MANUFACTURES
TBlois, ij oMai 1614.
Délibération municipale portant exemption de droits d'entrée en faveur d'une manufacture de soieries.
Du Venredy xvij° mai 16 14, heure de deux heures après midy.
Pour la manufacture de l'art de la soye par Lenoir et Marchais.
n l'assemblée particulière, tenue en la chambre du conseil de la maison commune de ceste ville de Bloys, où estoient: Mr Ribier et Baillé, antien aduocat de Sa Majesté; les sls Bugy, Dufour et Gallier, troys des escheuins; les sieurs Dubreuil, Marchant, conseillers au présidial; Chicoyneau rapporteur, cappitane enseigne de la Porte Chartrayne ; Aubert, Cassé, administrateurs de l'Hostel-Dieu; et René Ledoux, marchant demeurant audict Bloys et l'un des depputez de la police;
Sur la requeste présentée par Jacques Lenoir et Honoré Marchais, marchans demeurans en ceste ville, par laquelle ilz ont remonstré que, de naguerres, ilz ont fait associasion d'entreprendre à faire mettre en praticque et expérience l'art et manufacture de la
(1) Bien qu'il ne s'agisse plus ici de métiers jurés, on a cru devoir ici donner deux pièces relatives à un autre tvpe d'organisation industrielle,
soye, qui sont vng bien commung et vtile en ce pais, à la fabueur duquel grand nombre de personnes pouront estre emploiées à gaigner leurs vyes, tant à la conduite des déuidages, moullins, taintures que aultres manufactures qui n'ont encores esté pratiquées, où j! s'en rendra de la commodité, décoration et accroissement du traficq nécessaire; mais d'aultant qu'à telle entreprise et commerce faut aduance et grands frais, encorre que l'entrée des marchandises au fait de leurs fournitures soient aux bonnes villes de soye à présent exemptes d'impost, néantmoings, pour n'y laisser rien d'obscur, requièrent estre dict qu'ilz seront, en leurs esercices, exempts de tous droictz d'entrée, tant enscienne, présente que aduenir, affin que, par ce moyen, le public puisse jouir d'un plus grand fruict que la valleur desdits droictz d'entrée desdites soyes escrues et taintures, encores qu'ilz en payassent mesme ailleurs.
A esté conclud et arresté que, pour le bien du commerce et la commodité publicque, les supplians et tous autres habittans de ceste ville et faulxbourgs qui feront entrer des soyes escreues en cestedite ville, pour employer en manufacture, ne seront chargez, à l'aduenir, du droict qui se ]èue sur les marchandises que les marchans de la ville de Bloys font entrer en jcelle, pour payer au Roy la somme de deux mil cinq cens liures, à laquelle ceste dite ville est taxée pour sa part et portion de la subuention des villes franches ; laquelle examption et descharge, néantmoings, n'aura lieu que pour le regard des soyes escreues et non des autres marchandises que les supplians, ou autres faisans le mesme traficq, pourroient faire entrer, et à commencer seulement au premier bail qui se fera pour la leuée de la dite somme de deux mil cinq cens liures, laquelle somme le Roy a remis à la discrétion des officiers et escheuins de leuer, selon
et ainsy qu'ilz aduiseront estre plus à propos pour le bien public de la ville.
(Archives de Blois. BB. 18).
28 'Décembre i6g6.
Délibération municipale portant autorisation d'établir une manufacture de broderies.
Sur ce que Jean Massy, bourgeois de la ville de Tours, a remonstrë à l'assemblée, que, depuis quelques années, il s'est appliqué à trouuer le secret de faire au métier des estoffes en broderie, pareilles à celles qui se font à l'éguille tant en soie, laine que or et argent fin et faux, qu'il auroit dessein de demeurer en ceste ville pour les faire fabriquer et y establir un bureau et manufacture, ce qu'il ne peut faire sans Pagréement de la ville, qu'il a requis l'assemblée de lu y accorder;
La matière mise en délibération,
L'assemblée a esté d'auis, tout d'une voix, que ledit sieur Massy po.ura, sy bon luy semble, s'é.tablir en cette ville de Blois pour y faire et fabriquer les estoffes par luy jnuentées, tant en soie, laine que or et argent, et en tenir bureau et manufacture, ce qui a esté jugé aduantageux à ladite ville, parle nombre de personnes qui seront employées par ledit Massy, qui, par ce moyen, auront lieu de subsister; pourquoyjl sepouruoira vers Sa Majesté pour obtenir les priuillèges à ce nécessaires.
Druillon, Mahy, Leroy, Marchais, Baudouin de Biétigny.
(Archives de Blois. BB. 25.)