‹ Les métiersChapitre 6 sur 9 · LE JARDINIER-FLEURIS T E · texte numérisé non relu

LE JARDINIER-FLEURIS T E

à grands frais, une grotte où pleurera une source d'un verre à l'heure, un ruisseau savamment courbé, avec plantes aquatiques variées, poissons rouges et pont de ciment ; ils vous doteront de bancs en simili-bois, de faux arbres morts et de quelques faux accidents de terrain, et vous serez heureux si vous échappez à la reproduction du dolmen et au petit temple en stuc.

Je les aime donc, et je me défie de leurs nouveautés. Quand mon jardinier vient chez moi, j'ai soin de regarder dans son panier, pour voir .

s'il n'apporte pas une truelle de rocailleur . Lorsque j'ai constaté l'absence de cet engin redoutable, je dis : « Bêchez, sarclez, plantez, semez, pourvu que ce soient des

fleurs simples, je serai content. » Le jardinier sème, il arrose, il n'a mis en terre que des œillets, du réséda, des sauges, du lin, des pensées de plusieurs sortes et des giroflées de muraille, avec des pieds d'alouette, qui sont une vieille fleur qu'ils aiment encore plus que moi.

Alors le printemps vient à son tour ; il fait son œuvre ; les graines lèvent, elles deviennent des plantes qui ont mille caprices d'attitude, et qui sont déjà si différentes les unes des autres, un mois après leur naissance, que dans une même famille végétale et, semble-t-il, dans la même touffe, on les reconnaît, comme les entants, au

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