HYGIÈNE DES E AUX POTABLES
En effet, l'expérience directe, faite avec des thermomètres à maxima enfermés dans la pâte, montre que la température intérieure du pain, celle de la mie, pendant la cuisson dans le four, atteint rarement 100 degrés. Or onsait que cette température est insuffisante pour tuerla plupart des microbes et surtout leurs germes. Une température de IIS à 160 degrés est considérée comme nécessaire pour obtenir ce résultat.
L'année dernière (1884), MM. Bouvet, pharmacien, et Préaubert, professeur au lycée, ont été chargés par la municipalité d'Angers de faire l'examen microscopique de nombreux échantillons d'eau de puits servant à la panification chez les boulangers des divers quartiers de cette ville. Cet examen fait sur les dépôts obtenus soit spontanément par un repos de 24 heures, soit en traitant l'eau par l'acide osmique (procédé Certes), a presque toujours décelé la présence non seulement d'œufs d'ascarides, mais encore de nombreux microbes, les uns inoffensifs comme le Bacterium termo, les autres suspects en raison de leur forme de Micrococcus en chaînettes (deux espèces détailles différentes), rappelant celle du Micrococcus diphthericus . Or le croup peut être considéré comme endémique à Angers. Quatre puits, sur vingt-cinq examinés, ont été signalés comme fortement contaminés par ces microbes. 11 est à noter que les microcoques ne se trouvent pas dans les eaux de puits très oxygénées (aérées), mais seulement dans celles à dépôt organique très abondant.
L'eau de puits doit donc être rejetée, en général, de la consommation, qu'il s'agisse des boissons ou de la confection du pain. L'eau de source elle-même, et surtout l'eau des rivières, telle qu'elle est distribuée aujour-
d'hui dans les villes par un système de tuyaux, n'est pas oxempte de matières organiques ni de microbes, bien qu'elle en contienne moins que l'eau de puits. Il est donc nécessaire de la purifier.
Dans ce but, on a conseillé, surtout on temps d'épidémie, de faire bouillir l'eau, de manière à tuer les microbes qu'elle contient. Mais l'ébullition chasse les gaz et réduit la proportion des sels dissous, ce qui rend cette eau lourde et indigeste.
On a conseillé aussi de ne boire que de l'eau des sources minérales faibles (Sainl-Galmier, etc.), captées à leur sortie du sol, mise immédiatement en bouteilles hermétiquement cachetées, et contenant par suite très peu de microbes. Mais ce procédé est coûteux et, par suite, n'est à la portée que des privilégiés de la fortune.
Le moyen le plus pratique pour purifier l'eau de table et la rendre potable, consiste dans l'usage de filtres plus ou moins perfectionnés.
Filtres ordinaires. Filtre a microres de Chamberlaxd. — Le filtre ordinaire du commerce (au grès pilé, au charbon, etc.) est un instrument que tout le monde connaît et qui devrait figurer dans tous les ménages, dans toutes les cuisines. 11 suffit, en général, pour débarrasser l'eau des matières organiques et spécialement des œufs d'ascarides (vers intestinaux) qui, introduits dans l'organisme, s'y développent et incommodent un si grand nombre d'enfants et même de grandes personnes. On ne saurait trop insister sur ce fait: la présence d'ascarides dans l'intestin tient toujours à l'usage d'une eau non filtrée, et cela seul devrait suffire pour généraliser l'emploi du filtre, trop souvent négligé, bien à tort, même par des personnes qui ne peuvent être retenues par le