CHAPITRE IV
Les MÉéTRORRAGIES.
Il est toujours facile de faire le diagnostic symptomatique de métrorragie; au contraire, en reconnaître la cause est souvent un des problèmes les plus difficiles de la pratique gynécologique. Nous avons réservé le nom de métrorragies aux hémorragies utérines anormales qui surviennent à n’importe quel moment du cycle menstruel et qui n’ont plus aucune périodicité. Ces hémorragies peuvent reconnaître les causes les plus variées et apparaître dans les circonstances les plus diverses. Aussi, pour en faciliter l’étude, est-il nécessaire de les classer d’après les circonstances cliniques dans lesquelles elles se produisent. En particulier, il importe d’abord de séparer les métrorragies, dont l'existence est liée à l’évolution d’une grossesse, au cours d’un avortement, à la suite d’une couche ou d’une fausse-couche, de celles qui sont indépendantes de tout état de gravidité.
Les métrorragies d’origine gravidique ont une allure si particulière que leur diagnostic prête rarement à confusion.
Les métrorragies indépendantes de l’état de gros-
sesse se rangent en deux groupes : les unes sont dues à une affection générale, les autres sont de cause locale.
MORDOUEE
Au premier groupe appartiennent les métrorragies dues à l’existence d’un trouble circulatoire ou à une dyscrasie sanguine, au second les métrorragies en rapport avec une lésion de l’appareil génital.
Les métrorragies d’origine circulatoire. — Voyons d’abord rapidement les métrorragies liées à un trouble de la circulation. Les troubles circulatoires entraînent des métrorragies en provoquant de la congestion utérine. Autrefois, la congestion utérine tenait une grande place dans la séméiologie gynécologique; elle résumait presque à elle seule tous les troubles fonctionnels de l’appareil génital de la femme. La réaction est allée à son tour un peu trop loin, en niant même l’existence de la congestion utérine.
Les travaux de Robin, de Dalché et de Siredey ont remis les choses au point et ont montré l’importance de ces phénomènes congestifs dans la pathogénie de nombreux troubles fonctionnels de l’appareil génital de la femme, et en particulier des métrorragies. La congestion utérine peut être la conséquence d’un trouble de la circulation générale. Ce sont alors des congestions passives par stase utéro-pelvienne. Ou bien elle peut être la conséquence d’une réaction vaso-moirice au niveau des organes génitaux. Dans ce cas, nous parlons de congestions actives.
On observe surtout les congestions passives au cours des affections de l’appareil circulatoire, et en particulier chez les malades présentant un rétrécissement mitral.
Les congestions actives sont dues à des réactions vaso-motrices intenses au niveau de l’utérus et de ses