‹ Les méthodes de guerre actuelles et vers la fin du XIXe siècleChapitre 76 sur 85 · bis · texte numérisé non relu

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46 bis APP. — RELATIONS DO GÉNÉRAL EN CHEF

Toulon, et autres péninsules fortifiées. Là, vous pourrez toujours avoir des vivres, et pendant ce temps-là vous épuiserez Tannée d'occupation des Prussiens. Dans une guerre entre deux peuples qui ont adopté le service obligatoire' et universel, U n'y a de vaincu à la fin que celui qui veut Vitre. >

Extrait des délibérations du Comité de défense de Paris.

Séance du 23 août 4870.

• M. Jacqmin, ingénieur en chef à la compagnie des chemins de fer de l'Est, appelle l'attention du comité sur la nécessité qu'il y a de prendre des mesures en vue de sauvegarder la partie du réseau de ces chemins de fer qui n'est pas encore tombée au pouvoir de l'ennemi. Il fait voir que, d'après les procédés usités par l'armée prussienne pour couper les lignes, il suffirait de quelques troupes de cavalerie courant le long de la voie pour l'empêcher. La compagnie elle-même avait préparé des chambres de mine pour la destruction des ouvrages d'art, ponts et tunnels ; cependant un petit nombre de ces chambres seulement ont été chargées, et le feu n a été mis à aucune, en sorte que l'ennemi ne Yest trouvé arrêté nulle part, et que les dispositifs organisés ne profiteraient qu'à lui-même au moment de sa retraite. La compagnie continuera son œuvre à cet égard ; mais elle demande que, les mines une fois préparées, il y ait des gens apostés pour en tirer parti; elle met à la disposition de ces agents les appareils nécessaires pour produire les explosions.

« Le comité reconnaît l'utilité de la cavalerie pour protéger les voies ferrées contre les entreprises de l'ennemi.

« En ce qui regarde les destructions à opérer, il est d'avis que, pour obtenir un résultat utile, il conviendrait d'en charger, pour chaque ligne de chemin de fer, un officier supérieur du génie , lequel serait en rapport avec les ingénieurs de la compagnie, recevrait d'eux toutes les indications relatives aux préparatifs déjà faits, et prescrirait, s'il y avait lieu, l'exécution des dispositifs complémentaires. Des ordres pourraient lui être donnés par les généraux commandant en chef; mais il serait nécessaire aussi qu'il pût prendre sur lui à un moment donné, et qu'il n'hésitât pas à faire sauter un ouvrage d'art lorsque l'ennemi se présenterait sur cet ouvrage avec des forces sérieuses ; aussi devrait-on le choisir d'un jugement militaire sûr et d'une réelle énergie. L'ouvrage le plus avancé sur la voie ne devrait d'ailleurs pas être, pour ainsi dire, abandonné à lui-même ; mais il faudrait le faire soutenir par un petit poste qu'on retrancherait.

En résumé, le comité déplore que , par suite de circonstances

3u'on mette tout le service des destructions à opérer entre le* mains 'officiers supérieurs du génie, à raison d'un de ces officiers pour cha-

AVEC LE MINISTRE DE LÀ GUERRE. 47 bis

que ligne menacée, et que ces officiers soient choisis , leurs attributions réglées comme il vient d'être dit.

« Au sujet de l'opposition, signalée à la dernière séance, que certaines populations paraissent vouloir mettre à l'exécution de dispositifs de mines ordonnés, le comité prie M. le gouverneur de Paris de demander à M. le ministre de la guerre d'envoyer sur les lieux la force nécessaire pour que les travaux puissent être faits. »

Séance du 25 août 4870.

« M. le général de Chabaud-la-Tour fait observer que, pour la destruction des ponts, il sera nécessaire d'avoir, dans chaque localité, et à proximité des chambres de mine , des emplacements où Ton puisse déposer les poudres à l'avance. Les officiers du génie chargés de ce service fourniront un tableau des charges nécessaires. »

Extrait du registre des délibérations du comité de défense

de Paris,

Séance du 47 septembre 4870.

• M. Pierrard, directeur de la compagnie des chemins de fer de l'Ouest, mandé dans le sein du comité, appelle de nouveau l'attention sur la réquisition qui vient d'être adressée à cette compagnie, par M. le ministre de la guerre, sur la demande du préfet maritime de Cherbourg, de détruire tous les ouvrages d'art existant sur le réseau jusqu'à Cherbourg et Granville. Il fait observer que cette mesure aurait pour l'avenir des conséquences désastreuses à tous les points de vue, sans qu'elle puisse présenter pour le moment un avantage réel.

« En effet, l'objet qu'on se propose en détruisant des ouvrages sur les voies ferrées, et qui doit être, selon lui, d'empêcher l'ennemi de s'approvisionner au moyen des trains de wagons, lui semblerait pouvoir être atteint par la destruction, totale ou partielle , de deux ouvrages seulement sur chacune des lignes composant le réseau, le matériel étant d'ailleurs refoulé en entier au delà des points à intercepter, ou renfermé dans Paris.

< Le comité reconnaît que ces observations ne sont pas sans valeur. Il ajoute toutefois que les dispositions proposées en vue d'isoler les lignes l'une de l'autre doivent être complétées par l'enlèvement des. rails sur une assez grande longueur au delà des points d'interruption. >

Avoir aux gares de bifurcation et de tirage :

Des gardes d'artillerie pour vérifier les envois de munitions et les transbordements.

Des employés d'intendance, pour les envois de vivres et d'animaux.

Des employés de santé, pour diriger les -évacuations.

Des réserves de bâches et de récipients.

Des locaux pour loger les troupes de passage sans qu'elles gênent la voie.

48 bis APP. — RELATIONS DU GÉNÉRAL EN CHEF

Le général Trochu, président du gouvernement, au ministre

de la guerre.

Paris, le 40 septembre 4870.

« Il m'a été rendu compte que dans la gare aux marchandises du chemin de fer du Nord, et à la Chapelle, de nombreux wagons remplis d'armes et de munitions de toute sorte restent souvent plusieurs jours à l'abandon sans aucune surveillance, et sans personne pour les recevoir et en vérifier le contenu.

« Je vous prie de vouloir bien donner des ordres pour qu'un officier d'artillerie, secondé par un nombre suffisant de sous-officiers et de canonnière, soit en permanence à la gare de la Chapelle, pour surveiller les arrivages et vous en rendre compte. »

« Pour compléter nos forces, il serait utile et juste de décréter une loi de solidarité générale pour la réparation de tous les préjudices soufferts pendant la guerre entre tous les départements, envahis ou non. Ce qu'on doit faire après coup devrait être décrété avant la guerre. Alors on aurait vu les paysans de l'Alsace, de la Lorraine, de la Bourgogne, de la Franche-Comté se lever comme un seul homme contre l'ennemi. Ce n'est pas par faiblesse qu'ils sont restés inertes ou à peu près, mais par intérêt : ils craignent l'incendie du village, la ruine des champs et des forêts, et ils ne se trompaient pas ï II faut donc garantir les propriétés par une loi de responsabilité solidaire de tout le pays pour la défense nationale. »

M. le général Tripard.

Le général Trochu, gouverneur de Paris, au ministre

de la guerre.

Paris, le 3 septembre 4870.

« J'ai l'honneur de vous faire savoir que, dans sa séance du 2 septembre, le comité de défense, considérant qu'il y aurait un grave inconvénient, au point de vue de l'approvisionnement de nos armées, si Paris était assiégé, à ce que les ateliers de cartouches pour mitrailleuses fussent tous réunis dans la capitale, a insisté de nouveau pour qu'on organisât au moins un atelier de cette nature dans une ville de province, et spécialement dans une ville fortifiée, comme la Rochelle ou Bavonne.

Le maréchal Davout, ministre de la guerre, au lieutenant général

Vandamme.

Paris, le 9 mai 4845.

• Il existe dans votre division militaire beaucoup de militaires en retraite ou en réforme. L'intention de FEmpereur est qu'ils soient

AVBC LE MINISTRE DE LA GUERRE. 49 bis

réunis dans les places fortes, à l'exception de ceux qui vont être employés dans les gardes nationales et les levées en niasse. Concertezvous de suite avec les autorités civiles pour les rappeler, et désignez les places fortes où ils devront se rendre.

< Ils seront donnés comme instructeurs aux gardes nationales des places ; ils en soutiendront le zèle par leur expérience. Vous en formerez des compagnies que vous ferez loger à proximité des portes et des endroits les plus importants. En cas d'alerte, ils prendront les armes et se rendront au poste d'alarme qui leur sera désigné. Ils ne feront d'autre service dans les places que celui d'instruire les gardes nationales.

« L'Empereur attache une grande importance à l'exécution de ces mesures : elles doivent beaucoup ajouter à la force des places. »

Le Ministre de la guerre aux commandants des armées.

Tours, le 40 octobre 4870.

c Général, je vouS prie de faire porter à la connaissance de ceux des officiers et des sous-officiers sous vos ordres qui, de la retraite, ont été rappelés à l'activité pour la durée de la guerre, le passage suivant d'une circulaire adressée aux comptables du Trésor par M. le délégué du ministre des finances, à Tours :

< Quant aux pensions, vous devez les acquitter à présentation du c titre, sur certificat de vie et attestation de deux témoins si vous le « jugez nécessaire pour garantir votre responsabilité, quel que soit le « département dans lequel les pensionnaires sont inscrits. »

Le général Chanzy, commandant en chef la 2€ armée de la Loire, aux généraux commandant les corps d'armée et les armes spéciales.

Le Mans, le 2 janrier 4 874 •

< Les conseils d'administration des corps de troupes portent à leur suite des archives d'un certain volume, au milieu desquelles se trouvent des documents précieux, dont la conservation importe essentiellement à la régulière justification des comptes en deniers et en nature.

« Afin de mettre ces documents à l'abri des accidents de la guerre, M. l'intendant en chef me propose de les réunir dans une place en arrière de la Loire, celle de la Rochelle par exemple, où lesdites archives empaquetées et scellées pourraient être enfermées en lieu sûr, à l'hôpital militaire, sous la garde d'un archiviste qui en prendrait charge et les expédierait, le cas échéant, sur la demande des conseils d'administration des régiments de marche qui, n'ayant point de dépôt, ne savent où les adresser.

« J'approuve pleinement cette mesure, et en conséquence lesdites archives seront immédiatement emballées dans des caisses, scellées et

50 bis APP. — RELATIONS DU GÉNÉRAL RN CHEF

soigneusement étiquetées. Les caisses avec paquets seront déposées à la gare du Mans, au magasin du campement, qui les expédiera jusqu'à la fiochelle. M. 1 intendant en chef donnera des ordres pour les réunir et les faire accompagner. >

Rôle du génie civil sur les derrières de V armée.

Le général du génie Blein au major général Berthier.

Vitry, le 28 janvier 4844.

« Le pont à remplacement de l'ancien pont rouge, route de Vitry à Sézanne, a été terminé ce matin à 4> heures. Il est construit au moyen d'un bac et de douze nacelles, et formé d'un double plancher. On le consolide en attachant des tonneaux aux nacelles ; et j'ai spécialement chargé M. Benoist, ingénieur des ponts et chaussées, de veiller à sa conservation. .

« Cet ingénieur m'a puissamment secondé dans sa construction. C'est à son zèle que je dois la découverte des matériaux nécessaires ; et c'est par son exemple que les ouvriers et mariniers du pays ont été encouragés à des travaux qui présentaient une extrême difficulté. Je désire bien que Votre Altesse omieune une récompense de l'Empereur pour cet ingénieur, »

Le général Crouxat, commandant le 20e corps d'armée, au Ministre

de la guerre, à Tours.

Bellegarde, le 35 novembre 4870.

« Quelques voies de communication en arrière de l'armée sont endommagées ; une partie du tablier du pont de Chàteauneuf-sur-Loire a été notamment brûlée. Il serait utile, comme mesure générale, que les ingénieurs eussent l'ordre de faire réparer toutes les dégradations existant aux chemins en arrière de nos lignes. »

Le général Chanzy, commandant en chef la 2e armée de la Loire, au général Javain, commandant le génie de V armée.

Laval, le 49 janvier 4874.

< J'ai l'honneur de vous adresser copie d'une dépêche télégraphique

Sue je viens de recevoir du Ministre de la guerre. Je vous serais obligé e la communiquer aux commandants du génie des trois corps d'armée :

< Le corps du génie civil est aujourd'hui complètement organisé, et la plupart des ingénieurs et agents de ce service sont arrivés à leur

Î)08te. Vous aurez donc à utiliser immédiatement ce personnel, sur equel je compte beaucoup pour aider à la défense, assurer vos cm-

AVEC LB MINISTRE DE LÀ GUERRE. 51 bis

mmications en arrière, faire sur les chemins de fer, soit dans les gares, soit sur d'autres points, les quais nécessaires pour rembarquement rapide des hommes, des chevaux et du matériel, créer des tranchées-abris et des fortifications passagères partout où les troupes stationnent, construire des épaulements pour batteries de campagne, installer les batteries de marine, exécuter des routes, des chemins de fer, miner les ouvrages d'art, étudier la topographie du terrain, établir des passages nombreux et faciles sur les cours d'eau que vous traversez; tels sont les travaux que vous pouvez demander au génie civil. Ne vous inquiétez pas des moyens d'action dont peuvent disposer les ingénieurs; prescrivez ce que vous jugerez utile de faire, et le génie civil trouvera les moyens d'exécution en appelant à lui les entrepreneurs et ouvriers habitués à exécuter les grands travaux publies. »

Le général Chanzy, commandant en chef la 2« armée de la Loire, au

général Javain, commandant le génie.

49 janrier 4874.

« Je vous prie de vouloir bien désigner un ingénieur civil du 17e corps pour se rendre demain sur la ligne de Rennes, à la gare de Genest. Cet ingénieur aura pour mission d'étudier les moyens d'établir une voie de garage et un quai de débarquement sur la partie de la ligne la plus rapprochée du point de passage de la route de Loiron à Saint-Ouen-des-Toits. Cette voie de garage devra permettre le stationnement d'une vingtaine de wagons contenant des approvisionnements et des munitions de réserve pour l'armée.

« Les travaux nécessaires doivent être exécutés par la compagnie de l'Ouest le plus promptement possible, sur un ordre de réquisition formulé par vos soins.

« Vous voudrez bien me rendre compte des dispositions que vous aurez prises à ce sujet. >

Relations du général en chef avec les autorités civiles.

Le général Washington, commandant en chef de V armée américaine,

au comité de sûreté de New- York.

Au quartier général, le 47 avril 4776.

« Rien ne peut me rendre plus heureux que de marcher dans une étroite union avec l'autorité civile de cet Etat particulier, ou de tout autre où je puis être envoyé. Si, dans l'exécution des mesures qui me semblent importer au bien de la grande cause américaine, je rencontre les intérêts locaux de quelques individus , ou même ceux de

52 bis APP. — RELATIONS DU GÉKÉRÀL RU CHEF

tout un Etat, je vous prie de croire qu'il me sera pénible de les blesser ; mais, dans l'état des choses, il mut de deux maux savoir choisir le moindre. »

M. Gambetta, ministre de Vintèrieur et de la guerre, au préfet

de ta Sarthe.

Tours, le 25 noiembre 4870.

« Quel est celui de vos sous-préfets qui a laissé saisir par Pennenemi son livre de dépêches ? Qu'entenaez-vous par livre de dépêches? S'agit- il du chiffre ? Je le crois, puisque vous parlez de vérifier l'authenticité des dépêches qui vous arriveront dans la suite. Celui de vos sous-préfets qui a laissé surprendre son livre doit être arrêté immédiatement, livré à la Cour martiale et traité avec la dernière rigueur. Une telle négligence de la part d'un fonctionnaire constitue le plus grand crime qu'il puisse commettre. Donnez-moi des détails. Exécutez mes instructions. »

Le général Ducrot, commandant la 2€ armée de Paris, à M. Alphand,

inspecteur général des ponts et chaussées,

45 novembre 4870.

« Hier matin, un ingénieur est venu, de votre part, me prier de vous seconder pour sauver le bois de Boulogne d'un véritable pillage. J'ai donc donné des ordres pour que des patrouilles arrêtassent tout individu cherchant à enlever du bois et ne pouvant présenter un ordre en règle de l'administration du bois de Boulogne, visé à mon étatmajor.

« Pour éviter que désormais le malentendu de ce matin puisse se représenter, je vous prie de vouloir bien taire donner des ordres pour que chacun de vos employés ou ouvriers soit muni d'une pièce en règle justifiant de son droit à enlever du bois, laquelle sera visée par mon chef d? état-major. »

Le général Chanzy, commandant en chef la 2e armée de la Loire, au

préfet de la Sarthe.

Le Mans, 3 janvier 4874 .

« La circulaire relative aux réquisitions a eu pour objet de rappeler chacun aux dispositions réglementaires, et de sauvegarder les intérêts des habitants de la ville du Mans contre les réquisitions irrégulièrement faites.

c Mais je ne pense pas pouvoir prescrire, d'une manière générale, les dispositions que vous proposez, et mettre la faculté de réquisitionner sous le contrôle des pouvoirs civils.

« En principe, le commandant supérieur a seul le droit de faire des réquisitions. J'ai délégué cette faculté aux intendants, qui sont les agents d'exécution pour la majeure partie des services. Mais, quand

AVEC LES AUTORITÉS CIVILES. 53 bis

une troupe est isolée, son commandant a également, comme conséquence de sa responsabilité propre, le droit de réquisitionner pour les besoins de sa troupe; et il n'est pas possible de placer ce droit sous un contrôle étranger à l'armée, qui pourrait ne pas se rendre suffisamment compte des besoins militaires, ou être peu disposé à y satisfaire, ce qui rendrait illusoire la responsabilité du commandant.

< J'ai &it toutefois des recommandations pour qu'on n'use que dans la limite du droit et des besoins réels de ces moyens, qui souvent pèsent lourdement sur les populations. »

Le général Chanzy, commandant en chef la 2' armée de la Loire, au

préfet de la Mayenne,

Laval, le 25 janvier 4874.

« J'ai l'honneur de vous adresser ci-joint une lettre écrite par le commandant du bataillon des Bouehes-du-Rhône constatant qu'un médecin de Laval, M***, délivre à des militaires, ou môme en bloc à des fractions de corps, des certificats constatant la nécessité d'une évacuation.

« Je vous prie de vouloir bien interdire à ce médecin, et en général à tout médecin qui n'appartient pas à l'armée, de délivrer des certiiicats déclarant que les hommes sont incapables de continuer la campagne. Les médecins militaires seuls peuvent donner à des militaires, après une visite contrôlée par une contre-visite du médecin en chef, les attestations nécessaires pour que des militaires puissent obtenir des congés de convalescence ou un ordre d'évacuation.

« 11 est très-important qu'on ne s'écarte pas de ce principe. •

Organisation des quartiers généraux.

Instruction donnée en 1813, dans l'armée prussienne, pour le commandant du quartier général.

Le commandant du quartier général n'est pas seulement responsable de la police militaire au quartier lui-même, mais il est encore chargé de la police dans la localité où se trouve établi le quartier général.

Il doit donc :

1° Quand le quartier général arrive dans un endroit, mander près de lui le bourgmestre ou le directeur de la police du lieu, et lui déclarer que :

a). Tous les étrangers qui s'y trouvent doivent être désignés nominativement sur un tableau conforme à un modèle donné ;

6). L'autorité locale ne pourra plus délivrer de passe-ports à des voyageurs qu'après les avoir soumis h son visa.

54 bis APP. — QUARTIERS GÉNÉRAUX.

(N. B. — Le commandant du quartier général fera tenir par le personnel qui lui est adjoint un registre par ordre alphabétique de tous les passe-ports visés.)

c). Tout propriétaire est tenu de donner immédiatement par écrit, au bureau du commandant du quartier général et à celui de la police locale, le nom de tout étranger logé chez lui, que ce soit dans une maison particulière ou dans une auberge, hôtel..., etc.

d). Tout étranger est dans l'obligation, dès son arrivée, de faire viser son passe-port chez le commandant du quartier général et d'y justifier son arrivée. Il recevra dès lors une carte de sûreté, contre laquelle son passe-port lui sera rendu après le visa.

e). Les étrangers voulant résider plus de trois jours dans la localité, ne peuvent y être autorisés que s'ils présentent pour caution une personne honorable du lieu ; et ils expliqueront, en outre, les motifs de la prolongation de leur séjour.

(iV. B. — Sur la carte de sûreté, on précisera la durée du permis de séjour, qui sera limitée d'après l'opinion de l'autorité militaire sur la preuve fournie par l'intéressé de l'urgence de ses affaires.)

j). Tout étranger qui ne pourrait produire une carte de séjour serait arrêté et, selon le cas, expulsé ou traité comme suspect.

g). Chaque soir, il sera fourni au commandant du quartier général une situation des étrangers arrivés dans la journée et une liste des personnes parties, étrangers ou habitants de l'endroit.

ft). Les entrepreneurs de diligences, de voitures publiques, de navigation, les loueurs de chevaux et de voitures seront de suite avertis qu'il leur est interdit, sous les peines les plus sévères, de transporter ou de louer des moyens de transport à qui que ce soit qui ne serait pas porteur d'un passe-port visé par le commandant du quartier général.

2° Les bureaux de poste recevront les ordres suivants :

a). Personne ne pourra monte» dans la malle-poste ou le courrier, même un militaire, sans être porteur d'une autorisation spéciale dil commandant du quartier général, outre le passe-port visé qui est exigé des personnes civiles (1).

(i\. J5. — Si un étranger arrive par le courrier, ses papiers devront être envoyés de suite au quartier général, dont le commandant décidera si l'individu doit se présenter lui-même avant qu'il lui soit permis de continuer son voyage.)

b). Deux heures avant le départ du courrier, et sitôt son arrivée, on enverra la liste des personnes qui partent ou arrivent avec lui.

3° Les mesures de salubrité et de voirie, la surveillance de la liberté de circulation dans les rues, places, ponts et portes sont, dès son arrivée, du ressort du commandant du quartier général.

4° Il lui appartient également de prendre des mesures concernant

(4) Il faudrait aujourd'hui prescrire la même injonction à l'égard des chefs de gare de chemin de fer. — P.

APP. — QUARTISES GÊRfilUUX. 55 bi

la sécurité publique, de régler en 1" instance tes différends entre militaires et citoyens, de réprimer les désordres ou excès commis de jour ou de nuit dans les maisons privées ou les établissements publics..., etc. Il aura donc la liste des logements à fournir; et avertira la municipalité de ne donner de logement qu'aux personnes portées sur l'état qu'il lui enverra. — A l'égard de la police militaire du quartier général proprement dit, le commandant prendra les mesures suivantes :

a). Il veillera à ce que personne ne réside au quartier général s'il n'en fait partie régulièrement ou n'a reçu des ordres pour s'y rendre.

b). Toutes les voitures appartenant au quartier général devront être pourvues d'une inscription et numérotées.

c). Les ordonnances ou domestiques des personnes attachées au quartier général seront soumises à un contrôle sévère pour réprimer leurs excès, car le plus souvent leurs maîtres ne peuvent s'en occuper.

d). Le commandant du quartier général interrogera les déserteurs,

{nrisonniers, espions et fera transférer au bureau des informations de 'état-major ceux d'entre eux fournissant des renseignements utiles. U commencera la première procédure contre les espions.

é). Les personnes attachées au quartier général et non revêtues d'un uniforme, ainsi que les domestiques civils, seront pourvues d'une carte de sûreté, qu'elles devront toujours porter sur elles.

f). Le commandant du quartier général aura à sa disposition, pour la police, i officier et là gendarmes, dont quatre montés.

g). Le commandant du quartier général est revêtu, vis-à-vis des troupes se trouvant au même endroit, des mêmes droits que ceux attribués par le règlement à un commandant de place forte vis-à-vis des troupes se trouvant dans la place.

« Au lieu de traîner, comme à présent, un immense quartier général, encombré de grands services et de hauts dignitaires, surchargé de réserves générales et d'impedimenta de toute espèce qui en font la partie la plus lourde de l'armée, le général en chef ne devrait avoir, au contraire, près de lui qu'un entourage aussi restreint qu'excellent, et le grand quartier général se réduire presque à rien. »

M. le général Lewal, attaché au grand quartier général de l'armée du Rhin en 4870.

Le maréchal commandant le 3e corps de Vannée du Rhin aux généraux

de division.

Boulay, le 27 juillet 4870.

t Le 2* chasseurs à cheval arrivé aujourd'hui à Boulay fournira immédiatement un escadron pour le service du quartier général du corps d'armée. Cet escadron sera chargé de ce service pendant un mois ; il fournira les ordonnances et escortes dont le quartier général

56 bis APP. — QUARTIKHS GÊRÉBAUX.

aura besoin. Un vétérinaire du régiment sera spécialement chargé du service des chevaux de l'état-major général. Le numéro de cet escadron et le nom de son capitaine commandant seront envoyés sans retard à l'état-major général. Cet escadron recevra Tordre de prendre en subsistance tous les isolés attachés au maréchal et à l'état-major du corps d'armée. Le maréchal des logis chef de cet escadron exercera les fonctions de vaguemestre du quartier général, et recevra l'indemnité fixée par le règlement pour cette position. L'escadron prendra dans ses rangs, pour le mettre à la disposition du chef d'état-major généra], un secrétaire intelligent et sûr; cet homme sera, jusqu'à nouvel ordre, à la disposition du chef d'état-major et il conservera son cheval.

< Chaque jour l'escadron fournira à 6 heures du matin, quatre cavaliers en selle nue, mais en armes, pour porter les dépêches. Ils se rendront aux bureaux de l'état-major à l'hôtel de ville.

« Il est prescrit de ne plus faire porter les dépêches par un seul cavalier. Il est bon que, dans les circonstances actuelles, un cavalier ne soit jamais isolé; et si MM. les généraux le jugent à propos, ils pourront faire porter leurs dépêches par un groupe de 3 ou 4 cavaliers. »

28 juillet 4870.

« A l'avenir, l'escadron d'escorte devra toujours tenir prêt, à la disposition de M. le maréchal, un sous-officier, 8 cavaliers (ou une * escouade) et 1 trompette. »

le maréchal commandant les 2e, 3e et 4* Corps de Varmée du Rhin,

au commandant du 3e corps.

Château de Borny, le 42 août 4870.

c Je vous prie de donner les ordres nécessaires pour qu'une compagnie constituée, prise soit dans le 31e, soit dans le 62* régiment d'infanterie, soit envoyée demain, samedi 43 août , à mon quartier général, au château de Borny.

« Cette compagnie, qui devra être munie de tous effets de campement, bivouaquera au quartier général et sera exclusivement, et jusqu'à nouvel ordre, chargée d'en assurer le service. Les diverses prestations auxquelles elle aura droit lui seront allouées par les soins de l'Intendant attaché au quartier général. En cas de marche, cette compagnie suivra le quartier général. »

Le général Berthier, chef de Vètat-major, au citoyen Bessières, commandant la compagnie des guides a cheval de Varmée d'Italie.

Leoben, le 25 germinal an v.

c D'après l'ordre du général en chef Bonaparte, le commandant des guides à cheval fera faire continuellement de petites patrouilles de sa

ÀPP. — QUARTIERS GÉNÉRAUX. 57 bi*

troupe aux environs du quartier général , afin de prévenir les excès qui se commettent journellement, maintenir le bon ordre et la police la plus stricte. >

Le maréchal commandant le 3° Corps de V armée du Rhin

aux généraux de division.

Metz, le 24 juillet 4870.

« Les fanions des divisions auront la forme rectangulaire de 0™,50 sur 0m,60.

« Celui de la ire division sera bleu;

— 2e — — rouge;

— 3* — — jaune;

— 4e — — vert;

— la cavalerie — bleu et blanc ;

— l'état-major du Corps d'armée sera flamme blanche

et une rouge. »

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