I.K CHAH I! ON OU SAM'. 1)1! H AT K
car on a calculé qu'après 8 ou 10 cultures semblables, la goutte de sang- se trouvait diluée dans un volume de liquide plus grand que le volume delà terre (Chamberland). Or la dixième, la vingtième, la cinquantième culture inoculée à la dose d'une goutte sous la peau d'un mouton amenait la mort par le charbon, avec les mêmes symptômes et les mêmes lésions que la goutte de sang- primitive. Le Bacillus seul était donc bien la cause de la maladie.
Ces cultures qui ont souvent été répétées depuis par de nombreux observateurs, permettent d'étudier le microbe sous toutes ses formes, et de constater combien il est polymorphe. Au bout de deux jours, la bactérie qui, dans le sang, était courte et cassée, présente des filaments excessivement longs, ou quelquefois même enroulés comme des paquets de cordes. Au bout de huiL jours environ, beaucoup de filaments sont remplis de noyaux réfringents, un pou allongés; bientôt ces noyaux forment des chapelets par suite de la rupture de l'enveloppe du bâtonnet qui leur a donné naissance; d'autres enfin flottent dans le liquide sous forme de globules isolés. Ces noyaux sont les spores, ou germes dii microbe, qui placés dans du bouillon germent, s'allongent et reproduisent de nouveaux bacilles.
Ces spores sont beaucoup plus résistantes que le microbe lui-même. Celui-ci est tué par une température de 60 degrés, par la dessiccation, le vide, l'acide carbonique, l'alcool, l'oxygène comprimé. Les spores, au contraire,résistent à la dessiccation, de sorte qu'elles peuvent flotter dans l'air sous forme de poussière. Elles résistent à une température de 90 à 95 degrés, à l'action du vide, de l'acide carbonique, de l'alcool, de l'oxygène comprimé. trou ess art. — Microbe.i. 9
D'où vient que la maladie est si commune dans certaines contrées, sans qu'on puisse invoquer pour cause la piqûre des mouches? En 1873, M. Pasteur, secondé par MM. Chamberland et Roux, entreprit des expériences en vue de découvrir cette cause, dans une ferme des environs de Chartres. On donna à manger à des moutons de l'herbe sur laquelle on avait répandu des germes de bactéridies. Un certain nombre de moutons moururent du charbon; les ganglions et les tissus de l'arri ère-gorge étaient surtout tuméfiés comme si l'inoculation s'était faite par les premières voies digestives, et parle moyen de petites plaies siégeant à la surface des muqueuses de la bouche. Pour vérifier le fait, on donna à manger aux moutons des herbes mélangées de chardons, de barbes d'orge et de blé ou d'autres corps piquants, et la mortalité en fut sensiblement augmentée.
Mais où se trouvent, dans la maladie spontanée, les germes charbonneux que les expérimentateurs avaient ici mêlés artificiellement aux aliments? On devait supposer qu'ils existaient dans la terre, et surtout dans le voisinage des fosses où l'on avait enfoui des animaux morts du charbon. On reconnut en effet que ces germes existent au-dessus et autour des cadavres charbonneux, mais qu'ils manquent à une certaine distance des fosses. Il est vrai que la fermentation putride détruit la plupart des bactéries, mais auparavant les gaz qui se dégagent du cadavre en font sortir un certain nombre de microbes qui se dessèchent, produisent des germes, et ceux-ci peuvent rester vivants pendant longtemps dans le sol.
Le mécanisme par lequel ces germes sont ramenés à la surface du sol et jusque sur les herbes dont les moutons se nourrissent, est des plus simples, mais en même temps