DORURE A L'HUILE
Les premières opérations pour la dorure à l'huile sont les mêmes que pour la peinture, sauf que la première impression de blanc se fait par parties égales de blanc de céruse et d'ocre jaune. Les couches de teinte dure données, et l'ouvrage bien sec, on le ponce à l'eau et à la pierre ponce en poudre, puis on lui donne quatre à cinq couches de vernis à la laque. Lorsqu'elles sont sèches, on polit à la prêle, puis à la potée et au tripoli, jusqu'à ce que le vernis soit uni comme une glace, et on donne une couche d' « or couleur ». C'est une mixtion grasse et gluante, faite avec les restes de couleur qui se déposent dans les pinceliers où les peintres nettoient leurs pinceaux, et qu'on expose au soleil pendant l'espace d'une année. Dès que cette couche d'or couleur donnée au meuble est suffisamment sèche et prête à «happer» l'or, on pose les feuilles les unes à côté des autres, en appuyant l'or dans les fonds et les détails de sculpture avec du coton. L'ouvrage sec est épousseté avec un blaireau très doux, on le vernit avec un vernis à l'alcool, spécial à l'or : gomme-laque, gomme-gutte, sang-de-dragon, rocou et safran, pour lui donner du feu et de l'éclat, puis avec un vernis gras blanc au copal, dont on donne deux ou trois couches. On polit avec une serge et on lustre avec la paume de la main, frottée d'huile d'olive.
Au moment de la mode des ornements à l'antique,
la dorure se fait « à la grecque », sans qu'il faille pour cela faire remonter l'honneur du procédé aux contemporains de Périclès. C'est une dorure à l'huile. L'ouvrage encollé reçoit deux ou trois couches de teinte dure à la colle, composée pour un tiers de blanc d'Espagne et pour deux tiers de blanc de céruse, de talc et de sanguine calcinés. On dégorge le bois, on le répare, on l'adoucit, puis on couche l'assiette sur les endroits qu'on veut brunir, on applique l'or et on brunit. Ceci fait, on donne trois ou quatre couches de vernis à la gomme-laque sur les parties qu'on veut tenir mates, on les polit à la prêle, on couche l'or couleur et on applique l'or comme nous l'avons dit plus haut. On pose un vernis à or à l'alcool et on donne deux ou trois couches de vernis gras. Cette dorure ne s'écaille pas et peut être lavée.
Le prix moyen de tous ces ouvrages est relativement élevé. En 1774, les tapissiers comptent :
Livres
Fauteuil 21 à 30
Chaise 18 à 24
Lit à la polonaise de deux places . 120 à 300
Lit à la turque de deux places . . 140 à 300
Duchesse 60 à 80
Ottomane ou canapé 60 à 90
Écran . 10