‹ Les méthodes du passé dans l'archéologie françaiseChapitre 17 sur 23 · PE CN · texte numérisé non relu

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pour les instruire (!)}, fourmille d’erreurs et ne saurait avoir aucune datation exacte des monuments italiens.

La raison en est qu’on ne s’improvise pas tout de suite, en sortant de la section «lettres ou philosophie » de l’École normale, historien de l’art. Il faut une discipline sévère, la connaissance des sciences auxiliaires de l’archéologie. L'École normale, il faut l’avouer, ne saurait préparer à ces études. Oui, certes, lorsqu’on est jeune et plein d’ardeur, l'ambition n’a aucune borne, et celle de M. Berteaux s’est cru tout permis. Refaire Schultz, c’està-dire étudier à nouveau, et avec des moyens différents de ceux que cet érudit avait à sa disposition, avec des méthodes plus perfectionnées, d’après des sources publiées avec soin, les monuments de l'Italie méridionale, les classer, les analyser séparément et voir ce qui appartient en propre à chaque province : C’EST VRAIMENT L'OEUVRE D'UNE VIE. On ne saurait y prétendre en sortant de l’École normale où, si on en rêve dans un bel élan de foi et surtout de confiance en soi-même, on s'aperçoit bien vite, lorsqu'on est de plus en plus conscient des difficultés du sujet, qu'on doit momentanément renoncer à une telle entreprise. Mais si l’on s’y attaque, il faut tout &’abord commencer par des travaux d’approche, lire avec soin les sources latines de l'Italie, les chroniques, les chartes, les œuvres littéraires, etc., pour connaître la civilisation de ces contrées. Il faut aussi classer avec sévérité les monuments à dates certaines pour posséder déjà un canevas, un embryon du développement de l’art dans chaque province. En suivant cette méthode que nous avons dû employer après avoir visité plusieurs fois ces contrées éloignées,

(1) Voyez par exemple les livres agréables, personnels et tourmentés de M. Maurel, dont le troisième (sur l'Italie méridionale) n’est qu’un commentaire abondant et coloré des « trouvailles » de M. Berteaux. Là peut se mesurer la gravité épidémique du mal qui a été fait.

M. Berteaux aurait bien vite reconnu que de grands édifices comme ceux de Bari, Trani, Barletta, Troia, etc., étaient encore impossibles durant le premier tiers du xn° siècle, et il aurait été convaincu qu’ils ne pouvaient même pas avoir été élevés durant le dernier tiers de ce siècle. C’est pour ne pas avoir étudié sa matière, province par province, que M. Berteaux a écrit un livre qui ne saurait être considéré comme scientifique.

Aucun monument n’y est assigné à sa vraie date. Le développement de l’art de l'Italie méridionale qui a été fort en retard est faussé. Quelques vagues notions d'archéologie auraient montré à l’auteur l’architecture romane acceptée par les architectes italiens, mais combien transformée. Elle est déjà, si nous pouvons dire, inorganique lorsqu'ils s’en emparent.

Les architectes n’ont qu’un seul but, construire à bon marché, et partant simplifient le travail, ne placent plus des chapiteaux aux fenêtres ; aux portes, la décoration enlace au contraire toute la baie, etc. Un simple coup d’œil vous avertit du terhps récent de ces œuvres.

Mais ce que nous aurions avant tout aimé à trouver dans ce travail, c’est le plaisir qu’il a procuré à l’auteur, ce sont les preuves d’une investigation sérieuse. Mais rien de tout cela. M. Berteaux n’a montré aucun doute, il n’a éprouvé aucune inquiétude au sujet des dates qu’il proposait. La raison en est qu'il ne travaillait pas de première main; il ne cherchait pas lui-même, par une analyse patiente et soutenue, quel était le développement de l’art de l'Italie méridionale. Non, assurément; cet historien de l’art s’est contenté d'accepter soit les datations de Schultr, soit surtout celles des archéologues locaux d'Italie. Certes, nous ne sommes pas de ceux qui aimons la recherche pour la recherche, nous n'avons jamais eu le désir de passer des années sur des sujets qui n’ont qu’une importance secondaire

pour la connaissance du passé, mais il y a des limites, et il est quelquefois bon — malgré des souvenirs qui nous sont chers — de rappeler aux nouveaux historiens de l’art qu’on ne saurait étudier désormais un chapitre du développement de l’art dans l'Italie méridionale sans des années de dur labeur.

Faisons comprendre bien vite par quelques exemples ce que nous aurions souhaité : une méthode plus au courant des études historiques et des sciences auxiliaires de l’histoire. Prenons la cathédrale de Bari, considérée par Schultz comme une création du xr° siècle ! Quelques textes ont été cités par lui. Croyez-vous que M. Berteaux ait songé un moment à discuter en historien si les passages de la chronique visaient l’église actuelle? À quoi bon ! Ces documents parlaient de la rapidité avec laquelle la crypte et l'édifice avaient été construits. Deux ou trois ans pour la crypte, huit à dix pour l’église tout entière avaient suffi ! On ne saurait penser, à moins qu’on n’ignore les premiers éléments de l’archéologie, à une telle rapidité de construction. La vaste crypte, la nef étendue ne sauraient avoir été construites en si peu de temps. Constatons-nous une meilleure connaissance des disciplines auxiliaires de l’histoire, de la paléographie, de l’épigraphie, de l’histoire du costume? On en jugera. C’est pour avoir méconnu l’épigraphie que M. Berteaux a accepté des œuvres comme des créations du xr° siècle qui ne sont en réalité que des produits du premier tiers ou de la première moitié du xnr° siècle. Un simple coup d’œil sur le mausolée de Boemond, sur les portes de Canossa, sur celles de San Angelo in Gargano (plus récentes) lui auraient fait bien vite renvoyer dans les limbes de la légende, si souvent acceptée, des œuvres offertes par Pantaléon et depuis des siècles disparues! Et que dire aussi des églises de Salerne, d’Amalfi, du Mont-Cassin ! Elles ne sauraient pour les mêmes raisons épigraphiques appartenir au xI° siècle.

Et le développement de l’art méridional de l’Italie, celui de la province de Naples, de Salerne, d’Amalfi, n’est pas moins faussé. Les fresques de San Angelo in Formis si importantes pour l’histoire de l’art, celles non moins connues de Saint-Vincent de Vulturne, et en relations avec elles, bien des manuscrits attribués à Desiderius ont permis à M. Berteaux de nous écrire un chapitre purement littéraire sur l’art du xr° siècle. On le verra bientôt. Rien n’est du reste compliqué aux yeux de cet érudit. Il ne se doute pas que les caractères des lettres qui restent encore sur les fresques de San Angelo, de Saint-Vincent, etc., défendent de les placer au dernier tiers du x1° siècle, qu'il est nécessaire de refaire l’histoire du nimbe carré, de voir les influences du drame liturgique sur ces peintures, etc. Mais qu'importe! On passe vite devant les monuments, on prend à la hâte une photographie, on achète ou on se procure les différentes monographies des archéologues locaux et on brosse de main de maître un de ces tableaux d’ensemble que nul archéologue n’a égalé!

M. Berteaux n’a qu’une excuse, c’est qu'il peut rendre toujours responsable un archéologue local. Il est toujours couvert. La datation du reste ne l’intéresse point, il la prend de seconde main. La voûte d’ogive apparaît dès le second tiers du xrr° siècle, à l’ancienne cathédrale de Teramo parce qu’il a plu à un dilettante local de l’affirmer! La belle abbaye de Venosa, si étendue et autrefois si complète, est du xi° siècle pour la même raison.

Ce que nous avons dit pour les monuments de l'Italie méridionale est aussi vrai, plus vrai même pour les édifices religieux de l'Espagne du xn° et du xim° siècle. Un historien de l’art, qui accepte comme M. Berteaux le grand portail de Saint-Jacques de Compostelle, que mon excellent ami, si hospitalier, M. le chanoine Ferreiro date du dernier tiers du xu siècle, a bien de

la peine à comprendre le vrai développement de l’art espagnol: La cathédrale de Compostelle est une des œuvres les plus difficiles à dater; pour le faire, il faut étudier avec soin le codex Calistus qui analyse la façade septentrionale de l’église. C’est iout un chapitre à écrire sur cette œuvre littéraire qui appartient au xmi° siècle, et non comme des érudits célèbres l’ont pensé, au dernier tiers du xn° siècle. Victor Le Clerc la placait au x1v* siècle mais sans raison. M. Berteaux se doute-t-il de ces questions? Non, certes. Il court au plus pressé, s’informe de l’opinion régnante et date l’œuvre. Il est toujours sûr d’être soutenu par les archéologues locaux et c’est déjà beaucoup ! Mais à quoi bon se montrer fort pressé ! La renommée vient pas à pas, avec des travaux sérieux, bien documentés. Il est préférable même de ne pas convoquer tous les grands penseurs de la Sorbonne pour applaudir à un travail retentissant. Ils ne seront pas satisfaits lorsqu'ils apprendront un jour que cette œuvre si vantée est à refaire.

Et puisque nous avons nommé la Sorbonne et touché ainsi à l’enseignement national, qu’on nous permette encore une ou deux constatations pénibles, mais nécessaires.

L’érudition nous paraît traverser une crise qui pourrait avoir bientôt des conséquences fâcheuses. Notre état social ne peut s'accommoder en ce moment des historiens, des philologues qu'a connus la société du xix° siècle. La raison en est avant tout aux traitements fort modiques qui rendent de plus en plus difficile la vie studieuse des uns et des autres. Il serait sage d'augmenter, dans une large mesure mais avec un très grand tact, le casuel de certaines chaires, de certaines fonctions pour pouvoir permettre à des professeurs de consacrer tout leur temps aux études.

La démocratie, disait autrefois Renan, doit se préoccuper des

œuvres de science. On doit même agir avec célérité; car, comme la démocratie a systématiquement éloigné des hautes fonctions les doctes qui par leur situation pouvaient exercer sans traitement les hauts emplois, nous n’avons en ce moment qu’un corps d’érudits, préoccupés avant tout d'augmenter par d’autres fonctions les appointements insuffisants qui ne sauraient nourrir une famille. Comment les sciences historiques et philologiques progresseraient-elles dans un tel milieu? On dirait même que des causes multiples se combinent désavantageusement pour rendre le développement de l’érudition française plus précaire qu'il n’a jamais été.

Les jeunes gens indépendants ne veulent désormais se consacrer à des études où les minores ont les plus grands avantages. La critique souvent injuste les éloigne des travaux historiques ou philologiques; et comme la lutte devient âpre, si l’homme d’études s’isole, s’il ne veut point faire partie d’une coterie, il ne saurait compter sur l’impartialité de ceux qui voient en lui un concurrent futur. Et à côté de cet isolement durement senti, de ce découragement déjà grand en lui-même, le jeune historien a en vain cherché dans l’Université les sources jaillissantes d’une foi profonde en un idéal élevé, une ardeur qui pouvait l’inciter à consacrer sa vie à ces études; au contraire il y a vu un rationalisme décevant et desséché. Ces savants désintéressés, ces doctes qui n'étaient point légion à la fin du siècle passé, deviennent de plus en plus rares. Le mal est grand et doit préoccuper tout esprit sérieux. Et combien nombreux sont les motifs de nos craintes ! Les savants indépendants qui s’adonnaient jadis aux études historiques n’avaient point l'esprit souvent étroit des écoles, ni la pédanterie de la chaire; idéalistes par essence, consacrant leur vie tout entière à des travaux ingrats, ils aimaient d’un grand amour ces études qui les passionnaient. Héritiers

= décre

de cette aristocratie qui, aux xvire et xvir° siècles, fut l’honneur de notre érudition, ne demanda rien à l’enseignement publie et assit notre belle réputation en Europe, ils constituaient une classe à part, respectée et quelquefois enviée, à côté des professionnels. Ils servaient pour ainsi dire à contre-balancer l'influence trop prépondérante des universités et des écoles spéciales. Il nous paraît dangereux, pour une nation comme la France, que la science soit complètement livrée à l’université. À notre humble avis, ce n’est point elle qui peut développer le caractère, l'esprit jaloux d'indépendance des élèves. On peut savoir beaucoup en sortant muni de tous les diplômes qu’elle octroie, mais on est le plus souvent incapable de mener à bien une étude scientifique. En tout cas la conquête du pain quotidien est souvent mauvaise conseillère et elle n’exerce point, par les soucis qu’elle crée et entretient quotidiennement, cet esprit de libres recherches en lenteur et en délicatesse, où il entre de l’élégance, de l’imagination, un sentiment fleuri de la culture supérieure. L'Université n’a point été instituée comme aussi l’École normale supérieure pour créer de véritables savants. Leurs fins sont autres. Ce sont des écoles professionnelles, destinées dans une démocratie à le devenir de plus en plus.

Certes, la jeunesse qui sort de ces instituts a des connaissances étendues, plus formelles que réelles, elle possède une habileté de premier ordre à composer un livre d’après des règles qu’on lui a enseignées, elle a à sa disposition une forme sûre, mais sans vie, sans spontanéité et sans fraicheur; ce qui lui manque essentiellement, c’est la discipline, la patience, l’abnégation, enfin le long et lent labeur que nécessite tout travail scientifique. La tentation est vraiment trop forte pour ceux qui suivent cette filière de considérer une thèse comme un examen, comme une somme de difficultés vaincues, comme l’ouverture des places et

bo

des revenus enfin assurés. Il n’y a que les gens d’élite qui savent qu’il y a quelque autre chose en dehors des épreuves subies avec éloge devant un jury, que la science a elle-même son but et qu'un docte n’est pas nécessairement un professeur faisant apprendre de mémoire les choses qu’il enseigne. Ils savent aussi que l’observation constante des faits, qu’un long travail personnel peuvent seul créer des œuvres intéressantes. Ce qui est nécessaire en ce moment pour faire progresser les sciences historiques et philologiques, ce sont des jeunes gens téméraires, pleins d’audace sur qui ce « dressage », comme disait Gœthe, n’a pas eu une trop grande influence. Ces jeunes gens-là ont négligé les manuels où se trouvent codifiées les connaissances humaines pour travailler avec ardeur à des études indépendantes, sans autre ambition que celle de bien faire, sans préoccupation d’avoir jusqu’à soixante ans des prix à l’Institut, en attendant l'heure bienvenue où hiérarchiquement on puisse y accéder pour en distribuer à son tour, car il y a une hiérarchie de plus en France, celle du savoir, qui commence par les grades académiques, se continue par les bourses et les missions, puis l'emploi conféré, puis la thèse, enfin les prix officiels, la décoration et le reste. Et un savant, considéré sous ce vilain jour, est un bureaucrate supérieur et point autre chose.

La vraie science a besoin avant tout d’un asile sûr et d’une grande indépendance. Ne rien désirer, pouvoir dire aux autres ce qu'on pense de leurs travaux, c’est encore le parti le plus sage. Un bon livre qui fait progresser la science a besoin de qualités qui ne sont point le lot commun. On ne saurait les acquérir ou les conserver en restant préoccupé de son avancement ou des honneurs qu’on désire et qu'on brigue. Et le « dressage » de l’université n’est point fait en ce moment pour former des caractères, pour développer la responsabilité des

jeunes gens. Son but fut toujours plus modeste et plus pratique : donner des professeurs pour l’enseignement secondaire. Nous verrons bientôt ce que les archéologues sortis de l’École normale ou de l’université ont apporté de nouveau à l’histoire de l’art français ou italien.

Il est donc nécessaire de se ressaisir, d'accomplir les réformes nécessaire pour le développement continu des études historiques et philologiques. Le danger est grand et déjà même les « cleres » deviennent de plus en plus nombreux dans les universités, dans les séminaires historiques. Ils ont compris avec sagesse qu’ils pouvaient bientôt, avec un dur labeur, savoir autant, si ce n'est plus, que les laïques préoccupés avant tout de buts si divers, eux surtout qui n’ont nul besoin de traitements élevés. Ils connaissent le sacrifice et sont poussés par le triomphe de l'Église. Ce sont des nouvelles troupes inattendues que le laïque fera bien de redouter. Après s’être affirmés dans les lettres et les études morales et sociales, ces adversaires de la société républicaine ont peu à peu repris l’avantage dans l’érudition historique. L’arrivisme à la mode leur fournit d'excellentes excuses etleur concilie plus de sympathies qu’on ne le croit. [ls préparent une opinion publique, qui ne sera pas tendre pour la courte échelle de nos fils à papa. Qu’on y prenne garde, le temps presse.

A cette constatation d’ordre général, que nous ne sommes pas le premier à faire, mais qu’il y a quelque courage à publier, on nous permettra de rattacher la conclusion la plus évidente de ces études. Cette conclusion, relative à la méthode du labeur archéologique, c’est qu'avant d'écrire quoi que ce soit sur la chronologie de nos monuments, il est nécessaire de s’atteler à des monographies, préparées sur place et consacrées aux monuments étrangers; par elles on verra peu à peu s'affirmer la grande influence de la France dès Le xu° siècle, en Occident. C’est elle qui charme,

qui apporte quelque douceur par sa littérature à des nations encore grossières; c’est elle qui réveille la gaîté animée, les idées claires dans des contrées bien éprouvées, sur lesquelles pesait le joug des tyrans, ou que désolaient les luttes particularistes, la conquête étrangère, les maux physiques, etc.

Les pays septentrionaux de la France créent la mode qui est acceptée par les nations occidentales. La cotte ample descendant aux chevilles, l’épée grande et plate maintenue par un ceinturon pourvu d’une boucle, la coiffe pour les vilains, le manteau à double attache, et celui avec manches flottantes, tous ces signalements si Caractéristiques se retrouvent sur les monuments de l'Italie septentrionale aussi bien qu’à Barletta et dans tout le Midi. Le costume de guerre si français du xm° siècle avec le casque presque fermé est pris par les nations voisines ; Renan a bien raison de proclamer que le xn° siècle fut vraiment le grand siècle créateur du moyen âge, le moment d'épanouissement du génie français. « Alors naissent la scolastique, l’architecture gothique, les grands poèmes de geste, l’Université de Paris, la vraie France avec sa claire notion de l'état laïque. C’est le point culminant de la première gloire française. » Il y a plus. De même que notre vieil ami M. Monaci et ses élèves l’ont admis, nos mystères ont été copiés, joués jusqu’au sud de la péninsule, et les mystères sont pourtant ce qu’il y a de plus instinctif dans la poésie du temps (1).

Nous ajouterons cependant que ce fut le xm° siècle qui hérita de ce long effort. C’est Paris qui attira tous les regards des doctes Occidentaux. Grâce à son Université, Paris devient la cité des livres. Et Renan a raison d'ajouter qu’au xiv° siècle encore elle

(1) Voyez de BARTHOLOMAEIS, Istituto storico italiano, 1889, et Rendi-Conti dell Accademia dei Lincei, 1892,

= éb

captivait les nations voisines. D'ailleurs les âges de décadence d’une littérature sont souvent ceux où elle exerce le plus d'influence sur les étrangers. « De même que l’art italien rayonnait plus hors de l'Italie qu’au temps de Raphaël, de même le xiv° siècle, qui vit la fin de la belle littérature française du moyen âge, fut justement l’époque où les compositions françaises firent le tour du monde et furent le plus traduites ou imitées. »

La connaissance de notre littérature, son influence sur les nations voisines a été le fil conducteur de nos recherches, L'art français, fort en avance, suivait aussi la même voie.

Notre enquête est terminée; elle nous a demandé un grand effort. La lecture de tous les textes qui se rapportent aux édifices français est close et nous pouvons désormais certifier que les édifices voûtés étaient inconnus en France au xi° siècle, qu'ils sont une création du siècle suivant et que ce n’est qu’à l'extrême fin du xn° siècle que la plupart des grands évêchés et des monastères étrangers ont songé à reconstruire leurs églises sur le modèle nouveau et déjà renommé.

Nous montrerons ailleurs comment, en acceptant ce style français, roman ou gothique, ils l'ont modifié. Il nous aura suffi, dans cette rapide étude, d’avoir posé des jalons, affirmé des principes, étayé sur des faits certaines conclusions et préparé ainsi la voie à des travaux de plus longue haleine dont l’apparition est prochaine.

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