‹ Les méthodes de synthèse en minéralogie: cours professé au MuséumChapitre 37 sur 85 · MODIFICATION MOLKGULAIUE SANS FUSION · texte numérisé non relu

MODIFICATION MOLKGULAIUE SANS FUSION

par dévitrification *. Il importe en effet de remarquer que la supposition inverse, d'après laquelle les roches cristallines refondues accidentellement auraient donné les verres n'est pas soutenablc. Ce qui s'y oppose, c'est avant tout la présence dans les masses amorphes de principes volatils qui n'existent pas dans les masses cristallines. Il résulte des analyses de M. Damour et de Boussingault que l'obsidienne, par exemple, renferme une quantité très notable d'eau incorporée et d'acide chlorhydrique. Ces gaz se dégagent par Tappli cation de la chaleur et déterminent la production de très nombreuses cavités sphéroïdales ; la matière se boursoufle beaucoup et sort du creuset.

Il était donc fort important de voir si les procédés ordinaires de dévitrification donneraient naissance aux roches cristallines.

M. Stanislas Meunier a d'abord opéré à la température d'un feu de coke sur de petits fragments d'obsidienne, de gallinace et de rétinite ; mais, désireux de pouvoir agir plus en grand, il a institué ensuite des expériences à la faïencerie de Choisy-le-Roi, grâce à la bienveillance du directeur de cet établissement, M. Ilippolyte Boulenger. M. Fremy a aussi fait exécuter pour l'auteur une série d'essais dans les fours de la manufacture de Saint-Gobain. Voici un rapide résumé de quelques-uns .des résultats obtenus ; on reviendra plus tard sur diverses particularités qu'ils ont oQ'ertes. Des essais ont été tentés d'abord sur de l'obsidienne et de la gallinace, abandonnées huit jours à une température inférieure à celle de leur fusion. Ces roches étaient placées, en fragments anguleux, dans des pots en biscuit convenablement disposés dans des conduits qui réunissent les fours aux cheminées. C'est surtout l'obsidienne noire, très vitreuse, de l'Ascension qui fut employée à ces expériences. A 40 centimètres derrière le registre et à 7 mètres de la rotonde, la roche ne subit aucune modifica*tion, son grain resta le même; la surface des morceaux s'irisa des couleurs les plus brillantes et les plus solides, si belles qu'on peut se demander s'il n'y aurait pas là le point do départ de quelque application industrielle. Placée dans le trou dhomme^ où la tem-

* Stanislas MeukieRi Comptes rendus des 18 septembre et 4 iécembre 1876; 11 mars et 2 décembre 1878.

pérature était un peu plus forte, la roche conserva ses arêtes à peu près vives; pourtant il se développa dans son intérieur un certain nombre de bulles de gaz, et elle prit à l'extérieur une couleur cuivreuse ou mordorée remarquable. Comme gallinace soumise aux mêmes manipulations, on citera celle de Bassano, Vicentin. Placée pendant huit jours à 2 mètres de la rotonde des lanternes, cette roche, de noire qu'elle était, devint ocreuse par oxydation et il s'y révéla des grains blancs feldspathiques et des prismes d'augite, dont quelques-uns seulement se taisaient voir, avant lexpérience, sur les surfaces altérées. La pâle, en perdant l'éclat vitreux, n'a pas acquis la structure cristalline. Ces faits montrent qu'avant la fusion la dévitrification n'a pas lieu, dans les conditions indiquées, pour les obsidiennes et pour les gallinacés.

Une deuxième série d'essais a été exécutée également, à Choisy, à des températures plus élevées. : un fragment d'obsidienne, placé à 1 mètre avant le registre de la cheminée^ a conservé sa forme générale, mais il s'y est développé de nombreuses bulles gazeuses. Quatre fragments de la même roche furent placés à 1, à 2, à 3 et à 4 mètres de la rotonde, c'est-à-dire dans des points de moins en moins chauds. Tous devinrent pâteux et dégagèrent des gaz qui firent boursoufler la masse. La finesse des bulles et leur rapprochement sont d'autant plus grands que la température est plus élevée; et les quatre produits, en offrant identiquement la structure de certaines scories volcaniques, peuvent servir à préciser la température relative subie par celles-ci. D'ailleurs on ne voit nulle trace de dévitrification dans ces conditions nouvelles. Dans la rotonde môme, un échantillon d'obsidienne se remplit de très grosses bulles et devint absolument semblable à un spécimen naturel rapporté du Mexicjue et conservé au Muséum. Pour les gallinacés, il n'y eut pas non plus de dévitrification a la température où la roche devient pâteuse. Les cristaux de pyroxène déjà signalés restèrent intacts dans la matière fondue et huileuse, appuyant cette opinion que souvent les cristaux préexistent à la fusion des laves qui les apportent.

C'est après ces expériences, dont le résultat négatif ne parait

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