‹ Les microbes de la boucheChapitre 36 sur 85 · ANGINE DE LUDWIG OU ANGINE SÔUS-MAXILLAIRE. 1Î · texte numérisé non relu

ANGINE DE LUDWIG OU ANGINE SÔUS-MAXILLAIRE. 1Î

Le tissu cellulaire esl parfois ramolli, grisâlre, sanïeux, lorsque la gangrène a fait son apparition.

Le plancher buccal violacé, soulevé, œdéraatié, est souvent recouvert d'ulcérations superficielles.

Les amygdales sont parfois volumineuses et également exulcérées. Le larynx peut être tuméfié, rouge, ulcéré, au niveau de son orifice. La muqueuse est épaissie et turgide, et les replis aryténo-épiglolliques, augmentés de volume, sont infiltrés d'une sérosité louche.

L'angine de Ludwig, dont nous avons retracé le caractère infectieux, est une maladie contagieuse. Niée par quelques auteurs, la contagion a été soutenue par Roser en 1883, elle est encore prouvée par deux observations de Tissier : il s'agit de deux employés des postes ambulants, voyageant ensemble, exposés à de perpétuels courants d'air dans les trains en marche, présentant à qqelques semaines d'intervalle les mêmes symptômes morbides locaux et généraux.

Dans beaucoup d'observations sont signalées des lésions de la cavité bucco-pharyngée comme portes d'entrée de la maladie. Une ulcération herpétique des lèvres, une fissure, souvent minime des commissures, une plaque aphteuse exulcérée, souvent une dent cariée^ d'autres fois une folliculite amygdalienne légère.

Dans rhîstoire de cette maladie, tout semble donc démontrer son origine microbienne. Les symptômes infectieux qui l'accompagnent, son évolution, son caractère contagieux, sa spécificité, la porte d'entrée de la muqueuse buccale, qui lui ouvrent la voie, sont autant d'arguments en faveur de son origine parasitaire.

Les recherches microbiologiques, en raison de leur difficulté dans cette région communiquant souvent par une large

ulcération avec la cavité buccale, n'avaient pas jusqu'à présent donné grands résultats.

Kœnig (1) croit que les agents pathogènes sont les microbes de rinflammation vulgaire.

Tissier a, dans un cas, recherché à Taulopsie les microbes dans la sanie d'infiltration. L'examen lui révéla de nombreux micro-organismes ; mais leur étude était peu instructive par suite de l'ouverture buccale du foyer qui avait permis l'introduction et le développement des microbes étrangers.

MM. Chantemesse et Widal, se plaçant dans des conditions irréprochables d'observation et d'expérience, ont pu tout récemment, chez un malade suivi avec M. Albert Robin, isoler dans le tissu cellulaire infiltré un microbe ayant tous les caractères de celui de l'érysipèle.

Il s'agissait d'un cas type d'angine de Ludwig, dont nous ne retracerons pas l'histoire. MM. Chantemesse et Widal ont procédé de la façon suivante :

Quelques heures après la mort, après avoir antiseptisé la peau de la région jBus-hyoïdienne, ils ont, avec des pipettes stérilisées, retiré un liquide clair, citrin, des parties œdématiées. Ce liquide a d'abord été étalé directement sur lamelles et examiné au microscope; il a été ensuite ensemencé dans le bouillon, la gélatine peptone, la gélose et le produit des cultures a été enfin inoculé aux animaux (cobayes, lapins).

Parmi les lamelles colorées et examinées directement, les unes contenaient seulement des microbes en chaînette, les autres présentaient quelques bâtonnets mélangés à ces streptocoques.

Quelques-uns des tubes de bouillon ensemencés étaient déjà

(1) Kœnig, Deutsche Chirurgie von Biliroth und Lûcke, Lief.; 36, Die Entzundlichen Processe am HalSf iSd/i, ■ i

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