‹ Les méthodes de synthèse en minéralogie: cours professé au MuséumChapitre 25 sur 85 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Nous réunissons dans le présent chapitre les synthèses miné* ralogiques réalisées dans des gisements, où i'homme étant intervenu à un degré variable, des réactions se sont produites sous la double influence de la chaleur et de l'eau plus ou moins impure.

Il a été impossible de séparer ici les effets des vapeurs aqueuses de ceux des eaux chaudes à une température inférieure à TébuUi* tion et cela pour plusieurs raisons dont il suffira d'indiquer les deux principales.

D'abord les portions superficielles des gisements où Teau est liquide sont certainement, en bien des cas, en rapport direct avec des régions plus profondes où la température est très élevée.

Ensuite les réactions artificielles comparables à celles qui vont nous occuper n'ont pu être réalisées dans les laboratoires qu'à Taîde de la voie mixte, c'est-i-dire par le moyen de Teau chauffée en vase clos au-dessus de sa température d'ébullition.

D'ailleurs, on ne saurait philosophiquement s'attendre à trouver ici plus qu'ailleurs des limites nettes entre les divers degrés des objets classés.

Un certain nombre des genèses qui vont être énumérées ont eu pour théâtre les usines, d'autres des excavations des mines, d'autres encore les travaux de captages d'eaux thermales.

SYNTHÈSE EN MINERALOGIE. 6

§ I. — PRODUITS d'usines

Nous rattachons à la voie mixte la production d'oligiste terreux signalée par M. Stanislas Meunier ' par Taltéralion, sous l'action de la vapeur d'eau, de tirants en fer disposés dans des fours d^usinés à gaz au-dessous des cornues. C'est une matière d'un gris bleuâtre pulvérulente. Elle constituait un cylindre dont le diamètre était plus que double de celui de la barre de fer originelle, mais que le moindre contact a désagrégé. Un second tirant moins longtemps attaqué est beaucoup moins grossi et est resté plus cohérent. Absolument insensible à l'action de l'aimant, la matière devient magnétique au chalumeau. L'acide chlorhydrique même bouillant ne dissout pas sensiblement; sa poussière est rouge; elle ne donne pas d'eau dans le tube où on la chauffe.

L'analyse n'y trouve que du fer et du carbone qui se dépose en flocon après la dissolution. En somme, les caractères, sauf la nuance bleuâtre qui paraît résulter d'une teinture par des traces de cuivre, reconnaissable par l'action do l'ammoniaque, sont ceux d'une variété terreuse de fer oligiste. La densité, il est vrai, est relativement faible; à peine supérieure à 4, 6, mais elle peut avoir été abaissée par la structure poreuse de là matière, et par son mélange avec une certaine proportion de graphite.

Pour expliquer la formation d'un semblable oxyde, on a examiné la situation des tirants de fer à l'usine à gaz et la conclusion c'est que de la vapeur d'eau est l'agent de l'oxydation des barres de fer fortement chauffées. Bien qu'il n'y ait pas eu cristallisation et depuis qu'on a démontré Texistence du fer métallique dans les régions infragranitiques, c'est un cas de synthèse minéralogique qui ne manque pas d'intérêt. Il est vrai que de Haldat annonce que des fils de fer soumis au rouge à l'action d'un courant de vapeur d'eau se hérissent de petits rhomboèdres de fer oligiste dont quelques-uns avaient jusqu'à deux millimètres de longueur. Mais si l'on se reporte à son mémoire *, on peut se demander

' Comptes rendus, t. CI, p. 889, 188o.

* Annales de physique et de chimie^ t. XLVI, p. 71, 1831.

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