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plus grande analogie avec des fragments de mycélium âgé d’une culture d'oospora (fig. 3, PI. I).
Mais il est impossible defixer ces formes; elles disparaissent au bout de quelques jours dans la culture même, lorsque la mucosité devient assez abondante; si on les transporte sur gélose alcaline, elles se désagrègent très vite, et au bout de 24 heures on obtient un bacille typique, chez lequel rien ne trahit les modifications que ses ancêtres ont subies.
On obtient encore des formes analogues à celles de la fig. 3, PI. I, lorsqu'on ensemence sur de la gélose de viande peptonisée un microbe habitué au bouillon de haricots sucré.
Rien n’est donc plus facile que d'obtenir sur des milieux artificiels des formes aussi variées que celles que l’on rencontre dans les nodosités. On ne peut pas attribuer celles-ci à l’action d’une température exagérée, mais il est clair qu'elles s'expliquent par l'influence de l'acidité de la sève.
La plante n’exerce aucune action spécifique en dehors de celle des acides; j'ai déjà dit que les microbes pénètrent dans les racines sous forme de coccobacilles (V. p. 24); ils y conservent cet état tant que la sève ne circule pas en abondance dans le tubercule; mais lorsque les vaisseaux sont formés dans cette région, le liquide nourricier dissout la mucosité protectrice qui englobe les microbes; à partir de ce moment, ils nagent dans un liquide acide constamment renouvelé, et c’est alors que les formes rameuses apparaissent; elles persistent aussi longtemps que dure la vie dans ces régions.
Autres formes physiologiques. — L'histoire morphologique des microbes des nodosités ne se borne pas à ce que je viens d'exposer. Pour observer les formes si variées que je viens de décrire, il faut faire usage de cultures récemment tirées de la pulpe de jeunes tubercules. Les cultures d’origine ancienne présentent aussi un certain nombre de particularités intéressantes que je vais passer maintenant en revue.
J'ai montré que le microbe des légumineuses ne se développe pas dans une atmosphère d'azote pur; il y conserve cependant assez longtemps sa vitalité; et si, au bout de 15 jours ou 3 semaines, on le reprend dans les tubes scellés pour l’ensemencer sur des tubes ordinaires, il donne de petites colonies grisätres, constituées par une forme à peu près ronde, de très
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petit diamètre. En goutte suspendue, ces microbes se présentent soit à l’état isolé, soit réunis par deux ou disposés en chaînes.
Ce résultat, obtenu dans une première expérience, laissait place au doute; il a été vérifié immédiatement dans une autre expérience faite avec des cultures dont la pureté avait été préalablement contrôlée.
La forme ronde a repris son aspect primitif au bout de quelques passages sur gélose, mais je n’ai pas réussi à lui faire produire de mucosité. Avec les cultures récentes on n'obtient pas ces transformations. Ensemencées dans une atmosphère d'azote, elles se comportent comme les cultures d'origine ancienne ; mais les germes repris dans les tubes fermés, plusieurs semaines plus tard, ont conservé leurs propriétés caractéristiques.
Ceci prouve que les cultures entretenues par des rajeunissements répétés se différencient peu à peu sur milieux artificiels.
Si on en prend une appartenant à la même série que celles qui ont servi dans l'expérience précédente, et si on l’ensemence de façon à obtenir des colonies séparées, voici ce qu’on observe : au bout de deux ou trois jours, on voit apparaître une série de colonies blanches, nacrées, étalées sur le milieu; elles atteignent facilement 3-4 millimètres de diamètre. Puis,unà deux jours après, une autre série de colonies se forme; celles-ci sont plus proéminentss, légèrement jaunâtres; leur diamètre reste toujours inférieur à celui des premières.Les deux espèces de colonies renferment deux bacilles qu'il est impossible de distinguer lorsqu'ils sont intimement mélangés ; mais quand on est prévenu, on remarque que les colonies jaunâtres sont constituées par un microbe dont le contenu présente de petites vacuoles.
Ensemencés séparément, ces deux bacilles ne fabriquent pas de mucosité; si on les associe, ils donnent des cultures caractéristiques. Dans un même tube, des colonies séparées conservent l'aspect de colonies de microbes banaux; si deux d’entre elles empiètent l’une sur l’autre, la mucosité se forme en cet endroit, et au bout de quelques jours elle envahit toute la culture. Il est done impossible de considérer l’une ou l’autre de ces formes comme une impureté.
Les cultures sur pomme de terre permettent de pousser la transformation encore plus loin, à condition, toujours, de se
servir de cultures d’origine ancienne : sur un fragment de pomme de terre ensemencé depuis quatre semaines, on ne trouve plus que des formes rondes. On peut suivre au microscope l’évolution des bacilles; on les voit s’allonger et se diviser peu à peu en articles courts qui deviennent indépendants les uns des autres; si on ensemence des tubes de gélose avant que la transformation ne soit complète, et si on s’arrange de façon à obtenir des colonies séparées, on peut, à un moment donné, observer des colonies de formes rondes et des colonies de Res bacillaires.
En ensemençant séparément sur pomme de terre les deux bacilles que nous avons isolés précédemment, on les voit évoluer tous deux vers la forme ronde.
Les cultures issues des colonies provenant directement des nodosités, et conservées pendant huit mois, peuvent être rajeunies au bout de ce temps; elles montrent les mêmes transformations. L’une de ces cultures m'a fourni une forme ronde et un bacille qui, ensemencés à part, ne fabriquent pas de mucosité; si on les associe, ils donnent des cultures tout à fait typiques.
Propriétés physiologiques des formes précédentes. — Les propriétés physiologiques des microbes des nodosités ne sont pas plus stables que leurs caractères morphologiques. Le bacille des légumineuses, au moment où on l’isole des tubercules, ne liquéfie pas la gélatine; les formes rondes qui en dérivent la liquéfient très rapidement, les formes bacillaires très lentement; les microbes ne troublent pas la gélatine peptonisée; ils se réunissent au fond des tubes et forment un dépôt floconneux.
Leur action sur l’azote libre ou combiné est également intéressante. Pour l’étudier, j’ai eu recours aux deux formes extraites des cultures que j’ai conservées pendant huit mois sans les rajeunir; ces deux microbes sont très différenciés, et, de plus, lorsqu'on les associe, ils exercent l’un sur l’autre une influence très remarquable.
La forme bacillaire avait acquis spontanément, pendant ti belle saison, la propriété de produire de la mucosité ; pour cette raison, j'ai fait deux séries d'expériences correspondant à deux états différents de ce microbe. J'ai adopté le dispositif que j'ai déjà utilisé plusieurs fois.