ETUDE CLINIQUE
Les métrorragies que l’on peut, comme nous l’avons vu, rattacher à une lésion dystrophique de la muqueuse utérine en rapport avec une lésion, ellemême dystrophique, de l'ovaire, se produisent le plus fréquemment aux deux extrémités de la vie génitale de la femme, vers la puberté et vers la ménopause. Mais elles peuvent aussi apparaître, d’une part, à n'importe quel moment de la vie sexuelle de la femme entre la puberté et la ménopause; d’autre part, parmi les métrorragies qui se produisent vers la puberté ou vers la ménopause, les unes apparaissent avant la puberté, chez des petites filles, et d’autres apparaissent quelquefois assez longtemps après la ménopause. Aussi, au point de vue clinique, y a-t-il lieu d’envisager les métrorragies fonctionnelles à cinq périodes différentes de la vie de la femme :
1° Chez les petites filles avant la puberté; 2° Chez les jeunes filles au moment de la puberté;
3° Chez la femme en pleine activité génitale;
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4° Chez la femme au crépuscule de sa vie génitale, c’est-à-dire au moment de la ménopause; 5° Et enfin, chez la vieille femme ménopausée de-
puis un certain temps.
1° Les métrorragies survenant avant la puberté. — Chez les petites filles, les métrorragies sont excessivement rares. Mises à part les métrorragies qui se produisent chez quelques enfants en même temps que la sécrétion des glandes mammaires, dans les jours qui suivent immédiatement leur naissance, et qui traduisent l’évolution de quelques follicules ovariens, ainsi que les véritables menstruations précoces, hémorragies utérines, qui ne sont, en somme que des incidents dans l’évolution de l’appareiïl sexuel de la femme, les vraies métrorragies de la petite fille sont dues à une irritation ovarienne, en rapport le plus souvent avec le développement rapide d’une tumeur de cet organe. Ces tumeurs sont de différentes espèces : sarcome, séminome, carcinome, hypernéphrome, etc.
Les hémorragies utérines de la petite fille, dues à une tumeur ovarienne, revêtent d’abord la forme de ménorragies, en ce sens qu'un véritable syndrome d’hyperfonctionnement génital s’installe sous la forme de règles de plus en plus abondantes, longues et fréquentes; puis, bientôt, ces enfants perdent presque continuellement jusqu’au moment où une intervention thérapeutique ou une issue fatale y met fin.
2° Les métrorragies de la puberté. — Les hémorragies utérines pathologiques de la jeune fille au moment de la puberté sont très polymorphes. Il est cependant
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possible de les grouper dans deux catégories dont le critère est l’absence ou l’existence d’une lésion génitale concomitante cliniquement décelable. Les premières, celles que l’on appelle encore les métrorragies essentielles des jeunes filles, se présentent sous deux formes : ou bien ce sont les petits incidents de la mise en route avant l’évolution normale d’un phénomène aussi complexe que la menstruation; quelques métrorragies sont apparues sans aucun caractère de périodicité; puis ces hémorragies se sont régularisées, tout en restant soit trop fréquentes, soit trop abondantes; ou bien il arrive que ce syndrome hémorragique s’installe chez des jeunes filles réglées depuis peu de temps, mais qui avaient eu jusqu’alors des règles normales. Dans l’un et l’autre cas, il s’agit d’hémorragies utérines en rapport avec une lésion de l’appareil cardio-vasculaire, une altération de l’état général ou, surtout, un disfonctionnement ovarien passager ou durable.
Ces dernières métrorragies répondent donc bien à la définition que nous avons donnée des métrorragies fonctionnelles, tandis que celles que nous allons envisager maintenant succinctement, liées à une lésion tangible de l'appareil génital, appartiennent au groupe des métrorragies que nous avons dites accidentelles.
Les métrorragies de la puberté appartenant à cette deuxième catégorie, comme les métrorragies accidentelles des autres phases de l’activité génitale de la femme, sont dues, la plupart du temps, à une lésion utérine ou ovarienne dont l’objectivité ne fait pas de