IMPORTANCE DU REÇU
La première difficulté consiste à prouver que le meuble contesté est bien celui que le marchand vous a vendu, et vous ne pouvez l'établir que par témoin ou par reçu en règle. Or, s'il est à peu près impossible, sur la description la plus minutieuse d'un catalogue de vente, de bien se représenter un meuble, à plus forte raison les termes très généraux d'une facture « commode en bois de rapport de l'époque Louis XVI, petit bureau de dame plaqué de bois de rose, fauteuil Louis XV, en bois doré, avec sa garniture de tapisserie », ne constituent pas des signalements permettant d'identifier ces objets d'art. Mais même si le vendeur ne conteste pas l'identité et ne vient pas vous dire : « Vous me présentez une commode Louis XVI, il ne s'ensuit pas qu'il s'agisse de ma commode Louis XVI », il faut établir que la vente a été faite avec garantie. Cette preuve ne peut également se fournir que par témoin et par reçu en règle. La première condition ne se rencontrant presque jamais, peut-on compter sur la seconde? Oui, si vous savez ne pas vous en tenir aux formules ambiguës affectionnées par les marchands qui se gardent bien de mettre sur leurs factures « sans garantie d'aucune sorte », mais qui savent trouver des termes suffisamment vagues pour ne pas les engager vis-à-vis de la loi, tout en n'effarouchant pas le client. Prenez donc garde aux qualificatifs, exigez des précisions et rappelez-vous que « style Louis XVI » équivaut à dire « copie moderne », que « Louis XVI » tout court, prête au doute, et que seulement « époque Louis XVI » implique l'authenticité de date.