CUIR
Nous ne serions pas complet si nous ne mentionnions les garnitures de cuir très en honneur pour les fauteuils de toilette, où la poudre gâterait tout revêtement d'étoffe. On en fait aussi des carreaux ou coussins pour les lits de repos. On en garnit les dessus de tables à écrire, les tablettes mobiles, les abattants des secrétaires, les serre-papiers.
Le maroquin vert ou rouge (chèvre du Levant) est la seule peau employée pour les sièges et les coussins. Pour les tables à écrire, on use également du maroquin noir, et on le remplace dans les meubles à bon marché par la basane (peau de mouton) ou la peau de veau.
VALEUR DES MEUBLES
Comme les objets d'art, les objets d'ameublement ont une valeur très variable et qui peut subir pour deux pièces de la même catégorie un écart non pas du simple au double, mais au triple, au quintuple, au décuple. Il est donc impossible de dire à l'avance aux acheteurs : une chaise Louis XV cannée vaut telle somme, un fauteuil Louis XVI, recouvert de tapisserie de Beauvais, n'est pas cher à tel prix. Le pourrait-on que l'estimation, exacte une saison, cesserait de l'être six mois plus tard, tant les fluctuations dans le monde de la curiosité et du bibelot sont soudaines et imprévues. Il suffit pour s'en rendre compte de voir quels écarts surprenants séparent parfois, dans les ventes à l'encan les appréciations des experts et les prix d'adjudication.
Tout ce que l'on peut donc faire connaître pour guider l'acheteur se réduit à quelques conditions de forme, de conservation, de rareté, qui peuvent influer, et influent en réalité, sur le prix des meubles. Il apprendra ensuite — par l'expérience personnelle, que rien ne peut remplacer — en marchandant, en achetant, en vendant ou en regardant vendre, à appliquer du premier coup d'œil un prix approximatif, sur un objet, tout au moins quand il ne sort pas de la catégorie courante. Pour les pièces exceptionnelles, les rariora de la curiosité, qui atteignent, dans les ventes, de
sensationnelles enchères, seul les grands experts peuvent risquer une appréciation. Encore ne correspond-elle pas toujours à la réalité.