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LES MICROBES DES EAUX SULFUREUSES

La formation des eaux sulfureuses dont les sources sont si nombreuses dans les Pyrénées et sur d'autres points de la France, paraît due à la présence de petites algues de la famille des Oscillatoriées et des genres Oscillaria et Beggiatoa (fig. 64). Ces microbes ont les mêmes formes que ceux dont nous avons parlé dans les pages précédentes, mais ils contiennent de la chlorophylle et de plus une matière colorante bleue : on les range dans le groupe des Cyanophycées, qui contient, d'après M. Zopf, des espèces qui peuvent être tantôt vertes et tantôt incolores, comme les Bacillus et les Leptothrix dont elles se rapprochent par leur mode de reproduction.

D'après M. Louis OUivier, ces algues réduisent les sulfates des eaux séléniteuses (chargées de sulfate de chaux) et transforment ce sulfate en sulfure. Elles accumulent même du soufre dans leurs cellules : lorsque le soufre leur est ainsi fourni en abondance, ces microbes sont très

Trouessart. — Microbes. 8

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mobiles : dès que le soufre devient rare, elles deviennent moins mobiles et reconsomment le soufre qu'elles ont emmagasiné : elles finissent par devenir tout à fait immobiles, phénomène qui est concomitant de la formation des spores : on voit dans chaque cellule de l'algue filamenteuse une petite sphère brillante, réfringente, dont le développement est en raison inverse de la quantité de soufre constatée dans le liquide environnant. Ces spores deviennent libres sous formes de chapelets par la destruction de la membrane d'enveloppe, et ces

Fig. 64. — Beggiatoa allia, microbe des eaux sulfureuses (grossi).

chapelets ressemblent absolument à ceux du Bacillus subtilis.

M. Planchud est le premier qui ait eu l'idée de chercher un ferment spécial dans cette cjlairine ou barégine que l'on voit flotter à la surface des eaux sulfureuses. Il a montré qu'un gramme d'acide phénique par litre arrête la réduction des sulfates en sulfures, et que cette réduction recommence après l'évaporation de l'acide phénique; 6 grammes par litre, au contraire, tuent complètement les Sulfuraires [Sulfuraria), — c'est le nom que M. Planchud donne à ces algues.

Cet observateur va plus loin : d'expériences qu'il a faites il croit pouvoir conclure que les mêmes algues peuvent réduire le gypse en soufre natif, et ce serait à l'activité de ce végétal microscopique que seraient dus les

LES MICROBES PRODUCTEURS. DU SALPÊTRE, lia

vastes dépôts do soufre que Fou trouve dans certaines régions et qu'on désigne sous le nom de solfatares. — Il est aujourd'hui bien établi, du reste, qu'une action chimique du même genre, la production du salpêtre, est le fait de microbes du même genre.

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