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DEUX MALADIES DES VERS A SOIE

tions de propreté et d'isolement tels que l'infection ne puisse s'y répandre. »

Lorsque la maladie s'est développée, on a conseillé les fumigations d'acide sulfureux, ou mieux encore de créosote ou d'acide phénique que les vers supportent très bien (Béchamp), et qui entravent le développement des Microsporidies ; ces fumigations empêchent également la putréfaction des litières qui doivent rester sèches dans une éducation bien conduite.

La Flacherie ov maladie des morts-flats. — Confondue à tort avec la pébrine, la flacherie produit encore plus de dégâts que cette dernière dans les magnaneries. Ses symptômes sont étranges. L'éducation des vers marche souvent régulièrement jusqu'à la quatrième mue, et le succès semble assuré, lorsque tout à coup les vers cessent de manger, fuient les feuilles, sont saisis de torpeur et périssent en conservant si bien l'apparence de la vie qu'il faut les toucher pour s'assurer qu'ils sont morts : c'est sous cette forme qu'on les appelle morts-flats. Quelques jours et même quelques heures suffisent à transformer en un charnier infect la plus belle chambrée.

M. Pasteur, ayant examiné ces morts-flats, trouva les feuilles qui remplissaient leur estomac et leur intestin remplies de bactéries en tout semblables à celles qui se développent lorsqu'on broie de ces mêmes feuilles avec de l'eau et qu'on les laisse se putréfier dans un verre (fig. 73). Chez le ver bien portant, et qui digère bien, on ne trouve jamais de ces bactéries : il est donc évident que la maladie a son point de départ dans une mauvaise digestion, qui devient rapidement funeste chez des animaux qui consomment des quantités énormes de nourriture, et ne font que manger du matin au soir. Les

ferments digestifs sont insuffisants pour détruire les bactéries des feuilles ou neutraliser leur action nuisible.

Ces bactéries sont bien réellement la cause de la maladie, car si, prenant dos vers sains, on leur fait manger des feuilles prises dans l'intestin des vers malades, même en très petite quantité, on les voit bientôt périr morts-llats.

La maladie est donc essentiellement contagieuse : aussi, pour empêcber les vers malades de contaminer les vers sains en salissant par leurs déjections humides les

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Fig. 73. — Alicrococcus bombycis (d'après Cohn), microbe de la Flacherie (gross. 600 l'ois).

feuilles que ceux-ci vont manger, faut-il, comme pour la pébrine du reste, tenir ces vers aussi espacés que possible.

En outre, il faut aussi choisir de bonnes graines, car on a constaté que certains lots de ces graines sont plus exposés que d'autres à la flacherie ; et bien que l'affection ne commence pas dans l'œuf, comme pour la pébrine, on retrouve ici la même question d'hérédité: on conçoit, par exemple, qu'un papillon venant d'une chenille atteinte de flacherie bien qu'elle n'en soit pas morte, ne donne que des graines peu vivaces d'où sortiront des vers prédisposés, par la faiblesse de leur tempérament, à contracter la maladie.

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