DEUX MALADIES DES VERS A SOIE
papillon infesté no peut pondre ses œufs sans y déposer en même temps des spores de ce microbe, qui attaque ainsi le jeune ver dès sa naissance. Bientôt après M. Pasteur fut conduit par ses propres recherches à adopter cette manière de voir.
On a longtemps considéré le microbe do la pébrine comme une véritable bactérie, décrite successivement sous les noms de Baclerium bombycis, Nosema bombycis (fig. 72), Panistophyton ovale; les recherches récentes de M. Balbiani tendent à prouver qu'on doit le rapporter à un autre groupe, beaucoup plus voisin
Fig. 72. — Nosema bombycis, microbe de la Pébrine (gross. 500 fois).
des animaux, et qu'on désigne sous le nom de Sporozoaires.
Les Sporozoaires. — Ces protistes, que beaucoup de naturalistes rangent encore parmi les végétaux, diffèrent surtout des bactéries par leur mode d'accroissement et de reproduction qui les rapproche des protozoaires parasites désignés sous le nom de Psorospennies, Coccidies et Grégarines.
Chez les Sporozoaires on n'observe pas l'accroissement par division cellulaire, ou scissiparile, qui est la règle dans toutes les bactéries: cette différence est fondamentale. Les Sporozoaires se multiplient par formation libre au sein d'une masse de substance sarcodique (protoplasma), résultant do l'cnkystement dos corpuscules
trou liSSART. — Microbes. 10
primitifs (cellules mères). On voit se former, dans l'intérieur do la cellule mère, des spores nombreuses qui ont l'apparence des pseudonavicelles ou spores des Grégarines et des Psorospermies (parasites des vertébrés). M. Balbiani forme, pour ces organismes qui se retrouvent chez beaucoup d'insectes, un petit groupe qu'ils appellent Microsporidies.
Les spores mûres sont les corpuscules vibrants de Cornalia ; elles ressemblent du reste beaucoup aux spores de certains Bacillus (B. amy lo bac ter, par exemple), et leur germination s'opère aussi par perforation de la spore à une de ses extrémités, et issue du plasma intérieur ; mais celui-ci, au lieu de sortir sous forme de bâlonnet [Bacillus), s'échappe sous celle d'une petite masse amiboïde, à mouvements sarcodiques, ce qui ne s'observe jamais dans aucune bactérie (Balbiani).
Les autres espèces de vers à soierécemment introduites, notamment le bombyx du chêne de la Chine (Attacus P'ernyi), sont attaquées par des Microsporidies analogues à celle de la pébrine.
M. Pasteur a indiqué les moyens de se prémunir contre les ravages de celte maladie. « Youlez-vous savoir, dit-il aux éducateurs, si un lot de cocons vous donnera de la bonne graine? Séparez-en une portion que vous chaufferez de façon à accélérer de 4 à S jours l'éclosion des papillons, et examinez au microscope s'ils ne contiennent pas des corpuscules de pébrine. S'ils en contiennent, envoyez tous les cocons à la filature; faites les grainer au contraire s'ils ne sont pas malades : la graine on sera bonne et l'éducation réussira. En un mot, partez de graines absolument saines, provenant de parents absolument purs, et élevez-les dans les coiuli-