‹ Les méthodes du passé dans l'archéologie françaiseChapitre 9 sur 23 · FRE · texte numérisé non relu

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du relief des feuilles, des fortes saillies, des rinceaux placés tout autour de la corbeille ne saurait donner le change. Il en est de même des cavités très profondes, existant entre ces motifs décoratifs.

Nous ne savons pas dans quel état de délabrement était au xvi° siècle cette petite église; mais nous voyons qu’on a refait à cette date le chœur, qu’on a voûté sans nul doute la nef, les bas-côtés. On consolida les parties les plus endommagées et surtout, à notre avis, les piliers de la nef. Et, quand on parcourt les petites églises d'Auvergne, celles surtout construites pour un nombre assez restreint de fidèles, on peut voir que l’église de Chamalières ne se trouve pas isolée mais qu’elle correspond même à un certain type plus modeste et moins coûteux. Prenons par exemple l’église de Glaine, près de Billom. Cet édifice offre, dans son ensemble, ce que devait être autrefois l’église de Chamalières. Même nef, mêmes piliers rectangulaires, nous dirions presque même décoration aux corniches. Et ce monument ne saurait appartenir au xi° siècle ; il est fait d’un seul jet, comme le fut l’église des Chamalières, et fut exécuté dans la seconde moitié du xn° siècle.

L'église cathédrale du Puy est encore un de ces monuments, que la doctrine des archéologues-architectes veut revendiquer comme possédant des partiés du xr° siècle. La coupole placée sous latour angélique aurait été construite à cette date. M. Lefèvre- Pontalis nous l’affirme dans maints de ses travaux. Certes, le voyage du Puy, malgré sa longueur, vaut la peine d’être fait : voir et admirer une coupole antérieure à celles de Saint-Front de Périgueux et de Saint-Mare de Venise! Nous l'avons fait plusieurs fois, ce voyage, mais nous avons été toujours étonné de ne pouvoir découvrir dans ce dédale de constructions des fragments épars du xI° siècle. Et l’erreur est d’autant plus grave que

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nous n’avons que très peu de choses de l’église qui fut construite dans la seconde moitié du xn° siècle et qui remplaça sans nul doute un édifice non voûté du xr.

Nous ne pouvons dire ce qu'était alors cette église, ni indiquer, même à l’aide des sources, son plan primitif; celle que nous avons devant nous et qui date du milieu du xn° siècle est, ellemême, fort restaurée. L'édifice a tellement souffert, à maintes reprises, que dès le xvin® siècle, elle a été fortement remaniée. Enfin, l’architecte Mallay lui porta le dernier coup; en la restaurant, il la défigura. L’abside de l’église disparue, les bas-côtés furent remaniés, aucun chapiteau de l'édifice intérieur n’est ancien. Ils appartiennent pour la plupart au xvu' siècle, d’autres ont été refaits par les sculpteurs de Mallay. Seuls les murs du transept sont encore intacts, gardant avec soin les peintures faites au xme siècle. Ce n’est pas le moment de décrire toutes ces restaurations, de voir cequia pu demeurer de l’édificedu x siècle, au temps où une nouvelle construction remplaça une autre plus ancienne. Mais, nous pouvons dire que l'étude minuticuse, plusieurs fois renouvelée, du monument ne saurait faire découvrir des fragments du xr siècle. On les chercherait en vain, surtout après la restauration de Mallay. Ce n’est ni le cloître dont les premiers travaux doivent remonter aux environs de 1215, ni la salle capitulaire, à coup sûr du commencement du x° siècle; ce ne sont pas les fragments des petites absidioles du transept, ni les arcades du grand porche. La coupole désignée par les architectes archéologues comme une œuvre du xr siècle ne saurait être invoquée. Que reste-t-il des parties anciennes? Sont-ce ces piliers évidés au bas, aux chapiteaux modernes, où l’on a encastré de nos jours les colonnes qui les ornent? Est-ce la tour angélique complètement refaite? Est-ce enfin cette coupole éventrée, remplacée par une sorte de balustrade en béton

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par Mallay? Les pierres brutes, qui étaient placées tout autour, devaient représenter les évangélistes et n’ont pas été sculptées. On les a laissées ainsi, pouvant tromper les visiteurs. Les piliers ont reçu une ornementation moderne; ils ont été évidés à leur base et possèdent une colonne au milieu de chaque face. Les chapiteaux ont été refaits.

On peut en dire autant des deux autres coupoles, plus sommairement remaniées, mais qui ne sauraient remonter au xr° siècle. Le clocher lui-même ne peut revendiquer une époque aussi lointaine, il est bien de la seconde moitié du xn° siècle et complètement restauré.

Les édifices religieux du Puy ne sauraient done remonter au x1° siècle. Nous savons même que la prospérité de la ville ne date que de la deuxième moitié du xn° siècle. La cité était encore fort misérable et assez déserte au siècle précédent et n'aurait pu éléver des monuments aussi vastes et aussi ornés. L'étude attentive de la plupart des édifices, l’église de l'aiguille, le petit temple voisin, enfin la cathédrale elle-même, nous prouvent qu'ils ont dû être commencés pendant le dernier tiers du xu° siècle. La plupart des fragments de sculpture conservés au Musée appartiennent tous au commencement du x siècle. Quelques chapiteaux sont d’une réelle beauté.

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