‹ Les microbes, les ferments et les moisissuresChapitre 5 sur 167 · Radiolaires (ou Rhizopodes à squelette siliceux · texte numérisé non relu

Radiolaires (ou Rhizopodes à squelette siliceux

Les groupes que nous avons marqués d'un astérique sont ceux qui nous occuperont ici. La plupart des êtres que l'on y range se rapprochent surtout des végétations par l'ensemble de leurs caractères : ce sont des parasites qui empruntent la substance dont ils se nourrissent à d'autres êtres vivants.

C'est ainsi qu'un grand nombre de ces êtres sont la cause de maladies plus ou moins graves qui affectent les animaux ou les végétaux. Les naturalistes qui ont considéré ces parasites comme des animaux, les ont appelés

INTRODUCTION

Microzoàirës (de deux mois grecs qui veulent dire petits animaux); ceux qui les ont considérés comme des piaules les ont nommés Microphytes (petites plantes), et l'on n'est pas encore d'accord sur le nom qui convient le mieux à la plupart d'entre eux; en d'autres termes, on ne sait pas encore si l'on doit les classer plutôt dans le règne animal que dans le règne végétal.

C'est à l'Académie des sciences de Paris, le H mars 1878, que M. Sédillot, assistant à l'une de ces discussions, probablement interminables,; entre les partisans des. Microzoàirës. et .ceux des Microphytes, proposa, avec son esprit de critique bien connu, le nom de Microbe, qui lui semblait de nature à mettre tout le monde d'accord.

Le mot Microbe, en effet, qui veut dire seulement petit être vivant, ne préjuge rien quant à la nature animale ou végétale des êtres en litige Il a. été adopté par M. Pasteur et approuvé par M. Littré dont chacun- connaît la compétence en matière de néologismes ; il est généralement usité en France depuis quatre ou cinq ans, et on peut le considérer comme définitivement acquis à la langue française.

Les Anglais et les Allemands n'ont pas encore introduit ce mot dans leur langue. Pourcdésigner les organismes producteurs des maladies, qui sont nos microbes proprement dits, ils se servent du terme de Bactéries qui n'est que le nom; de l'un des genres particuliers que l'on range dans ce groupe, du .plus anciennement connu ; ce nom se trouve ainsi généralisé et appliqué au groupe tout entier.

f, M. Béchamp appelle les microbes micmzymas ou petits ferments, les réactions 'chimiques, résultats dé leur activité vitale, étant généralement des fermentations. .. ,\ \ QGu Oiu'U •-' ... - -

MICROBES ET PROTISTES. b

Les auteurs italiens qui se sont occupés récemment des microbes ont adopté, de leur côté le nom de Protistes, emprunté à Hœckel, et dont le sens, sinon l'étymologie, est à peu de chose près le même que celui du mot microbe.

• Y a-t-il réellement avantage à admettre un règne des Protistes intermédiaire entre les deux règnes organiques, — règne animal et règne végétal? — Nous ne le pensons pas : ce troisième règne organique ne sert qu'à compliquer l'échafaudage de nos classifications modernes : il renferme, comme on a pu le voir par la liste que nous en avons donnée plus haut, un assemblage de groupes très hétérogènes, et qu'il est plus simple de laisser dans l'un ou l'autre règne. A notre avis, on se rapprocherait davantage du plan de la nature en admettant seulement deux grands règnes : règne organique (réunissant les animaux et les végétaux), et règne inorganique (pour les minéraux). Le règne organique se subdiviserait ensuite en deux sous-règnes, les animaux et les végétaux, dont les Microbes ou Protistes (ou quel que soit le nom qu'on veuille leur donner) forment le trait d'union, attestant ainsi .l'origine commune des deux grands règnes organiques.

Quoi qu'il en soit, nous adopterons le mot Microbe pour désigner d'une façon générale tous les êtres organisés de très petite taille qui sont sur la limite indécise qui sépare les animaux des. végétaux. Nous montrerons bientôt que l'on peut, dans la plupart des cas, considérer ces êtres comme de véritables plantes, ce qui est généralement admis actuellement par la grande majorité des naturalistes.

6 INTRODUCTION

Rôle des microbes dans la natuke. — Le rôle des microbes clans la nature est considérable. On les trouve partout: chaque espèce de plante a ses parasites spéciaux, et il est telle de nos plantes cultivées, la vigne par exemple, qui est attaquée par plus de cent espèces différentes. Ces champignons microscopiques ont leur utilité dans l'économie générale de la nature : se nourrissant aux dépens des matières organiques en putréfaction, ils en réduisent les éléments complexes en éléments plus simples, en substances minérales solubles qui retournent au sol dont les plantes les ont tirées, et peuvent servir de nouveau à la nourriture de ces plantes. Ils débarrassent ainsi la surface de la terre des cadavres, des matières excrémentitielles, de toutes les substances mortes et inutiles qui sont les déchets de la vie, et relient par un cercle sans fin les animaux et les plantes. — Ce sont des microbes particuliers appelés ferments qui produisent industriellement toutes nos boissons fermentées : le vin, la bière, le vinaigre, etc., qui font lever le pain, et à ce point de vue ils ont aussi leur utilité pour l'industrie et le commerce.

Mais à côté de ces microbes utiles, il s'en trouve d'autres qui nous sont nuisibles dans l'accomplissement du rôle physiologique que la nature leur a tracé. Tels sont les microbes qui produisent les maladies du vin, la plupart des altérations de nos substances alimentaires et industrielles, enfin un grand nombre d'affections qui attaquent l'homme et les animaux domestiques. Les germes de ces maladies, qui ne sont autres que les spores ou graines de ces microbes, flottent dans l'air que nous respirons, dans l'eau que nous buvons et pénètrent ainsi dans l'intérieur de notre corps.

MICROBES ET PROTISTES

On voit combien il importe de connaître ces microbes. Leur élude intéresse l'agriculteur, l'industriel, le médecin, l'hygiéniste, ou pour mieux dire elle intéresse chacun de nous, quelle que soit la profession ou la position sociale, car il n'est pas un seul jour, un seul instant de notre vie où nous ne soyons, pour ainsi dire, aux prises avec les microbes. Ce sont véritablement les ouvriers invisibles de la vie et de la mort, et c'est ce qui ressortira encore mieux de l'étude particulière que nous allons faire ici des plus importants d'entre eux.

Comme il est plus facile de connaître et d'étudier les êtres visibles à l'œil nu, nous parlerons d'abord des Champignons, c'est-à-dire des microbes de la plus grande taille, qui sont aussi les mieux connus dans leurs mœurs et leur organisation. Nous passerons ensuite à l'étude des Ferments qui sont plus petits, et enfin à celle des Bactéries (Schizophytes ou Schizomycètes), qui sont [les microbes proprement dits, et qui ne sont visibles qu'avec l'aide du microscope.

Page 1