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considéré les voûtes du transept, les colonnes du chœur. Sa méthode est en défaut. De là des erreurs graves ; mais à côté de ces erreurs que nous pouvons tous commettre, il se dégage de cette étude une. vue sur le développement de l'architecture romane que nous ne saurions accepter.
: M. Lefèvre-Pontalis, défendant les affirmations de Quicherat, croit à la naissance des églises voutées dès le xI° siècle et considère. la floraison de l’architecture romane comme étant bien antérieure à ce qu’elle est en réalité.
Donnons un exemple : Les chapelles rayonnantes seraient, pour le savant archéologue, des œuvres de 1120-1130! Ces chapelles doivent appartenir, au contraire, aux années 1180-1200 et le processus de l’art roman en Poitou se trouve par cela même profondément modifié.
Cest ce point de vue qui nous sépare du Directeur du Bulletin monumental. Les procédés de construction y sont de la seconde moitié du xu° siècle. Jugez-en. Les piliers sont montés par assises comme dans toutes nos églises du Nord, élevées.vers cette époque, et déjà même l'architecte se permet quelque fantaisie; il n’emploie plus cette belle décoration extérieure si riche, que nous avons vue dans les contrées les moins fécondes. Les bases des colonnes des absidioles, ornées d’un seul tore aplati, avec une fine moulure, peuvent-elles avoir été exécutées au commencement du x siècle? M. Lefèvre-Pontalis aurait dû dresser une liste des monuments poitevins assez bien datés, comme ceux de Parthenay, de Civray, etc., analyser avec soin les formes architectoniques de ces édifices. Il aurait bien vite reconnu que les absides de Chauvigny, de Saint-Join-de-Marne, celles de Saint- Savin n'étaient pas antérieures aux dernières années du x11° siècle, si pas même au commencement du siècle suivant. La ressemblance de ces chevets avec celui de Saint-Hilaire est
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frappante et permet de dater à la fin du xn siècle ces chapelles rayonnantes d’un dessin moins pur.
Il y a plus. La décoration extérieure de ces absidioles aurait dû arrêter un moment l’attention de cet érudit. Les métopes qui ornent la partie supérieure des absidioles, au-dessus des fenêtres, décorées d’anges ou d'animaux, sont des motifs fort aimés durant le dernier tiers du xu° siècle. Et c’est avoir des notions bien vieillottes que de supposer leur exécution, dès 1120-1140. Les chapiteaux trahissent la date que nous proposons : les fûts sont renflés et les corbeïlles sont étroites à leur base. Ces chapiteaux ne supportent déjà plus aucun tailloir, la corniche seule en tient lieu. La partie supérieure de ces chapelles est refaite et le chœur lui-même a été complètement modernisé. La toiture de ces absidioles devait ressembler à ces voûtes un peu bombées telles que celles de l’église de Chauvigny, de Saint-Joinde-Marne ou de Saint-Savin.
On ne saurait défendre la date proposée par M. Lefèvre-Pontalis. Nous trouvons sur des chapiteaux un certain nombre de personnages et nous savons tous que ce n’est qu'au dernier tiers du xu° siècle qu’on a commencé à graver sur les murs des édifices religieux le nom des sculpteurs, des artistes. Comment le savant archéologue a-t-il pu l'oublier ? La voûte du déambulatoire s'appuie d’une manière maladroite contre le mur du transept. Des changements sont survenus dans ces parties; on remarque même des colonnes ornées de chapiteaux, placés aux angles du mur du chœur restées sans fonctions.
La partie du transept est ancienne jusqu’à la hauteur des chapelles ; la pierre de taille semblable à celle du chevet de l’église nous prouve qu'on a élevé cette partie de l’église en même temps que le chœur. Mais dans les parties supérieures nous constatons une construction défectueuse. On ne saurait prétendre à
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bon droit que nous avons, au-dessus, des fragments de murs du xr° siècle à côté de cet appareil régulier, si fréquent au xn° siècle, car il serait nécessaire de connaître la manière de bâtir des xvr et xvi° siècles. Certes, nous sayons qu’au xi° siècle la maind'œuvre était inhabile, mais cette manière de bâtir s’est perpétuée durant des siècles toutes les fois qu’on a voulu construire à bon marché et en hâte.Qui de nous n’a point vu dans nos campagnes, dans les demeures des simples, dans les maisons récemment, réparées, des murs qui pouvaient faire croire à une époque fort reculée? Force est donc d’être très prudent, quand on a sous les yeux des réparations aussi peu caractérisées et qu’on sait qu'à la fin du xvi siècle des restaurations ont eu lieu.
L'architecte, qui présida aux travaux de 1591, ordonna de remplir les fenêtres. Il fit, pour consolider l’édifice, placer deux demi-contreforts près de celle qui resta ouverte, à l'extrémité du chœur (côté gauche) qu’on voit encore, pourvue de ces deux colonnettes de la fin du xir siècle, dont l’un des chapiteaux est orné de feuilles d’acanthe, aussi étroit que le fût, l’autre décoré de rinceaux defeuillages encoreromans, mais cette fenêtre a même été en partie refaite, car les moulures ne sont pas añciennes.
C'est le même architecte qui fit élever toute la partie supérieure du transept. Les absidioles appartiennent sans nul doute à la construction du xn° siècle (1480); mais leur partie supérieure a été restaurée, la plupart des modillons sont modernes. On peut les reconnaître à leur profit trop sommaire. Les frontons qui couronnent le sommet du transeptsont récents. On y a placé des bas-reliefs, exécutés à la fin du xrr siècle. Mais en 1591, toute la partie supérieure de cetransept fut reprise, la construction du xus siècle fut consolidée et quelques fenêtres furent remplies. Nous avons, placé à droite du transept, un tombeau
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encastré qui appartient à la fin du xrr siècle. C’est ce qu’indiquent les fines et profondes moulures de l’archivolte, les colonnettes ornées de chapiteaux à feuillages romans. Le travail est le même que celui de la façade-porche de Saint-Porchaire. Une inscription est posée au dessus, dont les caractères indiquent à coup sûr la seconde moitié du xrr° siècle.
Ces différents travaux, qui pourraient faire croire à un temps plus ancien, nous montrent qu’il y a à Poitiers un certain nombre d’artistes, qui n’ont pas tous la même habileté. Les uns regardent le passé, sculptent des chapiteaux à feuillages, à l'aspect archaïque; les autres plus modernes accentuent, fouillent plus vivement ces feuillages, leur donnent un caractère plus réaliste. Ces sculpteurs dominés encore par la technique ancienne, par les motifs décoratifs déjà vieillots apparaissent à Saint-Porchaire ; mais hâtons-nous de dire que ce n’est pas une raison pour faire croire à un âge plus ancien.
Le mur du transept a été repris au-dessus des premières fenêtres qui ont été conservées; cette portion de mur complètement restaurée n’appartient pas à l’ancienne église du xur siècle. Le pilier a été remonté, la corniche avec ses modillons refaite : toutes ces restaurations modernes nous prouvent que nous n'avons pas la forme primitive du transept ancien. Les pierres petites, irrégulières, les moellons souvent grossiers, mais baïignés dans du ciment épais, comme on ne faisait pas au moyen âge, nous montrent des temps récents. Nous avons de ce côté une fenêtre remplie, sur laquelle on a placé au xvi° siècle un contrefort assez épais pour soutenir la poussée des voûtes. Remarquez aussi comment on a rempli la première fenêtre ; les matériaux qui ont servi à ce travail sont les mêmes que ceux employés pour les reprises des murs, considérés par M. Lefèvre-Pontalis comme une œuvre du xi° siècle.
Les bas-côtés de la nef ont conservé (côté droit) trois fenêtres anciennes, d’une très grande simplicité. L’archivolte est ornée sur trois rangs de billettes, motif décoratif qui se rencontre dans la région de 1170 à 1210. Cette ornementation forme même, grâce à la liberté et à la fantaisie de l'artiste, une décoration, qui se profile tout le long des murs des bas-côtés en passant sur les . contreforts et les tailloirs des colonnes. La belle corniche qui décorait autrefois les murs des bas-côtés se voit en partie, avec ses modillons assez forts, ornés de têtes d’animaux ou de feuillages, tandis qu’elle était pourvue d’un cordon avec des feuilles d’un dessin accentué qui se recourbent sèchement. Toutes ces sculptures sont l'œuvre d’un ciseau sûr et précis. L'appareil réticulé, dont on avait décoré les parties supérieures des murs, laissées nues entre les fenêtres, ne saurait faire hésiter sur l’âge de cette construction, car nous savons que ce genre de décoration s’est maintenu dans la contrée jusqu’au xur° siècle.
Les deux fenêtres de la première travée de la nef (nef gauche) sont encore intactes. Elles ont une archivolte à double ressaut et les colonnes sont sveltes et hautes, décorées de chapiteaux très étroits. On peut voir qu’on a construit rapidement cette partie de l’église; le premier claveau de cette archivolte sert de tailloir aux Colonnes plus étroites, tandis que les autres en ont un sommairement dessiné. Les chapiteaux de ces petites colonnettes sont décorés de feuillages fouillés, formant volutes aux angles d’un dessin précis et sûr. On doit remarquer dans cette partie de l’église le vrai mur de la nef en pierres allongées, semblables à ceux du chevet de l’église, qui nous fournit la date proposée.
Pénétrons dans l’église. L'archéologue doit disséquer un monument, comme l’historien de l’art analyse unestatue antique. Il est nécessaire qu'il se rende compte des restaurations de toute sorte, des additions apportées au plan primitif, des travaux exé-
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cutés de nos jours. Quel livre intéressant et bien utile à écrire serait un travail sur les restaurations modernes des monuments français! M. Lefèvre-Pontalis a procédé lui, différemment. Il a accepté les murs des croisillons comme des travaux du xI° siècle et nous avons été étonnés de voir que ce savant archéologue considérait les chapiteaux du chœur comme anciens. Il aurait dû voir que ces chapiteaux, tous semblables, ont été refaits au XVI° siècle. On peut même dire que toute la partie du chœur est de cette époque. Tous ces chapiteaux ne sauraient être étudiés ici. Remarquons seulement la profondeur énorme entre les volutes nouées par un cordon et le milieu de la corbeille. L’architecte a-t-il fait copier les anciens chapiteaux queles sculpteurs ont interprétés? C’est possible. Mais toujours est-il que les artistes ne savent comment placer le petit motif décoratif, posé au centre de la corbeille le plus souvent unie. Tantôt il est sculpté en dessus, tantôt en dessous. La cavité des volutes est très profonde. Le tailloir est à peine sculpté.
La voûte du déambulatoire a été refaite; elle est même d’une exécution fort maladroïite. Les arêtes ne se joignent pas. Les arcatures hautes du chœur devraient avoir autrefois des fenêtres décoratives tout à fait semblables à celle des églises de la contrée, à celle de Chauvigny par exemple. On aura refait toute cette partie avec les voûtes du déambulatoire et celle qui se trouve sur le carré du transept. La voûte du chœur plus basse alourdit l'édifice.
Le transept a subi un grand nombre de modifications à la fin du xvr° siècle. Il est en ce moment voûté en berceau. La voûte est soutenue par une corniche supportée par des modillons complètement refaits au xvi° siècle. Tous ces motifs décoratifs, sommairement dessinés, ne sauraient appartenir à l’époque qu’on attribue au monument; certains ornements n'étaient même pas
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encore trouvés. Ce sont des sculpteurs peu habiles qui ont travaillé avec une grande rapidité à la restauration. Il est à croire que les doubleaux de la voûte étaient de la largeur des piliers, car les maçons les ont faits plus étroits; ils en ont même détruit un pour mettre à sa place une console, gros tore fort lourd, indiquant des artistes du xvi° siècle. La voûte du transept a été sûrement abaissée au xvi° siècle, car celle qu’elle a remplacée, faite au x11° siècle, était plus élevée. Des peintures exécutées au xrm'siècle, semblables à celles que nous trouvons sur le pilier du transept à côté des grandes figures représentant des évêques, se voient encore dans les combles, au-dessus des murs du transept. Elles consistent en des feuilles simples ou des rinceaux de feuillages nettement dessinés. Ce ne fut pas la seule modification importante. Le transept devait être fermé, à la naissance des bas côtés de la nef et avait peut-être reçu une fenêtre géminée. Toute cette partie du transept fortement remaniée ne peut être étudiée qu'avec un très grand soin. Il y a là un certain nombre de problèmes, qui ne peuvent être aussi vite résolus. Ce n’est pas en trois ou quatre visites qu’on peut donner une explication très plausible de toutes ces transformations. Nous ne faisons qu’indiquer ici notre sentiment. Un jeune archéologue fera plus tard une monographie de l’église, consultera les documents du xyr° siècle, montrera les restaurations; il fera aussi appel à une série de monuments similaires de la région qui viendront se grouper d'eux-mêmes autour de ce monument si précieux.
Les deux absidioles du transept ont été refaites. La nef ellemême a subi bien des transformations. Elle était formée de piliers cantonnés de demi-colonnes. Il est à supposer qu’elle n’avait qu’un seul bas-côté. On allait directement par deux ou trois degrés au transept. Mais l'architecte, qui fit exécuter en 1591 tous les travaux de restauration, modifia presque totalement cette
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partie de l’église. Aussi faut-il être d’une grande prudence au sujet de cette nef. Les travées qui s'ouvrent sur le bras gauche du transept peuvent avoir été refaites au xvi° siècle; car les colonnes décorées de chapiteaux n’appartiennent pas au xu° siècle. Leur décoration ne saurait être acceptée. Le sculpteur du xvr siècle a entassé les motifs décoratifs, il a creusé trop profondément la feuille, formant des vides énormes. Les feuillages se retournent maladroïtement sur la corbeille. D’autres ont des fleurs, des triangles. En analysant tous ces chapiteaux, on voit bien vite qu'ils ont été refaits. Les trois qui sont placés devant la sacristie ne sont pas aussi anciens. Les lions sculptés ont bien une seule tête pour deux corps, mais sont comme suspendus à 10 centimètres au-dessus de l’extrémité de la corbeille. D’autres ont des volutes nouées par une sorte de ruban, elles retombent sur une petite colonnette pourvue d’un vase; au centre, on voit un arbre figuré étendant ses branches, quelquefois même se trouve l'agneau pascal.
L'architecte ne se borna pas à modifier en 1591 les bras du transept; mais il ajouta toute la partie qui forme le double bas-côté. Nous pensons surtout qu'il voulut relier le clocher à l’église. Toute cette partie de la nef n’est pas ancienne, les modillons placés au haut de la voûte à peine commencée sont du xvr° siècle, ainsi que cette voûte fort étroite qui devait unir le clocher à l’église. Les chapiteaux des colonnes, aussi bien que ceux de l’étage supérieur et des bas côtés, sont refaits.:On peut remarquer que sur l’un d’eux un blason est sculpté. Les fenêtres ont été remaniées, et les petits chapiteaux de l’archivolte ne sont pas du xn° siècle. Les bases de ces fûts sont même douteuses : deux tores séparés par une sorte de scotie assez élevée.
Ilen est de même de la partie des bas-côtés (côté droit), où tous les chapiteaux des colonnes ont été refaits. Les volutes sont
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nouées par une corde et les feuilles d’eau qui se retournent sont collées sur la corbeille; au centre sont placés tantôt un seul nœud, tantôt deux réunis. D’autres ont des fleurs de lys sculptées au centre de la corbeille ou des colombes buvant dans un bassin. L'un d’eux n’est même pas terminé; on a ébauché une grosse volute avec un centre fort creusé. Les chapiteaux des fenêtres géminées placées au-dessus du transept sont aussi modernes.
Les chapiteaux qui représentent l’un la mortde saint Hilaire, l’autre la nativité n’ont pu échapper au désastre de 1590 et ont été refaits au xvi° siècle. M. Lefèvre-Pontalis aurait dû les comparer à celui de la Discorde qui se trouve au Musée des Antiquaires de l'Ouest et il aurait bien vite reconnu la différence. Ce dernier est vraiment original et d'une très grande beauté. C’est bien le faire réaliste de l’extrême fin du xu° siècle. Quelle facture large et belle! Avec quelle précision, avec quelle sûreté l'artiste a sculpté ce sujet! Et combien, à coté, apparaissent courtes, petites et niaises ces figures, ces anges dont la forme.est tout à fait mesquine. C’est bien regrettable que le savant archéologué les ait fait graver dans son étude. Il aurait même dû voir les fautes iconographiques faites par le dessinateur!
Analysons enfin une des parties les plus intéressantes de l'édifice : le clocher. Disons tout d’abord qu’il était isolé à l'origine; mais plus tard, à un moment qu’on ne saurait préciser, il fut uni à l’église et lui servit de porche. IL était orné au rez-de-chaussée de deux arcatures assez simples; mais au premier étage, il avait reçu deux larges baies qu’on peut voir en pénétrant dans la tour. Une partie de la décoration extérieure de ce premier étage s'aperçoit encore; car, quand on a uni le clocher à l’église, ce côté, placé en face le mur du transept, a été conservé. L’ornementation de ces arcatures aveugles est. très soignée, les modillons de la corniche prouvent une main fort