CANNAGE
Ce n'est cependant pas à l'art du tapissier que revient la plupart du temps, le garnissage des sièges d'usage, mais à celui des « canneurs ». Les sièges garnis de canne (chaises, fauteuils, banquettes, canapés), sont encore en 1723, un article d'importation. Savary, dans son Dictionnaire du commerce, écrit au mot Canne : « Rotin... dont on fait, en les fendant par morceaux, ces meubles de canne, dont on fait un si grand usage et un si grand commerce en Angleterre et en Hollande, et qui commence à passer en France. » La grande mode du cannage ne remonte donc pas avant 1735, ou 1740, utile constatation qui oblige à rajeunir d'une vingtaine d'années des sièges cannés, manifestement construits pour ce genre de garniture et qu'on s'obstine à donner au règne de Louis XIV.
Le cannage se fait avec des brins de rotin, refendus à omoo3 de largeur pour les brins principaux, à omoo2i
GARNITURES DE SIÈGES ET DE LITS
pour les plus étroits. Les trous destinés à recevoir la canne sont disposés soit sur le siège lui-même, soit sur un châssis. Ils sont percés à omoi05 d'intervalle l'un de l'autre. On!eur donne environ omoo4 de diamètre et on les tient à omoo8 au moins du bord de la pièce. Ils ne sont pas percés perpendiculairement, mais dirigés les uns en dedans, les autres en dehors pour moins couper le fil du bois. Quant aux dossiers, on pratique des rainures dans lesquelles passent les brins de rotin qu'on recouvre ensuite par des morceaux de bois collés.
La contexture du cannage se réduit à une triple opération : « l'ourdissage », qui consiste à tendre dans le sens de la hauteur une série de filets doubles; le « montage » où l'on dispose dans le sens de la largeur une seconde série de filets doubles en les faisant passer alternativement endessus et en-dessous des premiers ; la « garniture », qui consiste à placer des filets de canne d'un tiers plus larges que les autres dans une direction diagonale.