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LITS A LA POLONAISE

Les lits à la mode, depuis 1750 environ, sont adossés de côté au mur de la chambre ou disposés en niche. La couchette a les mêmes dimensions que celle des lits à la française, mais on lui donne deux dossiers, parfois trois, comme aux canapés. Le type le plus caractéristique de cette série, aux variétés nombreuses, porte le nom de « Ut à la polonaise », sans doute en l'honneur de Marie Leczinska. Les pieds s'élèvent jusqu'à une hauteur de im95 à 2m40, après quoi ils forment des courbes pour soutenir l'impériale, plus petite d'un bon tiers que le lit. Ces courbes en fer, cintrées en S et d'une hauteur de om865 à im, convergent vers le milieu du lit qui se trouve en quelque sorte couronné par un pavillon en dôme. La hauteur des dossiers est d'environ im30.

LES GRANDS SIÈGES ET LES LITS

Dans ce lit, toute la menuiserie est apparente et richement décorée. Au pourtour du dossier, plus ou moins cintré ou chantourné, règne une cimaise sculptée ou une moulure qui en suit les contours et s'harmonise avec les ornements des traverses ou des pieds. Les panneaux des dossiers sont remplis par des bâtis qui servent à fixer une garniture d'étoffe. Souvent le lit présente un troisième dossier, adossé au mur comme dans les canapés, cintré et surélevé avec un motif important de décoration à son couronnement. Cette luxueuse disposition est surtout à la mode à partir de 1774. Quant à la forme du baldaquin, elle varie, pour ainsi dire, avec le caprice du tapissier, mais la corniche reste toujours apparente.

La menuiserie d'un lit à la polonaise, à deux places, est évaluée de 80 à 1 10 livres, à une place de 70 à 100 livres.

Les lits « à la turque » ne diffèrent des lits à la polonaise que par leurs pieds qui se terminent au sommet par un enroulement en volute. Ils ont le plus souvent trois dossiers : celui du fond est plat, ceux de côté sont cintrés sur le plan (tout au moins jusqu'en 1775). Le pavillon, suspendu au plafond et adossé au mur, n'a que trois faces visibles. C'est un meuble coûteux dont le prix de revient, pour un modèle à deux places, n'est pas moindre de 100 à no livres, pour un modèle à une place, de 70 à 80 livres.

Les différences sont encore moindres dans les autres variétés de lits à la mode de 1775 à 1789. Le plus souvent c'est la disposition des draperies et des garnitures qui fait toute la distinction. On fait des lits « à la chinoise », avec baldaquin à clochettes et rideaux découpés en festons, des

lits « à la romaine », où les courbes du pavillon au lieu d'être cintrées en S forment un arc de cercle renversé, des lits à « l'italienne » à deux ou trois chevets, dont le baldaquin porté par deux courbes, partant des pieds adossés au mur, ne présente que trois faces visibles, des lits « à la Panurge », inspirés des décors de l'opéra de Grétry : Panurge dans l'île des lanternes, 1785, des lits « à la militaire », en forme de tente, des lits en forme de nacelle, en «chaire à prêcher », avec baldaquin imitant l'abat -voix d'une chaire, à «la grecque» ou « à l'antique », avec des motifs de sculpture appropriés. Nous ignorons ce que Roubo entend par un lit « dans le goût pittoresque ».

Quant au lit « à tombeau », c'est une espèce de lit dont le ciel tombe vers le pied en pente diagonale, soutenu du côté de la tête par deux colonnes plus hautes que celles du côté des pieds. Dans le lit à « double tombeau », le baldaquin a son point culminant au centre de la couchette, avec une pente vers la tête et une pente vers les pieds. Ni l'un ni l'autre de ces lits n'a son entrée dans les appartements de parade. C'est le lit des artisans, des petits bourgeois. Il meuble la loge du suisse dans les hôtels des grands seigneurs.

Nous ne parlons ni des lits « de camp », ni des lits « de veille », ni des lits « à l'anglaise » qui sont des lits pliants sans caractère. Cependant, on peut les garnir d'étoffes assez riches et les employer comme sophas (Bimont). Le prix d'un lit à l'anglaise, à une place, est de 40 livres, celui d'un lit à simple tombeau, de 10 à 14 livres, à double tombeau de 18 à 19 livres.

TABLES — BUREAUX — GUÉRIDONS — ÉCRANS

Avec ses besoins nouveaux de confort et d'intimité, le xvme siècle multiplie à plaisir les tables. On rencontre dans les appartements des tables à manger, des tables à jouer, des tables à écrire, des tables de toilette, des tables de nuit, des tables consoles, toutes composées d'un dessus et de plusieurs pieds, mais suffisamment variées de forme, de décoration, de matériaux pour satisfaire tous les goûts de la clientèle.

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