ANGINES ET PAROTIDITES INFECTIEUSES
ment la bouche des typhiques et en rhumectant avec de la glycérine additionnée de substances antiseptiques^ on pourrait éviter cette grave complication. »
D'une manière générale, « l'antisepsie de la bouche doit être faite plus soigneusement encore dans le cours des maladies fébriles chez Fhomme malade que chez l'homme sain, en vue de le préserver de maladies secondaires qui peuvent être rapidement mortelles (1). »
Angine de Ludvdg ou angine sous-maxillaire infectieuse.
Dans un excellent travail publié dans le Progrès médical en 1886, M. Tissier (2) donnait de l'affection décrite la même année par Ludwig la définition complète : « Sous le nom d'angine dite de Ludwig, ou mieux angine infectieuse sousmaxillaire, nous entendons un processus infectieux, septique, forcément et toujours identique à lui-même, quant à son germe pathogène, secondaire à une lésion primitive vulgaire de la cavité buccale, porte d'entrée de l'agent morbifique, caractérisée par une induration à tendance gangreneuse, à marche envahissante, de la région sus-hyoïdienne, par une évolution clinique propre et accompagnée de symptômes généraux graves. »
Celte affection a été étudiée récemment au point de vue microbiologique par MM. Chantemesse et Widal (3). La maladie évolue avec de la lièvre, la température montant entre 38%5 et 39 degrés sans grandes oscillations ; elle commence par un malaise général, une céphalalgie gravative, une douleur maxillaire à la déglutition.
(1) Bouchard, Thérap. des malad. infectieuses, p. 255.
(2) Paul Tissier, Progrès médical, 1886, p. 5U.
(3) Chantemesse et Widal, Mémoire inédit, que nous remercions les auteurs d'avoir bien voulu nous communiquer.
Après un ou deux jours, apparaît une tuméfaction indolore dans la région de la glande sous-maxillaire. Bientôt la peau s'immobilise, la tuméfaction sous*maxillaire devient considérable. La peau reste normale, ni rouge ni veinulée. Dans toute la région sous-maxillaire et sus-hyoïdienne le tissu cellulaire s'indure, fait corps avec le maxillaire inférieur, forme \ine véritable cuirasse pour toute la région. La langue, tuméfiée, est repoussée par le soulèvement du plancher buccal. La tuméfaction gagne ensuite le tissu cellulaire du pharynx et 'celui qui est à l'origine du larynx.
La peau est toujours indemne, mais dure comme de la pierre; le faciès devient terreux, l'alimentation est impossible, l'haleine fétide et le malade est en proie à la dysphagie et à la dyspnée.
Des symptômes d'ordre infectieux apparaissent alors, tels que l'albuminurie, des douleurs dans les grandes articulations, de véritables polyarthrites subaiguës.
La guérison est malheureusement trop rare et la mort survient 5oit par le fait de l'intoxication générale, avec phénomènes ataxo-adynamiques et plaques de gangrène très fréquentes, apparaissant sur le plancher de la bouche ou à la surface de la peau ; soit par symptômes laryngiens et asphyxie mécanique; soit enfin par infections secondaires et pyohémie.
Ânatomiquement, on trouve au niveau de la lésion un tissu cellulaire résistant à la coupe , rouge jaunâtre , et laissant suinter un liquide séreux plus ou moins abondant. On ne trouve pas de foyer de suppuration. Les ganglions lymphatiques sont parfois à peine altérés, quelquefois un peu tuméfiés, rougeâtres à la coupe. La glande sous-maxillaire est très souvent grisâtre , saine ; elle est parfois -bleuâtre , et laisse suinter un liquide ichoreux et fétide.