‹ Les métiersChapitre 4 sur 9 · LE BERGER · texte numérisé non relu

LE BERGER

dossiers sont ornés d'ostensoirs et de calices, témoignages de la foi de ces humbles. En Espagne et ailleurs, quelques-uns font de la contrebande. Je sais que le journal a été vu dans les mains de quelques autres, et n'a jamais sans doute été lu avec tant d'attention par aucun de ses lecteurs. Mais les plus longues heures de la vie des bergers se passent dans le rêve. Ils contemplent le troupeau, l'horizon, les nuages, l'herbe à leurs pieds. Ils pensent peu de chose et très longtemps la même chose. Ils n'ont même pas la distraction du mouvement. Par le grand chaud ils sont immobiles ; on les retrouve immobiles, presque à la même place, lorsque le vent glacé balaye les plaines. Pendant l'orage, tandis que les autres travailleurs des champs se mettent à l'abri, les bergers se contentent de mettre leur manteau. Ils reçoivent la pluie, la grêle et la gelée comme un arbre de la campagne. C'est ce qui fait leur visage tanné et ridé de bonne heure, et leurs yeux indifférents, trop habitués à regarder les choses, et qui regardent les hommes de la même manière, triste et lente. Les bergères ont toujours eu plus d'esprit. Je ne connais pas de berger qui ait fait ligure clans l'histoire, depuis le roi David. Encore n'exerca-t-il la profession que très peu de temps. On peut citer, au contraire, plu-

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