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peut on accepter de tels travaux comme des œuvres de la première moitié du x siècle?
Le mur final de la crypte est d’une très grande largeur, correspondant au portail; il se compose, comme du reste toute la construction, de deux portions, l’une édifiée à l'aide de pierres assez grandes dans la partie inférieure, et de pierres plus étroites mais plus longues vers le haut, C’est la même division que nous allons trouver aux murs extérieurs et aux contreforts des bas côtés. À quel moment ce mur a-t-il été fait, en prévision sans nul doute de la façade? À quelle date a-t-il été construit? Nous ne saurions le dire. M. l’abbé Nicolas avait attiré l’attention sur cinq inscriptions qui se trouvent sur ce long mur, dont deux portent la date de 1142. On a tout de suite conclu que la crypte était achevée dès cette date et qu’on pensait à élever la façade, puisque nous avions une sorte de grand contrefort, qui devait supporter la porte principale de l’église En admettant de pareilles conclusions, on n’est pas forcé pour cela d'accepter que la crypte fût déjà voûtée d’ogives et que la façade fût commencée. Ces inscriptions doivent être étudiées avec soin, on verra ensuite ce qu’elles nous apprennent. Les a-t on gravées après l'achèvement du mur, ou les a-t-on utilisées durant la construction ? Ces inscriptions nous paraissent plutôt commémoratives, elles ont trait sans nul doute à des personnes qui ont donné des biens à l’abbaye. Il en est deux qui portent la date de 1142, elles renferment la formule connue « OraTE PRO E0 ». Ce n’est déjà plus le requiescat in pace, mais une prière assezrare durant la première moitié du xn° siècle. Les-caractères de ces inscriptions sont bien du xu° siècle, mais les arguments multiples tirés de ces inscriptions ne nous paraissent nullement fondés; en tout Cas, ELLES NE PEUVENT RIEN NOUS FOURNIR soit pour les voûtes sur croisées d’ogives soit pour la façade, Nous pourrions même admettre que ce mur, ainsi que les
murs extérieurs de l’église dans leurs parties inférieures, aient été élevés vers 1140-1150 sans pour cela accepter les voûtes d’ogives. Nous avons devant nous ces voûtes elles-mêmes ; nous devons étudier leur profil, vérifier leur ornementation. Elles sont des documents plus précis que des inscriptions placées sur un mur aussi composite. Il se pourrait même que la erypte ait été voûtée après la confection de ce grand mur, car le mascaron que nous avons signalé déborde fortement sur ce mur. Il faut donc reprendre le problème, étudier avec soin la manière de bâtir en Provence durant le xu° siècle, rassembler les églises qui peuvent être datées avec sûreté et faire des comparaisons intéressantes avec les travées de la crypte de Saint-Gilles. On verra alors que c’est bien vers le dernier tiers du xn° siècle qu'elles ont été élevées. Les Annales des églises de France nous permettent d'assurer que ce fut vers le dernier tiers du xu° siècle que les moines de l’abbaye se décidèrent à reconstruire leur église sur un plan d’une trop grande étendue. La crypte dut être faite après les fondements, vers 1180-1190.
L'édifice a été, semble-t il, conçu d’un seul jet. Les moines l’ont désiré grand et spacieux, rivalisant avec les grandes abbayes voisines, celles de Psalmody, de Fontevrault, de Montmajour. Saint-Sernin de Toulouse devait hanter les religieux de nos contrées. Nous pouvons reconstituer le plan de l'édifice, car des parties importantes subsistent; nous avons conservé les bases des grands piliers de la nef et ceux des bas côtés; nous possédons des fragments mutilés, mais qui sont d’un grand intérêt, car ils nous permettent de voir à quelle époque/l'église supérieure à pu être construite. Ce n’est qu’à l’extrôme fin du xn° siècle, de 1190-1200, qu’on à pu élever la travée qui sert encore de sacristie à l’église actuelle, ce n’est que vers 1190 qu’on a pu édifier la vis de Saint-Gilles, la rose si fine et si admirablement construite
dont il ne reste que la moitié, ce n’est que vers cette époque que fut bâtie la porte du transept avec son ébrasement, avec son appareil encore régulier dont nous n’avons que les bases. De tous côtés, la main-d'œuvre se montre savante, le ciseau fin et délicat, les voûtes s’élèvent pourvues de nervures aux profils compliqués, les chapiteaux sont décorés de feuillages formant des volutes fines et recourbées vers le sol; les têtes d’anges qui les ornent, aux visages gras et forts, pleins de vie, nous indiquent les dernières années du xn° siècle. Les têtes d'animaux servant de consoles à la corniche de la vis de Saint-Gilles, celles des personnages, les corniches elles-mêmes, décorées d’oves ressemblent pour lesprit non prévenu, qui n’a pas son siège fait, à celles que nous avons sur la façade.
L'église a’ dû être construite d’un seul jet. Nous n'avons qu’à voir les contreforts qui étaient au nombre de neuf et dont sept restent encore debout. La partie inférieure de cette construction y compris même les contreforts, qui ne s'élèvent qu’à la hauteur des fenêtres de la crypte, est faite de matériaux différents : on y reconnaît des blocs antiques, qui ont servi à des temples, à des édifices romains, à côté de pierres de carrières diverses, plus petites et plus longues. On a dû utiliser, au moment d'élever cet édifice, tout ce qu’on avait sous la main et peut être même cette longue inscription, cause sans nul doute des erreurs de la plupart des archéologues qui ont écrit sur l’abbaye de Saint-Gilles.
Certes, nous avons rencontré souvent dans nos voyages des églises qui ont ou sur les murs de la façade, ou sur le linteau des portes, une inscription relatant le moment de sa fondation; mais n'est-il pas étrange de la trouver cette fois sur des pierres servant de matériaux de construction, à une place presque invisible, formant angle au point que les premières lettres
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ont disparu ? Et cette inscription disait aux pélerins l'âge reculé de l'édifice! Pourquoi se trouve-t-elle 14? A-t-on voulu Putiliser? L'a-t-on gravée après? Les moines ont-il copié alors la date donnée par le livre des miracles? Nous ne pourrions répondre. Certes, le caractère des lettres appartient bien au xn° siècle, les tracés sont profonds, mais nous ne pouvons concevoir qu'une inscription aussi importante soit placée à une place aussi obseure, presque invisible aux pèlerins, lorsque l’abbaye comprenait alors le préau, le réfectoire, etc.
A la hauteur des fenêtres de la crypte, le mur n’est déjà plus le même. Un appareil tout autre est employé composé de pierres plus étroites et plus longues. L’exécution est moins soignée. On pourrait croire alors que la première construction, faite sur un plan général de l'édifice, comprenait et les cont reforts et les murs des bas côtés et celui plus large de la crypte où sont placées ces inscriptions. Cette partie terminée, l’abbaye n’avait-elle déjà plus les moyens pécuniaires suffisants pour commencer l’église supérieure ? Nous ne saurions naturellement le dire. Toujours est-il que lappareil de la partie supérieure montre à coup sûr un temps d'arrêt, dont il n'est pas possible d'estimer la longueur. On pourrait faire remarquer ici et Ià des reprises aux fenêtres de la crypte, mais l’ébrasement intérieur de ces baies est ancien et offre bien le type de construction des baies de la seconde moitié du xne siècle. Il y a plus. Nous voyons que l'architecte appartient à une époque relativement récente, où déjà même on ne décore plus les fenêtres de petites colonnes soutenant une archivolte ornée d’un tore assez fort ; il cherche même à économiser la maind'œuvre dans les parties qui sont le moins en vue. La construction apparaît fort habile et les claveaux des fenôtres, qui n’ont pas été remaniées, très sûrement posés.
Nous ne pouvons donc admettre que la construction de la
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crypte ait été terminée en 1145. Nous voyons une église souterraine, large, spacieuse, pouvant contenir une foule innomhbrable de pèlerins, conçue sans nul doute dans le dernier tiers du xre siècle et voûtée vers la fin de ce siècle. On aura travaillé ensuite à la nef. Ce qui nous reste de cet édifice très élévé, la sacristie et la vis de Saint-Gilles, comme ce que nous pouvons voir des grands piliers, avec le profil des bases, nous montrent fort clairement qu'on était déjà à l'extrême fin du xu° siècle, quand on a construit le transept et la rose.
Abordons maintenant la discussion au sujet de la façade. En présence des affirmations de ceux qui pensent que nous avons une œuvre du second tiers du xu° siècle, nous devons rechercher, vu l'absence des textes, si la construction elle-même ne peut nous fournir des indications précieuses. Nous ne voulons pas refaire encore une fois l’analyse minutieuse de ces trois portes, mais nous croyons devoir attirer surtout l’attention des archéologues sur certaines particularités de costume, sur quelques sujets iconographiques pour voir si la construction a pu être terminée vers 1170. Remarquons tout d’abord le beau bas-relief représentant saint Michel debout. Le dessin est large, le ciseau à la fois ferme et see. L’archange, si aimé au moyen âge, est debout, ses pieds reposent sur la tête d’un monstre, dont les extrémités du corps s’enroulent avec une très grande souplesse. Quels sont les exemples bien datés, qui peuvent être cités, durant le xue siècle, de ces archanges domptant des animaux? Où les avons-nous rencontrés? Est-ce à Conques, à Souliac, monuments de l’extrême fin du x1I°, ou mieux du commencement du xure siècle? Est-ce à Toulouse, où à Saint Bertrand de Comminges ? Est-ce à Tarascon, sur le porche du transept de Sainte- Marthe, si important parce qu'il date des dernières années du xne siècle? Analysez même tout ce qui nous reste dans la
région provençale de bas-reliefs, de sculptures figurées et vous trouverez toujours des œuvres de l’extrème fin du xu° siècle. C’est en effet le moment où naissent toutes les grandes églises romanes de la Provence. C'est aux premières années du dernier tiers du xnr siècle que ces temples ont commencé à être élevés. Groupez même tous ces bas-reliefs, ces chapi'eaux, ces consoles autour du porche de Sainte-Marthe dont la date est certaine et vous reconnaitrez bien vite l’identité de facture et de dessin. Ces consoles, ornées de têtes d'animaux, de petits personnages, COMparées à celles de Sainte-Marthe, indiqueraient le même atelier. Et personne ne s’aviserait aujourd’hui de donner à ces travaux la date de 1450-1175!
Le sujet, tel qu’il est traité sur cette façade, ce saint Michel terrassant le dragon, constitue un bas-relief remarquable, un des meilleurs de la contrée, et n’a été accepté par la sculpture qu'au commencement du xrn° siècle. En tout cas, nous n’en connaissons en France aucun exemple antérieur.
Passons bien vite au tympan. Nous remarquons Île sujet représenté : l’Adoration des rois mages. Le premier mage qui s’avance est à genoux, très respectueux devant le Christ, pose que nous avons déjà vue et qui ne date que du commencement du x siècle. Le costume du roi mage est remarquable par sa grande richesse. Les broderies qui sont aux cottes déjà longues du commencement du xin° siècle, descendant plus bas que les genoux mais non jusqu'aux pieds, les souliers à jour, sont autant de détails soulignés avec soin par l’artiste. Le manteau mérite aussi d’être observé, il était attaché par un bouton rond, souvent double, sur l'épaule droite, laissant tout le côté droit, ainsi que le bras, complètement libre et permettant de voir la cotte serrée à la taille par une ceinture. Nous avons déjà rencontré à Chartres cette coupe originale et nous ne voudrions pas insister.
La pose de la vierge est digne d'intérêt. La tête manque malheureusement. Était-elle couronnée? Nous le croirions volontiers, vu encore les traces supérieures de ce bas-relief sur le mur ; les mains libres devaient tenir sans nul doute une fleur. L’enfant est posé sur l’un des genoux et bénit le premier mage, tout en posant la main sur la poitrine de la vierge, geste familier, si fréquent dans la sculpture du xmf° siècle. La mère du Sauveur est vêtue d’une robe et d’un manteau ; on ne saurait dire si elle était voilée. À côté de ce groupe si intéressant, nous voyons une représentation de Joseph assis, à qui apparaît un messager céleste. Remarquons la calotte molle, donnée aux personnages bibliques au xIn° siècle. Elle diffère de la calotte melonnée du xn° siècle par sa souplesse, par sa forme même. Elle est décorée d’un galon brodé tout autour. Les petits bas-reliefs du haut sont moins intéressants : ils représentent l'entrée à Jérusalem. Les Juifs qui reçoivent le Christ, tous imberbes comme au xr siècle, les moustaches coupées, tiennent des palmes, ils ont la calotte souple et la boucle compacte près des oreilles.
Les apôtres qui sont placés sur la façade, debout, peuvent fixer un moment notre attention. Les inscriptions sontencore romanes, mais bien des lettres accusent déjà la fin du xn° siècle Remarquons surtout l'inscription qui est gravée sur le livre porté par saint Barthelemy. On voit déjà des lettres gothiques, elles ont aussi une profondeur, une sécheresse que n’a pas connue la belle épigraphie romane. Or, on sait combien cette contrée a été réfractaire à l'écriture gothique, qu’elle adopta le plus tard possible. Quand on regarde avec soin ces statues debout, on est tout étonné qu’on ait attribué ces œuvres au second tiers du xu° siècle. L’étonnement augmente à l’examen des plis si tourmentés, des revers ('étoffe, des draperies vraiment impossibles de 1180 à 1200, à la vue de ces cavités profondes où la main même pas-
serait, de la pose fantaisiste de ces manteaux. Remarquons aussi celui de Barthelemy, attaché par un fort nœud sur l'épaule et formant par ses plis un. petit collet tout autour du cou, motif que nous avons déjà remarqué à Chartres. Le tympan mutilé de la porte principale nous fournit encore une indication précieuse. Il nous donne la représentation de la sainte Cène; mais combien plus développée et mieux traitée que celle de Chartres! Judas n’est plus séparé des disciples, il apparaît à côté d'eux, il devait être, comme à Beaucaire, voisin du Sauveur, qui lui tendait le morceau de pain révélateur. Jean est déjà près du Maitre, la tête appuyée sur son cœur. Où trouvons-nous à la date supposée en sculpture, voire même en peinture ce thème iconographique développé de cette manière? Où avons-nous en 1170 le disciple bien aimé reposant son front sur la poitrine du Sauveur ? Nous p’en connaissons que trois exemples dans la région. À côté de celui de Saint-Gilles, le second s’observe sur la frise qui était à la cathédrale de Beaucaire et dont nous parlerons bientôt et la même scène orne le dernier grand pilier de la galerie est du cloître de Saint-Trophime, qui peut être considéré comme une œuvre de 1240 à 1245. Dans le petit bas-relief qui nous donne le lavement des pieds, le Christ est vêtu d’une tunique longue, il à une serviette passée autour des reins pour essuyer les pieds des apôtres, motif que nous retrouverons à la fois sur la frise de Beaucaire et sur le bas-relief de 1240. Puis c’est le baiser de Judas, si intéressant pour tous ceux qui se sont occupés de l’iconographie du xmi° siècle. Le Christ est entouré de gardes, de gens du peuple, vêtus déjà de la cotte descendant au milieu des jambes. Deux des varlets portent une sorte de casquette sur la tête. Elle est charmante de forme. Nous savons que durant le xue siècle, les artistes ont bien donné aux apôtres, à Joseph, à des Juifs de marque, la calotte melonnée, mais ils n’ont jamais
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représenté un vilain, un varlet avec une casquette sur la tête. Nous ne trouvons la calotte melonnée aux varlets que sur des chapiteaux du musée de Toulouse qui peuvent avoir été exécutés vers l'extrême fin du xu° siècle et ce n’est pas cette forme « laïque », si nous pouvons dire. Elle n’est plus conventionnelle. Le dessin de ces personnages imberbes à la moustache rasée est fort accentué. Le relief est ferme, très puissant, mais après examen de ces visages si creusés, de ces méplats si accentués, nous avions pensé que cette représentation n’était pas de la même main et trahissait peut-être un temps un peu plus récent, car nous savons qu'on à travaillé encore, pendant tout le second tiers du xIn° siècle, à la construction de l’église. Nous serions aujourd’hui moins aflirmatif, mais il y a, entre les scènes de l'entrée à Jérusalem, de l’adoration des mages et cette série de personnages de taille, une différence qui n'échappera à personne. Eux seuls auraient dû faire hésiter ceux qui pensent à une œuvre du second tiers du xn° siécle.
Arrivons bien vite à la dernière porte de la façade. Le sculpteur a représenté la mort du Christ. Certes, pour un œil exercé, la vue seule de cette représentation suflirait pour indiquer la date proposée. Ce n’est plus comme au xu° siècle le Christ rigide et droit, les yeux à demi clos, les pieds posés également sur le suppedaneum. Ce n'est déjà plus le Sauveur mort, datant du second tiers du x siècle, mais le Christ qui se tord, ses jambes ont fait un mouvement et sont collées l’une sur l’autre. La tête est penchée, affaissée; elle marque lexténuation par la souffrance. Le perixonium laisse à nu une partie du ventre au-dessous du nombril. Non, ce n’est certes pas dans le deuxième tiers du xn° siècle qu’on aurait osé faire une telle représentation. Qu'on analyse avec soin les crucifixions datées que nous possédons et qu’on nous cite un seul exemple d’un réalisme aussi aigu.
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Il y a plus. Le thème iconographique peut encore nous fournir quelques données précieuses. Nous avons l’Église triomphante et la Synagogue vaineue à côté de la croix, scène qui fut fort prisée et répétée sans cesse durant toui le x siècle. Nous n’en connaissons aucun exemple sculptural, daté ou non, au siècie antérieur. Nous la retrouvons même en Sicile au x siècle; nous l’avons vue en Allemagne, en Espagne, en Italie sur des œuvres d’un x siècle avancé. Nos vitraux de ce siècle la répètent sans cesse. Elle sera bientôt le sujet d’une dissertation.
Mais ce qui doit attirer encore notre attention, ce sont les deux Juifs représentés à côté de la croix. Le premier de ces personnages assis est le centurion qui constate avec effroi la mort du Sauveur. Examinez le costume que l'artiste lui a donné. Il est coitfé d’une calotte molle, ronde, de forme élégante. Regardez de plus près cette tête mutilée et vous verrez la boucle compacte, ronde, si particulière au xm° siècle; Cette mèche unique fait tout le tour de la tête et est semblable à celle que nous voyons sur les personnages qui portent la coifte. Elle est déjà là, indiquant le bien-fondé de notre jugement. Le fourreau même attaché au ceinturon du Juif aurait dû arrêter nos contradicteurs. C’est bien la grande épée du xm° siècle, particularité de cette époque, le fourreau a des bandes de cuir qui se croisent sur la partie plate. Et que dire aussi du costume de l’Ecclesia, avec quel luxe l'artiste l’a dessiné, orné d’orfroi. Le sculpteur a souligné la taille souple, svelte, le ventre proéminent de celle qui personnifie l'Église. Elle fait même un mouvement en avant, chose tout à fait inconnue au xu° siècle. Voyez la Synagogue avec sa lourde et pesante couronne, d’un relief surprenant et même étrange, vêtue d’une robe et d’un manteau à travers lesquels on remarque les seins fermes et forts.
Les scènes du linteau accusent encore plus le x siècle. Le