CONCLUSIONS DE LA PREMIÈRE PARTIE
Les microbes des nodosités fixent l'azote libre sans le secours de la plante; il suffit pour cela de Les placer dans les conditions les plus favorables à leur développement. Nous avons montré qu'il faut aérer énergiquement les cultures et introduire dans les milieux nutritifs une quantité de saccharose qui ne peut pas être inférieure à 2 0/0.
Le bacille se montre assez exigeant sur la nature de l'azote organique; la légumine lui convient très bien; elle permet au bacille d'utiliser le mieux possible l'énergie latente du saccharose en vue de la fixation de l’azote libre. C’est dans ces conditions seulement qu'il se montre capable de faire la synthèse d’une quantité appréciable de matière azotée.
Le rapport qui existe entre l'azote combiné et le sucre fourni aux microbes influe sur le résultat final. Celui qui nous a donné le meilleur rendement est 1/200 ; nous avons plus que doublé la richesse en azote des milieux de culture; le rapport de l’azote fixé au sucre consommé est sensiblement supérieur à 1/100. C’est à peu près le rapport qui existe entre l’azote total et le saccharose dans une betterave à sucre. De cette comparaison, nous ayons pu conclure que la fixation de l’azote libre dans nos cultures a été à peu près aussi active que dans les nodosités.
Dès le début de nos expériences, notre attention a été vivement frappée par l'abondance de la mucosité qui se forme dans les cultures; nous avons établi qu'elle ne résulte pas d’une transformation isomériqne du saccharose; nous avons constaté qu'il y a une relation étroite entre la quantité d'azote fixée et l’abondance de cette substance dans les cultures ; sa solubilité dans l’eau, sa propriété de passer à travers les membranes, son absence dans les nodosités, bien que les bacilles transportés sur des milieux artificiels en élaborent dans les 24 heures, nous ont conduit à la considérer comme une matière azotée provenant de la fixation de l’azote libre, et servant de trait d'union entre
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la plante et son hôte. Pour le microbe, c’est un produit de désassimilation, et c’est pour cela précisément que le bacille des nodosités ne peut pas se développer si on ne lui fournit que de l'azote libre. Pour la plante, au contraire, c'est un élément directement assimilable.
En rapprochant les observations de MM. Przmowski et Prillieux, nous avons pu établir que le pseudo -mycélium des jeunes nodosités n’est pas une forme de transition du microbe des légumineuses. Il résulte d’une accumulation de mucosité autour des coccobacilles qui envahissent les cellules, il disparaît dès que la circulation est assez active pour dissoudre et entrainer cette substance. Ce n’est qu’à partir de ce moment seulement que les formes ramifiées se montrent : nous verrons sous quelles influences elles naissent, en même temps que nous compléterons, dans la seconde partie de ce travail, l’histoire des microbes qui pénètrent dans les racines.
Pour le moment, rappelons que nous avons obtenu dans nos cultures des formations analogues sinon identiques. Rappelons également que ce pseudo-mycélium ne résiste pas aux procédés de préparation microscopique employés pour tous les autres microotganismes. Nous compléterons aussi cette dernière remarque.
L'utilisation du nitrate par les microbes des nodosités nous prouve que la rareté des tubercules radicaux sur les racines des plantes cultivées dans les sols riches en matières azotées n'est pas due à une influence’nocive exercée par ces produits sur le développement des microbes. Nous avons montré qu'elle est la conséquence d’une double cause : l’action attractive exercée par les hydrates de carbone mis en liberté dans la région des poils absorbants, et l'influence mutuelle que ces composés et les azotates exercent les uns sur les autres dans les tissus mêmes de la plante.
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