ETAT DE CONSERVATION
Avant tout, n'achetez que des meubles en très bon état. Le meilleur marché, quand il s'agit d'un bois vermoulu, d'un bâti disloqué, d'un assemblage incomplet, est encore trop cher. Même ancien, le meuble est un objet d'usage. Un siège Louis XVI est fait pour s'asseoir, tout aussi bien que le plus vulgaire fauteuil de la Troisième République. Si vous êtes obligé d'y faire des réparations vous ne pouvez jamais prévoir à l'avance comment elles seront exécutées, ni à quel prix le travail du praticien vous reviendra.
Il n'en est pas de même du meuble que l'on achète tout réparé. On peut se rendre compte de son état et l'on n'achète pas chat en poche. Mais il y a réparation et réparation. Il y en a de vénielles, telles qu'un éclat remplacé dans le placage d'une commode, une feuille ou un ruban refait dans un motif sculpté ; il y en a de graves, telles qu'un pied remplacé à un siège, un dossier refait, un panneau de marqueterie reconstitué. C'est affaire d'appréciation, et surtout d'observation, car souvent le vendeur n'avertit pas son client des réparations d'un meuble, ou s'il lui en fait remarquer quelques-unes, il dévoile les inoffensives pour ne pas avoir à répondre sur les autres.
On comprend donc qu'un bois, en parfait état de conservation, n'ayant subi aucune réparation, est une
VALEUR DES MEUBLES
denrée rare et précieuse. Mais il y a tout intérêt pour l'acheteur à s'adresser au-dessus du panier plutôt qu'aux pêches à quinze sous. La belle marchandise, bien pure, ne perd jamais de sa valeur. Elle gagne, au contraire, avec le temps et avec la hausse croissante et interrompue des cours.