MINÉRAUX DES USINES ET DES MINES
dépens de la pyrite. C'est ainsi que Fuchs * en signale des cristaux sur les vieux boisages de la mine de Silbersand près de Mayen, dans la Prusse rhénane.
De singulières cristallisations d'argyrose, ou sulfure d'argent en enduit gris d'acier ont été signalées par MuUer^ sur les parois des galeries fraîchement ouvertes dans les mines argentifères. L'auteur pense que des gaz dégagés par les coups de mine interviennent par leur soufre qui réagit sur les suintements plus ou moins chaînés de sels métalliques, dont les roches sont imprégnées.
Dans diverses galeries de mines de cuivre, on a rencontré le métal amené àl'état natif par l'action réductrice de certaines substances et tout spécialement par les matières organiques des troncs d'arbres et des planches employées au boisage.
M. de Dechen a trouvé des enduits de cérusite cristallisée sur les parois de la galerie Elisabeth à la mine de plomb de Commern, qui est abandonnée depuis plus d'un siècle '.
Ayant eu l'occasion d examiner les dépôts accumulés dans un canal souterrain déversant à la mer les détritus d'une fonderie de cuivre, Field y a constaté l'existence de huit tonnes environ d'un oxychlorure hydraté de cuivre ayant toutes les propriétés de latacamite naturelle. Ce composé était recouvert d'une épaisse couche contenant de l'oxvde de cuivre, du chlorure et du sous-sulfate de cuivre *.
Dans quelques cas, la réduction des oxysels de fer solubles par les matières organiques végétales en décomposition, au lieu de produire le sulfure de fer noir étudié par M. ChevreuP, a donné naissance à de la pyrite de fer. C'est ce qui a eu lieu, par exemple, d'après Noggerath *, dans un sol tourbeux chargé de sulfate de soude el de carbonate de fer aux environs des sources minérales de Rœndorf et de Roisfort.
En outre, d'après M. Daubrée', de la pyrite a été rencontrée
* Vie kuntz. darg, Jl/i/i., p. 47.
* Jahrhuch fUr Minéralogie^ année 18o(», p. i'iO. ' Jahrhuch fUr Minéralogie, i^S, p. 2IG.
* Journal fUr praklische Chemie, t. LXXVI, p. iVio, 1859.
* Dictionnaire des sciences naturelles, t. XXII, p. 293 et 1821. « Lehrhuch der chemikalischen Géologie, t. I, p. 557.
' Etudes synthétiques de géologie e.tpérimenlale, p. 91.
en Angleterre dans Tintérieur d'une pièce de bois du yacht royal « Osborne ». Elle forme, dans une fissure de ce bois, un eaduit mince, doué d'une belle couleur jaune et d'un vif éclat métallique. « J'en dois l'échantillon, dit Tauteur, à l'obligeance de M. John Percy, professeur à l'Ecole des Mines de Londres et bien connu par ses importants ouvrages relatifs à la métallurgie. M. Weston, chimiste de l'Amirauté à Tarsenal de Portsmouth, a bien voulu me fournir des renseignements sur ce fait qu'il a observé le premier. Le navire « Osborne », construit à l'arsenal de Pembrocke, a été expédié, avant qu'il eût stationné dans Teau à celui de Portsmouth où on devait l'achever. On reconnut alors nécessaire de lui faire donner plus d'épaisseur, et c'est en préparant dans ce but une pièce de bois située près de la quille qu'on y aperçut une cavité tapissée de pyrite. Avant d'être employée, cette pièce de bois avait, selon l'usage, séjourné quelque temps dans une fosse ou parc à Pembrocke ou peut-être à Portsmouth ; dans l'une et l'autre localité, les bassins sont situés entre les niveaux de haute et de basse marée et reçoivent un mélange d'eau de mer et d'eau douce. Il est à ajouter que celui de Portsmouth reçoit deux égouts et qu'il y a probablement quelque chose d'analogue à Pembrocke. Il ne parait donc pas impossible que les égouts apportent dans certaines parties des bassins, au moins accidentellement, à part des substances réductrices et sulfurées, iine température un peu supérieure à celle que la mer possède à son état normal. Il est à ajouter que la surface du bois sur laquelle s'est appliquée la pyrite est fortement noircie, de manière à ressembler à une substance ulmique et témoigne ainsi de l'action réductrice opérée par la substance végétale. »
§ IL MINÉUAUX DES SOLS UEMAXIKS
Les sols remaniés sont souvent éminemment propres à la production des minéraux accidentels.
Chevreul a publié à cet égard une étude des réactions qui se développent sous le pavé de Pans \ Si le sol est gypseux, le mé-
' Chp.vreut., Dictionnaire des sciences naturelles., t. XXII, p. 293, 1821.