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PEINTURE AU VERNIS

Quand on recule devant les difficultés et les longueurs de ces deux procédés, on emploie les couleurs au vernis, plus coûteuses, mais plus expéditives. Après avoir encollé, apprêté de blanc et réparé le bois, comme pour la peinture à la détrempe, on pose une première couche de la teinte choisie, broyée et détrempée au vernis, soit à l'alcool, soit à l'huile. Cette première couche bien sèche et frottée à la toile rude, on en étend une seconde, mais avec moitié moins de couleur dans la même quantité de vernis. La dose de couleur diminue encore dans la troisième couche. La dernière est du vernis pur.

Voici le prix moyen auquel on estimait, en 1774, la peinture en couleur rechampie des meubles les plus usités :

Livres

Lit à la polonaise de deux places . . 18 à 30

Lit à la turque de deux places ... 20 à 30

Fauteuil 2I. 10 s. à 5

Chaise 2à 3

Duchesse 10 à 15

Ottomane ou canapé 15 à 18

Ecran 3 à 5

DORURE EN DETREMPE

Les apprêts pour la dorure en détrempe sont les mêmes que pour la peinture, mais il n'est pas inutile de les rappeler. Après avoir encollé, apprêté de blanc et réparé le bois, on le

PEINTURE, DORURE ET LAQUE

dégraisse pour lui rendre sa première propreté à l'aide de linges mouillés, de brosses douces et de petites éponges. Dès qu'il est sec, on le prêle légèrement, c'est-à-dire qu'on le frotte avec un paquet de branches de prêle en ayant soin de ne pas user le blanc. L'ouvrage apprêté, adouci, réparé, dégraissé et prêlé, on le jaunit à l'aide d'une teinture d'ocre jaune, délayé à la colle de peau, qu'on applique très chaude et qu'on prêle légèrement quand elle est sèche. Puis on pose trois couches « d'assiette ».

L'assiette est une composition qui sert à « asseoir » l'or. Les doreurs la composent de bol d'Arménie, d'un peu de sanguine, d'un soupçon de mine de plomb et de quelques gouttes d'huile d'olive. Ils la détrempent dans une colle de peau légère et un peu chauffée, et retendent avec une petite brosse de soie de porc, à poils doux.

Les trois couches d'assiette sèches, on frotte avec une toile neuve et sèche les surfaces unies où l'or doit rester mat, et l'on donne deux autres couches d'assiette aux parties que l'on doit brunir. On applique ensuite les feuilles d'or, en mouillant, à l'eau fraîche, la partie sur laquelle on opère, et en faisant passer sous chaque feuille posée une goutte d'eau qui l'étend et la fait adhérer, en évitant qu'il n'en passe au-dessus, ce qui tacherait l'or. Il ne reste plus qu'à polir et lisser avec un caillou uni, dit pierre à brunir, les parties qui doivent être brunies et à passer une couche légère et claire de colle sur les parties destinées à rester mattes. Si l'on découvre des endroits oubliés ou détériorés, on corrige ces petits défauts en remettant des parcelles d'or. On donne à l'ouvrage tout son feu et tout son éclat

en le couchant de « vermeil », mélange de sang-de-dragon, de rocou, de gomme-gutte, de safran et de cendre gravelée (lie de vin calcinée), dans de l'eau gommée.

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