ACCIDENTS DE U DENT DE SAGESSE
phéniqne concentré, puis faire faire des lavages fréquents avec une solution comme celle que Galippe emploie ordinairement :
Acide benzoïque 3 grammes.
— thymique 0«',10
Teinture d'eucalyptus 10 grammes.
Eau 1000 —
L'acide chromique si vanté par M. Magitot agirait à la fois comme caustique et comme antiseptique. Sa difiTusibilité lui permet d'atteindre les anfractuosités des culs-de-sac de la gencive décollée.
Du rôle des microbes dans les accidents de révolution de la dent de sagesse.
L'intervention des microbes a été aussi invoquée par M. Galippe pour expliquer la pathogénie des accidents de l'éruption de la dent de sagesse. Chez un malade qui avait été atteint de ces accidents, avec fluxion, abcès à répétition, fistules intarissables malgré Textraction de la dent de sagesse et lavages antiseptiques ij'équents, M. Galippe examina le liquide de l'écoulement et y trouva le Staphylococcus pyogenes aureus. Quelque temps après, le malade fut pris d'accidents d'infection générale, puis d'une méningite à laquelle il succomba et que l'auteur suppose causée par le staphylocoque doré.
M. Galippe pense que les microbes agissent en pareil cas de la manière suivante. Les accidents causés par la dent de sagesse en voie d'évolution sont d'abord muqueux; mais, lorsque la dent a ulcéré la gencive, les microbes pénètrent dans le foyer ainsi créé et y développent une inflammation qui s'étend de proche en proche aux amygdales, au tissu cellulaire du cou, aux ganglions sous-maxillaires, etc. Le masséter se contrac-
lure soit par action réflexe, soit par propagation de Tinflammation au tissu musculaire, et la fermeture de la bouche empêche l'antisepsie et favorise le développement de Tinflammation infectieuse.
Quant au tissu osseux, qui dans la plupart des cas n'est pris que secondairement, il s'infecte d'autant plus facilement et profondément que le sujet est plus jeune. Comme les accidents muqueux, les accidents osseux peuvent procéder par poussées successives ; il est probable que dans les deux cas il y a des poussées dues à des développements successifs de colonies microbiennes.
La thérapeutique comprend deux ordres de moyens : l'ouverture large de l'alvéole pour empêcher la réunion trop prompte de la plaie, el la désinfection du foyer inflammatoire.
L'ouverture de l'alvéole doit être faite de telle manière qu'elle ne puisse se refermer ; il faut donc soit réséquer le bourrelet muqueux qui recouvre la molaire au moyen de l'instrument que nous avons imaginé dans ce but (1), soit extraire celle-ci (2).
De la stérilisation des dents dans certains cas de greffe.
On connaît depuis plusieurs siècles l'opération qui consiste à remplacer dans l'alvéole une dent extraite par une dent empruntée à une autre personne.
(iy C'est une sorte de pince emporte-pièce dont une des branches se termine par une lame mince et étroite et l'autre par un anneau ovale, tranchant sur le bord qui correspond à la lame. On enfonce celle-ci» la pince étant légèrement ouverte, entre la dent et le bourrelet muqueux, qui se trouve ainsi pris entre les deux mors de la pince. Il suffît de rapprocher alors fortement les anneaux de la pince pour faire Texcision du bourrelet.
(2) Galippe, Journ. des conn, méd.y oct. 1889, p. 314 et 321.