DEUXIÈME PARTIE
Morphologie du microbe des nodosités.
Dans le cours des recherches précédentes, qu. ont surtout porté sur le côté chimique de la fixation de l’azote,.je n’ai rencontré pendant longtemps que la forme bacillaire mobile des microbes des nodosités. Les auteurs ont décrit des formes ramifiées, des formes en étoile associées aux bacilles. Je ne les ai vues apparaître qu’en présence d’un-taux élevé de chlorure de sodium ou d’une dose exagérée de saccharose. Ce caractère accidentel semble traduire des conditions de développement défavorables.
Je me suis proposé de préciser ces conditions et d'essayer en même temps d'obtenir les formes en poire que l’on rencontre dans les nodosités de trèfle.
Dans ce but, j’aieu recours : 1° à l’action de la chaleur ; 2° aux milieux acides.
Action de la chaleur. — M. Laurent a fixé à 30° la température limite du développement des microbes des nodosités. Cependant, si on fait des ensemencements abondants, ils poussent encore à 35° sur gélose ‘; ils s'habituent même assez vile à cette température.
Si on fréensemence toutes les 48 heures les cultures exposées pendant quelques jours à 35°, on observe, dès le deuxième passage, dans les cultures âgées de 24 heures, de nombreux bacilles pourvus de bourgeons latéraux; ces ramifications disparaissent dans les cultures âgées de 3 jours, lorsque la mucosité est déjà abondante.
A partir du deuxième passage, les formes rameuses deviennent de plus en plus nombreuses; elles diminuent ensuite et dispa-
4. La gélose dont il est question dans toute la dernière partie de ce travail a été faite avec du bouillon de haricots additionné de 8 0/0 de saccharose.
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raissent complètement lorsque le microbe s’est adapté à la température de 35°. C’est dans les cultures de 24 heures qu’elles sont le plus nombreuses. Les figures 4 et 2, PI. II, donnent une idée de leur richesse et de leur abondance. Comme on le voit, les bacilles s’allongent et forment un grand nombre de bourgeons: si on dilue un peu de ces cultures riches en formes ramifiées dans de l’eau physiologique ou du bouillon de haricots stérile, on les voit se désagréger rapidement et donner naissance, par voie de division transversale, à des éléments simples. La fig. 3, PI. IT, représente deux de ces formes à deux stades différents de division. Les rameaux prennent naissance en un point de l’axe principal et grandissent comme les bourgeons ordinaires; il n’y a donc pas, chez les microbes des nodosités, de division longitudinale.
Action des acides. — Les microbes ne se cultivent pas dans le bouillon de haricot, lorsqu'on l’additionne de 1/1000 d’acide tartrique; les germes déposés dans ce milieu ne se régénèrent plus au bout de-2 à 3 semaines, lorsqu'onles transporte sur des milieux alcalins.
Ils se développent sur gélose additionnée de 1 0/00 d'acide tartrique ou oxalique ‘, à condition, toutefois, d’ensemencer très abondamment. Dès la première culture sur ce milieu, les bacilles donnent naissance à des formes en poire, à la température de la chambre ; leur contenu est vacuolaire, leur diamètre atteint 2-3 w, quelquefois plus (fig. 2, PL. I).
Ces métamorphoses sont générales lorsque l’ensemencement est pauvre; mais si on transporte beaucoup de mucosité, la transformation est limitée à la minorité des microbes; dans le premier cas, le développement s'arrête au bout de 3 ou 4 jours et les formes en poire persistent dans la culture, tandis qu’elles sont passagères lorsque la mucosité envahit toute la surface de la gélose.
Si on combine l’action de la température de 35° avec l’influence des milieux acides, les résultats sont différents : les bacilles s’allongent, se renflent en chapelets et se ramifient. Tous se transforment; il est impossible de trouver dans les cultures un bacille normal; l'organisme qu'on obtient ainsi présente la
4, L’acidité n’atteint pas le chiffre de 41/1000, car la gélose étant préparée avec une eau légèrement calcaire, une partie de l'acide se trouve neutralisée.