitaine manque d'énergie et n'a aucune action sur ses camarades, ce qui rend encore plus indispensable que ce détachement soit autrement constitué.

.«•Tous ces faits sont inquiétants pour la discipline, pour le bon ordre et pour les opérations militaires. En conséquence, j'ai l'honneur de vous en rendre compte, afin que vous preniez les mesures que vous jugerez convenables pour y remédier, par des nominations d'officiers et une amélioration d'organisation. * *

Le général commandant la 10* division territoriale au minisire

de la guerre, à Tours,

Montpellier, le 22 octobre 4870.

« Un assez grand nombre de militaires de toutes armes ont été éva-» eues sur des hôpitaux de la 10e division militaire, notamment sur celui de Montpellier, et, à leur sortie de l'hôpital , placés en subsistance dans l'un des corps de la garnison en attendant qu'ils puissent rejoindre leurs dépôts bloqués par V ennemi.

« Ces hommes, chasseurs à pied, cavaliers, artilleurs, etc., encombrent les corps où ils sont en subsistance , sans aucun profit pour l'Etat.

c Pour remédier à ces inconvénients, je^ vous prierai de vouloir bien m'autoriser à diriger ces hommes sur les dépôts des corps de leurs armes respectives les plus à proximité, soit pour y être incorporés d'une manière définitive, soit pour y rester en subsistance jusqu'à ce qu'ils puissent rejoindre le corps auquel ils appartiennent. Leur instruction et leur discipline ne pourront que gagner à cette disposition. •

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26 bis APP. — RELATIONS DU GÉNÉRAL EU CHEF

Le général Renault, commandant le II9 corps de la II* armée de Paris, feu général Berthaut, commandant la 2e division du II9 corps.

Sablonrille, 24 noiembre 4870.

« Les bataillons de garde nationale mobile sons vos ordres fournissent un nombre considérable de malades atteints de la variole. Je suis informé que les bataillons du Loiret en ont donné 22 dans la journée d'hier.

« Cela prouve que la revaccination n'a pas été opérée comme il avait été prescrit. Je vous prie de renouveler les ordres qui avaient été déjà donnés à cet égard, et d'exiger qu'ils soient exécutés.

c II parait également nécessaire que les médecins des bataillons se mettent en rapport, comme ceux des autres corps, avec M. le docteur Baizeau, médecin en chef du II* corps, et lui adressent leur rapport tous les dix jours.

a Je vous prie de donner des ordres à cet effet. »

« En quinze jours une chaussure est usée à la guerre, pendant l'hiver : on marche dans la neige,- et le soir, en se chauffant à un feu de bivouac, on brûle ses chaussures. »

Le général Lamarqae.

Le général Faidherbe, commandant en chef Vannée du Nord, au

ministre de la guerre.

Lille, le 34 décembre 4870.

« L'armement he se renouvelle qu'avec une peine extrême; les munitions sont aussi vite consommées que confectionnées ; et notre réserve en capsules, cartouches modèle 1866, boulets de 4, est assez faible.

t Nous avons réussi à nous pourvoir d'un certain nombre de chevaux de trait, mais les harnachements manquent ; et deux escadrons de cavalerie ne peuvent marcher faute de selles. La production à l'intérieur est entravée par le grand nombre d'ouvriers enlevés par l'armée ; et les marchés passés à l'étranger ne nous donnent la plupart du temps que des produits défectueux. »

Instructions dictées par Napoléon sur les services administratifs de la grande armée, pour h campagne de Russie.

Paris, 46 mars 4842.

oc Je suppose qu'on a pourvu dans le budget à la masse de ferrage des dépôts/

« Les régiments de cavalerie n'y pourraient pas pourvoir sur leurs masses : il faut donc un fonds pour les dépenses extraordinaires, car les dépôts vont mal faute de ces petites sommes, et cela retarde la disponibilité des chevaux. »

AVEC LE MINISTRE DE LA GUERRE. 27 bis

Le général Roussel d'Hurbal, commandant le dépôt général de cavalerie,

au ministre de la guerre.

Versailles, le 28 janvier 4 844. *

« Je le répète : il est urgent de prendre des mesures afin que des fonds pour la ferrure soient bientôt assignés. C'est une des grandes entraves que nous éprouvons. »

Précautions à prendre dans V envoi du matériel à V armée.

Le baron VoUand, intendant en chef de la division expéditionnaire

de M orée f au ministre de la guerre.

Toulon, le 45 août 4828.

« C'est dans la plus grande hâte et au moment où la flotte va mettre à la voile, car elle lève l'ancre à onze heures, que j'ai l'honneur de vous tracer quelques lignes.

< Il eût été inutile et superflu d'entretenir Votre Excellence de tout ce qui a été fait d'efforts, et de tout ce que nous avons rencontré d'obstacles, pour conduire avec nous le plus de denrées possible. Il faudrait en avoir été témoin pour en juger , et je savais d'ailleurs que vous étiez renseigné jour par jour (par votre aide de camp) avec plus ou moins de vérité, plus ou moins de connaissance de cause de tout ce qui est survenu. Enfin , malgré la hâte et la précipitation nous sommes parvenus à neutraliser les difficultés, et l'état où nous partons est aussi satisfaisant que possible, surtout pour les hommes. Je laisse ici M. Duplua, qui suivra la 3* brigade et qui, de concert avec M: Rey mettra la dernière main à l'embarquement des objets que nous ne som mes pas parvenu à enlever ou qui arriveront successivement. J'ai beaucoup à me louer du zèle et de l'empressement de mes collaborateurs t et aussi des employés des diverses administrations, bien que tous ces personnels soient encore merreelés , puisque tous ne sont point encore arrivés à destination.

« Les grandes contrariétés que nous avons éprouvées, et qu'il était impossible d'éviter, consistent:

« 1« Dans une compagnie de mulets de bât, dont il n'existe que les mulets, puisque les bâts ont été mis aux transports et qu'on ignore quand ils seront rendus. Cependant les dispositions étaient faites pour l'embarquement et le transport des mulets; et il a fallu en profiter. ,

c 2° Dans l'insuffisance des marmites, bidons, gamelles, sacs et couvertures de campement, objets tout à fait indispensables, qu'on dit avoir été expédiés de Toulouse et de Perpignan, mais qui ne sont point arrivés à temps.

c Enfin, dans la réalisation de la fourniture de vin que devait faire

28 bis APP. — 1BLATI0N6 OU Gftjtf RAi BK CHEF

M. Durand, et dont il n'a fourni qu'une faible partie» ce qui ngus a mis dans la nécessité de recourir à un marché d'urgence.

c S'il eût été possible que le départ fût ajourné au 20, toutes les dispositions étaient prises pour nous compléter en toutes choses ; mais enfin ce que nous avons laissé à faire se fera; et, puisque la mer est libre, rien n'empêchera les envois de nous parvenir.

« Il ne me reste donc d'autre inquiétude que pour la nourriture des chevaux, parce qu'il y a une difficulté extrême à pourvoir par des importations difficiles à une consommation journalière d'une si grande importance. C'est peut-être ce à quoi on n'a pas fait assez d'attention, mais ce dont on est frappé lorsqu'on pense qu'un bâtiment chargé de foin (non pressé) ne saurait pourvoir à la consommation d'un jour de 1400 chevaux.

« Le matériel d'artillerie de marine expédié de Toulon en novembre 1870, pour armer le camp retranché d'Orléans, avait été empilé au hasard sur les trucs et dans les wagons de plusieurs trains. Pour donner une idée des embarras du personnel chargé de chercher et de débarquer tous ces objets, nous reproduisons trois extraits de lettres faisant partie de la correspondance du général d'artillerie.

1* Le général commandant P artillerie au général en chef.

« Villeneuve dlngré, le 24 novembre 4870.

• J'ai l'honneur de vous informer que le nombre des canons de « marina se chargeant par la culasse est de 18 sur 32» et que les « 18 culasses de ces bouches à feu n'ont pas été trouvées dans les « wagons, >

Db Blois.

2' le capitaine de vaisseau commandant les batteries de la marine au général commandant V artillerie.

« Orléans, le 24 novembre 4870.

« J'ai l'honneur de vous informer que l'on vient de trouver dans

• un wagon, arrivé de Bourges, une partie des accessoires des 18 ca- « nous se chargeant par la culasse; il -manquait encore toutes les

* hausses, grandes et petites.

« « Le connaissement communiqué par la gare ne fait, du reste, au* « cunement mention des caisses contenant les hausses ; elles auraient « donc été oubliées par le port de Toulon.

< Pour les 14 canons se chargeant par la bouche, il ne manque « plus que les grandes hausses. »

RlBOURT.

c II ne faudrait pas croire que la première hausse venue pût s'adapter à tous les canons : chaque pièce avait ses hausses spéciales portant son numéro, et qu'un armurier devait mettre en place çg passant d'une batterie à l'autre. Le retard provenant de toutes ces

•iVEC LE MHlSTftK DE h\ GUERHK. %9 bit

complications aa sans doute pas d'inconvénient h bord, ou Von « toujours le tempo de se préparer au combat,

3° Le colonel directeur du parc au général commandant VartHlerie.

« Orléans, le 28 novembre 4870.

« Les 18 culasses, comme je vous l'ai écrit, ont été retrouvées, « ainsi que les masses de mire et tous les accessoires, sauf les hausses « qui ne sont pas arrivées, quoique le port de Toulon affirme les « avoir envoyées deuxiours seulement après les culasses. Nous avons « d'ailleurs les tables de hausse, et nous ferons faire des hausses en f bois si les vraies hausses n'arrivent pas. »

Hugon.

« Par suite de ces retards et de l'insuffisance du personnel marin» les canons se chargeant par la culasse ne purent être employés â la défense d'Orléans.

* Les détails qui précèdent dénotent une supériorité du service de l'artillerie de terre sur le service de la marine, dans les embarque* ment» et expéditions. Nous avons cru nécessaire d'appeler l'attention •ur ce détail.

f C'est d'après de meilleurs principes que l'équipage de siège de l'armée d'Orient fut embarqué à Toulon en 1854.

« Cet équipage se composait de 52 bouches à feu de diverses espèces (canons, obusiers, mortiers) de grosseurs différentes. On les chargea sur six navires de commerce, de tonnage & pu près égal,

« Au lieu de mettre toutes les pièces do même calibre sur un même bâtiment, on eut soin de placer sur chacun le sixième du chiffre total de chaque calibre. Avec chaque bouche à feu Ton embarquait sa quotepart en affûts, projectiles, poudres, armements, assortiments, agrès,

Outils de toute espèce, bois de fascinages , etc. ; en sorte que, dans

le oas où l'un des six bâtiments se fût perdu en mer, les cinq autres sixièmes de l'équipage contenant des objets de toute nature eussent ) u Mre totalement utilisés pour le siège, ce qui n'aurait pas eu lieu si le matériel eût été jeté sans discernement sur les transports. 9

M. le général de Blois, qui commandait l'artillerie du camp retranché d'Orléans.

Nécessité de délivrer le général en chef des entraves opposées par les règlements ou agents du service des finances.

le reçeceur particulier des finances de V arrondissement de Thionville à l'intendant militaire du 4e corps de V armée du Rhin,

TpionviHç, le «2 juillet* 870,

« Four obéir aux instructions que je viens de recevoir de M. le trésorier-payeur général du département de la Moselle, j'ai l'honneur

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