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LE BERGER

des récoltes vertes, des pâturages abondants, et que c'était là un crime méritant un coup de croc ; ne pas s'écarter du troupeau, ce qui serait d'une indépendance tout à fait

déplacée, mais paître environné de quatre autres moutons, un devant, un derrière, un à droite, un à gauche ; rentrer chaque soir dans un carré de palissades ou sous le toit d'une étable, et n'en sortir qu'à l'appel du chef, et en ordre si cela se peut. Le chien connaît tous les devoirs du mouton, et il veille à ce que celui-ci n'en oublie aucun. Il est infatigable, ardent, peu bruyant, mal pavé d'un morceau de p. lin noir. On ne le voit jamais dormir que d'un œil et d'une oreille. Et c'est à cause de lui que le berger a des loisirs.

Il en a par tous pays. J'ai vu les bergers des Landes tricoter, et de même ceux de la Crète. J'ai reçu l'hospitalité chez ceux de la campagne romaine, dans la hutte couverte en roseaux, que surmontent la croix de bois, et l'échelle, et la lance, tous les attributs de la Passion. Ils ont sculpté de leurs mains le mobilier de leur campement, les bois des lits, les tables, les chaises dont les

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