‹ Les microbes de la boucheChapitre 34 sur 85 · ANGINES ET PAROTIDITES INFECTIEUSES · texte numérisé non relu

ANGINES ET PAROTIDITES INFECTIEUSES

des affections de l'amygdale qui sont moins graves que les précédentes. Ce sont de petits abcès superficiels, chroniques, situés au-dessous de la muqueuse et faisant une saillie un peu aplatie ; ils siègent au niveau de l'amygdale ou de l'un des piliers antérieurs du voile du palais, c Lorsqu'ils sont anciens, ils présentent à travers la couche de la muqueuse une teinte jaunâtre; incisés, ils laissent échapper un liquide jaunâtre épais, dans lequel on trouve très peu ou pas du tout de glo-

I t il

Fjg. 86. — Streptococcus des abcès chroniques de l*ainygdale (Gornil).

bules de pus et en revanche une quantité colossale de bactéries allongées, mobiles, saprogènes, et de chaînettes de streptococci. La culture de ces derniers sur la gélose et la gélatine peptone donne des colonies qui ne dissolvent pas cette dernière et qui poussent lentement. Ce streptocoque est formé d'articulés volumineux, inégaux, de 1 jj^ de diamètre environ; certaines cellules sont plus petites, ovoïdes, terminées parfois en pointe; d'autres fois les cellules sont aplaties l'une contre l'autre comme deux disques et disposées deux par deux. 11 n'est pas pathogène pour le cobaye et le lapin (1). > Si l'on ne connaît pas encore le microbe de la plupart de ces

(1) Cornii et Babes, Le$ bactéries, 3« édil., t. l®*, p. 144.

angines infectieuses, il faut agir comme si on les connaissait. Jamais l'antisepsie de la bouche n'est commandée d'une façon plus impérieuse.

Mais ce n'est pas tout. D'après M. Bouchard, « les amygdales se contaminent plus souvent par Tintérieur que par la cavité buccale ; c'est moins la pénétration des microbes par les cryptes que leur arrivée par le sang qui met les amygdales aux prises avec les agents infectieux. Les amygdales prennent part au phagocytisme; retenant et détruisant des microbes, elles en souffrent de temps en temps. Si l'antisepsie peut quelque chose contre les amygdalites, c'est surtout l'antisepsie générale. L'antisepsie intestinale a permis à M. Ruault d'empêcher la suppuration d'une amygdalite intense qui, selon toute apparence, devait être inévitable. Mais c'est encore au sulfate de quinine qu'on s'adresse de préférence en pareil cas.

€ L'existence de grosses amygdales chroniquement enflammées est donc un indice de microbisme latent; dans ces foyers d'infection se font des réveils fréquents d'une inflammation mal éteinte; il est prudent de les détruire par l'ignipuncture. On pourrait éviter ainsi les déterminations secondaires infectieuses qui peuvent se faire à distance, comme la néphrile infectieuse, qui guérit souvent en peu de jours, mais qui peut récidiver au bout de quelque temps, sans que pour cela l'amygdalite récidive, et qui peut devenir chronique (1). >

€ La parotidite suppurée qui quelquefois survient et emporte le malade, dans la fièvre typhoïde et dans les pyrexies graves qui amènent la sécheresse de la bouche, est une maladie infectieuse causée par des microbes venus de la cavité buccale et qui remontent le canal de Sténon. En nettoyant soigneuse-

(1) Bouchard, Thérap. des malad, infectieuses, p. 256.

Page 1