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CHAPITRE VIII

POLYMORPHISME DES MICROBES

Les microbes (bactéries, ferments ou moisissures) présentent, comme tous les types inférieurs des règnes animal et végétal, un polymorphisme considérable contre lequel il est bon de se mettre en garde, car il peut être la source d'erreurs et de confusions très préjudiciables à la science, soit que l'on décrive comme espèces distinctes les différentes formes d'une même espèce, soit que l'on soit amené, au contraire, à considérer comme formes d'une seule et même espèce plusieurs espèces distinctes que le manque de précautions suffisantes aura rapprochées dans une même préparation, à l'insu de l'observateur.

Nous avons indiqué, dans le chapitre précédent, les précautions méticuleuses qu'il est indispensable de prendre dans les laboratoires pour se mettre à l'abri de toute surprise de ce genre. Ces précautions ne suffisent pas toujours, et l'expérience montre qu'un seul oubli ou une distraction de l'observateur suffisent pour gâter le résultat d'une longue série de recherches. En outre, ces précautions ne donnent bien souvent qu'un résultat

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négatif, car il est telle bactérie qui, après s'être reproduite longtemps sous une forme identique dans un même milieu de culture, change subitement de forme et d'allure si on la transporte dans un autre milieu.

Pour donner une idéo des difficultés qui entourent ce genre de recherches, il nous suffira de citer l'histoire des Lichens, histoire bien connue aujourd'hui de tous les botanistes qui s'occupent de cryptogamie. — La structure de ces végétaux inférieurs est à la fois très simple et très compliquée, au point qu'on a pu les considérer comme formés par l'association (la symbiose pour employer le terme consacré), dans chaque lichen, d'une espèce â! algue verte avec une espèce de champignon incolore du groupe des Ascomycètes.

De Bary et les botanistes de son école 1 admettent que dans ce qu'on appelle un lichen les tissus de l'algue et ceux du champignon sont enchevêtrés de telle sorte qu'ils forment un ensemble qui constitue le lichen. Grâce à cette association intime, le lichen peut vivre à la manière des autres plantes et non en parasite, comme les champignons : en effet, les parties vertes de l'algue assimilent le carbone, contenu dans l'air sous forme d'acide carbonique, et fournissent ainsi la nourriture du champignon, que l'on considère par suite comme une sorte de parasite de l'algue. En retour le champignon fournit à l'algue son mycélium, qui permet au lichen de se fixer à la surface des rochers ou des arbres.

Cette théorie, très séduisante, a été longtemps en faveur. Aujourd'hui elle est à peu près complètement abandonnée, et les recherches que l'on a faites, — en cher-

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