EMPLOI DES TUBES FÊLÉS
fentes dépassent une certaine largeur. Il arrive aussi quelquefois, lorsque les dépôts formés rétrécissent la fissure, que les sulfures sont décomposés et que les métaux sont réduits.
Les dissolutions de nickel et de cobalt donnent de même, dans les tubes fêlés, des dépôts métalliques. On a obtenu également la réduction de For.
Pour donner plus d'étendue aux phénomènes produits dans les espaces capillaires, Becquerel a employé quelquefois deux plaques de verre ou de quartz appliquées Tune contre Fautre par des presses en caoutchouc durci. L'une des dissolutions pénètre dans l'espace entre les deux plaques par une ouverture centrale pratiquée dans Tune d'elles, et les deux plaques baignent dans Tautre dissolution. On obtient ainsi facilement les réductions qui se produisent dans les tubes fêlés. Le métal réduit entre les lames se présente sous la forme de dendrites très curieuses. On peut, du reste, en serrant plus ou moins les presses, faire varier l'épaisseur de la couche liquide au sein de laquelle se produisent les effets.
Parmi les produits obtenus par Becquerel à Taide des appareils électro-capillaires, on peut citer ici ceux qui consistent en minéraux proprement dits.
L'amalgame d'argent a cristallisé dans les tubes fêlés séparant un mélange de nitrate d'argent et de mercure d'une solution de sulfure de sodium.
Le plomb rouge ou crocoïse s est produit entre les deux lames de quartz, par Faction réciproque du bichromate de potasse et du plombite de potasse. On peut en voir un bel échantillon dans la collection du Muséum.
Le fluoré d'ammonium, réagissant sur le chlorure de calcium, a donné de même de la fluorine qui est hydrophane, c'est-à-dire transparente quand on l'humecte, et opaque quand on la dessèche.
C'est à Faide du tube fêlé de Becquerel que MM. Friedel et Balsohn ont réalisé la reproduction artificielle de la mellite ^
Dans le but d'imiter le chalcoménite ou hydro-sélénite de
* BulL Soc. Minér.^ t. IV, p. 26, 1881.
cuivre, MM. Friedel et Sarrasin ont eu recours également au même appareil. Le tube, contenant une dissolution de sélénite de potasse a été plongé dans la solution de sulfate de cuivre. Il s'est ainsi déposé peu à peu de gros cristaux ayant la composition recherchée, mais différant de la chalcoménite par leur symétrie orthorhombique et non monoclinique'.
C'est par le même mode opératoire que M. Stanislas Meunier a obtenu un hydro-sélénite de chaux ayant tous les caractères du minéral signalé p. 27 dans les mines de Garmaux (Tarn.)