MICROBES DE LA CARIE DENTAIRE
surtout les maxillaires supérieurs et inférieurs. Nous avons vu qu'une carie dentaire était parfois la porte d'entrée du parasite. Jeandin attribue aux actinomycètes une large part dans la pathogénie des caries et des périostites des maxillaires (4). On entretiendra donc la bouche dans un état de propreté minutieux; on surveillera les moindres affections des dents et des muqueuses.
Microbes de la carie dentaire.
Il est démontré aujourd'hui que la carie dentaire est d'origine parasitaire, mais nous sommes déjà loin du temps
FiG. 91. — B, leptothrix de la carie des dents avec ses différentes formes de cocci, bacilles et Ûlaments (Gornil et Babes).
OÙ Leber et Rottensteia attribuaient au Leptothrix buccalis le rôle pathogénique exclusif dans cette affection. Le leptothrix ne se développe que secondairement dans une dent déjà cariée. € D'après Cornil et Babes, Leber et Rottenstein croyaient que les cellules du leptothrix pénétraient dans les canalicules dentaires, les dilataient, et qu*avec eux les acides entrant dans la deutine ramollissaient et détruisaient cette substance. Miller pense au contraire que l'action des acides commence par ramollir en un point superficiel la dentine dépouillée préalablement de la couche de l'émail, et que les bactéries pénètrent
(1) Jeandin (J.), Étude sur Vactinomycète de rkomme et des animaux y Genève et Lyon, i886.
ensuite. Weil supposait que les bactéries peuvent entrer à travers la couche de Témail. Miller a prouvé au contraire que les micro-organismes ne passent jamais dans les dents saines, si ce n'est après la dissolution par les acides de la couche calcaire qui les recouvre.
« Underwood et Miles (1) ont constaté que les bactéries pénètrent dans le tissu carié. Klebs a décrit leLeptolhrixpusilla, qui formerait, d'après lui, le tartre dentaire qui se dépose sur les dents. Mais cette interprétation n'est pas exacte, car le leplothrix ne se développe pas dans le même endroit que le tartre. Les concrétions calcaires se forment aux points d'ouverture des glandes salivaires sur la muqueuse, tandis que la plus grande masse de leptothrix se trouve du côté labial des incisives.
« Au début, les dents commencent par se décalcifier sous l'influence des acides qui se forment dans la bouche par les fermentations. La partie décalcifiée est ensuite envahie par les bactéries. On peut expérimentalement rendre la salive acide en la mélangeant pendant quatre heures à la température de 20 degrés avec du sucre et de l'amidon. Si au contraire on chauffe le mélange à 100 degrés ou si Ton y ajoute de l'acide phénique, il ne se produit pas d'acidité (2). >
Parmi les travaux déjà nombreux publiés sur celle question, ceux de Miller (3) et ceux plus récents de Galippe et de Vignal (4) sont de beaucoup les plus importants et méritent d'être rapportés en détail.
(1) Underwood et Miles, Trans. du Cong. inier, des sciences méd., Londres, 1881,1. 111, p. 523.
(2) Cornil et Babes, Les bactéries, 2« édil., p. 638.
(3) Miller, Deutsche med. Woch.. 1884, n^ 36 (Beilage).
(4) Galippe et Vignal, Note sur les micro-morganises de la carie dentaire {Journal des connaissances médicales, 1889, p. 90;.
Ces auteurs se sont servis d'une méthode et d'une technique qui semblent les avoir mis à l'abri de toute erreur.
Il suffit, disent Galippe et Vignal, d'examiner à un fort grossissement des coupes de dents cariées colorées convenablement, pour voir des micro-organismes nombreux non seulement dans la cavité de la dent, mais encore dans les canalicules delà dentine. Ces microbes remplissent les canalicules dont les parois sont détruites, ils deviennent d'autant plus rares que l'on s'éloigne davantage de la cavité initiale, de sorte que Ton peut suivre facilement leur progression. Galippe et Vignal se sont débarrassés par leurs études des micro-organismes contenus dans la cavité de la dent cariée. Ces parasites peuvent ne pas êlre pathogènes pour la dent, ils peuvent même être étrangers à la bouche et apportés par les aliments, les boissons, etc..
Les deux expérimentateurs ont employé la méthode suivante : « Après avoir nettoyé avec soin la surface de la dent, on débarrasse la cavité produite par la carie des substances étrangères qu'elle renferme, ainsi que de l'ivoire altéré par le travail pathologique, et après l'avoir trempée dans l'alcool, la dent est flambée. Ceci fait, la dent placée dans du papier stérilisé est brisée dans un étau et les fragments de dentine sont ensemencés dans divers milieux. >
En opérant de la sorte, Galippe et Vignal ont pu isoler sur dix-huit dents qui ont servi à leurs recherches six espèces de micro-organismes. Quatre de ces espèces ont été constamment retrouvées par eux, la cinquième a été retrouvée huit fois et la sixième cinq fois seulement. Les caractères de ces microbes n'ont encore été décrits par Galippe et Vignal que d'une façon
succîncle ; ces auteurs nous promettent de revenir avec détail sur leur étude dans un prochain mémoire.
1** La première espèce constamment rencontrée est un petit bacille court et épais, presque aussi long que large, et mesurant en moyenne 1^5 de longueur. Cultivé en piqûre dans la gélatine, il forme assez rapidement une traînée blanche, puis au bout de trois ou quatre jours il commence à la liquéfier en la rendant d'un blanc opaque. Sur les plaques de gélatine, il forme de petites colonies blanches légèrement en relief, qui, après avoir atteint 2 ou 3 millimètres de diamètre, s'étendent en la liquéDanl. Il coagule le lait en formant de Tacide lactique.
2* La seconde espèce est un bacille ayant 3 [x de long, légèrement étranglé en son milieu. La culture ne diflTère de celle du précédent que par l'extension plus considérable des colonies sur la gélatine avant la liquéfaction. 11 forme également de Yacide lactique avec le lait.
3° La troisième espèce est un bacille ressemblant beaucoup au précédent, mais ne présentant pas d'étranglement. Il s'unit en chaînettes, surtout dans les milieux liquides ; ses extrémités sont coupées carrément. 11 ne liquéfie pas la gélatine. C'est un aérobie facultatif qui détermine la formation de bulles de gaz en cultivant dans la gélatine. — Il ne coagule pas le lait, qu'il transforme en un liquide jaune brun, et rend la caséine incoagulable par les acides.
4** La quatrième espèce est un bacille très court et très mince, presque aussi long que large; aussi, à première vue, pourrait-on le prendre pour un coccus. Il liquéfie la gélatine et sa culture prend une teinte jaunâtre. Il transforme la caséine du lait, qui répand bientôt une odeur désagréable et produit la dissolution de la fibrine.
5° Le micro-organisme rencontré huit fois senlemcnl par MM. Galippe et Vignal est un bacille de 4 à 5 [x de longueur, arrondi à ses extrémités. Il liquéfie la gélatine en la troublant, après avoir l'ormé une traînée blanchâtre à sa surface. Le lait est transformé par lui en un liquide brun qui, avec le temps, devient presque noir et répand une odeur nauséeuse.
6** Le micro-organisme isolé cinq fois seulement est uncoccus volumineux. Il n'a été rencontré que dans les dents dont la carie était très avancée. Il ne liquéfie pas la gélatine, mais forme à sa surface des traînées blanchâtres. Il coagule le lait en formant de l'acide lactique dont la proportion peut devenir considérable, si Ton prend la précaution de neutraliser cet acide au fur et à mesure de sa production.
Dans la pulpe enflammée, non en communication avec la dent cariée, Galippe et Vignal ont rencontré trois autres espèces. Ces parasites n'ont jamais été trouvés dans la dentine. Cette particularité peut s'expliquer de diverses manières : c Lorsque nous ensemencions des fragments de dents contenant la pulpe infectée, cette région était séparée de la cavité de la carie par une mince couche dentinaire, et il se peut que, par le flambage, les micro-organismes qui se rencontrent dans la pulpe trouvent seulement dans ce milieu des conditions propres î\ leur développement et que, dans leur trajet à travers la dentine, ils soient en quelque sorte annihilés dans le conflit vital qu'ils soutiennent contre les autres micro-organismes, beaucoup plus nombreux, et qu'ils aient ainsi échappé à notre travail d'isolement ultérieur. >
Le premier des micro-organismes ainsi trouvés a été le Baclerium termOy dont nous avons déjà donné la description.
Le second est celui décrit par Vignal dans son premier
mémoire, sous la lettre G. Il agit également sur les matières proléiques, intervertit le sucre et forme de l'acide lactique.
Le troisième est le Staphylococcus pyogenes auretis trouvé dans une dent très malade. Celte constatation nous explique la genèse des suppurations qui peuvent se former autour d'une dent cariée.
Nous venons de voir que, parmi les organismes isolés par Galippe et Vignal, les uns formeraient de l'acide lactique, les autres détruiraient la matière proléique. Les premiers dissolvent la matière minérale de la dent, les seconds font disparaître la matière organique, et cette œuvre de destruction est aidée par l'action des microbes saprogènes qui pullulent dans la cavité buccale.
Ces recherches confirment le fait mis en lumière par Galippe, que les dents résistaient d'autant mieux h l'action des microorganismes développant la carie qu'elles étaient plus riches en matières minérales.
Ces recherches permettent aussi de dii*e, avec M. le professeur Bouchard : « La carie dentaire ne reconnaît pas pour cause un microbe unique, elle est le résultat d'agents infectieux multiples ; les fermentations incessantes qui s'opèrent dans la bouche aux dépens des débris alimentaires donnent naissance à des acides, tels que l'acide acétique, l'acide butyrique, qui décalcifient les couches superficielles de la dent et mettent à nu la dentine; les canalicules de la dentine se trouvent alors ouverts à des agents microbiens spéciaux qui s'y insinuent et achèvent la dissociation de la gangue calcaire; le squelette organique de la dent reste seul, la partie minérale ayant été soustraite par la carie chimique (1). »
(1) ThérapetUique des maladies infectieuses, Paris, 1889, p. 254.
Miller a décrit cinq espèces de bactéries dans les dénis cariées et les a désignées par les lettres a, 6, y, b, 1. 11 a isolé dans la cavité buccale vingt-cinq espèces différenles de microbes : douze cocci et treize bâtonnets.
Le microbe a se présente souvent sous forme de chaînettes,
fe
"oo
Kic. 92. — Le microbe cultivé a qui est, d*après Miller, la cause de la fermontation de Tacide lactique, et aussi, d'après lui, l'agent le plus essentiel de la carie dentaire.
a, différentes formes de ce microbe ; microbes ronds et en chaînettes ; b, formes d'involution ; c, apparence de la culture sur la gélatine.
parfois il apparaît comme diplocoque ou même comme un simple monocoque. — C'est, des cinq bacléries de Miller, la plus facile à isoler. Elle se développe très rapidement sur la gélatine et la transforme en une sorte de bouillie semi-liquide et transparente.
Les colonies ont sur les plaques de gélatine l'aspect de petits boutons. Pour Miller, c'est ce microbe qui, en formant Tacide lactique aux dépens du sucre, déterminerait l'acidité de la bouche.
Le microbe p est polymorphe, il affecte la forme de filamenls, (le bàlonnels et même de cocci. Il se développe très lenle-
Fie. 93. — Bactérie p. Fie. 91. —Section des canaux de lu
dentine dans la carie dentaire.
Fi G. 9i. — a. carie artificielle ; b, carie spontanée.
ment et ses cultures sur gélaline sont très difficiles. Pour
FiG. 95. — Bactérie ronde y qui liquéfie rapidement la gélatine.
FiG. 96. — Bactéries du microbe o qui liquéfie plus lentement la gélatine.
Miller, c'est le véritable agent pathogène de la carie dentaire, c'est lui qui pénètre les canalicules de la dentine.
Le microbe y est un coccus très petit, presque toujours isolé. 11 liquéfie si rapidement la gélatine que celle-ci est déjà
ramollie dans loule son étendue au bout de quatre ou six heures. Au bout de trente-six heures, la liquéfaction s*étend jusqu'au fond du tube. Celte liquéfaction rapide est caractéristique pour ce microbe. Nous avons vu les analogies qu'il avait avec le microbe E de Vignal.
Peut-être faudrait-il aussi le rapprocher du coccus que Rosenbach a représenté et qu'il a trouvé dans les dents cariées (fig.'97).
Le microbe 5 est aussi un coccus; sa culture sur gélatine se
FiG. 97. — Gocci d*une culture de la carie FiG. 98. — Bactérie e.
dentaire (d'après Rosenbach).
présente en forme de pointe à la partie inférieure du tube, et son développement est très lent. Il liquéfie la gélatine.
Le germe e est un bacille recourbé en virgule. Deux bacilles en contact par leurs extrémités donnent parfois la figure d'un S. Il se dispose parfois en filaments spirales comme le microbe du choléra. Il liquéfie la gélatine. Fliîgge le considère comme identique au bacille de Finkler et Prior.
Par quel processus les microbes décrits parviennent-ils à déterminer la carie dentaire? Pour Miller, il faut avant tout que les parasites pathogènes trouvent une porte d'entrée.
Un premier stade est constitué par une décalcification du tissu de la dent sous l'inQuence des fermentations que les acides font naître dans la bouche. — Il faut que la dentine soit dépouillée de sa couche d'émail, pour que les microbes puissent y pénétrer.
Dans un second stade, les bactéries envahissent les parties décalcifiées, pénètrent les canalicules et les détruisent. On peut considérer enfin un troisième stade dans lequel une quantité considérable des organismes de la putréfaction pénètrent la dent cariée, décomposent la pulpe dentaire et en font un liquide ichoreux répandant une odeur putride.
Avec les organismes décrits par lui, Miller a reproduit artificiellement la carie. Sur une coupe de dents, il a semé ses microbes et il a vu le ramollissement se produire si bien qu'il pouvait plier les dents ainsi traitées. En examinant les cana-
FiG. 99. — Espaces iaterglobulaires remplis de microbes (d'après Miller).
licules, il les vit remplis et dilatés par des micro-organismes. Au bout de quelques semaines, ces canalicules se perforaient, formant une caverne dont le résultat était la carie.
Dans un travail plus récent, Miller a décrit de nouveaux microbes de la carie et bien indiqué leur siège dans les canalicules des dents malades. Nous mentionnerons en particulier plusieurs figures de cet ouvrage qui répondent assez exactement aux descriptions que M. Galippe a faites de la disposition des microbes dans les tissus des dents cariées.
Dans la figure 60 de Miller, on voit les espaces interglobulaires de rivoire remplis par les microbes. Ces espaces sont très larges et les microbes peuvent les parcourir facilement. A
un fort grossissement, on constate que la pénétration des microbes dans les canaux est à peu près uniforme (fig. 99). Dans les racines abcédées, résorbées en partie, mais non
Fig. 100. — Microbes à la surfuce des canaux de l'ivoire (d'après Miller).
cariées, surtout dans les dents de lait, on observe souvent que les microbes ne pénètrent que superficiellement dans les cana-
Fic. 101. — Carie de l'ivoire avec cavernes remplies de microbes (d'après Miller).
Fie. 102. — Microbes dans les canalicules élargis de l'ivoire (d'après Miller).
licules ouverts (fig. 100). La plupart des microbes ne pénètrent pas d'un seul coup jusqu'à la dentition normale, comme Miller l'a montré en 1882 (1).
(1) Miller, Arch. f. experim. Path., 1882, vol. XVI, p. 291.
Les figures 63 el 64 de Miller représentent les lésions causées par les micro-organismes dans les tissus dentaires. Dans une parcelle de dentine cariée, on voit çà et là des cavernes creusées par les microbes et remplies de ces éléments. Ces petites cavernes ne possèdent pas toujours la forme qui leur est donnée dans la figure ; elles peuvent être en forme de triangle ou de fentes plus ou moins aiguës à leurs extrémités. Dans beaucoup de préparations, on voit les canalicules dentaires espacés régulièrement(ng. 101 et 102).
FiG. 104. — Canalicules dentaires inflltrés de C0CCU8.
FiG. 105. — Un canaliculo isolé de la flgure lOi.
La figure 81 présente un canalicule contenant des éléments en forme de biltonnels et entouré par des microcoques;
les canalicules élargis contiennent presque toujours des coccus (fig. 103).
Une figure très caractéristique est la figure 65 ; elle démontre clairement comment s'effectue la propagation infectieuse dans les canalicules; ces canalicules vont en s'élargissant, si bien qu'à leur superficie il n'y a plus qu'une masse de coccus séparés par les vestiges des canalicules détruits (fig. 104). La figure 66 présente un canalicule isolé, et vu à un fort grossissement (fig. 105).
La carie du cément s'accompagne également d'un élar-
iAj )
FiG. 106. — Élargissement des canaux du cément par les microbes.
gissement des canaux par suite de l'action du microbe. La figure 84 de Miller (fig. 106) nous montre la production de la carie du cément avec un grand développement des canaux cémentaires : a, superficie du cément recouverte par différentes bactéries; 6, zone de la denline; c, élargissement et confusion des canaux cémentaires; dy envahissement de
rivoîre par la carie. Les canaux sont infiltrés par les microbes; dans ces conditions, la substance devient par conséquent plus rare, et même disparaît complètement. M. Miller possède plusieurs préparations démontrant la carie cémentaire d'après ce processus; mais il n'a pu produire aucune réaction inflammatoire dans ses expériences.
Enfin Miller a encore décrit deux microbes dans les dents cariées : ce sont le Bacillus denlalis viridans et le Bacillus pulpœ pyogenes.
Le Bacillus dentalis viridans se rencontre dans les couches
FiG. 107. — BaciUus dentalis viridans, — Sur gélatine, au bout de huit jours
(d'après Miller).
superficielles de la dentine cariée. Il apparaît sous forme de petits bâtonnets à extrémités recourbées, seuls ou par paires ''fig. 109, a). Il se développe facilement dans les cultures à une température ordinaire. Les colonies apparaissent presque sans aucune couleur au microscope, ou bien avec une légère teinte jaunâtre. Ils sont absolument arrondis, à bords nets, et l'on peut apercevoir, lorsqu'ils ne se trouvent pas accolés, des anneaux concentriques. Le milieu est seul coloré, les cellules restent incolores.
Les cultures en strie sur agar-agar donnent une très mince
croissance à bords irréguliers, réfléchissant la lumière avec une couleur bleuâtre; celle-ci devient bleu vert lorsque la lumière tombe verticalement, et reste incolore sous le microscope.
La figure 107 montre une culture dans la gélatine, datant de huit jours.
Les injections sous-cutanées de cultures de ce microbe amenèrent souvent des inflammations locales avec suppuration, et dans un cas la mort par empoisonnement du sang; les bactéries furent principalement retrouvées dans le sang et dans les organes.
Des injections dans la cavité abdominale de souris blanches et de cobayes occasionnèrent 60 pour 100 de morts par une péritonite dans l'espace de vingt-deux heures à six jours. On ne rencontra dans le sang, à l'examen microscopique, aucune
FiG. 108. — Bacilltu pulpœ pyogenes. — Sur gélatine, au bout de huit jours (d'après Miller). — Grossissement de 1100 diamètres.
race de microbes, mais il en existait dans les cultures pures faites avec le sang du cœur.
Bacillus pulpœ pyogenes. — Ce microbe fut découvert dans une pulpe gangrenée.
Il apparaît sous la forme d'un bacille, souvent recourbé et pointu; quelquefois isolé, en paires ou en chaînettes de quatre à huit anneaux (fig. 108). Il croît assez rapidement dans les cultures sur plaque; les colonies sont grandes et de formes arrondies, brun foncé, à contour très marqué.
Les cultures en strie sur gélatine commencent à se liquéfier dans l'espace de dix-huit à vingt-quatre heures. Jusqu'à ce moment, elles apparaissent en lignes verdâtres, brillantes, et ayant 1 millimètre d'épaisseur, la superficie dépassant un peu le niveau de la gélatine.
Les cultures en strie sur agar-agar donnent une assez grande croissance, de couleur blanc bleuâtre; étincelante à la lumière tombant verticalement; grise à la lumière réfléchie; sous le microscope, de couleur grise (les vieilles colonies sont jaunâtres), cornée, de structure fibrillaire.
Des cultures de huit jours présentent l'aspect de la figure 108. Ces microbes liquéfient la gélatine à peu près avec la même vitesse au centre qu'à la circonférence du tube.
Des injections de 0"° %05, faites avec le bouillon de culture datant de vingt-quatre heures, dans la cavité abdominale des souris, amènent la mort dans l'espace de dix-huit à trente heures.
Microbes de rostéo-périostite alvéole-dentaire.
Cette affection fréquente, trop souvent méconnue des médecins, survient chez de nombreux malades atteints d'une affection générale, passagère ou permanente : grossesse, ménopause, diabète, syphilis, arthrilisme, goutte, rachitisme, affections chroniques du cœur, du foie, des reins, ataxie locomotrice, etc. C'est elle qui détermine chez ces sujets la chute mal nommée
OSTÉO-PÉRIOSTITE ALVÉOLO-DENTAIRE. 221
spontanée des dents. Lorsque de tels dialhésiques ne prennent aucun soin hygiénique de leur bouche, les gencives sont toutes préparées pour la germination des micro-organismes. Mais d'autres causes, sur lesquelles nous reviendrons, sont nécessaires pour déterminer la maladie.
Les travaux les plus récents sur la question tendent à faire admettre qu'il s'agit, en effet, d'une maladie parasitaire, localisée chez des diathésiques; débutant par une inflammation du rebord gingival qui se détache du collet de la dent, elle se continue par une suppuration intra-alvéolaire de longue durée et se termine par l'expulsion de l'organe malade.
Désignée sous le nom de pyorrhée inter-alvéolo-dentaire, par Toirac ; de gingivite expulsive, par Marchai (de Calvi) ; d'ostéo-périostite alvéolo-dentaire, par Magilot, elle fut étudiée, en 1884, comme maladie parasitaire, infectieuse, par MM. Malassez et Galippe. Depuis cette époque, M. Galippe a continué ses recherches, et a dénommé la maladie : gingivite arthro-dentaire infectieuse. Ce qualificatif nouveau indique, en effet, € que le processus inflammatoire détruit les fibres ligamenteuses unissant la dent au maxillaire (ce qui constitue cette sorte d'articulation particulière connue sous le nom de gomphose), et enfin que les altérations de ce travail pathologique atteignant le cément, peuvent pénétrer dans les canalicules de la denline et de là envahir toute la dent i».
M. Galippe s'appuie, pour affirmer la nature infectieuse et parasitaire de la maladie, sur l'examen des coupes colorées, sur la culture et l'isolement des parasites contenus dans les canalicules de la denline, enfin sur la contagion qui s'opère dans la bouche de dent à dent et aussi d'individu à individu.
Paul Le Gendre rapporte, dans son livre déjà cité, un fait en faveur de la contagiosité de la périostite alvéolo-dentaire.
Une femme galante, dont la bouche avait toujours été saine, vint à perdre ses dents après avoir pris un protecteur atteint lui-même de gingivite expulsive (1).
De son côté, Miller a fait aussi sur cette question quelques recherches que nous résumerons plus loin.
MICROBES DE GÂLIPPE
Galippe a isolé dans la gingivite arlhro-dentaire infectieuse deux microbes qu'il appelle dans une classiGcation provisoire Y et p.
Le microbe y est un diplocoque très fin qui, sur les cultures, prend la forme d'un bâtonnet. Il liquéfie la gélatine et se développe en clou après ensemencement dans la gélatine peptone. Il détermine une pyémie généralisée chez le cobaye inoculé sous la peau. Au bout d'une quinzaine de jours, Galippe a observé chez l'animal une série d'abcès siégeant au niveau des articulations des pattes antérieures et postérieures. Quelquesuns des abcès s'ouvrirent spontanément, les autres furent ouverts avec toutes les précautions antiseptiques désirables. Dans le pus recueilli et ensemencé, on retrouva le parasite y.
L'inoculation à un lapin a permis de constater les faits suivants : au bout de quinze jours, Tanimal, amaigri, avait présenté sur l'une des cuisses un abcès considérable ; dans le pus on isola le microbe y à l'état de pureté. Au bout d'un mois on sacrifia l'animal, et à l'autopsie on trouva un abcès du foie, des abcès multiples de la région inférieure de la cuisse et qui communiquaient avec le foyer d'une fracture du fémur. Des abcès siégeaient également au niveau des côtes, et plusieurs d'entre eux communiquaient avec des fractures de ces
(i) Le Gendre, Traité d'antisepsie médicale, p. 185.
OSTÉO-PÉRÏOSTITE ALVÉOLO-DENTAinE. 223
OS. Une des côles élait gooflée et ramollie comme dans certaines formes d'ostéite.
Malassez, après Texamen des pièces, conclut que Tostéile élait cause de la fracture des os et des abcès circonscrits.
Si l'action de ce microbe sur les os se confirmait expérimentalement, elle pourrait, d'après M. Galippe, faire admettre une prédilection de ce microbe pour le système osseux et expliquer les nécroses parfois considérables des maxillaires consécutives à certains cas de gingivite arthro-dentaire infectieuse. Ce n'est donc pas un simple trouble trophique qu'il faudrait incriminer, comme on l'a fuit, mais bien l'action de parasites s'étendant de la gencive à l'os.
La bactérie p, signalée encore par Galippe, se diflérencie de y par quelques caractères. Inoculée aux animaux, elle détermine également des suppurations. Après injection sous-cutanées, un cobaye est mort, au bout d'une vingtaine de jours, avec abcès dans le tissu cellulaire et abcès du foie qui avaient déterminé une péritonite secondaire. Dans le pus des abcès, on retrouva le microbe p dont on obtint des cultures.
Les essais d'inoculation directe faits par Galippe des parasites y et p dans les gencives des animaux sont restés sans succès. Il ne faudrait pas cependant conclure de ces résultats négatifs qu'ils infirment le rôle pathogène de ces parasites chez l'homme, car, c s'il est vrai que l'inoculation de certaines maladies infectieuses réussit à coup sûr, il en est d'autres, heureusement, qui exigent une sorte d'aptitude morbide qu'il ne nous appartient pas de créer ».
En tous cas, des faits rapportés par M. Galippe, il ressort que Atkinson(l), de New- York, a eu tort d'attribuer au Leptolhrix buccalis la propriété de décalcifier les tissus durs de la
(1) Dental Cosmos, juin 1888, p. 406.
dent; si Atkinson n'a vu que le Leptothrix buccalis^ c'est parce qu'il n'a pas fait usage des procédés de coloration aujourd'hui employés en bactériologie. Le leptothrix d'ailleurs n'a pas de pouvoir décalcifiant : Vignal n'a pas obtenu d'acide lactique en le cultivant dans le lait ou dans une solution de lactose.
L'examen de dents avulsées, fait sur des coupes après décalcification et coloration aux teintures d'aniline, a montré à M. Galippe que la surface du revêtement épithélial était recouverte de micro-organismes difTérents, au milieu desquels on apercevait par places des touffes de leptothrix. Des coupes comprenant la totalité de la racine lui ont montré également la dentine envahie par des microbes. Les parasites n'étaient pas seulement déposés en amas à la surface du cément, ils pénétraient encore plus profondément. Ils emplissaient les canalicules de la dentine qu'ils avaient pénétrés au niveau des brèches pratiquées dans les dents, « et l'on pouvait suivre les micro-organismes depuis la Jarge porte d'entrée qu'ils s'étaient faite jusque dans les ramuscules les plus ténus de la dentine. La pulpe avait été envahie et détruite ».
La gingivite arthro-dentaire infectieuse se développe surtout au niveau des dents qui, en vertu d'une anomalie de position, ne prennent pas part à la mastication.
Chez les chiens d'appartement, on observerait une affection analogue à la gingivite infectieuse. La cause de cette gingivite serait chez eux l'état de domesticité qui les force à user d'une alimentation différente de celle qu'ils devraient avoir. Pour la même raison, la même affection doit se rencontrer chez les animaux élevés dans les ménageries. De fait, M. Galippe a pu retrouver sur une grosse molaire d'éléphant tombée spontanément des lésions et des parasites semblables à ceux de la gingivite arthro-dentaire de l'homme.
OSTÉO-PÉRIOSTITE ALVÉOLO-DENTAIRE. tib
Nous ne mettons pas en doute les résultats des recherches microbiologiques de M. Galippe, mais nous différons complètement avec lui sur l'interprétation qu'il convient de leur donner.
L'existence des microbes dans tous les points de la bouche, dans tous les replis de la muqueuse, dans les interstices dentaires, dans toutes les pertes de substance des dents ou des gencives, est indéniable. Mais tous les sujets qui ont des pertes de Substance des gencives ne sont pas atteints d'ostéopériostite.alvéolo-dentaire, non plus que tous les diathésiques dont il a été question au début de cet article. Tous les microbes non plus n'ont pas le même pouvoir pathogène; donc, alors même que les microbes et la diathèse se trouvent réunis, il faut encore un ou plusieurs autres éléments pour que Tostéopérioslite alvéolo-dentaire prenne naissance et suive les différentes périodes de son évolution.
L'élément nécessaire est-il dû à la spécificité des microbes trouvés par M. Galippe dans les cas qu'il a examinés? Nous ne le croyons pas. En effet, lorsque M. Galippe a inoculé chez les animaux les cultures de ces microbes, il a obtenu des abcès multiples, une pyohémie généralisée, avec prédilection des abcès pour le voisinage des os : cela prouve que le microbe est infectieux, mais cela ne prouve pas qu'il agisse sur les ligaments arthro-dentaires, ni que l'affection produite par celte inoculation ait aucune analogie avec l'ostéo-périostite alvéolodentaire.
Entffet, jamais M. Galippe n'a observé d'accidents du côté des miaxillaires, d'une part, et d'autre part, l'affection produite avait une marche assez rapide, puisqu'elle a déterminé la mort de ranimai de quinze jours à un mois. Or jamais on n'a observé rien de semblable dans l'ostéo-périostite alvéolo-den-
taire, dont la marche est essentiellement lente, chronique, puisqu'elle met des mois à aller du collet de la dent à Textrémité de la racine, et dont la terminaison n'est que tout à fait exceptionnellement mortelle.
M. Galippe pense que c'est à la présence de ces microbes qu'il faut attribuer la production de ces « nécroses, parfois considérables, des maxillaires, consécutives à certains cas de gingivite arthro-dentaire infectieuse b; mais, nous le répétons, ces cas sont extrêmement rares, et, quand ils arrivent, nous sommes persuadé que, si Ton recherchait les microbes dans les foyers de nécrose, on en trouverait bien d'autres que les bactéries p et y, en particulier les staphylocoques pyogenes aureus et albuSy les streptocoques, dont la puissance pathogène est considérable et bien mieux connue.
Voici, d'après nous, quels sont les éléments nécessaires pour déterminer l'ostéo-périoslite alvéolo-dentaire et le rôle qu'ils remplissent dans la marche de la maladie :
1* Et, avant tout, un mauvais état général du malade : ataxie, grossesse, ménopause, diabète, rhumatisme chronique, goutte, affections du cœur, du foie, des reins, etc. (1);
2* Une localisation de cet état général sur les gencives et les dents, ou, si l'on veut, sur l'appareil arthro-dentaire; localisation qui se traduit par un état subinflammatoire de l'alvéole, de la gencive et du ligament qui les unit à la dent, sans que nous puissions encore dire exactement par quel tissu l'affection commence ;
3' Cet élat général détermine une altération des humeurs qui favorise le développement des microbes et le décollement de la gencive d'avec la dent, qui ouvre à ceux-ci une porte d'entrée ;
(1) Voy. pour plus de détails : Th. David, De la maladie de Fauchard, ia Gaz. des hôpitaux, 23 juillet 1885, p. 667 ; Gaz, hebdom., 1889, p. 139.
OSTÉO-PÉRIOSTITE ALVÉOLO-DENTAIRE. 227
4* L'action progressive de ces microbes sur les tissus qui limitent le foyer morbide, c'est-à-dire : au centre la racine de la dent, à la périphérie la gencive et l'alvéole, et au fond le ligament alvéolo-dentaire.
Quels sont les microbes actifs dans cette affection? Ceux que M. Galippe a décrits sont-ils les seuls à produire celte destruction progressive des tissus et la suppuration abondante qui l'accompagne? Ou bien ne font-ils qu'attaquer les premiers les tissus et préparent-ils la voie aux divers microbes pyogènes qu'on trouve en même temps qu'eux dans le foyer de suppuration alvéolo-dentaire? C'est ce qu'il est difficile de décider actuellement ; mais nous penchons vers la seconde hypothèse (1).
Dans le cours de ses études sur les microbes de la bouche, Miller a découvert dans la cavité buccale une série de microbes ayant des propriétés pathogéniques plus ou moins grandes; deux d'entre eux peuvent trouver place dans le présent chapitre; ce sont le Micrococcus gingivœ pyogènes et le Bacterium gingivœ pyogènes.
Le Micrococcus gingivœ pyogènes a été rencontré dans un cas de pyorrhée alvéolo-dentaire ; une autre fois dans une bouche saine, mais excessivement sale. Ces microbes appa-
(1) Le processus des inflammalioiis buccales, auquel participent tant de microbes, est forcément complexe. Nous avons déjà mentionné plus haut le rôle que pouvaient jouer, d'après Galippe, les microbes de la bouche dans la stomatite ulcéro-membraneuse. Pourquoi n'en serait-il pas de môme dans l'ostéo-périostite ? Nous allons même plus loin, et nous ne serions pas éloigné de croire que dans la nécrose phosphorée les microbes joueraient encore le rôle principal. Le tissu osseux, altéré par le phosphorisme du patient, deviendrait rapidement la proie des microbes, dès que ceux-ci, pénétrant à travers une perte de substance de l'alvéole ou des gencives, parviendraient à se mettre en contact avec le maxillaire.
%iS LES MICKOBES DE LA BOUCHE.
raisseDt sous forme de coques irrégulières , seules ou par paires. Dans des cultures sur gélatine, ils se développent à la température ordinaire et forment des colonies arrondies, à contour très net. Au commencement on aperçoit ces derniers très faiblement colorés; ce n'est que plus tard qu'ils deviennent très foncés, principalement quand ils sont espacés l'un de l'autre. Par la culture en strie sur l'agar-agar, ils montrent
FiG. 109. — Microcoecus gingivœ pyogenes. — Culture sur gélatine, vieille de huit jours; groupe séparé de microbes (d'après Miller). — Grossissement de 11U0 diamètres.
un très fort développement de couleur verdâtre, qui devient violette par la lumière réfléchie.
La masse, sous le microscope, prend un caractère homogène, presque incolore, traversée par des figures sombres à contours irréguliers. Des cultures datant de huit jours présentent l'aspect de la figure 109. La gélatine ne se liquéfie pas. Des cultures dans de l'extrait de viande, dans une solution de peptone, ont un caraclère franchement acide et dégagent une certaine quantité de gaz.
Des injections sous-cutanées, chez les souris, provoquèrent la formation d'abcès ainsi que la nécrose de la peau, et dans quelques cas la mort survint.
OSTÉO-PÉRIOSTITE ALVÉOLO-DENTAÏRK. 229
Des injections dans la cavité abdominale furent régulière-' ment suivies de mort, dans l'espace de douze à vingt-quatre heures. I/autopsie démontra une quantité considérable de bactéries dans la cavité abdominale, une exsudation séreuse, péritonite, etc.. Un petit nombre d*animaux plus volumineux furent expérimentés : deux lapins et deux cobayes présentèrent pendant quelque temps un aspect maladif, restèrent tranquillement assis dans un coin de leur cage, et ne mangèrent absolument rien. Tous ces symptômes disparurent dans l'espace de deux à trois jours.
Le Bacterium gingivœ pyogenes fut découvert dans les mêmes bouches que le précédent et en compagnie de ce dernier, et chez un autre individu dans une pulpe en suppuration .
11 apparaît sous forme de bactéries, épais, court, à extrémités arrondies. La longueur est de 1 [i et demi, quatre fois celle de la largeur (flg. HO, a). Dans les cultures, il croît très rapidement à la température ordinaire. Les colonies sont, dans l'espace de vingt-quatre heures, visibles à l'œil nu. Au microscope, elles apparaissent sous formes de belles colonies, de couleur jaunâtre, arrondies, à contour très marqué. La gélatine se liquéfie très rapidement, si bien que, dans vingtquatre heures, la première préparation est complètement liquéfiée.
Les cultures en strie sur gélatine montrent, dans quinze heures, une cupule de 1/2 millimètre de largeur, formée par la gélatine liquéfiée. Les bords de la cupule sont arrondis, et la partie inférieure est recouverte d'un précipité blanchâtre.
Des cultures en strie faites sur agar-agar donnent un développement épais, liquide, gris blanchâtre; au microscope, les stries sont incolores à la périphérie, le centre est grisâtre. Une
culture datant de huit jours ressemble à la figure 110. La gélatine se liquéfie très rapidement; la masse des microbes va au fond du vase ; la gélatine liquéfiée reste trouble.
Les injections faites avec ce microbe dans la cavité abdominale d'une souris blanche entraînent la mort dans l'espace
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FiG. 110.— Bocfertum gingioa, pyo^en^s.— Culture pure sur gélatine âgée de huit jours ; groupe de microbes (d'après Miller). — Grossissement de 1100 diamètres.
de dix à vingt-cinq heures. Pendant leur maladie, les sourisse tiennent debout, le dos recourbé et les paupières fermées. Après la mort, on constate une péritonite, dans quelques cas suppurée; mais on ne rencontre qu'une très petite quantité de microbes dans le sang.
Des injections de 0""%50 dans la cavité abdominale de lapins et de cobayes amenèrent des résultats identiques après les injections. Dans les poumons, la mort survint en moins de vingt-quatre heures. Des injections sous-cutanées chez des souris furent suivies d'abcès.
Miller a décrit encore, dans son travail récent, d'autres microbes auxquels il a donné les noms d'Iodococctis vaginntiis et de Spirillum sputigenum.
VIodococcus vaginatiis se trouve dans les bouches malpro-
OSTÉO-PÉRIOSTITE ALVÉOLO-DENTAÏKE.
près, en nombre relalivement grand, sous forme de chaînettes de quatre à dix anneaux, rarement plus. Les chaînettes sont reliées par des filaments, dans lesquels les cellules apparaissent comme des anneaux aplatis ou de forme quadrilatère, et
FiG. 111. — lodococcus vaginaius (d'après Miller). — Grossissement de 1100 diamètres.
de ce fait présentent une grande ressemblance avec les tétrades. Les anneaux ont un diamètre de 0^,75. Dans le nombre se trouvent des chaînettes dans lesquelles un ou plusieurs anneaux manquent ou sont tombés; dans d'autres, la capsule
Fie. Ht. — Bacilles courbes, spirilles de la bouche (d'après Miller). — Grossissement de 1100 diamètres.
m mi
FiG. 113. — Bacilles courbes dans un canalicule de Tivoirc (d'après Miller). — Grossissement de 1100 diamètres.
s'est rompue; mais, les anneaux n'ayant pas complètement perdu leurs relations avec la chaînette, les débris de la capsule sont très facilement visibles; celle-ci ne prend aucune coloration violette, au contraire elle reste intacte ou devient faci-
â32 LES MICROBES DE LA BOUCHE.
lement jaune par Tinfluence d^un long contact. Le protoplasma se colore sous Tiode depuis le bleu foncé jusqu'au violet.
Le Spirillum sputigenum se trouve dans toutes les bouches, mais en quantité très variable; chez les personnes soigneuses, il n'y est qu'en très petit nombre; il est très fréquent au contraire dans les bouches négligées.
Si l'on met sous le microscope quelques parcelles de substances se trouvant sous le sillon gingival, on trouve souvent une vraie culture du Spirillum sputigenum et du Spirochœte deniium. Le Spirillum sputigenum apparaît sous, forme d'un bâtonnet recourbé en virgule, présentant des mouvements en spirale. Par le contact entre deux bâtonnets, on trouve la forme d'un S (flg. 112 et 113). Ce microbe a été étudié par Lewis et d'autres, comme étant identique avec le bacille du choléra (1), par sa forme, sa grosseur et les réactions des couleurs.
Miller (2) l'a présenté à la Société botanique en 1883 et a émis l'opinion qu'il provient de quelques modifications du spirochaete chez lequel il avait observé pareils caractères dans quelques préparations. Mais le point principal, c'est-à-dire que les bacilles se colorent beaucoup plus rapidement que les spirochœtes, n'est pas d'accord avec cette manière de voir.
Enfin il est déjà regardé par un Américain, Clark, en 1879, comme étant la cause de la carie dentaire et présenté sous le nom de c dental Bacterium ». D'après sa description, il a la forme d'un demi U, et des mouvements en spirale (3).
(1) Lewis (Th. R.), The Lancet, sept. 1884, t. 11, p. 497, 513.
(2) Miller, Berichte dcr Botan. Gesellsch., 1883, p. 224.
(3) Clark, Indep. Pract, 4883, p. 134.